- Qu’est-ce que le jour du dépassement ?
- La date du jour du dépassement : France et monde
- Comment se calcule le jour du dépassement ?
- Pourquoi le jour du dépassement avance-t-il dans le temps ?
- Les conséquences du dépassement pour les entreprises
- Comment agir pour faire reculer le dépassement
- Jour du dépassement dans le secteur audiovisuel et événementiel
- Conclusion
- FAQ
Le jour du dépassement représente l’une des mesures les plus parlantes de la pression que l’humanité exerce sur les écosystèmes terrestres. Il marque la date à laquelle la consommation mondiale de ressources naturelles dépasse la capacité de régénération de la planète pour l’ensemble de l’année. Pour la France, cette échéance tombe particulièrement tôt : le 24 avril [1], soit moins de quatre mois après le début de l’année, d’après les données publiées par le Global Footprint Network. Ce constat interpelle directement les entreprises, qui contribuent de façon significative à l’empreinte écologique nationale et disposent de leviers concrets pour agir. Cet article présente la signification du jour du dépassement, son calcul, l’évolution historique de cette date et les actions prioritaires pour les organisations engagées dans une démarche de transition écologique.
Qu’est-ce que le jour du dépassement ?
Le jour du dépassement — connu en anglais sous le nom d’Earth Overshoot Day — est le concept développé par le Global Footprint Network pour quantifier la dette écologique de l’humanité envers la biosphère. Chaque année, à partir de cette date, l’humanité vit à crédit : elle consomme des ressources naturelles — eau douce, sols, forêts, biomasse marine — et génère des déchets, notamment du CO₂, à un rythme supérieur à ce que la Terre est capable d’absorber et de régénérer [2].
Le concept repose sur la notion d’empreinte écologique, une mesure agrégée exprimée en hectares globaux (hag). Elle comptabilise la surface bioproductive nécessaire pour produire les ressources consommées et absorber les déchets émis par une population donnée. La biocapacité de la Terre, elle aussi exprimée en hectares globaux, représente la capacité maximale des écosystèmes à se régénérer chaque année.
Lorsque l’empreinte écologique mondiale dépasse la biocapacité disponible, la planète entre en déficit écologique. Ce phénomène se traduit concrètement par la surpêche, la déforestation, l’accumulation de CO₂ dans l’atmosphère et la dégradation des sols [3]. Pour TheGreenshot, qui accompagne les acteurs du secteur audiovisuel dans leur démarche de management vert, cette mesure constitue un cadre de référence essentiel pour situer les efforts sectoriels dans une perspective globale.
La date du jour du dépassement : France et monde
Le jour du dépassement mondial est calculé et annoncé chaque année le 5 juin, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement. En attendant cette annonce officielle, le Global Footprint Network publie en amont les dates nationales de dépassement, calculées à partir des dernières données disponibles des Comptes nationaux d’empreinte et de biocapacité.
La date nationale de la France
Le jour du dépassement national de la France est fixé au 24 avril [1]. Cette date signifie que si l’ensemble de la population mondiale vivait selon les standards de consommation français, la biocapacité annuelle de la planète serait épuisée dès ce jour-là. L’empreinte écologique de la France est estimée à 3,2 hectares globaux par habitant, pour une biocapacité mondiale disponible de 1,48 hectare global par personne [4]. L’empreinte française représente donc plus du double de la part équitable disponible sur Terre.
La situation mondiale
Au niveau mondial, la date du dépassement oscille depuis plusieurs années autour de fin juillet ou début août. L’édition précédente s’est ainsi établie au 24 juillet [5]. Les écarts entre pays sont considérables : certains États à hauts revenus atteignent leur seuil national dès le mois de février, tandis que des pays à faibles revenus — comme le Bangladesh ou le Nigeria — ne dépassent pas la biocapacité qui leur revient et n’ont pas de jour du dépassement national calculé.
Cette disparité illustre une inégalité fondamentale : les pays les plus consommateurs ne sont pas nécessairement ceux qui subiront le plus les conséquences du dépassement écologique. La France, bien que dotée d’un mix électrique parmi les moins carbonés d’Europe grâce au nucléaire, affiche une empreinte matérielle et alimentaire élevée qui pèse lourdement dans le calcul. Pour en savoir plus sur la notion d’empreinte écologique et son articulation avec le bilan carbone tel que le mesure l’ADEME, TheGreenshot propose une analyse détaillée des méthodologies de comptabilité environnementale.
Comment se calcule le jour du dépassement ?
Le calcul du jour du dépassement repose sur une formule simple mais appuyée sur un volume important de données statistiques nationales et internationales :
Jour du dépassement = (Biocapacité mondiale / Empreinte écologique mondiale) × 365
Ce rapport entre les capacités de régénération de la planète et la demande effective de ressources humaines est ensuite converti en date calendaire [6]. Le Global Footprint Network actualise chaque année ses modèles à partir des données officielles de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), du GIEC et des statistiques nationales d’énergie.
Le calcul intègre six catégories de ressources :
- Les terres cultivées (production alimentaire et fibres)
- Les pâturages (élevage)
- Les forêts (bois, papier, absorption du CO₂)
- Les zones de pêche
- Les terres urbanisées
- La séquestration carbone (capacité des écosystèmes à absorber le CO₂)
La part carbone représente la composante la plus importante de l’empreinte écologique mondiale, à hauteur de 60 % environ [2]. C’est précisément sur ce levier que les entreprises disposent du plus grand pouvoir d’action, notamment via la réduction de leurs émissions de scope 1, 2 et 3 tels que définis par le GHG Protocol.
Pourquoi le jour du dépassement avance-t-il dans le temps ?
Depuis les années 1970, où le jour du dépassement mondial tombait en décembre, la date n’a cessé d’avancer dans le calendrier. Cette tendance traduit une augmentation structurelle de la pression exercée par les activités humaines sur les écosystèmes, à un rythme supérieur à celui des gains d’efficacité réalisés.
Plusieurs facteurs expliquent ce recul de la date :
- La croissance démographique : une population mondiale plus nombreuse exerce mécaniquement une demande accrue sur les ressources naturelles.
- L’augmentation du niveau de vie : l’accès élargi à la consommation dans les pays émergents entraîne une hausse des empreintes nationales.
- Les systèmes alimentaires : la production de viande et les chaînes d’approvisionnement longues concentrent une part significative de l’empreinte agricole et carbone.
- Les énergies fossiles : malgré la transition énergétique en cours, les combustibles fossiles représentent encore la majeure partie de la production énergétique mondiale [3].
Des signaux positifs existent cependant. Les investissements massifs dans les énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments et la montée des pratiques de sobriété ont freiné cette avance dans certains pays. La France, dont le mix électrique était déjà bas carbone à plus de 95 % à l’issue du dernier exercice annuel de RTE, illustre qu’une décarbonation de la production d’énergie peut faire reculer sensiblement la composante carbone de l’empreinte nationale. Des stratégies comme la trajectoire net zéro adoptée par des entreprises pionnières constituent des exemples concrets de ce mouvement.
Les conséquences du dépassement pour les entreprises
Le dépassement écologique n’est pas qu’une abstraction scientifique : il produit des effets tangibles sur les conditions d’activité des entreprises à court, moyen et long termes.
Risques physiques et matières premières
La dégradation des écosystèmes — appauvrissement des sols, raréfaction de l’eau, déclin de la biodiversité — affecte directement les chaînes d’approvisionnement. Les entreprises dépendantes de matières premières agricoles, forestières ou halieutiques voient leurs coûts d’approvisionnement augmenter et la disponibilité de leurs intrants se fragiliser.
Risques réglementaires et de marché
La prise de conscience du dépassement écologique a conduit à un durcissement réglementaire rapide. La directive CSRD impose désormais aux grandes entreprises de quantifier et publier leur impact sur les écosystèmes, y compris les enjeux de biodiversité et d’utilisation des terres. Le principe de double matérialité oblige à mesurer non seulement les risques financiers liés à la nature, mais aussi les impacts que l’entreprise exerce sur elle [3].
Réputation et financement
Les investisseurs institutionnels intègrent désormais les critères d’empreinte écologique dans leurs politiques d’allocation. Les entreprises incapables de démontrer leur progression vers des objectifs alignés sur les limites planétaires sont exposées à des restrictions d’accès au financement vert et à une pression croissante de leurs parties prenantes. L’outil GreenPro de TheGreenshot permet aux producteurs audiovisuels de disposer d’une traçabilité complète de leurs émissions pour répondre à ces exigences.
Comment les entreprises peuvent agir pour faire reculer le dépassement
Le Global Footprint Network a identifié cinq solutions qui permettraient, si elles étaient déployées à grande échelle, de repousser collectivement le jour du dépassement mondial de plusieurs semaines [7]. Ces solutions convergent avec les engagements que peuvent prendre les entreprises dans le cadre de leurs stratégies de réduction d’empreinte.
Réduire l’empreinte carbone des activités
La réduction des émissions de gaz à effet de serre est le levier le plus impactant. Des actions sur les déplacements professionnels, la consommation d’énergie des bâtiments et des équipements, et le choix de fournisseurs bas carbone permettent de réduire significativement les scopes 1, 2 et 3 d’une organisation. Pour les entreprises du secteur audiovisuel, le détail des scopes d’émission d’une production constitue un point de départ indispensable.
Agir sur l’alimentation
Les systèmes alimentaires représentent une fraction importante de l’empreinte écologique mondiale. La restauration collective, les événements et les plateaux de tournage constituent des points d’intervention concrets pour les entreprises du secteur audiovisuel et événementiel, notamment par l’adoption de menus à faible empreinte carbone et la réduction du gaspillage alimentaire.
Préserver et restaurer les écosystèmes
Les entreprises peuvent contribuer à augmenter la biocapacité terrestre en finançant des projets de restauration d’écosystèmes certifiés — reforestation, restauration de zones humides, préservation des mangroves. Ces démarches, lorsqu’elles sont réalisées via des standards reconnus (Gold Standard, Verra VCS), contribuent également à améliorer les bilans carbone via des crédits de séquestration vérifiés.
Adopter une démarche de sobriété matérielle
La réduction de l’empreinte matérielle — décors réutilisables, location d’équipements, optimisation du transport de matériel — représente un levier complémentaire pour les productions et les événements. Une organisation comme TheGreenshot accompagne ses clients dans la mise en place de pratiques d’éco-production concrètes, via son programme de management vert dédié aux acteurs audiovisuels.
Jour du dépassement dans le secteur audiovisuel et événementiel
Le secteur audiovisuel et événementiel est directement concerné par les enjeux du dépassement écologique, à la fois comme contributeur significatif à l’empreinte nationale et comme secteur disposant d’une forte capacité d’exemplarité et d’influence.
L’empreinte du secteur audiovisuel
En France, les usages audiovisuels représentent environ 2,9 % de la consommation électrique nationale et 0,9 % de l’empreinte carbone totale du pays [8]. Si l’empreinte des émissions directes et indirectes liées à l’énergie (scopes 1 et 2) s’établit à environ 315 000 tonnes d’équivalent CO₂ par an, l’empreinte complète incluant le scope 3 — fabrication des équipements, streaming, données — dépasse les 10 millions de tonnes d’équivalent CO₂ annuels [8]. Ce ratio de 1 à 30 entre les émissions directes et indirectes illustre l’importance des achats et de la chaîne de valeur dans l’empreinte réelle des productions.
Le secteur événementiel face au dépassement
Les événements — concerts, festivals, conférences, productions live — génèrent des empreintes concentrées sur de courtes durées : mobilité du public et des équipes, alimentation électrique sur site, hébergement, logistique matérielle. Un festival de taille moyenne peut ainsi mobiliser des ressources équivalentes à plusieurs mois de fonctionnement d’une PME. La mesure et la réduction de cette empreinte événementielle deviennent un impératif à la fois réglementaire et commercial, notamment face aux exigences des donneurs d’ordre publics et privés qui intègrent des critères RSE dans leurs appels d’offres.
Dans ce contexte, GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements — bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro
Conclusion
Le jour du dépassement reste un signal d’alarme essentiel pour comprendre l’ampleur de la pression que les sociétés humaines exercent sur les écosystèmes. Pour la France, ce cap est atteint le 24 avril — parmi les premières nations du monde à franchir ce seuil — ce qui reflète une empreinte par habitant largement supérieure à la part équitable disponible sur Terre. Face à ce constat, les entreprises occupent une position stratégique : elles concentrent une part importante de l’empreinte nationale et disposent des moyens organisationnels pour enclencher des réductions significatives. Le renforcement des obligations de reporting environnemental — CSRD, taxonomie européenne, éco-conditionnalité du CNC — va continuer à accroître la pression sur les organisations afin qu’elles documentent, réduisent et compensent leur empreinte écologique de façon vérifiable. Le jour du dépassement, de symbole planétaire, devient ainsi un référentiel de compétitivité pour toute entreprise engagée dans la transition.
Quelle est la date du jour du dépassement pour la France ?
Comment est calculé le jour du dépassement mondial ?
Pourquoi le jour du dépassement tombe-t-il plus tôt chaque décennie ?
Quelle est la différence entre le jour du dépassement mondial et le jour du dépassement national ?
Comment les entreprises peuvent-elles contribuer à faire reculer le jour du dépassement ?
Le jour du dépassement illustre l’urgence d’une comptabilité carbone rigoureuse pour les entreprises qui souhaitent aligner leurs activités sur les limites planétaires. GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, permet aux productions audiovisuelles et aux organisateurs d’événements de mesurer leur empreinte en temps réel, d’automatiser la collecte des données d’activité et de générer des bilans conformes aux référentiels Albert, CSRD et GHG Protocol. Grâce à ses tableaux de bord et à ses insights alimentés par l’IA, les équipes peuvent identifier les postes d’émissions prioritaires et définir un plan de réduction crédible — une démarche indispensable pour faire reculer collectivement la date du dépassement.
Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.





