- Qu’est-ce que le bilan carbone d’une entreprise ?
- Étape 1 : Définir le périmètre de l’étude
- Étape 2 : Collecter les données d’activité
- Étape 3 : Calculer les émissions avec les facteurs ADEME
- Étape 4 : Analyser les résultats et identifier les postes prioritaires
- Étape 5 : Construire un plan de réduction et de transition
- Calcul du bilan carbone dans l’audiovisuel et l’événementiel
- Conclusion
- FAQ
Le calcul du bilan carbone d’une entreprise constitue le point de départ de toute stratégie de décarbonation crédible. Sans mesure précise de ses émissions, une organisation ne peut ni identifier ses leviers d’action prioritaires, ni fixer des objectifs de réduction alignés avec les trajectoires climatiques reconnues, ni satisfaire aux obligations de reporting imposées par le BEGES réglementaire ou la directive CSRD (2022/2464). Cet article présente les étapes clés du calcul du bilan carbone selon les deux référentiels principaux, la méthode Bilan Carbone® V9 et le GHG Protocol, et décrit les enjeux spécifiques au secteur audiovisuel et événementiel.
Qu’est-ce que le bilan carbone d’une entreprise ?
Le bilan carbone est un inventaire quantifié des émissions de gaz à effet de serre (GES) générées directement et indirectement par une organisation sur une période de référence, généralement une année civile. Il exprime l’ensemble de ces émissions en tonnes d’équivalent CO₂ (tCO₂e), une unité commune qui permet d’agréger les différents GES (CO₂, méthane, protoxyde d’azote, HFC, etc.) en tenant compte de leur potentiel de réchauffement global respectif[1].
Les émissions sont structurées selon trois périmètres, appelés scopes, définis par le GHG Protocol : le scope 1 (émissions directes), le scope 2 (émissions indirectes liées à l’énergie achetée) et le scope 3 (toutes les autres émissions indirectes de la chaîne de valeur). Un bilan carbone complet couvre les trois scopes et constitue la base de tout engagement de décarbonation crédible.
En France, deux méthodes principales encadrent la réalisation d’un bilan carbone : la méthode Bilan Carbone® portée par l’Association pour la transition Bas-Carbone (ABC), dont la version V9 est désormais en application, et le GHG Protocol Corporate Standard, référence internationale utilisée notamment dans le cadre de la CSRD et des Science Based Targets[2].
Étape 1 : Définir le périmètre de l’étude
Avant toute collecte de données, l’organisation doit délimiter le champ d’étude de son bilan carbone selon deux dimensions : le périmètre organisationnel et le périmètre opérationnel.
Le périmètre organisationnel
Il définit quelles entités juridiques sont incluses dans le bilan (maison mère, filiales, joint-ventures). Le GHG Protocol propose deux approches : le contrôle opérationnel (toutes les opérations sous contrôle de la direction) et la participation au capital (proportionnelle à la quote-part détenue). La méthode Bilan Carbone® V9 s’appuie sur une logique comparable adaptée au contexte français[2].
Le périmètre opérationnel
Il précise quels scopes et quelles catégories de scope 3 sont inclus dans l’inventaire. La réglementation BEGES rend obligatoire les scopes 1 et 2, ainsi que les catégories de scope 3 identifiées comme significatives. Dans le cadre de la CSRD, les scopes 1, 2 et 3 doivent être intégralement couverts. Définir ce périmètre dès le départ évite les retraitements coûteux en fin de calcul et garantit la comparabilité du bilan d’un exercice à l’autre[1].
Étape 2 : Collecter les données d’activité
La collecte des données constitue l’étape la plus chronophage du bilan carbone. Pour chaque poste d’émission identifié dans le périmètre, une donnée d’activité doit être recueillie auprès de la source concernée : service comptable, logistique, RH, achats ou fournisseurs.
Les principales catégories de données à collecter sont les suivantes :
| Poste | Données à collecter | Source principale |
|---|---|---|
| Énergie (scopes 1 et 2) | Consommations de gaz, fioul, électricité, vapeur (en kWh ou litres) | Factures fournisseurs énergie |
| Transport de personnes (scope 3) | Kilomètres parcourus par mode (avion, train, voiture), nuitées hôtel | Notes de frais, outils RH, agences de voyage |
| Transport de marchandises (scope 3) | Tonnes-kilomètres par mode de transport | Transporteurs, factures logistique |
| Achats de biens et services (scope 3) | Volumes ou montants d’achats par catégorie | Comptabilité fournisseurs (FEC ou export ERP) |
| Déchets (scope 3) | Tonnages par flux et filière de traitement | Prestataires de collecte, bordereaux de suivi |
| Immobilisations (scope 3) | Valeur d’acquisition des équipements et bâtiments | Comptabilité, registre des immobilisations |
La consolidation des données doit inclure une phase de vérification pour détecter les doublons, les oublis et les incohérences avant de passer au calcul[1].
Étape 3 : Calculer les émissions avec les facteurs d’émission
Une fois les données d’activité collectées, chaque poste est converti en émissions de CO₂e selon la formule fondamentale : donnée d’activité × facteur d’émission = émissions en tCO₂e[2].
Les facteurs d’émission sont des valeurs de référence qui expriment la quantité de GES émise par unité d’activité (par litre de carburant, par kWh d’électricité, par tonne de matière achetée, etc.). En France, la principale base de données publique est la Base Empreinte® de l’ADEME, qui couvre plusieurs milliers de catégories de produits, services, énergies et modes de transport. Elle est accessible librement et mise à jour régulièrement[3].
D’autres bases de données complémentaires existent pour des contextes spécifiques : ECOINVENT (référence internationale), les facteurs publiés par l’AIE pour les émissions liées aux achats d’électricité en dehors de la France, ou encore les fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) pour les matériaux de construction. Lorsque des données fournisseurs spécifiques sont disponibles, elles sont préférables aux facteurs génériques, car elles reflètent la performance réelle des produits achetés.
Étape 4 : Analyser les résultats et identifier les postes prioritaires
L’analyse du bilan carbone consiste à répartir les émissions calculées par scope, par poste et par entité, afin d’identifier les sources les plus significatives. Cette cartographie est indispensable pour orienter les décisions de réduction vers les postes qui offrent le plus fort potentiel d’impact.
La méthode Bilan Carbone® V9 structure cette analyse selon trois niveaux de maturité : le niveau Initial permet de disposer d’un premier bilan global avec des données approximatives, le niveau Standard affine les postes les plus significatifs avec des données plus précises, et le niveau Avancé implique une collecte de données granulaires et des facteurs d’émission spécifiques, notamment pour le scope 3[2].
L’analyse des résultats doit également permettre de valider la cohérence du bilan : les ordres de grandeur sont-ils conformes aux benchmarks sectoriels ? Les postes identifiés comme significatifs correspondent-ils aux activités les plus impactantes connues de l’organisation ? Toute anomalie doit être investiguée avant de finaliser le rapport et de le soumettre à l’ADEME pour publication sur la plateforme nationale des BEGES. La publication du bilan carbone dans le cadre du reporting extra-financier exige cette rigueur méthodologique.
Étape 5 : Construire un plan de réduction et de transition
Le calcul du bilan carbone n’est pas une fin en soi : il doit déboucher sur un plan d’action concret. Dans le cadre du BEGES réglementaire, ce plan de transition est obligatoire et doit être publié conjointement au rapport d’émissions tous les quatre ans. Dans le cadre de la CSRD, il constitue un élément central du rapport de durabilité au titre de la norme ESRS E1.
Un plan de réduction efficace identifie pour chaque poste prioritaire les leviers disponibles (substitution énergétique, optimisation logistique, changement de pratiques achats, sobriété numérique), les parties prenantes responsables de leur mise en oeuvre, les objectifs chiffrés à horizon défini et les indicateurs de suivi associés. Il distingue les actions à court terme (quick wins) des transformations structurelles qui nécessitent des investissements et des délais plus longs[4].
Pour les organisations souhaitant aligner leurs objectifs sur les trajectoires scientifiques, la validation auprès du Science Based Targets initiative (SBTi) apporte une reconnaissance externe de l’ambition et de la cohérence de la stratégie climat.
Calcul du bilan carbone dans l’audiovisuel et l’événementiel : spécificités et outils
Le secteur audiovisuel et événementiel dispose d’outils méthodologiques spécialisés qui facilitent le calcul du bilan carbone à l’échelle d’un projet ou d’une structure. Ces outils intègrent les postes d’émissions propres à ce secteur, trop souvent absents des calculateurs généralistes.
Les outils sectoriels pour les productions audiovisuelles
Pour les productions cinématographiques et audiovisuelles, le calculateur Carbon’Clap® développé par Ecoprod est la référence française. Il s’appuie sur les facteurs d’émission de la Base Empreinte® de l’ADEME et structure le calcul autour des postes caractéristiques d’un tournage : transports des équipes et du matériel, consommation d’énergie sur les plateaux, achats de matériaux pour les décors, hébergement, restauration et post-production externalisée[5]. Au Royaume-Uni, le calculateur Albert remplit une fonction similaire pour les productions télévisuelles et est reconnu par les principaux diffuseurs britanniques.
Selon les données publiées par Ecoprod dans son livre blanc sur la comptabilité carbone des diffuseurs, le transport représente le premier poste d’émissions d’une production audiovisuelle type, devant les achats de biens et les consommations d’énergie sur site[6]. Cette répartition oriente les priorités d’action vers la rationalisation des déplacements et la localisation des prestataires techniques.
Les événements live et les structures de production
Pour les structures organisatrices d’événements ou les sociétés de production récurrentes, le calcul du bilan carbone dépasse la dimension projet et s’inscrit dans un exercice annuel. L’enjeu est alors de consolider les bilans de l’ensemble des projets conduits dans l’année pour produire un bilan de structure couvrant les scopes 1, 2 et 3 réglementairement obligatoires. Cette consolidation requiert une centralisation des données issues de multiples sources : systèmes de facturation, logistique, RH et prestataires externes.
GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements, avec des bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro
Conclusion
Le calcul du bilan carbone d’une entreprise suit une logique progressive et structurée : définition du périmètre, collecte rigoureuse des données, application des facteurs d’émission de référence, analyse des résultats et construction d’un plan de réduction. La méthode Bilan Carbone® V9 et le GHG Protocol offrent des cadres méthodologiques complémentaires, adaptés aux obligations réglementaires françaises et européennes.
Dans le secteur audiovisuel et événementiel, le calcul du bilan carbone prend une dimension opérationnelle particulière : chaque projet est un inventaire temporaire d’émissions qui s’additionnent à l’échelle de la structure. Disposer d’outils automatisés de collecte et de consolidation permet de transformer ce qui était perçu comme une contrainte administrative en un véritable outil de pilotage de la performance environnementale.
FAQ
Combien de temps faut-il pour calculer le bilan carbone d’une entreprise ?
Quelle est la différence entre la méthode Bilan Carbone® et le GHG Protocol ?
Quelles sont les données obligatoires pour calculer un bilan carbone BEGES ?
Quel outil utiliser pour calculer le bilan carbone d’une production audiovisuelle ?
Quel est le coût d’un bilan carbone pour une entreprise ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
La rigueur du calcul du bilan carbone repose avant tout sur la qualité et l’exhaustivité des données collectées. GreenPro, développé par TheGreenshot pour le secteur audiovisuel et événementiel, automatise cette collecte en se connectant aux systèmes de facturation, de logistique et de gestion des achats pour alimenter le bilan en données réelles sans ressaisie manuelle. Le moteur de calcul intègre les facteurs d’émission de la Base Empreinte® de l’ADEME et produit des bilans consolidés conformes aux référentiels GHG Protocol, Albert et CSRD, tant à l’échelle d’un projet que d’une structure annuelle. Les fonctionnalités de tableau de bord permettent de suivre l’évolution des émissions d’un exercice à l’autre et d’évaluer l’efficacité des actions de réduction mises en oeuvre. Une démonstration personnalisée est disponible pour découvrir comment structurer la démarche bilan carbone dès le prochain projet.
Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.





