- Pourquoi mesurer le bilan carbone d’un événement d’entreprise
- Les principales sources d’émissions d’un événement d’entreprise
- Les étapes pour réaliser le bilan carbone d’un événement
- Les outils pour calculer l’empreinte carbone événementielle
- Événements d’entreprise et productions audiovisuelles : enjeux communs
- Conclusion
- FAQ
Les événements d’entreprise (séminaires, conférences, soirées de gala, conventions annuelles) représentent une source d’émissions de gaz à effet de serre souvent sous-estimée. Mobilité des participants, hébergement, alimentation électrique temporaire, restauration : le bilan carbone d’un événement d’entreprise agrège des postes multiples que les méthodes classiques de comptabilité carbone ne couvrent pas toujours. Avec la montée en puissance de la directive CSRD et les engagements RSE des grandes organisations, la mesure de l’empreinte carbone événementielle est devenue un impératif pour les équipes de communication et les responsables événementiels. Ce guide présente les étapes, les outils et les bonnes pratiques pour structurer cette démarche de façon rigoureuse.
Pourquoi mesurer le bilan carbone d’un événement d’entreprise
La mesure de l’empreinte carbone d’un événement d’entreprise répond à plusieurs enjeux distincts qui se renforcent mutuellement.
Le premier enjeu est réglementaire. La directive CSRD impose aux grandes entreprises un reporting extra-financier détaillé incluant un bilan carbone complet sur les trois scopes d’émissions. Les événements d’entreprise, en tant qu’activité opérationnelle, entrent dans le périmètre de ce reporting. Les organisations qui ne mesurent pas l’impact de leurs événements risquent de présenter un bilan incomplet à leurs commissaires aux comptes ou à leurs parties prenantes.
Le deuxième enjeu est stratégique. Dans le cadre d’une politique RSE, l’événementiel est souvent identifié comme un poste d’émissions significatif et actionnable. Contrairement à certaines émissions de scope 3 difficiles à influencer (comme les émissions liées à l’usage du produit), l’empreinte d’un événement peut être réduite de façon substantielle grâce à des choix concrets : lieu accessible en transport en commun, menu végétarien, prestataires locaux, suppression de déplacements aériens évitables.
Le troisième enjeu est commercial. Les appels d’offres événementiels intègrent désormais fréquemment des critères environnementaux. Agences événementielles et lieux de réception qui disposent d’une méthodologie de mesure carbone crédible se différencient sur un marché de plus en plus attentif à ces questions [1].
Pour les organisations qui souhaitent comprendre les différentes méthodes disponibles, le guide sur la méthode de calcul du bilan carbone entreprise constitue un point de départ utile avant d’aborder les spécificités de l’événementiel.
Les principales sources d’émissions d’un événement d’entreprise
L’empreinte carbone d’un événement d’entreprise présente une structure spécifique, distincte de celle d’une production audiovisuelle ou d’une entreprise classique. Plusieurs postes sont propres à l’événementiel et souvent absents des bilans carbone traditionnels [2].
La mobilité des participants : premier poste d’émissions
Pour un événement rassemblant plusieurs centaines ou milliers de participants, la mobilité (déplacements en avion, en voiture, en train) représente systématiquement le premier poste d’émissions, souvent largement majoritaire. Un participant arrivant en avion depuis une autre ville génère plusieurs centaines de kilos de CO2e, contre quelques kilos en train. L’origine géographique des participants et les modes de transport disponibles depuis le lieu de l’événement sont donc des variables déterminantes dans l’empreinte globale.
L’hébergement
Pour les événements multi-jours (séminaires résidentiels, conventions), le poste hébergement peut représenter une part non négligeable des émissions. Une nuitée en hôtel génère entre 10 et 30 kg de CO2e selon le type d’établissement et sa localisation.
L’alimentation électrique et l’énergie sur site
Les événements organisés dans des lieux non raccordés au réseau (espaces extérieurs, sites atypiques) nécessitent des groupes électrogènes dont la consommation en carburant représente un poste d’émissions direct significatif. Même dans des salles raccordées, la consommation électrique liée à l’éclairage scénique, à la sonorisation et à la climatisation peut être importante.
La restauration et les déchets
La restauration (cocktails, dîners, pauses café) contribue à l’empreinte globale via les émissions liées à la production alimentaire. La gestion des déchets générés pendant l’événement (emballages, consommables) constitue également un poste à considérer, même s’il est généralement moins important que les trois postes précédents.
Les décors, signalétique et goodies
Les décors éphémères, la signalétique imprimée et les objets publicitaires (goodies) sont souvent sous-estimés. Leur fabrication mobilise des matériaux et génère des émissions, pour une durée de vie parfois limitée à quelques heures.
La structure en scopes du GHG Protocol s’applique pleinement à l’événementiel : le scope 3 y est prépondérant, car la mobilité des participants et les achats de prestations entrent dans les émissions indirectes de la chaîne de valeur.
Les étapes pour réaliser le bilan carbone d’un événement d’entreprise
La réalisation d’un bilan carbone événementiel suit une logique proche des autres bilans carbone, avec des adaptations propres à la temporalité courte et intensive d’un événement.
Étape 1 : Définir le périmètre de l’événement
La première question est celle du périmètre : quels postes sont inclus dans le calcul ? La mobilité des participants est-elle intégrée ? Les fournisseurs indirects ? Cette définition est structurante car elle détermine la comparabilité du bilan entre différentes éditions d’un même événement.
Il est recommandé d’adopter d’emblée un périmètre complet incluant la mobilité des participants (scope 3), même si cela complexifie la collecte de données. Un périmètre incomplet sous-estime systématiquement l’empreinte réelle et fausse les priorités de réduction.
Étape 2 : Collecter les données avant, pendant et après l’événement
La collecte de données événementielle présente une difficulté spécifique : les données sont dispersées entre de nombreux prestataires (lieu, traiteur, agence technique, agence voyage) et doivent être rassemblées a posteriori. Un questionnaire standard envoyé aux prestataires dès le début du projet facilite cette collecte.
Pour la mobilité des participants, une enquête de transport envoyée avant ou après l’événement permet d’estimer les modes de déplacement utilisés, sans avoir à reconstituer des données très fragmentées.
Étape 3 : Calculer l’empreinte avec un outil homologué
Les données collectées sont ensuite transformées en équivalents CO2 grâce aux facteurs d’émission de la Base Carbone ADEME. Des outils spécialisés pour l’événementiel, comme CLEO Carbone développé par l’UNIMEV [3], permettent de réaliser ce calcul avec une méthodologie conforme à la méthode Bilan Carbone.
Étape 4 : Produire le bilan et définir un plan de réduction
Le bilan final identifie les postes d’émissions prioritaires et leur contribution relative. À partir de ce diagnostic, un plan de réduction concret peut être défini pour l’édition suivante de l’événement : modification du lieu (meilleure accessibilité en train), ajustement du menu (part végétarienne augmentée), réduction des goodies, recours à de l’énergie renouvelable sur site.
Pour les organisations engagées dans une démarche de décarbonation plus large, le bilan de chaque événement peut être intégré au bilan carbone global de l’entreprise, enrichissant le reporting CSRD.
Les outils pour calculer l’empreinte carbone d’un événement d’entreprise
Plusieurs outils spécialisés permettent de réaliser le bilan carbone d’un événement d’entreprise avec une méthodologie structurée.
CLEO Carbone (UNIMEV)
Développé par Kabaun pour l’UNIMEV, CLEO Carbone est un calculateur spécialisé événementiel qui agrège plus de 17 000 facteurs d’émissions [4]. Il a été reconnu conforme à la méthode Bilan Carbone après un audit portant sur 27 critères, répartis en quatre axes : cadre technique et méthodologique, accompagnement carbone, transparence des sources et communication [5].
L’outil couvre l’ensemble des scopes d’émissions événementiels : mobilité des participants, hébergement, alimentation électrique, restauration, décors et signalétique. Il est accessible aux adhérents des associations professionnelles UNIMEV, Créalians, LEVENEMENT et Traiteurs de France.
Les outils généralistes avec module événementiel
La plupart des outils de bilan carbone d’entreprise proposent désormais un module ou une adaptation pour les événements. Ces outils permettent d’intégrer le bilan de l’événement directement dans le bilan global de l’organisation, facilitant la consolidation pour le reporting CSRD.
Pour les entreprises qui gèrent plusieurs événements par an, les méthodes de calcul générales peuvent être adaptées en définissant des hypothèses standard par type d’événement, réduisant la charge de collecte à chaque occurrence.
Les solutions intégrées pour l’audiovisuel événementiel
Pour les événements qui incluent une dimension audiovisuelle importante (retransmission, captation, production de contenu live), les outils spécialisés audiovisuel comme GreenPro offrent une approche qui couvre à la fois les émissions événementielles et les émissions de production. Cette intégration évite la double saisie de données et garantit l’exhaustivité du bilan.
Événements d’entreprise et productions audiovisuelles : enjeux communs
L’événementiel d’entreprise et la production audiovisuelle partagent de nombreux enjeux en matière de bilan carbone. Ces deux secteurs organisent des activités concentrées dans le temps et l’espace, mobilisent des équipes nombreuses et des prestataires multiples, et génèrent des flux logistiques importants.
Les grands événements d’entreprise : une logistique de production
Un congrès de plusieurs milliers de participants, une cérémonie de remise de prix ou une convention mondiale d’entreprise mobilisent des compétences et des ressources proches de celles d’une grande production audiovisuelle. Scénographie, éclairage scénique, sonorisation, captation vidéo, habillage graphique : les prestataires techniques sont les mêmes que sur un plateau de tournage.
Pour ces grands formats, la gestion de l’empreinte carbone exige une coordination entre plusieurs équipes : direction événementielle, responsable RSE, agence technique et prestataires de transport. L’intégration d’un outil de suivi carbone en amont de l’organisation est la condition d’une collecte de données exhaustive, sans avoir à reconstituer les informations plusieurs semaines après la clôture de l’événement.
Les études disponibles sur les bilans carbone d’événements de grande taille montrent que la mobilité des participants représente entre 50 et 80 % de l’empreinte totale selon la localisation et les distances parcourues [6]. Ce ratio illustre l’importance du choix de la localisation de l’événement et de la politique de transport des participants dans la stratégie de réduction.
Les événements qui incluent une production audiovisuelle
De nombreux événements d’entreprise intègrent une production audiovisuelle : retransmission en direct, captation pour les archives, production de contenus courts diffusés pendant l’événement ou partagés ensuite sur les réseaux sociaux. Ces productions ajoutent une couche d’émissions supplémentaire au bilan de l’événement, avec les équipements de tournage, les déplacements des équipes techniques et la consommation d’énergie des postes de montage et de diffusion.
Dans ce contexte hybride, un outil capable de couvrir à la fois les émissions événementielles et les émissions de production audiovisuelle offre un avantage significatif en termes d’exhaustivité et de cohérence méthodologique.
GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements. Il produit des bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro.
Conclusion
Le bilan carbone d’un événement d’entreprise est une démarche structurante, à la fois pour répondre aux obligations de reporting CSRD et pour piloter concrètement la réduction de l’empreinte environnementale des activités événementielles. Sa réalisation suppose de couvrir des postes spécifiques souvent absents des bilans carbone classiques, notamment la mobilité des participants et l’énergie temporaire sur site.
Les outils disponibles, comme CLEO Carbone de l’UNIMEV ou les solutions intégrées audiovisuel-événementiel, offrent des méthodologies conformes aux standards reconnus et adaptées aux contraintes opérationnelles du secteur. La clé de la réduction réside dans l’anticipation : le choix de la localisation, des modes de transport et des prestataires locaux peut diviser par deux ou trois l’empreinte d’un événement comparable, à condition que ces arbitrages soient intégrés dès la phase de conception.
Les évolutions réglementaires à venir, notamment l’extension progressive des obligations CSRD à de nouvelles catégories d’entreprises, renforceront encore la demande de bilans carbone événementiels fiables et comparables d’une édition à l’autre. Les organisations qui structurent leur démarche bilan carbone événement entreprise dès maintenant prendront une avance significative sur ces exigences.
FAQ
Comment calculer le bilan carbone d’un événement d’entreprise ?
Quel est le principal poste d’émissions d’un événement d’entreprise ?
Quel outil utiliser pour calculer l’empreinte carbone d’un événement d’entreprise ?
Le bilan carbone d’un événement est-il intégré au reporting CSRD ?
Comment réduire le bilan carbone d’un événement d’entreprise ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
La gestion de l’empreinte carbone d’un événement d’entreprise implique de consolider des données issues de nombreux prestataires : lieu de réception, agence technique, traiteur, transporteurs, hôtels. GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise cette collecte grâce au scan de factures par OCR et à des connecteurs avec les principales plateformes de gestion événementielle. Il produit des bilans conformes aux référentiels Albert, CSRD et GHG Protocol, directement exploitables pour le reporting extra-financier. Les équipes événementielles disposent ainsi d’un tableau de bord complet de l’empreinte de chaque événement, comparable d’une édition à l’autre. Une vision indispensable pour piloter une démarche de réduction progressive et documentée.
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