Près de 50 000 entreprises en Europe seront à terme concernées par les nouvelles obligations de reporting de durabilité [5]. Les critères ESG sont au cœur de cette transformation. L’Autorité des marchés financiers les définit comme un outil permettant d’évaluer la prise en compte des enjeux de développement durable dans la stratégie d’une organisation [1]. Cet article présente la définition des critères ESG, leurs trois piliers, des exemples concrets, le cadre réglementaire et les étapes d’une mise en œuvre, avec un focus sur le secteur audiovisuel et événementiel.
Définition des critères ESG
L’acronyme ESG désigne les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance. Ces critères s’articulent autour de trois piliers fondamentaux qui encadrent la performance extra-financière des organisations [4]. Là où l’analyse financière classique mesure la rentabilité, les critères ESG évaluent la manière dont une entreprise gère son impact sur l’environnement, ses relations avec ses parties prenantes et la transparence de sa direction.
Initialement utilisés par les investisseurs pour orienter la finance durable, les critères ESG sont devenus un référentiel de pilotage interne. Ils permettent à une organisation de structurer sa stratégie de responsabilité et de rendre compte de ses engagements de façon mesurable. Pour aller plus loin sur la structuration d’une démarche, le guide du rapport RSE détaille la construction d’un reporting cohérent.
Les trois piliers et leurs exemples
Chaque pilier des critères ESG recouvre des thématiques précises et des indicateurs mesurables. Comprendre leur contenu est la première étape pour bâtir une démarche crédible.
Le pilier environnemental
Le critère environnemental évalue l’impact de l’entreprise sur la planète et la manière dont elle y répond [4]. Parmi les indicateurs figurent la réalisation d’un Bilan Carbone, la mise en œuvre d’un plan de transition, la gestion des déchets, la consommation d’énergie et la préservation de la biodiversité. La mesure des émissions est souvent le point de départ, comme le montre la démarche détaillée pour un bilan carbone de production.
Le pilier social
Le critère social évalue l’impact de l’entreprise sur l’ensemble de ses parties prenantes : salariés, investisseurs, clients, fournisseurs et communautés riveraines [1]. Il couvre les conditions de travail, l’égalité femmes-hommes, la diversité, la formation et le dialogue social. À titre d’exemple, L’Oréal structure sa politique sociale autour de programmes favorisant l’égalité professionnelle et l’inclusion de talents issus de parcours diversifiés [1].
Le pilier de gouvernance
Le critère de gouvernance évalue la capacité de l’entreprise à fonctionner de façon transparente et équitable [4]. Il porte sur la composition des organes de direction, l’éthique des affaires, la lutte contre la corruption et la rémunération des dirigeants. Danone illustre cette approche en indexant une part de la rémunération variable de ses dirigeants sur l’atteinte d’objectifs ESG précis [1].
| Pilier | Objet de l’évaluation | Exemples d’indicateurs | Exemple d’entreprise |
|---|---|---|---|
| Environnement | Impact écologique et réponse apportée | Bilan Carbone, plan de transition, déchets, énergie | Politique de réduction des émissions |
| Social | Relations avec les parties prenantes | Égalité, diversité, conditions de travail, formation | L’Oréal (inclusion, égalité) |
| Gouvernance | Transparence et équité de la direction | Éthique, anticorruption, rémunération, conseil | Danone (rémunération indexée ESG) |
Cadre réglementaire : CSRD et double matérialité
Les critères ESG ne relèvent plus seulement d’une démarche volontaire. La directive CSRD (2022/2464) élargit et renforce les obligations de transparence des entreprises sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance [3]. Elle oblige les entreprises concernées à publier des informations vérifiées, structurées et auditables, selon les normes ESRS.
Le cœur de la CSRD repose sur le principe de double matérialité, qui analyse chaque critère ESG sous un double prisme : la matérialité financière, soit l’impact des enjeux de durabilité sur les performances de l’entreprise, et la matérialité d’impact, soit l’effet de l’entreprise sur son environnement économique, social et naturel [3]. La loi du 30 avril 2025 a par ailleurs entériné un report de deux ans de l’application pour les entreprises de plus de 250 salariés et les PME cotées [6]. Le calendrier CSRD précise les échéances applicables selon la taille de l’organisation.
Mettre en œuvre une démarche ESG
La mise en œuvre des critères ESG suit une logique progressive. La première étape consiste à réaliser une analyse de double matérialité, qui détermine quels points de données sont réellement pertinents à rapporter pour l’organisation [5]. Cette analyse évite de disperser les efforts et concentre le reporting sur les enjeux significatifs.
Viennent ensuite la collecte des données, la définition d’objectifs chiffrés, la mise en place de plans d’action et la vérification par un tiers. La fiabilité des données est déterminante : un reporting ESG crédible repose sur des chiffres traçables plutôt que sur des déclarations d’intention, faute de quoi la démarche s’expose au reproche de greenwashing. Le choix d’un référentiel adapté est également structurant, comme le rappelle l’analyse des normes RSE de référence. Une démarche bien menée s’appuie enfin sur un accompagnement, par exemple via le conseil en management vert pour cadrer la stratégie et former les équipes.
Les critères ESG dans l’audiovisuel et l’événementiel
Le secteur audiovisuel et événementiel présente des enjeux ESG spécifiques que les référentiels généralistes capturent mal. Pour une maison de production, les enjeux matériels prioritaires incluent l’empreinte carbone des tournages (transport, énergie, décors, restauration), la gestion des ressources humaines intermittentes et la conformité aux référentiels sectoriels Albert et Ecoprod. Ces dimensions croisent directement les trois piliers ESG : environnement pour l’empreinte des tournages, social pour les équipes intermittentes, gouvernance pour la traçabilité de la chaîne de sous-traitance.
Productions audiovisuelles
Sur un tournage, le pilier environnemental se traduit par la mesure des émissions liées aux déplacements d’équipes, à la consommation électrique des plateaux et à la chaîne de fournisseurs décors et costumes. Le CNC a structuré une incitation concrète : la prime RSE+ apporte un soutien financier pouvant atteindre 28 000 euros aux productions engagées dans une démarche exemplaire fondée sur l’AFNOR SPEC 2308. Pour les groupes médias soumis à la CSRD, ces données alimentent le reporting de durabilité consolidé, dont l’obligation s’étend à toute la chaîne de sous-traitance. La CSRD dans le secteur culturel détaille les acteurs concernés et les étapes de préparation.
Événements et festivals
Pour les festivals, concerts et événements corporate, les enjeux ESG portent sur l’alimentation électrique sur site, la mobilité des équipes et du public, le recours à des prestataires locaux et la gestion des déchets. Le pilier social y intègre la sécurité des publics et les conditions de travail des équipes mobilisées sur des durées courtes et intenses. La mesure de ces impacts requiert une collecte de données fiable, souvent dispersée entre de nombreux prestataires.
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Conclusion
Les critères ESG offrent un cadre structuré pour évaluer la performance extra-financière d’une organisation sur les plans environnemental, social et de gouvernance. Longtemps réservés aux investisseurs, ils sont devenus un levier de pilotage interne et, avec la directive CSRD, une obligation réglementaire pour un nombre croissant d’entreprises. Leur mise en œuvre repose sur une analyse de double matérialité, une collecte de données fiable et des plans d’action mesurables. Dans l’audiovisuel et l’événementiel, l’enjeu se concentre sur la traçabilité de données dispersées, que des outils dédiés permettent désormais d’automatiser pour produire un reporting crédible et auditable.
FAQ
Que signifient les critères ESG ?
Quels sont des exemples de critères ESG ?
La CSRD rend-elle les critères ESG obligatoires ?
Qu’est-ce que la double matérialité ?
Comment mettre en œuvre une démarche ESG ?
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