- CSRD et ESRS : deux notions complémentaires mais distinctes
- Les 12 normes ESRS : structure et périmètre
- La double matérialité : pierre angulaire du dispositif
- Qui est concerné par les obligations CSRD et ESRS ?
- Les évolutions récentes : simplification et directive Omnibus
- Comment préparer un rapport de durabilité conforme
- Conclusion
- FAQ
La directive CSRD et les normes ESRS constituent ensemble le socle du reporting de durabilité en Europe. Si la confusion entre les deux est fréquente, leur distinction est pourtant fondamentale : la première pose le cadre juridique et les obligations, les secondes définissent les modalités techniques de mise en oeuvre. Pour toute entreprise soumise aux exigences de transparence extra-financière, maîtriser l’articulation entre esrs csrd est devenu une priorité stratégique [1].
CSRD et ESRS : deux notions complémentaires mais distinctes
La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) est une directive européenne adoptée en 2022 qui remplace la précédente directive NFRD (Non-Financial Reporting Directive). Elle fixe les règles générales encadrant le reporting de durabilité des entreprises et définit notamment le calendrier d’application, les entités concernées et les sanctions applicables [2].
Les ESRS (European Sustainability Reporting Standards) sont quant à elles les normes techniques élaborées par l’EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group) qui précisent comment les entreprises doivent préparer et publier leurs rapports de durabilité dans le cadre de la CSRD. En d’autres termes, la CSRD dit qui doit reporter et pourquoi, tandis que les ESRS indiquent quoi reporter et comment [3].
La métaphore la plus juste est celle d’un code de la route et d’un manuel de conduite : la CSRD est le code (les règles, les contraintes, les délais), les ESRS sont le manuel (les procédures, les indicateurs, les formats). L’un ne va pas sans l’autre, et toute organisation qui cherche à se conformer doit maîtriser les deux niveaux.
Pour les entreprises du secteur audiovisuel et de la communication, ce double niveau d’exigence s’inscrit dans une démarche plus large d’éco-production et de reporting carbone qui gagne en maturité réglementaire.
Les 12 normes ESRS : structure et périmètre
L’ensemble des ESRS comprend 12 normes organisées en trois couches hiérarchiques [4] :
| Catégorie | Norme | Thématique couverte |
|---|---|---|
| Transversale | ESRS 1 | Exigences générales et principes de reporting |
| Transversale | ESRS 2 | Informations générales (gouvernance, stratégie, IRO) |
| Environnement | ESRS E1 | Changement climatique |
| Environnement | ESRS E2 | Pollution |
| Environnement | ESRS E3 | Eau et ressources marines |
| Environnement | ESRS E4 | Biodiversité et écosystèmes |
| Environnement | ESRS E5 | Utilisation des ressources et économie circulaire |
| Social | ESRS S1 | Effectifs de l’entreprise |
| Social | ESRS S2 | Travailleurs de la chaîne de valeur |
| Social | ESRS S3 | Communautés affectées |
| Social | ESRS S4 | Consommateurs et utilisateurs finaux |
| Gouvernance | ESRS G1 | Conduite des affaires |
Les normes ESRS 1 et ESRS 2 sont dites transversales : elles s’appliquent à tous les sujets de durabilité et constituent le socle méthodologique commun. ESRS 2 est particulièrement structurante car elle organise la façon dont les entreprises articulent gouvernance, stratégie, modèle d’affaires et analyse des impacts, risques et opportunités (IRO) [5].
Les dix normes thématiques (E1 à G1) sont soumises au principe de matérialité : une entreprise ne doit reporter que sur les thématiques qui sont matérielles pour elle, c’est-à-dire qui présentent des impacts, risques ou opportunités significatifs. Ce principe évite de produire un rapport encyclopédique et oriente les efforts de collecte sur les données réellement pertinentes.
Pour les acteurs de l’audiovisuel, c’est souvent ESRS E1 (changement climatique) qui s’avère le plus directement actionnable, notamment via des outils comme GreenPro qui automatisent la collecte des données d’émissions à chaque tournage ou production.
La double matérialité : pierre angulaire du dispositif
La notion de double matérialité est au coeur de l’articulation entre CSRD et ESRS. Elle impose aux entreprises d’analyser leurs enjeux de durabilité sous deux angles simultanés [6] :
La matérialité d’impact concerne les effets de l’entreprise sur l’environnement et la société. Il s’agit de mesurer et de publier l’empreinte réelle de l’activité : émissions de gaz à effet de serre, consommation d’eau, conditions de travail dans la chaîne d’approvisionnement, etc.
La matérialité financière concerne l’effet inverse : dans quelle mesure les enjeux environnementaux et sociaux créent-ils des risques ou des opportunités pour la valeur financière de l’entreprise ? Une entreprise fortement exposée aux risques physiques liés au climat (inondations, chaleur extrême affectant les tournages en extérieur) devra en rendre compte sous cet angle.
Un enjeu est considéré matériel s’il remplit le critère de l’une ou l’autre de ces dimensions, ou des deux. Cette approche différencie fondamentalement les ESRS des autres référentiels comme le GRI ou les TCFD, qui adoptent une perspective unique [7].
L’analyse de double matérialité est donc un prérequis à la rédaction du rapport de durabilité : sans elle, impossible de savoir quelles normes ESRS thématiques s’appliquent et quels indicateurs collecter. Elle constitue le point de départ de toute démarche sérieuse de conformité CSRD.
Qui est concerné par les obligations CSRD et ESRS ?
Le périmètre d’application de la CSRD a été significativement modifié par la directive Omnibus de début 2026, qui recentre les obligations sur les grandes entreprises. Les entités soumises au reporting obligatoire selon les ESRS sont désormais les sociétés de l’UE comptant plus de 1 000 salariés et affichant un chiffre d’affaires net supérieur à 450 millions d’euros [8].
Ce double seuil a réduit considérablement le nombre d’entreprises directement concernées par rapport au texte initial de la CSRD. Pour autant, les PME restent indirectement concernées via les demandes d’informations de leurs clients et partenaires commerciaux.
Un mécanisme de plafonnement chaîne de valeur a été introduit pour limiter la pression sur les petites structures : les entreprises de moins de 1 000 salariés ne sont plus tenues de fournir des informations qui dépassent le périmètre des standards volontaires simplifiés [9]. Ce garde-fou protège les sous-traitants et prestataires des exigences excessives des grands groupes donneurs d’ordre.
Pour les entreprises du secteur audiovisuel opérant comme prestataires de grands groupes de communication ou de diffusion, cette distinction est importante : elles peuvent être sollicitées pour des données carbone sans pour autant être directement soumises à la directive.
Les évolutions récentes : simplification et directive Omnibus
La directive Omnibus I, publiée au Journal Officiel de l’UE et entrée en vigueur au printemps, a introduit des changements majeurs dans le paysage CSRD/ESRS. Son ambition : conjuguer les impératifs de compétitivité des entreprises et les exigences de transparence, dans un contexte où les premières obligations avaient suscité des inquiétudes sur la charge administrative [10].
Les principales modifications portent sur :
- La réduction des points de données obligatoires : le projet de révision des ESRS prévoit une diminution de l’ordre de 61 % des indicateurs obligatoires, passant d’environ 1 100 à 430 points de données [6].
- La suppression des indicateurs volontaires : pour clarifier ce qui est obligatoire de ce qui ne l’est pas, les données volontaires sont retirées des normes révisées.
- Le renforcement du filtre de matérialité : l’accent est mis sur le jugement et le raisonnement plutôt que sur le volume de données publiées.
- Les dispositions transitoires : les normes ESRS révisées s’appliquent à partir de l’exercice financier 2027, avec une application volontaire anticipée possible pour l’exercice 2026 [8].
Pour les entreprises déjà engagées dans la démarche, ces simplifications ne signifient pas un allégement des ambitions environnementales, mais une meilleure lisibilité des exigences. Les grands groupes qui ont commencé leur collecte de données sur la base des normes initiales doivent anticiper les ajustements à venir sans interrompre leur démarche.
La solution TheGreenshot suit de près ces évolutions réglementaires pour adapter ses outils de reporting aux nouvelles versions des ESRS au fur et à mesure de leur publication.
Comment préparer un rapport de durabilité conforme
La préparation d’un rapport CSRD conforme aux ESRS suit une séquence logique que les entreprises bien préparées abordent en amont de leur premier exercice de reporting [11] :
1. Réaliser l’analyse de double matérialité. Cette étape identifie les normes ESRS thématiques applicables et les indicateurs à collecter. Elle implique des parties prenantes internes et externes et doit être documentée et auditée.
2. Cartographier les données disponibles. Pour chaque indicateur retenu, il faut identifier les sources de données existantes, les lacunes et les processus de collecte à mettre en place. Pour les émissions de gaz à effet de serre (ESRS E1), cela inclut les données de consommation d’énergie, les déplacements, les achats de biens et services.
3. Mettre en place les outils de collecte. La solution GreenPro permet aux entreprises audiovisuelles d’automatiser cette collecte par scan OCR des factures fournisseurs et d’obtenir un tableau de bord temps réel de leurs émissions, directement exploitable pour le reporting ESRS E1.
4. Préparer la déclaration de durabilité. Le rapport de durabilité CSRD est intégré au rapport de gestion de l’entreprise. Il suit la structure imposée par ESRS 2 : gouvernance, stratégie, analyse IRO, indicateurs et objectifs. Une mise en forme XBRL (balisage électronique) est requise pour faciliter l’accès aux données par les régulateurs et les investisseurs.
5. Faire auditer le rapport. La CSRD impose une assurance limitée par un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant. Cette exigence de vérification externe est progressive : assurance limitée dans un premier temps, puis renforcée à terme.
Les entreprises qui s’appuient sur des outils numériques dédiés au suivi de l’empreinte carbone disposent d’un avantage certain pour automatiser les étapes 2 et 3 et produire des données auditables sans surcharge manuelle.
Conclusion
La relation entre ESRS et CSRD est celle d’un cadre et de ses modalités d’application : indissociables, complémentaires et en constante évolution. La directive fixe les règles du jeu, les normes fournissent la méthode. Comprendre cette articulation est la première condition pour aborder le reporting de durabilité de manière structurée et efficiente.
Les récentes simplifications apportées par la directive Omnibus réduisent la charge théorique sans remettre en cause l’ambition du dispositif. Pour les entreprises concernées, la priorité reste d’engager l’analyse de double matérialité, de structurer leur collecte de données et de se doter d’outils adaptés à leurs contraintes opérationnelles.
Pour les acteurs de l’audiovisuel et de la communication, l’accompagnement de TheGreenshot permet de traduire ces obligations réglementaires en démarches concrètes, ancrées dans la réalité des tournages, productions et événements.
FAQ
Quelle est la différence entre CSRD et ESRS ?
Combien de normes ESRS existent ?
Qu’est-ce que la double matérialité dans le contexte ESRS ?
Quelles entreprises sont concernées par la CSRD et les ESRS ?
Les normes ESRS sont-elles en train d’évoluer ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
Le reporting de durabilité impose aux entreprises de collecter, structurer et publier un volume croissant de données environnementales et sociales. Pour les studios et agences du secteur audiovisuel, cette exigence suppose de disposer d’outils adaptés à leurs spécificités opérationnelles. GreenPro, la solution de mesure carbone de TheGreenshot, permet d’automatiser la collecte des données d’émissions, de scanner les factures par OCR et de générer des tableaux de bord conformes aux exigences ESRS. Les équipes peuvent ainsi préparer leur rapport de durabilité sans alourdir leur charge administrative, tout en bénéficiant d’insights IA pour identifier les priorités de réduction. Découvrir comment GreenPro accompagne les entreprises audiovisuelles dans leur conformité CSRD.
Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.





