SECR : le reporting carbone britannique expliqué

Le SECR, ou Streamlined Energy and Carbon Reporting, est le dispositif britannique qui oblige des milliers d'entreprises a publier leurs emissions.
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Le SECR, ou Streamlined Energy and Carbon Reporting, est le dispositif britannique qui oblige des milliers d’entreprises à publier leur consommation d’énergie et leurs émissions de gaz à effet de serre. Issu du règlement Companies (Directors’ Report) and Limited Liability Partnerships (Energy and Carbon Report) Regulations 2018, ce reporting carbone britannique concerne aussi bien les sociétés cotées que les grandes entreprises non cotées et les LLP [1]. Cet article décrypte le périmètre du SECR, les entreprises assujetties, le contenu attendu du rapport, et ses implications pour les productions audiovisuelles et les événements opérant outre-Manche.

SECR : définition du reporting carbone britannique

Le SECR est un cadre obligatoire qui impose aux entreprises qualifiantes de déclarer leur consommation d’énergie et leurs émissions de gaz à effet de serre dans leur rapport annuel. Il a élargi le périmètre du reporting énergie et carbone à un nombre bien plus important de sociétés, avec un double objectif : améliorer la transparence et encourager les actions d’efficacité énergétique [2].

Le dispositif a succédé au CRC Energy Efficiency Scheme, en simplifiant et en regroupant les obligations dans un format unique intégré au rapport des directeurs. Pour une organisation déjà familière du pilotage de son empreinte environnementale, le SECR formalise une démarche de mesure annuelle plutôt que ponctuelle. La logique se rapproche de celle d’un bilan carbone, mais avec un ancrage fort sur la consommation énergétique.

Quelles entreprises sont concernées par le SECR

Le SECR vise trois grandes catégories d’organisations [3]. Les sociétés cotées au Royaume-Uni sur un marché réglementé sont concernées quelle que soit leur taille, et doivent déclarer leur consommation d’énergie et leurs émissions à l’échelle mondiale. Les grandes sociétés non cotées et les LLP entrent dans le champ dès lors qu’elles dépassent au moins deux des trois critères suivants : un chiffre d’affaires supérieur à 36 millions de livres, un total de bilan supérieur à 18 millions de livres, ou un effectif d’au moins 250 salariés [2].

Une exemption existe pour les faibles consommateurs. Une grande société non cotée ou une LLP est dispensée de déclaration si elle peut démontrer une consommation d’énergie inférieure à 40 MWh sur la période de référence, à condition d’inclure une mention le confirmant dans son rapport [1]. Les sociétés cotées, elles, ne bénéficient d’aucune exemption de ce type.

Contenu du rapport et ratio d’intensité

Le contenu attendu varie selon la catégorie d’entreprise, mais un socle commun s’impose. Les grandes sociétés non cotées et les LLP doivent déclarer au minimum leur consommation d’énergie au Royaume-Uni issue de l’électricité, du gaz et des carburants de transport, ainsi que les émissions associées des scopes 1 et 2 [1]. Les sociétés cotées élargissent ce périmètre à l’échelle mondiale.

Le ratio d’intensité

Le rapport doit comporter au moins un ratio d’intensité, qui rapporte les émissions à une mesure d’activité de l’entreprise. Les indicateurs courants sont les tonnes équivalent CO2 par million de livres de chiffre d’affaires, par salarié, ou par unité produite [4]. Ce ratio permet de comparer la performance dans le temps et entre organisations, indépendamment de la croissance de l’activité.

Méthodologie et efficacité énergétique

Le rapport doit également préciser la méthodologie retenue, fournir un comparatif avec l’année précédente à partir du deuxième exercice de déclaration, et décrire les mesures d’efficacité énergétique mises en oeuvre [2]. Le scope 3 reste volontaire, mais sa déclaration est fortement recommandée pour les sources d’émission significatives, ce qui rapproche progressivement le SECR des standards carbone les plus complets.

Catégorie Périmètre géographique Émissions à déclarer Exemption faible énergie
Sociétés cotées Mondial Scopes 1 et 2, énergie globale Non
Grandes sociétés non cotées Royaume-Uni Scopes 1 et 2, énergie UK Oui, si moins de 40 MWh
LLP de grande taille Royaume-Uni Scopes 1 et 2, énergie UK Oui, si moins de 40 MWh
Scope 3 Variable Volontaire mais recommandé Sans objet

SECR, BEGES et CSRD : un paysage réglementaire fragmenté

Le SECR s’inscrit dans un paysage international où chaque juridiction a développé son propre cadre. En France, le bilan d’émissions de gaz à effet de serre réglementaire poursuit une logique comparable, avec une obligation de plan de transition. À l’échelle européenne, la directive CSRD impose un reporting de durabilité bien plus large. Les groupes opérant dans plusieurs pays doivent donc articuler ces obligations, ce qui suppose une collecte de données structurée et un accompagnement spécialisé pour éviter les doublons et les angles morts.

Pour les sociétés de production audiovisuelle ou d’événementiel britanniques, ou pour les structures françaises ayant une filiale outre-Manche, le SECR ajoute une couche de conformité spécifique. La bonne nouvelle est que les données collectées pour un bilan carbone ou un dossier d’éco-production alimentent directement le rapport SECR, à condition d’avoir tracé la consommation énergétique poste par poste.

Le SECR dans l’audiovisuel et l’événementiel

Le secteur audiovisuel britannique a fortement structuré sa démarche carbone, ce qui facilite la conformité au SECR pour les sociétés concernées. La certification BAFTA albert est désormais largement intégrée à l’industrie de l’écran outre-Manche, et plusieurs diffuseurs et financeurs majeurs comme la BBC, ITV, Channel 4, Sky ou Netflix UK l’ont rendue obligatoire [6]. Cette mécanique crée une culture de la donnée carbone qui sert directement le reporting réglementaire.

Tournages et productions Film & TV

Les émissions du secteur de l’écran se concentrent sur quelques postes. Le transport reste de loin la première source, avec environ 65 % de l’empreinte carbone de l’industrie, le transport aérien représentant à lui seul près de 30 % du total [6]. Les déchets et matériaux, notamment liés à la construction de décors, constituent le deuxième poste majeur. Ces postes relèvent du scope 3, volontaire dans le SECR mais essentiel pour donner une image fidèle d’une production. Une démarche de bilan carbone à l’échelle d’une série illustre comment ces données se collectent sur le terrain. BAFTA albert et la Sustainable Entertainment Alliance ont par ailleurs publié une guidance indépendante pour aider les productions à mesurer leurs émissions de scopes 1 et 2, en complément des recommandations existantes sur le scope 3 [5].

Événements et productions live

Pour l’événementiel, le SECR met en lumière la consommation énergétique sur site, souvent assurée par des groupes électrogènes, ainsi que les carburants de transport. Un festival ou un événement corporate concentre une consommation énergétique élevée sur une courte durée, ce qui rend le ratio d’intensité particulièrement utile pour suivre les progrès d’une édition à l’autre. Le choix entre raccordement réseau et production autonome d’énergie devient un levier de réduction direct. Les calculateurs carbone du secteur aident à structurer la mesure adaptée à chaque format.

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Conclusion

Le SECR a fait du reporting carbone britannique une obligation annuelle pour les sociétés cotées, les grandes entreprises non cotées et les LLP. En imposant la déclaration de la consommation d’énergie, des émissions des scopes 1 et 2, et d’au moins un ratio d’intensité, le dispositif ancre la mesure carbone dans le rapport financier. Pour les productions audiovisuelles et les événements, dont l’empreinte se concentre sur le transport et l’énergie, le SECR s’articule naturellement avec les certifications sectorielles comme BAFTA albert. Les entreprises qui structurent dès maintenant leur collecte de données aborderont avec sérénité les évolutions futures du reporting carbone, en France comme au Royaume-Uni.

FAQ

Qu’est-ce que le SECR ?

Le SECR, ou Streamlined Energy and Carbon Reporting, est le cadre britannique obligatoire qui impose aux entreprises qualifiantes de déclarer leur consommation d’énergie et leurs émissions de gaz à effet de serre dans leur rapport annuel. Il vise à améliorer la transparence et à encourager les actions d’efficacité énergétique.

Quelles entreprises doivent se conformer au SECR ?

Le SECR concerne les sociétés cotées au Royaume-Uni quelle que soit leur taille, ainsi que les grandes sociétés non cotées et les LLP qui dépassent au moins deux des trois critères suivants : un chiffre d’affaires supérieur à 36 millions de livres, un bilan supérieur à 18 millions de livres, ou au moins 250 salariés.

Le scope 3 est-il obligatoire dans le SECR ?

Non, le scope 3 reste volontaire dans le cadre du SECR. Sa déclaration est toutefois fortement recommandée pour les sources d’émission significatives, car elle donne une image bien plus fidèle de l’empreinte réelle d’une organisation, en particulier dans les secteurs où les émissions indirectes dominent.

Qu’est-ce que le ratio d’intensité dans le SECR ?

Le ratio d’intensité rapporte les émissions à une mesure d’activité de l’entreprise. Les indicateurs courants sont les tonnes équivalent CO2 par million de livres de chiffre d’affaires, par salarié, ou par unité produite. Il permet de suivre la performance dans le temps indépendamment de la croissance de l’activité.

Existe-t-il une exemption au SECR ?

Oui, une grande société non cotée ou une LLP est exemptée de déclaration si elle démontre une consommation d’énergie inférieure à 40 MWh sur la période, à condition d’inclure une mention le confirmant dans son rapport. Les sociétés cotées ne bénéficient pas de cette exemption.

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Se conformer au SECR suppose de tracer finement la consommation d’énergie issue de l’électricité, du gaz et des carburants, puis de calculer les émissions des scopes 1 et 2 et au moins un ratio d’intensité. GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise cette collecte grâce au scan de factures par reconnaissance optique et à des tableaux de bord en temps réel. La plateforme produit des bilans conformes aux référentiels Albert, CSRD et GHG Protocol, ce qui permet d’alimenter sans double saisie un rapport SECR, un bilan carbone français ou un dossier d’éco-production. Les productions audiovisuelles et les organisateurs d’événements y gagnent un suivi fiable, exploitable d’une juridiction à l’autre. Une démonstration permet de visualiser comment l’outil s’adapte aux contraintes de chaque tournage ou événement.

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