Réduire son empreinte carbone : guide pratique pour les entreprises

Réduire son empreinte carbone est devenu un impératif stratégique. Ce guide présente les étapes clés, les leviers prioritaires et les actions concrètes pour passer à l'action.
Réduire son empreinte carbone : guide pratique pour les entreprises

Réduire son empreinte carbone est devenu un impératif stratégique pour les entreprises de tous secteurs. Selon les données publiées par l’ADEME, près de 88 % des émissions d’une organisation proviennent de sa chaîne de valeur élargie [1], ce qui signifie que les efforts de réduction doivent aller bien au-delà des seuls postes énergétiques internes. Cet article propose un guide pratique pour comprendre les étapes clés d’une stratégie de réduction de l’empreinte carbone, identifier les leviers prioritaires et passer à l’action de manière structurée, notamment dans les secteurs de la production audiovisuelle et de l’événementiel.

Pourquoi réduire l’empreinte carbone est devenu prioritaire

La pression réglementaire, les attentes des parties prenantes et les objectifs climatiques mondiaux convergent pour faire de la réduction de l’empreinte carbone une priorité incontournable. La directive européenne CSRD, combinée aux normes ESRS, impose aux grandes entreprises de publier des données vérifiables sur leurs émissions de gaz à effet de serre et leurs plans de réduction [2]. La directive Omnibus, adoptée fin 2025, a relevé les seuils à 1 000 salariés et 450 millions d’euros de chiffre d’affaires, sans pour autant dispenser les autres entreprises d’une démarche volontaire.

Au-delà de la conformité réglementaire, réduire l’empreinte carbone répond à des enjeux concrets : réduire les coûts opérationnels liés à l’énergie et à la logistique, renforcer l’attractivité auprès des donneurs d’ordre qui exigent des bilans carbone de leurs fournisseurs, et anticiper les futures contraintes réglementaires ou fiscales (taxe carbone, mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, etc.).

La méthode Bilan Carbone® V9, publiée début 2025 par l’Association pour la transition Bas Carbone (ABC), introduit désormais trois niveaux de maturité (Initial, Standard, Avancé) et sept étapes méthodologiques, ce qui permet à chaque organisation, quelle que soit sa taille, de progresser à son rythme dans la mesure et la réduction de ses émissions.

Étape 1 : mesurer avant d’agir

Aucune stratégie de réduction crédible ne peut exister sans une mesure précise des émissions existantes. Le bilan carbone constitue le point de départ indispensable : il permet d’identifier les principaux postes d’émission (scope 1, scope 2 et scope 3), de les quantifier en CO2 équivalent, et de hiérarchiser les leviers d’action selon leur potentiel de réduction.

La mesure s’appuie sur les facteurs d’émission de la Base Empreinte® de l’ADEME [3], qui couvre plusieurs milliers de produits, services, modes de transport et sources d’énergie. Une fois les données collectées par poste, la formule est simple : donnée d’activité multipliée par le facteur d’émission correspondant donne la quantité de GES émise en CO2e.

Il est essentiel de couvrir l’ensemble des trois scopes pour obtenir une vision complète et non biaisée. Se limiter aux émissions directes (scope 1) ou à la consommation énergétique (scope 2) conduit à sous-estimer massivement l’empreinte réelle, car c’est dans le scope 3 que se concentrent généralement les postes les plus significatifs.

Étape 2 : identifier les leviers de réduction prioritaires

Une fois le bilan carbone établi, les postes d’émission les plus importants apparaissent clairement. Pour la plupart des organisations, les leviers prioritaires se trouvent dans la chaîne d’approvisionnement (achats de biens et services), les déplacements professionnels et domicile-travail, la consommation énergétique des bâtiments et équipements, et la logistique de transport.

La méthode recommandée est de prioriser les actions selon deux critères croisés : le potentiel de réduction en tonnes de CO2e et la faisabilité opérationnelle. Un poste qui représente 30 % des émissions mais nécessite une transformation profonde de la chaîne d’approvisionnement demandera un plan sur plusieurs années, tandis qu’une optimisation des déplacements professionnels peut produire des résultats rapides avec un investissement limité.

Il convient également de distinguer les réductions réelles des compensations carbone. La priorité doit toujours être donnée aux actions de réduction à la source, les compensations (crédits carbone) ne venant qu’en complément pour les émissions résiduelles incompressibles. Cette distinction est centrale dans les référentiels comme la Science Based Targets initiative (SBTi) [4].

Les actions concrètes pour réduire l’empreinte carbone

Les leviers de réduction de l’empreinte carbone couvrent plusieurs dimensions de l’activité d’une entreprise. Voici les principaux axes d’action, classés par poste d’émission.

Énergie et bâtiments

La consommation énergétique des locaux constitue souvent un poste visible et relativement facile à réduire. Les mesures efficaces comprennent l’installation d’éclairages à détecteur de présence, la régulation thermique (maintien à 19°C en hiver, 26°C en été), l’utilisation d’un système de gestion technique du bâtiment (GTB) pour surveiller la consommation en temps réel, et le passage à un contrat d’électricité verte. Ces actions combinées peuvent réduire la consommation énergétique des bâtiments de 15 à 30 % selon les configurations.

Mobilité et déplacements

Les déplacements professionnels et la mobilité domicile-travail représentent des postes significatifs dans la majorité des entreprises de services. Les leviers disponibles incluent le développement du télétravail, le recours au train pour les trajets inférieurs à 4 heures, la mise en place de politiques d’achat de véhicules électriques ou hybrides, et le cofinancement d’abonnements de transports en commun. Une politique de voyage claire et appliquée peut réduire les émissions liées aux déplacements de 20 à 40 %.

Achats et chaîne d’approvisionnement

La chaîne d’approvisionnement est le poste le plus difficile à adresser, mais aussi le plus impactant. Les actions possibles comprennent la sélection de fournisseurs sur la base de critères environnementaux, le développement des achats locaux pour réduire le transport entrant, la substitution de matériaux ou de produits à forte empreinte, et l’intégration de clauses RSE dans les contrats fournisseurs. Ces démarches s’inscrivent dans la durée et nécessitent un engagement de toute la chaîne de valeur [5].

Économie circulaire et déchets

La réduction à la source, le réemploi et le recyclage permettent de diminuer les émissions liées aux déchets et aux achats de matières premières. Allonger la durée de vie des équipements informatiques, mutualiser les ressources (véhicules, matériel, espaces), et mettre en place une politique de gestion des déchets structurée contribuent à réduire l’empreinte globale tout en générant des économies opérationnelles.

Intégrer la réduction dans une stratégie durable

La réduction de l’empreinte carbone ne peut être efficace que si elle s’inscrit dans une stratégie claire, avec des objectifs chiffrés, un calendrier et des indicateurs de suivi. Les frameworks de référence les plus utilisés sont la Science Based Targets initiative (SBTi) pour les objectifs alignés avec une trajectoire 1,5°C, et le standard GHG Protocol pour la mesure et le reporting.

La mobilisation interne est un facteur déterminant. Former les équipes à la comptabilité carbone, impliquer les managers dans la définition des plans de réduction par département, et communiquer régulièrement sur les progrès permettent d’ancrer la démarche dans les pratiques quotidiennes. La méthode Bilan Carbone® V9 intègre d’ailleurs désormais une étape dédiée à la mobilisation des parties prenantes internes et externes.

Le suivi dans le temps est également essentiel : mesurer ses émissions une seule fois ne suffit pas. Un bilan carbone annuel ou bi-annuel permet de constater les progrès, d’identifier les postes qui n’évoluent pas comme prévu et d’ajuster les actions en conséquence. Des outils de suivi carbone intégrés, comme GreenPro de TheGreenshot, permettent de centraliser cette collecte de données et d’automatiser le reporting [6].

Réduire l’empreinte carbone dans l’audiovisuel et l’événementiel : spécificités et bonnes pratiques

Le secteur de la production audiovisuelle et de l’événementiel présente des spécificités importantes qui conditionnent les stratégies de réduction de l’empreinte carbone. La nature projet par projet de l’activité, la multiplicité des intervenants et la logistique intensive de chaque production ou événement rendent la démarche à la fois plus complexe et plus urgente.

Dans les productions audiovisuelles

Le transport représente le premier poste d’émission des productions audiovisuelles (27,5 %), suivi par les achats de biens (25 %), selon les données d’Ecoprod [7]. Ces deux postes sont des leviers directement actionnables. Concrètement, réduire l’empreinte carbone d’un tournage passe par : choisir des lieux accessibles en transports en commun, privilégier l’hébergement des équipes à proximité du lieu de tournage plutôt que des allers-retours quotidiens, utiliser des éclairages LED (qui consomment 70 % moins qu’un éclairage tungstène traditionnel), recourir à des générateurs hybrides ou électriques plutôt que diesels, et sourcer en priorité auprès de prestataires locaux.

Un studio LED volume permet de diviser par deux les frais de transport et les émissions associées. Pour un tournage de dix jours, le recours à cette technologie peut réduire l’empreinte de 5 tonnes de CO2e par rapport à une logistique de tournage classique, tout en réduisant les coûts de production. L’IA générative transforme également certaines pratiques : la création ou personnalisation de contenus sans tournages physiques peut réduire les émissions de 20 à 40 % sur les projets concernés.

Dans l’événementiel

Pour les festivals, concerts et événements corporate, les principaux leviers de réduction portent sur la mobilité du public (communication sur les transports en commun, parkings vélos, navettes mutualisées), l’alimentation énergétique sur site (remplacement des groupes électrogènes diesel par des solutions hybrides ou solaires), la gestion des déchets (zéro déchet enfoui, tri sélectif systématique) et le sourcing local des prestataires alimentation et technique. Ces mesures peuvent réduire l’empreinte d’un événement de 30 à 50 % selon le point de départ.

GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements : bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro.

Conclusion

Réduire son empreinte carbone est un processus structuré qui commence par la mesure, se poursuit par l’identification des leviers prioritaires et se concrétise par des actions ciblées sur les postes les plus émetteurs. Dans le secteur audiovisuel et événementiel, les enjeux sont particulièrement marqués sur le transport et les achats de biens, deux catégories de scope 3 qui représentent ensemble plus de la moitié des émissions d’une production. À mesure que les obligations réglementaires se précisent et que les donneurs d’ordre intègrent les critères carbone dans leurs appels d’offres, les entreprises qui auront engagé tôt leur démarche de réduction disposeront d’un avantage concurrentiel réel et durable.

FAQ

Par où commencer pour réduire l’empreinte carbone de son entreprise ?

La première étape est de réaliser un bilan carbone complet couvrant les scopes 1, 2 et 3. Ce diagnostic permet d’identifier les postes d’émission les plus importants et de prioriser les actions en fonction du potentiel de réduction et de la faisabilité opérationnelle. Sans mesure préalable, il est impossible de savoir où concentrer les efforts ni de suivre les progrès dans le temps.

Quels sont les leviers les plus efficaces pour réduire l’empreinte carbone d’une entreprise ?

Les leviers les plus efficaces varient selon le secteur, mais les postes qui reviennent le plus fréquemment sont la chaîne d’approvisionnement (sélection de fournisseurs bas-carbone), les déplacements professionnels (politique de voyage, télétravail, report modal vers le train), la consommation énergétique des bâtiments et la gestion des déchets. La chaîne d’approvisionnement (scope 3) représente souvent plus de 70 % de l’empreinte totale et constitue donc le levier le plus impactant, bien que le plus complexe à adresser.

Réduire son empreinte carbone est-il compatible avec la croissance de l’entreprise ?

Oui, la réduction de l’empreinte carbone et la croissance sont compatibles. La démarche de réduction identifie souvent des économies opérationnelles (énergie, transport, matières premières) qui améliorent la rentabilité. De plus, les entreprises engagées dans une démarche carbone sérieuse bénéficient d’un avantage concurrentiel croissant auprès des donneurs d’ordre qui intègrent les critères environnementaux dans leurs appels d’offres.

Quelle est la différence entre réduire son empreinte carbone et compenser ses émissions ?

La réduction consiste à diminuer les émissions à la source en modifiant les pratiques, les équipements ou les fournisseurs. La compensation consiste à financer des projets qui absorbent ou évitent des émissions équivalentes (reforestation, énergies renouvelables, etc.). Les référentiels comme la Science Based Targets initiative (SBTi) recommandent de prioriser la réduction réelle et de ne recourir à la compensation que pour les émissions résiduelles incompressibles.

Comment réduire l’empreinte carbone d’une production audiovisuelle ?

Les principaux leviers pour une production audiovisuelle sont l’optimisation de la logistique (transports groupés, hébergement à proximité du lieu de tournage), le remplacement des groupes électrogènes diesel par des solutions hybrides ou électriques, l’utilisation d’éclairages LED, le sourcing local des prestataires et la mesure systématique via des outils comme Carbon’Clap d’Ecoprod. Ces actions combinées peuvent réduire l’empreinte d’un tournage de 30 à 50 % selon le point de départ.

Aller plus loin avec TheGreenshot

Réduire son empreinte carbone suppose de disposer d’une mesure fiable et actualisée de ses émissions par poste. GreenPro, la plateforme de TheGreenshot, automatise cette collecte pour les productions audiovisuelles et les événements : scan de factures OCR, tableaux de bord temps réel et bilans conformes GHG Protocol, Albert et CSRD. Les équipes pilotent leurs réductions projet par projet, sans saisie manuelle, avec des insights IA pour identifier les postes les plus impactants. Un outil conçu pour passer de la mesure à l’action carbone de façon structurée et auditable.

Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.

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