- Qu’est-ce que la norme ISO 26000 ?
- Les 7 questions centrales de l’ISO 26000
- Les 6 principes fondamentaux de la responsabilité sociétale
- Comment mettre en œuvre l’ISO 26000 dans une organisation ?
- ISO 26000 et CSRD : deux référentiels complémentaires
- La révision de l’ISO 26000 : vers une mise à jour du standard mondial
- ISO 26000 dans le secteur audiovisuel et événementiel
- Conclusion
- FAQ
La norme ISO 26000, publiée en 2010 après cinq ans de travaux impliquant 99 pays, constitue le référentiel international de référence en matière de responsabilité sociétale [1]. Elle fournit des lignes directrices à destination de tout type d’organisation souhaitant intégrer la norme ISO 26000 dans ses pratiques — entreprises, associations, administrations publiques, organisations internationales. Contrairement à d’autres normes ISO, elle n’est pas certifiable et repose entièrement sur le volontariat. Sa particularité est d’être universelle : elle s’applique indépendamment du secteur d’activité, de la taille ou de la localisation géographique de l’organisation. La norme a été reconfirmée dans sa pertinence en 2025, et une consultation internationale pour sa révision a été ouverte la même année par l’ISO, pilotée en France par l’AFNOR [2]. Cet article présente les fondements de la norme ISO 26000, ses 7 questions centrales, ses modalités d’application, et ses déclinaisons spécifiques pour le secteur audiovisuel et événementiel. Pour approfondir les notions connexes, les articles sur la distinction entre RSO et RSE et sur les 7 piliers RSE permettent de compléter ce panorama.
Qu’est-ce que la norme ISO 26000 ?
L’ISO 26000 n’est pas une norme de système de management au sens technique du terme : elle ne définit pas d’exigences vérifiables par audit et ne donne pas lieu à une certification [3]. Il s’agit d’un document de lignes directrices qui propose un cadre conceptuel et méthodologique pour aider les organisations à comprendre, prioriser et agir sur leurs responsabilités sociétales.
La norme repose sur deux notions fondamentales :
- La responsabilité de rendre compte (accountability) : l’organisation répond de ses impacts sur la société et l’environnement devant ses parties prenantes.
- La transparence : l’organisation communique ouvertement sur ses décisions, politiques et activités ayant un impact sur la société et l’environnement.
L’ISO 26000 s’adresse à toutes les organisations, quelle que soit leur taille. Elle est particulièrement utile comme outil de structuration pour les organisations qui débutent une démarche RSE, et comme référentiel de cohérence pour celles qui souhaitent aligner leurs pratiques existantes sur un standard international reconnu. Elle complète les autres cadres de reporting et d’indicateurs RSE en fournissant la dimension qualitative et stratégique que ces référentiels ne couvrent pas seuls.
Les 7 questions centrales de l’ISO 26000
L’ISO 26000 structure la responsabilité sociétale autour de sept questions centrales, chacune constituant un domaine d’action concret où une organisation peut identifier ses impacts et définir ses priorités [1].
| Question centrale | Domaines d’action couverts |
|---|---|
| 1. Gouvernance de l’organisation | Systèmes de prise de décision, responsabilisation, transparence, comportement éthique, intégration de la RSE dans la stratégie |
| 2. Droits de l’homme | Prévention de la complicité, diligence raisonnable, droits civils et politiques, droits économiques et sociaux, droits des populations vulnérables |
| 3. Relations et conditions de travail | Emploi et relations de travail, conditions de travail et protection sociale, dialogue social, santé et sécurité, développement des ressources humaines |
| 4. Environnement | Prévention de la pollution, utilisation durable des ressources, atténuation du changement climatique et adaptation, protection de la biodiversité |
| 5. Loyauté des pratiques | Lutte contre la corruption, engagement politique responsable, concurrence loyale, promotion de la RSE dans la chaîne de valeur |
| 6. Questions relatives aux consommateurs | Pratiques loyales en matière de marketing, protection de la santé et de la sécurité, accès à des produits essentiels, confidentialité et protection des données |
| 7. Communautés et développement local | Implication auprès des communautés, éducation et culture, emploi et développement des compétences, développement technologique, création de richesses et de revenus |
Chaque question centrale se décline en domaines d’action plus précis, pour lesquels la norme propose des principes, des objectifs et des exemples de mesures. L’identification des questions centrales prioritaires pour une organisation donnée repose sur une analyse de pertinence (materiality) qui croise l’importance des impacts réels avec les attentes des parties prenantes [4].
Les 6 principes fondamentaux de la responsabilité sociétale
En complément des 7 questions centrales, l’ISO 26000 définit 6 principes fondamentaux qui doivent guider la démarche de responsabilité sociétale d’une organisation [5] :
- Redevabilité : L’organisation accepte de rendre compte de ses impacts sur la société, l’économie et l’environnement.
- Transparence : L’organisation est transparente sur ses décisions et activités ayant un impact sur la société et l’environnement.
- Comportement éthique : L’organisation fonde ses comportements sur des valeurs d’honnêteté, d’équité et d’intégrité.
- Respect des intérêts des parties prenantes : L’organisation identifie, prend en compte et répond aux préoccupations de ses parties prenantes.
- Respect du principe de légalité : L’organisation respecte le cadre légal applicable et reconnaît que le droit est un prérequis à la RSE, non un substitut.
- Respect des normes internationales de comportement : L’organisation respecte les normes internationales, même lorsque le droit local est moins exigeant.
Comment mettre en œuvre l’ISO 26000 dans une organisation ?
L’absence de certification formelle ne signifie pas que la mise en œuvre de l’ISO 26000 est informelle. Les organisations qui s’appuient sérieusement sur ce référentiel suivent généralement une démarche structurée en plusieurs étapes :
1. Cartographie des parties prenantes : Identification des acteurs internes et externes dont les intérêts sont affectés par les activités de l’organisation (employés, fournisseurs, clients, riverains, régulateurs, société civile).
2. Analyse de pertinence (materiality assessment) : Évaluation des questions centrales les plus significatives au regard des impacts réels de l’organisation et des attentes exprimées par les parties prenantes. Cette hiérarchisation permet de concentrer les efforts sur les domaines à fort enjeu.
3. Définition des engagements et d’un plan d’action : Traduction des priorités identifiées en objectifs mesurables, calendrier et responsabilités. Ce plan d’action constitue le socle opérationnel de la démarche RSE, et ses résultats alimentent naturellement le rapport RSE annuel.
4. Intégration dans les pratiques : Déploiement des engagements dans les processus opérationnels, les politiques d’achats, les pratiques RH et la communication. Cette étape requiert une implication de la direction générale pour ancrer la RSE dans la gouvernance effective de l’organisation.
5. Suivi et reporting : Mesure des indicateurs de performance, communication aux parties prenantes et amélioration continue. Les indicateurs peuvent être suivis via des référentiels complémentaires tels que la GRI (Global Reporting Initiative) ou les critères ESG [4].
Les organisations souhaitant obtenir une reconnaissance externe peuvent recourir à des labels RSE (B Corp, LUCIE 26000, EcoVadis) dont les critères d’évaluation s’appuient en partie sur l’ISO 26000. Ces labels constituent un moyen de valoriser la démarche sans passer par une certification de la norme elle-même, qui n’existe pas [3]. La définition de la RSO (responsabilité sociétale des organisations) — qui étend le concept aux entités non commerciales — s’appuie également sur les fondements de l’ISO 26000.
ISO 26000 et CSRD : deux référentiels complémentaires
La directive européenne sur le reporting de durabilité des entreprises (CSRD), qui s’applique progressivement aux entreprises selon leur taille, impose un reporting structuré sur des thématiques directement alignées avec les 7 questions centrales de l’ISO 26000 [5]. Les entreprises déjà engagées dans une démarche ISO 26000 disposent ainsi d’une base conceptuelle solide pour alimenter leur reporting CSRD, notamment sur les volets droits de l’homme, relations de travail, environnement et gouvernance.
La distinction clé entre les deux référentiels réside dans leur nature : l’ISO 26000 est un guide volontaire et universel ; la CSRD est une obligation légale assortie d’exigences précises de collecte et de vérification des données. L’ISO 26000 peut donc être vue comme le cadre de pensée stratégique, tandis que la CSRD représente le cadre de reporting réglementaire. Leur complémentarité est reconnue : les entreprises qui ont structuré leur démarche RSE autour de l’ISO 26000 sont généralement mieux préparées aux exigences de reporting CSRD que celles qui abordent la durabilité par le seul prisme réglementaire.
La révision de l’ISO 26000 : vers une mise à jour du standard mondial
L’ISO 26000, publiée sur la base du contexte économique et environnemental des années 2000, est entrée en phase de révision active sous l’impulsion de l’ISO. Une consultation internationale a été ouverte pour intégrer quinze années d’avancées en matière de RSE, notamment les Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU, la directive CSRD, les nouvelles exigences liées au devoir de vigilance et les enjeux climatiques et sociaux contemporains [2]. En France, l’AFNOR pilote la contribution nationale à ce processus de révision, avec une phase de réflexion ouverte aux parties prenantes.
Cette révision attendue devrait renforcer les synergies entre ISO 26000 et les référentiels de reporting extra-financier en vigueur, et clarifier les attentes sur des thématiques émergentes telles que la transition juste, les droits numériques et la biodiversité. Pour les organisations qui s’appuient sur l’ISO 26000, il est recommandé de suivre l’avancement de ces travaux afin d’anticiper les éventuelles évolutions de périmètre ou de terminologie.
ISO 26000 dans le secteur audiovisuel et événementiel : une RSE spécifique et structurée
Le secteur audiovisuel et événementiel présente des caractéristiques particulières qui influencent la manière dont les 7 questions centrales de l’ISO 26000 se déclinent dans la pratique.
Tournages et productions : une chaîne de valeur fragmentée aux enjeux RSE multiples
Pour les sociétés de production audiovisuelle, l’analyse de pertinence au regard de l’ISO 26000 met généralement en évidence plusieurs questions centrales prioritaires. Les relations et conditions de travail constituent un enjeu de premier plan : le statut des intermittents du spectacle, la diversité et l’inclusion dans les équipes de tournage, les conditions de travail sur les plateaux (durée du travail, sécurité, alimentation) et la représentation des femmes dans les postes techniques sont des thématiques régulièrement soulevées par les parties prenantes du secteur. L’environnement représente un autre axe majeur, avec la mesure et la réduction de l’empreinte carbone des productions, la gestion des déchets de tournage, la consommation d’énergie des studios et la responsabilité dans la chaîne d’approvisionnement (décors, costumes, matériels de tournage). Le Ministère de la Culture a d’ailleurs explicitement associé l’ISO 26000 à la politique de responsabilité sociétale des organisations culturelles [6]. Le CNC a également structuré sa politique RSE en s’appuyant sur les Objectifs de Développement Durable, directement articulés avec les questions centrales de l’ISO 26000 [7].
Événements et festivals : l’ISO 20121 comme complément sectoriel
Pour les organisateurs d’événements — festivals, concerts, salons, événements corporate —, l’ISO 20121 constitue le complément naturel et sectoriel de l’ISO 26000. Cette norme de management responsable des événements, certifiable contrairement à l’ISO 26000, reprend les principes de responsabilité sociétale et les décline dans le contexte opérationnel spécifique de l’organisation d’événements : logistique, approvisionnements, mobilité du public et des équipes, gestion des déchets, alimentation, legacy social et environnemental. Le réseau COFEES (Collectif des Festivals Écoresponsables et Solidaires) a identifié 130 actions concrètes répondant aux questions centrales des normes ISO 26000 et ISO 20121 pour les festivals et structures culturelles, illustrant la complémentarité des deux référentiels dans la pratique [8].
Pour les sociétés de production et organisateurs d’événements qui souhaitent structurer et documenter leur démarche RSE, le service de management vert de TheGreenshot propose un accompagnement adapté aux spécificités du secteur, de la cartographie des enjeux à la mise en place des indicateurs de suivi.
Conclusion
La norme ISO 26000 reste, quinze ans après sa publication, le référentiel international le plus complet et le plus universellement reconnu pour structurer une démarche de responsabilité sociétale. Son caractère non certifiable et volontaire est à la fois sa limite — elle ne donne lieu à aucune reconnaissance formelle externe — et sa force : elle invite les organisations à une démarche de fond, alignée sur leurs valeurs et leurs impacts réels, plutôt qu’à une conformité formelle. Sa complémentarité avec la CSRD, les ODD, l’ISO 20121 et les labels RSE en fait un socle conceptuel robuste pour toute organisation qui souhaite aborder la durabilité de façon cohérente et stratégique. La révision en cours, portée par l’ISO et coordonnée en France par l’AFNOR, devrait renforcer sa pertinence dans le contexte réglementaire et environnemental contemporain. Pour le secteur audiovisuel et événementiel, l’ISO 26000 offre un cadre structurant pour traiter des enjeux spécifiques — intermittents, chaîne d’approvisionnement des productions, empreinte environnementale des tournages et événements — qui ne trouvent pas de réponse dans les seuls référentiels de reporting financier.
FAQ
Qu’est-ce que la norme ISO 26000 ?
Peut-on obtenir une certification ISO 26000 ?
Quelles sont les 7 questions centrales de l’ISO 26000 ?
Quelle est la différence entre l’ISO 26000 et la CSRD ?
La norme ISO 26000 est-elle en cours de révision ?
La mise en œuvre d’une démarche ISO 26000 dans une organisation audiovisuelle ou événementielle requiert un diagnostic des impacts réels, une cartographie des parties prenantes et un plan d’action structuré. TheGreenshot accompagne les productions et les organisateurs d’événements dans cette démarche de responsabilité sociétale, de l’analyse de pertinence à la mise en place des indicateurs de suivi environnementaux et sociaux. Pour les organisations qui souhaitent passer de la stratégie RSE à l’action opérationnelle, l’expertise sectorielle de TheGreenshot constitue un levier d’accélération concret, adapté aux contraintes et aux spécificités du secteur audiovisuel et de l’événementiel.
Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.





