- Qu’est-ce qu’une norme RSE et pourquoi en avoir besoin ?
- ISO 26000 : le socle de référence international
- Les standards GRI : le cadre de reporting extra-financier le plus utilisé
- ESRS et CSRD : le cadre réglementaire européen obligatoire
- B Corp, EcoVadis, SA 8000 : labels et évaluations sectoriels
- Les normes RSE spécifiques au secteur audiovisuel
- Comment articuler les différentes normes RSE
- Conclusion
- FAQ
Les normes RSE se sont multipliées au fil des décennies, portées par des acteurs variés : organisations internationales de normalisation, initiatives multipartites, régulateurs européens, associations sectorielles. Face à cette diversité, les entreprises doivent naviguer entre obligations légales, certifications volontaires, évaluations de tiers et référentiels de reporting. Chaque standard répond à une logique propre et s’adresse à des parties prenantes différentes [1].
Qu’est-ce qu’une norme RSE et pourquoi en avoir besoin ?
Une norme RSE est un cadre de référence permettant à une organisation de structurer, piloter et rendre compte de ses engagements en matière de responsabilité sociale et environnementale. Elle peut prendre des formes très différentes : ligne directrice non certifiable, standard de reporting, certification par tierce partie, label sectoriel ou obligation réglementaire.
Les raisons qui poussent les entreprises à adopter des normes RSE sont multiples :
- Conformité réglementaire : certaines normes, comme les ESRS dans le cadre de la CSRD, sont rendues obligatoires par le législateur pour les entreprises d’une certaine taille.
- Réponse aux attentes des parties prenantes : clients, investisseurs, employés et partenaires exigent de plus en plus des preuves tangibles d’engagement RSE.
- Structuration interne : un référentiel reconnu aide à organiser les politiques et les pratiques, à définir des indicateurs et à fixer des objectifs mesurables.
- Accès aux marchés : certains appels d’offres exigent une certification RSE ou un score EcoVadis minimal pour accéder à la consultation.
Comprendre les distinctions entre les principaux standards permet d’éviter la dispersion des efforts et de choisir les référentiels les plus pertinents selon ses objectifs et son secteur. La démarche RSE de TheGreenshot s’inscrit dans cette logique d’accompagnement sectoriel structuré.
ISO 26000 : le socle de référence international
Publiée par l’Organisation internationale de normalisation, la norme ISO 26000 constitue le référentiel de responsabilité sociétale le plus largement reconnu à l’échelle mondiale. Fruit de cinq ans de travaux impliquant 99 pays et des milliers d’experts de toutes origines (entreprises, gouvernements, syndicats, ONG, consommateurs), elle propose une définition commune de la RSE et des lignes directrices pour l’intégrer dans les pratiques organisationnelles [2].
ISO 26000 couvre sept domaines d’action fondamentaux :
- La gouvernance de l’organisation
- Les droits de l’Homme
- Les relations et conditions de travail
- L’environnement
- La loyauté des pratiques
- Les questions relatives aux consommateurs
- Les communautés et le développement local
Une caractéristique essentielle : l’ISO 26000 n’est pas certifiable. Il s’agit d’un guide de référence, non d’un système de management conduisant à un certificat délivré par tierce partie. Cette particularité en fait un outil de structuration et d’orientation plutôt qu’un outil de démonstration externe. Beaucoup d’entreprises l’utilisent comme grille de lecture pour auditer leurs pratiques et identifier les axes de progrès, avant de s’engager dans des démarches de certification plus spécifiques. Un guide complet sur l’ISO 26000 est disponible sur le blog TheGreenshot.
Les standards GRI : le cadre de reporting extra-financier le plus utilisé
Initiée à la fin des années 1990, la Global Reporting Initiative (GRI) a développé les standards de reporting RSE les plus utilisés au monde. Selon l’enquête KPMG Survey of Sustainability Reporting, plus de 70 % des grandes entreprises utilisent les standards GRI pour structurer leur rapport de durabilité [3].
Les standards GRI proposent un cadre modulaire organisé en trois niveaux :
- GRI Universal Standards : principes généraux de reporting applicables à toutes les organisations (GRI 1, 2 et 3).
- GRI Sector Standards : standards sectoriels adaptés aux enjeux spécifiques d’industries comme l’énergie, l’agriculture ou les médias.
- GRI Topic Standards : standards thématiques couvrant des sujets précis (eau, biodiversité, conditions de travail, corruption, etc.).
Un accord d’interopérabilité a été conclu entre la GRI et l’EFRAG, l’organisme qui élabore les normes ESRS de la CSRD. Cet accord facilite la réutilisation des données GRI dans le cadre du reporting CSRD, évitant aux entreprises de produire deux rapports distincts. Pour les organisations déjà engagées dans un reporting GRI, cette convergence représente un gain d’efficacité significatif [3].
ESRS et CSRD : le cadre réglementaire européen obligatoire
Contrairement aux normes volontaires comme l’ISO 26000 ou les standards GRI, les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards) s’inscrivent dans un cadre réglementaire contraignant : la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive). Pour les entreprises soumises à cette directive, le respect des ESRS n’est pas une option mais une obligation légale assortie de vérification externe [1].
Les ESRS se distinguent des autres normes RSE sur plusieurs points :
| Critère | ESRS (CSRD) | GRI | ISO 26000 |
|---|---|---|---|
| Nature | Obligatoire (pour les entreprises concernées) | Volontaire | Volontaire |
| Périmètre | Entreprises UE de plus de 1 000 salariés et 450 M€ de CA | Toutes organisations | Toutes organisations |
| Certifiable | Non (mais audité) | Non | Non |
| Double matérialité | Obligatoire | Recommandée | Non applicable |
| Balisage XBRL | Obligatoire | Non | Non |
| Vérification externe | Obligatoire (assurance limitée) | Optionnelle | Non applicable |
| Interopérabilité | Alignement avec GRI et IFRS S1/S2 | Alignement avec ESRS et ISSB | Socle des deux |
Pour les entreprises du secteur audiovisuel directement soumises à la CSRD, les ESRS constituent le cadre de reporting prioritaire. Pour les structures plus petites, les normes volontaires comme le GRI ou les standards sectoriels comme l’Indice RSE Ecoprod peuvent servir de base de préparation.
B Corp, EcoVadis, SA 8000 : labels et évaluations sectoriels
Au-delà des normes de référence et des cadres de reporting, un ensemble de labels et d’évaluations permettent aux entreprises d’obtenir une reconnaissance externe de leur performance RSE [4].
B Corp est une certification délivrée par l’ONG B Lab aux entreprises qui répondent à des critères stricts de performance environnementale, sociale, de gouvernance, de transparence et d’impact communautaire. La certification repose sur l’évaluation B Impact Assessment, qui attribue un score sur 200 points (minimum requis : 80). Elle implique également un engagement juridique de l’entreprise à prendre en compte l’intérêt de toutes ses parties prenantes dans ses statuts. B Corp s’adresse aux entreprises qui cherchent une transformation en profondeur de leur modèle et souhaitent rejoindre une communauté internationale engagée.
EcoVadis est une plateforme d’évaluation RSE utilisée massivement dans les chaînes d’approvisionnement B2B. Elle évalue la performance RSE des fournisseurs sur quatre thématiques (environnement, travail et droits humains, éthique, achats responsables) et produit un score sur 100, décliné en médailles (Bronze, Argent, Or, Platine). Plus de 130 000 entreprises ont été évaluées par EcoVadis. Le score EcoVadis est fréquemment exigé par les grandes entreprises donneuses d’ordre dans leurs appels d’offres et processus de qualification fournisseurs [3].
SA 8000 est une norme de certification axée spécifiquement sur les droits sociaux et les conditions de travail. Développée par Social Accountability International (SAI), elle s’appuie sur les conventions de l’OIT, la Déclaration des droits de l’Homme et la convention des droits de l’enfant. Elle est particulièrement pertinente pour les entreprises dont la chaîne d’approvisionnement inclut des fournisseurs dans des pays à risque social élevé.
AA1000, développé par AccountAbility, est un standard axé sur la gouvernance de la durabilité et l’engagement des parties prenantes. Il est souvent utilisé en complément du GRI pour renforcer la crédibilité du processus de reporting et de la consultation des parties prenantes.
Les normes RSE spécifiques au secteur audiovisuel
Le secteur audiovisuel s’est doté de standards et d’outils RSE propres à ses réalités opérationnelles. Ces référentiels sectoriels coexistent avec les normes transversales et apportent une granularité adaptée aux spécificités des productions et des tournages [5].
L’Indice RSE Ecoprod est un outil d’autodiagnostic lancé pour permettre aux structures audiovisuelles d’évaluer leur maturité RSE, quelle que soit leur taille. Il couvre la gouvernance, les enjeux sociaux, l’impact environnemental et les pratiques opérationnelles, et attribue un score de maturité allant de E à A+. Cet indice est pensé comme un outil de progression : il permet d’identifier les axes de travail prioritaires et de suivre les progrès d’une année sur l’autre [6].
Le Label Ecoprod, certification délivrée par l’AFNOR, atteste de la démarche d’éco-production d’une oeuvre audiovisuelle. Il s’appuie sur les 26 critères de niveau 2 de l’AFNOR SPEC 2308, premier texte normatif sur la définition des productions audiovisuelles responsables. Le label couvre la mesure de l’empreinte carbone, la gestion des déchets, la mobilité, l’alimentation et les achats responsables [7].
Albert est le référentiel de durabilité du secteur audiovisuel britannique, développé par la BAFTA. Il propose un calculateur d’empreinte carbone spécifique aux productions télévisuelles et cinématographiques, un programme de certification et des ressources de formation. Il est utilisé par les principales chaînes de diffusion britanniques (BBC, ITV, Channel 4) et s’exporte progressivement en Europe.
Pour les producteurs souhaitant mesurer leur empreinte carbone dans le cadre de ces standards sectoriels, des solutions comme GreenPro de TheGreenshot permettent de collecter les données d’émissions production par production, dans une structure compatible avec les exigences de ces référentiels.
Le dispositif CNC RSE+ mérite également d’être mentionné : il attribue une aide forfaitaire à la production aux professionnels engagés dans une démarche RSE certifiée, couvrant également les coûts de certification par un organisme tiers indépendant. Ce dispositif encourage l’adoption des normes RSE sectorielles en réduisant leur coût financier pour les producteurs.
Comment articuler les différentes normes RSE
L’erreur la plus courante consiste à vouloir adopter toutes les normes simultanément, au risque de disperser les équipes et de produire des données sans cohérence stratégique. Une approche séquentielle et rationalisée est plus efficace [4].
Une séquence recommandée pour les entreprises qui débutent leur démarche RSE :
1. Partir de l’ISO 26000 pour réaliser un premier diagnostic de maturité RSE et identifier les domaines d’action prioritaires selon les sept thématiques. Cette étape ne nécessite pas d’investissement lourd et pose les bases d’une stratégie cohérente.
2. Adopter un cadre de reporting adapté à ses obligations. Pour les grandes entreprises soumises à la CSRD, les normes ESRS s’imposent. Pour les autres, les standards GRI offrent une base reconnue internationalement. Les deux sont interopérables : des données collectées selon le GRI peuvent être utilisées dans un rapport ESRS [3].
3. Compléter par des certifications ou évaluations externes selon les attentes des parties prenantes. EcoVadis est prioritaire pour les entreprises avec une forte activité B2B fournisseurs. B Corp s’adresse aux structures qui souhaitent une transformation de modèle. Les labels sectoriels (Ecoprod pour l’audiovisuel) permettent de valoriser les engagements auprès de partenaires et donneurs d’ordre du secteur.
La mutualisation des données est la clé de l’efficacité : une plateforme RSE centralisée permet de collecter les informations une seule fois et de les réutiliser pour alimenter plusieurs référentiels en parallèle. Cette approche réduit considérablement la charge administrative liée à la multiplicité des standards. L’accompagnement de TheGreenshot pour les acteurs de l’audiovisuel repose sur ce principe : données carbone collectées une fois, utilisables pour le Label Ecoprod, l’Indice RSE Ecoprod et le reporting CSRD.
Conclusion
Les normes RSE forment un écosystème complémentaire où chaque standard remplit une fonction précise : l’ISO 26000 structure la stratégie, le GRI guide le reporting, les ESRS encadrent l’obligation légale, EcoVadis valide la performance auprès des acheteurs et les certifications sectorielles comme le Label Ecoprod répondent aux attentes des partenaires du secteur audiovisuel.
La bonne démarche n’est pas de choisir une norme plutôt qu’une autre, mais de comprendre comment elles s’articulent et de bâtir un système de collecte de données capable d’alimenter plusieurs référentiels à partir d’un socle commun. Cette rationalisation est la condition d’une stratégie RSE à la fois ambitieuse et opérationnellement viable.
Pour les entreprises du secteur audiovisuel, la mise en oeuvre concrète de ces standards commence par la mesure de l’empreinte carbone des productions, grâce à des outils comme GreenPro de TheGreenshot, conçus pour répondre aux exigences spécifiques du secteur.
FAQ
Quelle est la différence entre une norme RSE et une certification RSE ?
L’ISO 26000 est-elle obligatoire ?
Quelle est la différence entre GRI et ESRS ?
Qu’est-ce que l’Indice RSE Ecoprod pour le secteur audiovisuel ?
Comment choisir entre B Corp et EcoVadis ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
Pour les entreprises du secteur audiovisuel, la mise en conformité avec les normes RSE passe en priorité par la maîtrise de l’empreinte carbone des productions. GreenPro de TheGreenshot permet de mesurer les émissions de chaque tournage ou événement, de les suivre dans le temps et de produire des données fiables pour le reporting RSE et la CSRD. La solution intègre les facteurs d’émission de la Base Carbone ADEME et s’adapte aux codes de ventilation propres au secteur audiovisuel. Grâce aux tableaux de bord et aux insights IA, les équipes peuvent identifier rapidement les postes les plus émissifs et prioriser les actions de réduction concrètes, production après production.
Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.





