- Qu’est-ce qu’un rapport RSE ?
- Quelles entreprises doivent publier un rapport RSE ?
- La double matérialité : socle méthodologique du rapport RSE
- La structure d’un rapport RSE conforme aux normes ESRS
- Les étapes pour construire son rapport RSE
- Rapport RSE dans le secteur audiovisuel et événementiel
- Conclusion
- FAQ
Le rapport RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) est devenu l’un des documents de référence pour rendre compte des performances environnementales, sociales et de gouvernance d’une organisation. Avec l’entrée en vigueur progressive de la directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) et sa simplification via la directive Omnibus, les règles du reporting de durabilité ont connu des évolutions majeures. Le nombre d’entreprises concernées par l’obligation, les normes à appliquer et le calendrier d’application ont été profondément révisés. Cet article présente ce qu’est un rapport RSE, qui est concerné, quelle structure adopter et comment construire une démarche solide — avec un éclairage particulier sur les entreprises du secteur audiovisuel et événementiel, dont les enjeux de mesure d’empreinte carbone sont au cœur de ce reporting.
Qu’est-ce qu’un rapport RSE ?
Un rapport RSE est un document qui présente la stratégie, les politiques, les actions et les résultats d’une organisation sur les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Il permet à l’entreprise de rendre compte à ses parties prenantes — investisseurs, clients, salariés, régulateurs — de son impact sur la société et les écosystèmes, ainsi que des risques et opportunités que ces enjeux font peser sur son modèle économique.
Longtemps volontaire, le rapport RSE est devenu progressivement obligatoire pour un nombre croissant d’entreprises en Europe, sous l’impulsion de la directive CSRD qui a remplacé la NFRD (Non-Financial Reporting Directive) de 2014. Cette obligation s’inscrit dans le cadre plus large du Pacte vert européen, qui vise à orienter les capitaux vers des activités durables et à améliorer la transparence environnementale des marchés [1].
Le rapport RSE se distingue du rapport annuel classique par son périmètre étendu : il couvre non seulement les activités directes de l’entreprise, mais aussi ses impacts en amont (chaîne d’approvisionnement) et en aval (utilisation des produits, fin de vie). C’est ce qu’on appelle l’approche en scope 3, qui constitue souvent la part la plus significative de l’empreinte environnementale d’une organisation.
Quelles entreprises doivent publier un rapport RSE ?
La directive Omnibus, adoptée en réponse à la complexité initiale de la CSRD, a profondément revu le périmètre des entreprises concernées. Les seuils ont été relevés à 1 000 salariés et 450 millions d’euros de chiffre d’affaires, réduisant d’environ 80 % le nombre d’entreprises initialement visées par l’obligation stricte [2].
Le calendrier d’application revu
Le calendrier d’application a été significativement décalé. Les grandes entreprises non cotées (vague 2) ne commenceront leur reporting qu’en 2028, sur l’exercice 2027, au lieu de 2026 initialement prévu. Les PME cotées soumises à l’obligation (vague 3) publient leurs premières données sur l’exercice courant, avec une première publication officielle prévue en 2027 [3].
Le standard VSME pour les PME non soumises à l’obligation
Pour les PME qui souhaitent produire un rapport RSE sans y être strictement obligées — notamment pour répondre aux exigences de leurs donneurs d’ordre et de leurs financeurs — l’EFRAG a finalisé le standard VSME (Voluntary SME Standard). Ce référentiel simplifié est reconnu par les banques et les grandes entreprises soumises à la CSRD, qui ne peuvent désormais pas exiger de leurs fournisseurs de moins de 1 000 salariés des informations allant au-delà de ce cadre [4].
Cette protection est particulièrement importante pour les petites structures du secteur audiovisuel et créatif, souvent sous-traitantes de grands groupes médias ou de diffuseurs soumis à la CSRD. Les indicateurs RSE définis dans le cadre VSME peuvent utilement s’appuyer sur les données collectées via des outils de suivi des indicateurs RSE sectoriels.
La double matérialité : socle méthodologique du rapport RSE
La double matérialité est le concept central sur lequel repose la construction d’un rapport RSE conforme aux normes ESRS. Elle impose aux entreprises d’évaluer leurs enjeux de durabilité sous deux angles complémentaires [5] :
- La matérialité d’impact : les impacts significatifs, positifs ou négatifs, que l’entreprise exerce sur l’environnement et les personnes, aussi bien dans ses activités directes que dans sa chaîne de valeur.
- La matérialité financière : les risques et opportunités liés aux enjeux de durabilité susceptibles d’affecter la situation financière de l’entreprise à court, moyen ou long terme.
L’analyse de double matérialité détermine quels sujets sont « matériels » pour l’entreprise, c’est-à-dire suffisamment significatifs pour faire l’objet d’une information dans le rapport. Elle conditionne l’ensemble de la structure du rapport et évite de noyer les parties prenantes dans un volume d’informations non pertinentes.
La simplification Omnibus a maintenu ce principe fondamental tout en réduisant le nombre de points de données obligatoires, passant de 1 200 à environ 320 exigences jugées essentielles [6]. La logique méthodologique reste cependant structurante : double matérialité, articulation stratégie–impacts–risques, cohérence des politiques et des cibles.
La structure d’un rapport RSE conforme aux normes ESRS
Les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards) définissent le cadre de référence pour la rédaction du rapport RSE des entreprises soumises à la CSRD. Elles s’organisent en normes transversales et en normes thématiques.
Les normes transversales
Deux normes transversales s’appliquent à toutes les entreprises concernées, quelle que soit leur activité : ESRS 1 (principes généraux) et ESRS 2 (informations générales). ESRS 2 exige notamment la publication d’informations sur le modèle d’affaires, la stratégie de durabilité, les mécanismes de gouvernance et les résultats de l’analyse de double matérialité. C’est la colonne vertébrale du rapport [7].
Les normes thématiques
Les normes thématiques couvrent les différents domaines ESG : environnement (ESRS E1 à E5), social (ESRS S1 à S4) et gouvernance (ESRS G1). Seules les normes thématiques identifiées comme matérielles lors de l’analyse de double matérialité sont obligatoires, ce qui permet d’adapter le périmètre du rapport à la réalité de chaque organisation.
Pour les entreprises du secteur audiovisuel, ESRS E1 (changement climatique, bilan carbone) et ESRS S1 (ressources humaines, intermittents) sont généralement les plus directement pertinents. La prime RSE+ du CNC, par exemple, s’appuie sur le référentiel AFNOR SPEC 2308 dont les indicateurs s’articulent naturellement avec le chapitre ESRS E1 du rapport de durabilité.
Les étapes pour construire son rapport RSE
Étape 1 — Définir le périmètre et la gouvernance
La première étape consiste à délimiter le périmètre organisationnel et temporel du rapport (entités couvertes, exercice de référence) et à désigner les responsables internes. La gouvernance RSE doit être formalisée dans le rapport, avec une description claire des rôles du conseil d’administration et de la direction dans la supervision des enjeux de durabilité.
Étape 2 — Réaliser l’analyse de double matérialité
C’est l’étape méthodologique centrale. Elle suppose de cartographier les impacts, risques et opportunités de l’entreprise sur l’ensemble de sa chaîne de valeur, de les évaluer selon leur probabilité et leur ampleur, puis d’en déduire les thèmes matériels à couvrir dans le rapport. Des référentiels comme la matrice de double matérialité du Portail RSE [8] ou les outils de consultation de parties prenantes facilitent cette démarche.
Étape 3 — Collecter les données et mesurer les indicateurs
La collecte de données constitue souvent l’étape la plus chronophage. Elle implique de consolider des informations provenant de sources hétérogènes : comptabilité (pour le bilan carbone à partir du FEC comptable), RH, achats, logistique. Les outils de reporting automatisé permettent de réduire considérablement la charge de collecte tout en améliorant la fiabilité et la traçabilité des données.
Étape 4 — Rédiger et faire vérifier le rapport
La rédaction du rapport suit la structure ESRS, en veillant à la cohérence entre les informations qualitatives (politiques, actions, gouvernance) et quantitatives (indicateurs, objectifs, résultats). Les entreprises soumises à la CSRD doivent faire vérifier leur rapport par un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant (OTI), selon un niveau d’assurance limité dans un premier temps, puis renforcé progressivement.
Rapport RSE dans le secteur audiovisuel et événementiel
Le secteur audiovisuel et événementiel présente des spécificités qui influencent directement la structure et le contenu du rapport RSE. La nature des activités — productions ponctuelles, multiplicité des prestataires, intermittence des équipes — crée à la fois des contraintes méthodologiques et des opportunités de différenciation.
Spécificités des productions et studios audiovisuels
Pour un studio de production ou une société de production audiovisuelle, les enjeux RSE matériels portent prioritairement sur l’empreinte carbone des tournages (transport, énergie, décors, catering), la gestion des ressources humaines intermittentes, et la conformité aux référentiels sectoriels Albert et Ecoprod. La prime RSE+ du CNC, qui apporte un soutien financier de 28 000 € aux productions engagées dans une démarche exemplaire basée sur l’AFNOR SPEC 2308, constitue une incitation directe à structurer le reporting de durabilité dès la phase de production [9].
Les grands groupes médias — producteurs, diffuseurs, agences de communication — soumis à la CSRD doivent également décliner leurs exigences dans leur chaîne de valeur. L’exemple de Banijay, groupe international de production qui a automatisé le bilan carbone de 150 labels via les outils TheGreenshot, illustre comment une approche structurée du reporting peut être déployée à grande échelle tout en restant exploitable au niveau de chaque production individuelle.
Spécificités du secteur événementiel
Pour les organisateurs d’événements — concerts, festivals, événements corporate — le rapport RSE doit intégrer les enjeux propres à l’événementiel : mobilité du public et des équipes (souvent le premier poste d’émissions), alimentation électrique sur site, gestion des déchets, hébergement et logistique. Les méthodes de calcul diffèrent de celles des entreprises à activité continue, et des référentiels spécifiques (ISO 20121, label Ecoresponsable) guident la structuration des indicateurs.
GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements — bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro
Conclusion
Le rapport RSE est désormais bien plus qu’un exercice de communication : il constitue un outil de pilotage stratégique et un signal de confiance pour l’ensemble des parties prenantes. La simplification Omnibus a réduit le nombre d’entreprises soumises à l’obligation stricte, mais elle n’a pas diminué l’intérêt d’un reporting de durabilité rigoureux pour toute organisation souhaitant accéder aux financements verts, répondre aux exigences de ses donneurs d’ordre ou anticiper les évolutions réglementaires à venir. La double matérialité, les normes ESRS simplifiées et le standard VSME pour les PME constituent les outils méthodologiques disponibles pour construire un rapport RSE proportionné et crédible. Dans les prochaines années, la vérification renforcée par des tiers indépendants et l’interconnexion croissante entre rapports financiers et extra-financiers vont continuer à élever le niveau d’exigence — faisant du rapport RSE un document aussi central que le rapport annuel traditionnel.
Qu’est-ce qu’un rapport RSE et à quoi sert-il ?
Quelles entreprises sont obligées de publier un rapport RSE ?
Qu’est-ce que la double matérialité dans un rapport RSE ?
Qu’est-ce que le standard VSME et à qui s’adresse-t-il ?
Comment structurer un rapport RSE pour une société de production audiovisuelle ?
La construction d’un rapport RSE solide repose sur la qualité et la traçabilité des données environnementales collectées tout au long de l’exercice. GreenPro, la solution de TheGreenshot dédiée aux productions audiovisuelles et événementielles, automatise cette collecte grâce à la numérisation OCR des factures fournisseurs, à l’import de données d’activité et à des tableaux de bord temps réel. Les bilans générés sont conformes aux référentiels Albert, CSRD et GHG Protocol, ce qui facilite l’alimentation des chapitres environnementaux du rapport RSE sans ressaisie manuelle. Les équipes peuvent ainsi se concentrer sur l’analyse et la stratégie plutôt que sur la consolidation de données.
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