Une démarche RSE structurée n’est plus l’apanage des grands groupes : elle devient un standard attendu par les clients, les investisseurs et les salariés. La responsabilité sociétale des entreprises consiste à intégrer les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance au cœur de l’activité, au-delà des seules obligations légales [1]. Une démarche RSE efficace ne se résume pas à une liste de bonnes intentions : elle suit une méthode, s’appuie sur des référentiels reconnus et se pilote avec des indicateurs. Cet article détaille les étapes concrètes d’une démarche RSE, les outils pour la cadrer et des exemples d’actions applicables, avec un éclairage sur le secteur audiovisuel et événementiel.
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Qu’est-ce qu’une démarche RSE ?
La démarche RSE désigne la manière dont une organisation prend en compte les impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et l’environnement, tout en contribuant à sa performance durable [1]. Elle s’articule autour de trois piliers complémentaires : l’environnement (émissions, ressources, déchets, biodiversité), le social (conditions de travail, santé et sécurité, égalité, formation) et la gouvernance (éthique, transparence, dialogue avec les parties prenantes).
Le référentiel international de référence est la norme ISO 26000, qui définit sept questions centrales de la responsabilité sociétale et consacre l’importance du dialogue avec les parties prenantes [2]. Cette norme ne donne pas lieu à certification : elle sert de cadre pour planifier et structurer une démarche, que l’entreprise peut ensuite relier à d’autres exigences comme la réglementation CSRD ou les Objectifs de développement durable de l’ONU.
Une démarche RSE bien construite dépasse la seule conformité réglementaire. Elle devient un levier de performance : réduction des coûts par la sobriété, attractivité employeur, résilience face aux futures réglementations et différenciation commerciale. C’est pourquoi elle gagne à être portée par la direction générale, et non confinée à une fonction isolée.
Les étapes clés d’une démarche RSE
Structurer une démarche RSE suppose de suivre une séquence logique, du diagnostic initial jusqu’à l’amélioration continue [3]. Chaque étape prépare la suivante et alimente le pilotage. Le tableau ci-dessous présente une trame en six étapes, adaptable à la taille et à la maturité de l’organisation.
| Étape | Objectif | Livrable |
|---|---|---|
| 1. État des lieux | Cartographier les pratiques existantes et les impacts (environnement, social, gouvernance) | Diagnostic RSE initial |
| 2. Dialogue parties prenantes | Identifier et écouter les attentes des parties prenantes internes et externes | Cartographie des parties prenantes |
| 3. Analyse de matérialité | Hiérarchiser les enjeux ESG les plus significatifs [4] | Matrice de matérialité |
| 4. Plan d’action | Définir des objectifs chiffrés, des chantiers phasés et des responsables | Feuille de route RSE |
| 5. Pilotage et indicateurs | Suivre l’avancement à l’aide d’indicateurs de performance | Tableau de bord d’indicateurs |
| 6. Reporting et amélioration | Communiquer les résultats et ajuster la démarche dans la durée | Rapport de durabilité |
L’analyse de matérialité, colonne vertébrale de la démarche
L’analyse de matérialité identifie et hiérarchise les sujets ESG les plus importants pour l’entreprise et ses parties prenantes [4]. La logique de double matérialité, désormais au cœur du reporting européen, croise deux regards : l’impact de l’entreprise sur la société et l’environnement d’une part, et l’effet des enjeux de durabilité sur sa performance financière d’autre part [4]. Cette matrice oriente le plan d’action en concentrant les efforts là où ils comptent vraiment, plutôt que de disperser les moyens.
Du plan d’action au pilotage
Un plan d’action utile définit une feuille de route pragmatique : chantiers priorisés, objectifs mesurables, sponsors identifiés et échéances réalistes [3]. Le suivi repose ensuite sur des indicateurs RSE clairs, revus lors de rituels de pilotage réguliers. Sans indicateurs, une démarche RSE reste déclarative et perd en crédibilité auprès des parties prenantes.
Les outils pour structurer sa démarche
Plusieurs outils et référentiels aident à cadrer une démarche RSE. La norme ISO 26000 fournit la structure d’ensemble et le vocabulaire commun [2]. Le bilan carbone constitue le point de départ du volet environnemental : il mesure les émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre et révèle les postes prioritaires. La matrice de matérialité, déjà évoquée, hiérarchise les enjeux. Les cadres de reporting complètent l’outillage.
| Outil | Rôle dans la démarche |
|---|---|
| ISO 26000 | Cadre structurant, sept questions centrales, dialogue parties prenantes (sans certification) [2] |
| Bilan carbone | Diagnostic des émissions scopes 1, 2 et 3, base du volet environnemental |
| Matrice de matérialité | Hiérarchisation des enjeux ESG et priorisation du plan d’action [4] |
| ODD et GRI | Objectifs de développement durable et standards de reporting internationaux |
| Normes ESRS / CSRD | Reporting de durabilité harmonisé via douze normes ESRS [5] |
| Labels sectoriels | Reconnaissance externe de la démarche (ex. Label Ecoprod pour l’audiovisuel) [6] |
Le cadre réglementaire s’est resserré avec la directive CSRD, transposée en droit français, qui impose un reporting extra-financier détaillé aux entreprises dépassant certains seuils de taille et de chiffre d’affaires [5]. Douze normes ESRS structurent désormais cet exercice, ce qui pousse de nombreuses organisations à professionnaliser la collecte de leurs données de durabilité.
Exemples concrets d’actions RSE
Une démarche RSE se traduit par des actions tangibles, réparties sur les trois piliers. Sur le volet environnemental, les entreprises réduisent leur empreinte via la sobriété énergétique, l’écoconception et l’économie circulaire : réemploi du mobilier et du matériel informatique, reconditionnement, tri et valorisation des déchets. Sur le volet social, elles renforcent la prévention santé et sécurité, déploient des plans de formation ambitieux et agissent sur l’égalité professionnelle et la qualité de vie au travail.
Sur le volet gouvernance, les actions portent sur la transparence, l’éthique des affaires, l’intégration de critères RSE dans les achats et l’association des parties prenantes aux décisions. L’important n’est pas la quantité d’actions, mais leur cohérence avec les enjeux prioritaires issus de l’analyse de matérialité. Une action isolée sans lien avec la stratégie relève davantage de la communication que de la RSE.
Démarche RSE dans l’audiovisuel et l’événementiel
Le secteur audiovisuel et événementiel a vu l’éco-production passer d’une démarche volontaire pionnière à un cadre partiellement structurant. La production d’une œuvre concentre des impacts spécifiques : déplacements d’équipes, consommation électrique des plateaux, chaîne de sous-traitance des décors et costumes, catering. Structurer une démarche RSE dans ce contexte suppose d’adapter la méthode générale aux réalités du terrain, en s’appuyant sur les référentiels du secteur.
Sur les tournages et les productions
Le référentiel AFNOR SPEC 2308, porté par le CNC, propose un mode d’emploi national de production responsable pour le cinéma, l’audiovisuel et la publicité, articulé autour de vingt-huit actions couvrant les volets environnemental et sociétal [7]. Pour encourager son adoption, le CNC a lancé la Prime RSE+, une aide forfaitaire de 28 000 € destinée aux producteurs de fictions en prise de vue réelle, adossée à ce même référentiel [8]. En parallèle, le guide d’éco-production audiovisuelle et le Label Ecoprod, aligné sur la SPEC 2308, permettent de certifier qu’une œuvre a été produite de manière éco-responsable [6]. Une maison de production peut ainsi bâtir une stratégie RSE adaptée à son métier, en cohérence avec ces cadres sectoriels.
Sur les événements
Pour les festivals, concerts et événements d’entreprise, la démarche RSE se heurte à la temporalité courte et à la forte intensité des impacts : alimentation électrique sur site, mobilité du public et des équipes, gestion des déchets, prestataires locaux. La norme ISO 20121, dédiée au management responsable des événements, offre un cadre équivalent à l’ISO 26000 pour ce contexte. La clé reste la mesure : sans données fiables sur les postes d’impact, il est impossible de prioriser les actions ni de démontrer les progrès d’une édition à l’autre.
Dans les deux cas, la difficulté majeure est la collecte de données auprès de prestataires multiples et souvent ponctuels. GreenPro, l’outil de suivi environnemental de TheGreenshot, automatise cette collecte, centralise les justificatifs et transforme des données éparses en indicateurs exploitables, ce qui permet de piloter la démarche RSE d’une production ou d’un événement sur des bases solides.
Estimez l’empreinte carbone de votre entreprise
Le volet environnemental d’une démarche RSE commence par la mesure. Le calculateur gratuit de TheGreenshot ci-dessous estime l’empreinte annuelle d’une entreprise sur les scopes 1, 2 et 3, à partir des facteurs d’émission officiels ADEME et EPA.
Conclusion
Une démarche RSE réussie repose sur une méthode plus que sur une addition d’actions : état des lieux, dialogue avec les parties prenantes, analyse de matérialité, plan d’action chiffré, pilotage par indicateurs et amélioration continue. Les référentiels comme l’ISO 26000, le bilan carbone et les normes ESRS fournissent l’outillage, tandis que la matrice de matérialité garantit que les efforts se concentrent sur les enjeux prioritaires. Pour l’audiovisuel et l’événementiel, des cadres sectoriels comme la SPEC 2308, la Prime RSE+ du CNC et le Label Ecoprod donnent une trajectoire claire. À mesure que le reporting de durabilité se généralise, la capacité à mesurer et à documenter deviendra le socle de toute démarche RSE crédible.
FAQ
Qu’est-ce qu’une démarche RSE en entreprise ?
Quelles sont les étapes d’une démarche RSE ?
Quels outils pour structurer une démarche RSE ?
Quels exemples d’actions RSE concrètes ?
La démarche RSE est-elle obligatoire ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
Le volet environnemental d’une démarche RSE repose entièrement sur la qualité des données collectées : sans mesure fiable, impossible de prioriser les actions ni de prouver les progrès. Sur une production ou un événement, ces données se dispersent entre de nombreux prestataires ponctuels, ce qui rend la collecte manuelle vite ingérable. GreenPro, l’outil de suivi environnemental de TheGreenshot, automatise cette remontée d’informations, scanne les factures et centralise les justificatifs pour produire des tableaux de bord en temps réel. Les équipes visualisent leur empreinte poste par poste, alimentent leur reporting de durabilité et transforment leur démarche RSE en trajectoire mesurable. Cette automatisation libère du temps pour l’action et sécurise la traçabilité attendue par les parties prenantes et les cadres réglementaires.
Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.


