La Base Empreinte® est la référence nationale française en matière de facteurs d’émission de gaz à effet de serre. Administrée par l’ADEME (Agence de la transition écologique), cette base de données publique et gratuite recense plus de 60 000 facteurs d’émission [1] nécessaires à la réalisation de tout exercice de comptabilité carbone — qu’il s’agisse d’un bilan GES réglementaire, d’un affichage environnemental de produit ou d’un reporting CSRD. Comprendre ce qu’est la base empreinte carbone, comment elle est structurée et comment l’utiliser correctement est une condition préalable à tout bilan carbone rigoureux. Cet article présente la définition de la Base Empreinte, son contenu, son fonctionnement et ses applications concrètes pour le secteur audiovisuel et événementiel.
Qu’est-ce que la Base Empreinte ADEME ?
La Base Empreinte® est une base de données publique de facteurs d’émission et de jeux de données d’inventaire du cycle de vie, administrée par l’ADEME. Elle constitue la référence officielle pour la réalisation des bilans GES réglementaires en France, au titre de l’article 75 de la loi Grenelle II [1]. Son accès est gratuit pour toute personne disposant d’un compte en ligne.
D’une base à l’autre : de la Base Carbone à la Base Empreinte
La Base Empreinte® est le fruit de la fusion de trois bases distinctes précédemment gérées par l’ADEME : la Base Carbone® (facteurs d’émission GES), la Base IMPACTS® (données d’inventaire du cycle de vie) et les données d’affichage environnemental. Cette fusion, opérée en 2023, a permis de centraliser l’ensemble des données nécessaires à la comptabilité carbone et à l’analyse du cycle de vie dans un outil unique, cohérent et régulièrement mis à jour [3]. La version en vigueur est la V23.6 (mise à jour de juillet 2025) [1].
Pour les organisations qui réalisent leur bilan carbone avec la méthode Bilan Carbone® de l’ADEME ou avec le GHG Protocol, la Base Empreinte est la source de référence pour les facteurs d’émission propres au contexte français. D’autres bases nationales et internationales existent — DEFRA (Royaume-Uni), ecoinvent (international), Agribalyse (France, spécifique à l’agroalimentaire) — mais la Base Empreinte reste le standard pour les bilans réglementaires français.
Accès, gouvernance et fiabilité
La Base Empreinte est accessible gratuitement en ligne après création d’un compte sur le site de l’ADEME. Elle est consultable par toute organisation, bureau d’études ou professionnel souhaitant réaliser un exercice de comptabilité carbone. Sa gouvernance est assurée par un comité multi-parties prenantes réunissant des représentants du Ministère de la Transition écologique, du MEDEF, du Réseau Action Climat et d’organismes techniques sectoriels [3]. Ce dispositif garantit la rigueur méthodologique et la représentativité sectorielle des données.
À quoi servent les facteurs d’émission ?
Les facteurs d’émission sont au cœur de tout bilan carbone. Ils permettent de convertir des données d’activité concrètes — litres de carburant consommés, kilowattheures d’électricité, tonnes de marchandises transportées — en émissions de gaz à effet de serre exprimées en kilogrammes ou tonnes d’équivalent CO₂ (kgCO₂e ou tCO₂e) [3].
Définition et formule de calcul
La formule de base est simple : Émissions (kgCO₂e) = Donnée d’activité × Facteur d’émission. Par exemple, pour estimer les émissions liées à un déplacement en voiture thermique, il suffit de multiplier la distance parcourue (en km) par le facteur d’émission correspondant au type de véhicule (exprimé en kgCO₂e/km). La Base Empreinte propose des facteurs pour chaque type de véhicule, chaque mix énergétique régional et chaque mode de transport, ce qui permet d’affiner les calculs selon le contexte réel de l’organisation.
La robustesse du bilan carbone dépend directement de la qualité du facteur d’émission utilisé. L’utilisation de facteurs génériques peut introduire des écarts significatifs par rapport à la réalité, tandis que des facteurs spécifiques au fournisseur ou à la filière produisent des résultats plus précis — et donc plus utiles pour piloter la réduction des émissions.
Applications : bilan carbone, affichage environnemental et CSRD
Les facteurs d’émission de la Base Empreinte servent à trois types d’exercices principaux :
Le bilan GES réglementaire (BEGES), obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés, les collectivités de plus de 50 000 habitants et l’État, utilise les facteurs de la Base Empreinte comme référence officielle. La version 9 de la méthode Bilan Carbone® introduit trois niveaux de maturité — Initial, Standard et Avancé — adaptés à toutes les organisations, qu’elles réalisent leur premier bilan ou qu’elles cherchent à affiner leurs calculs [5].
L’affichage environnemental des produits utilise également les facteurs de la Base Empreinte pour calculer l’empreinte carbone de produits de grande consommation, en vue de leur étiquetage environnemental.
Le reporting CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) nécessite que les organisations déclarent leurs émissions de GES selon un référentiel méthodologique fiable. La Base Empreinte constitue la source de facteurs recommandée pour les entreprises françaises soumises à cette directive. Les émissions de scope 3 — souvent les plus importantes — requièrent des facteurs d’émission pour les achats, les déplacements, les déchets et les produits en fin de vie, tous disponibles dans la Base Empreinte.
Contenu et organisation de la Base Empreinte
Avec plus de 60 000 facteurs d’émission [1], la Base Empreinte couvre l’ensemble des postes d’émissions susceptibles d’apparaître dans un bilan carbone d’entreprise ou de production.
Les grandes catégories de facteurs
Les facteurs sont organisés en grandes thématiques alignées avec la structure des scopes du GHG Protocol :
| Catégorie | Exemples de postes couverts | Scope(s) concerné(s) |
|---|---|---|
| Énergie | Électricité par réseau national, gaz naturel, fioul, réseaux de chaleur | Scope 1 et 2 |
| Transports | Voiture, train, avion, camion, bateau — par type de carburant | Scope 1, 2 et 3 |
| Achats de biens et services | Matériaux de construction, produits alimentaires, équipements électroniques | Scope 3 |
| Déchets | Mise en décharge, incinération, compostage, recyclage | Scope 3 |
| Agriculture et alimentation | Productions végétales et animales, engrais azotés | Scope 1 et 3 |
| Numérique | Streaming vidéo, serveurs, équipements terminaux, data centers | Scope 2 et 3 |
| Bâtiments | Construction, rénovation, usage des bâtiments | Scope 1, 2 et 3 |
Cette couverture exhaustive permet d’alimenter les calculs relatifs aux émissions de scope 1, aux émissions de scope 2 et aux émissions de scope 3 dans leur intégralité.
Versionnage et mises à jour régulières
La Base Empreinte est mise à jour régulièrement pour intégrer les nouvelles données sectorielles, les évolutions du mix électrique national ou les résultats d’études récentes. La version V23.6 (juillet 2025) est la version en vigueur pour les bilans réalisés après sa date de publication [4]. Il est recommandé de préciser la version de la base utilisée lors de la publication d’un bilan carbone, ce qui permet de garantir la traçabilité et la comparabilité des résultats dans le temps.
Une mise à jour importante de 2025 a introduit de nouveaux facteurs pour les données monétaires, permettant aux organisations de calculer des émissions à partir de données financières lorsque les données physiques d’activité ne sont pas disponibles — une approche particulièrement utile pour le scope 3 des achats et des investissements.
Comment utiliser la Base Empreinte dans un bilan carbone
L’utilisation correcte de la Base Empreinte suppose de maîtriser quelques principes méthodologiques pour éviter les erreurs de calcul les plus courantes.
Sélectionner les bons facteurs d’émission
La sélection du facteur d’émission approprié dépend du niveau de précision souhaité et des données disponibles. La Base Empreinte propose généralement plusieurs facteurs pour une même activité, selon le degré de spécification : un facteur générique pour un « déplacement en voiture » et des facteurs spécifiques par gamme de véhicule, par motorisation ou par pays. Le choix du bon facteur suit une hiérarchie de priorité : facteur spécifique au fournisseur ou au produit (meilleure précision) > facteur sectoriel > facteur générique national.
Pour les calculateurs carbone dans l’audiovisuel, comme Carbon’Clap d’Ecoprod, la sélection des facteurs d’émission de la Base Empreinte est intégrée directement dans l’outil, ce qui simplifie considérablement le travail de collecte et de calcul pour les équipes de production.
Les limites à connaître
La Base Empreinte ne couvre pas l’intégralité des situations. Certains secteurs très spécialisés, certains équipements atypiques ou certains procédés industriels peuvent ne pas disposer de facteurs d’émission précis. Dans ces cas, il est possible de compléter la Base Empreinte par d’autres bases de données reconnues (ecoinvent pour l’analyse du cycle de vie, DEFRA pour les facteurs UK, etc.) ou de réaliser des mesures spécifiques.
Par ailleurs, les facteurs d’émission de la Base Empreinte sont des moyennes nationales ou sectorielles. Ils ne reflètent pas la situation réelle de chaque fournisseur individuel. L’évolution vers des facteurs d’émission fournisseur-spécifiques, permise par des plateformes de collecte comme GreenPro, améliore significativement la précision des bilans de scope 3 [5].
Base Empreinte et secteur audiovisuel et événementiel : applications concrètes
Le secteur du Media & Entertainment dispose de postes d’émissions spécifiques qui nécessitent une attention particulière lors de la sélection des facteurs d’émission dans la Base Empreinte.
Productions audiovisuelles : les facteurs clés
Un tournage audiovisuel génère des émissions sur de nombreux postes : déplacements des équipes (voitures, vans, avions pour les tournages en extérieur), consommation électrique des studios (éclairage, climatisation, équipements de prise de vue), groupes électrogènes sur les plateaux extérieurs, achats de décors et de costumes, restauration et logement de l’équipe. La Base Empreinte propose des facteurs pour chacun de ces postes.
Un point d’attention particulier concerne l’électricité de réseau : le facteur d’émission du mix électrique français est nettement inférieur à ceux des pays voisins en raison de la part importante du nucléaire dans la production nationale. Pour les coproductions internationales ou les tournages à l’étranger, il convient d’utiliser le facteur d’émission du pays concerné — disponible dans la Base Empreinte pour l’Europe et dans d’autres bases pour le reste du monde. Les scopes d’émission d’une production audiovisuelle sont un sujet auquel TheGreenshot consacre une analyse détaillée.
Pour les contenus numériques et le streaming, les facteurs d’émission du streaming vidéo sont désormais disponibles dans la Base Empreinte V23.6, permettant aux plateformes et aux producteurs de contenus digitaux d’intégrer ces postes dans leur bilan GES avec une méthodologie reconnue [1].
Événements : alimenter les bilans avec précision
Pour les événements — festivals, concerts, salons, événements corporate —, la Base Empreinte permet de calculer les postes les plus significatifs : transports du public et des équipes, consommation énergétique du site, restauration, hébergement et déchets générés. Les facteurs transport sont particulièrement utiles pour estimer l’empreinte des déplacements du public selon le mode de transport utilisé et la distance parcourue.
La précision du bilan dépend du soin apporté à la collecte des données d’activité (nombre de participants, modes de transport, consommations énergétiques réelles) et à la sélection des facteurs d’émission les plus représentatifs du contexte géographique et technique de l’événement.
GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements — bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro
Conclusion
La Base Empreinte ADEME est un outil indispensable à tout acteur souhaitant réaliser un bilan carbone rigoureux et reconnu. Avec plus de 60 000 facteurs d’émission couvrant l’ensemble des postes d’activité des organisations et des productions, elle constitue le socle méthodologique de la comptabilité carbone en France. Sa maîtrise — sélection des bons facteurs, compréhension du versionnage, connaissance des limites — est une compétence essentielle pour les équipes chargées du reporting environnemental. Pour le secteur audiovisuel et événementiel, dont les postes d’émissions sont à la fois nombreux et hétérogènes, l’intégration d’outils automatisant la collecte et l’application des facteurs d’émission représente un gain de temps et de précision considérable. Les évolutions réglementaires — CSRD, éco-conditionnalité CNC, bilans Albert — renforcent durablement l’importance de la Base Empreinte comme référence commune.
Qu’est-ce que la Base Empreinte de l’ADEME ?
Quelle est la différence entre la Base Carbone et la Base Empreinte ?
Comment utiliser les facteurs d’émission de la Base Empreinte ?
La Base Empreinte est-elle gratuite ?
Quels facteurs d’émission la Base Empreinte propose-t-elle pour le secteur audiovisuel ?
Appliquer correctement les facteurs d’émission de la Base Empreinte dans un bilan de production audiovisuelle ou d’événement requiert à la fois une maîtrise méthodologique et des outils adaptés pour automatiser la collecte et le calcul. GreenPro, la plateforme de comptabilité carbone de TheGreenshot, intègre les facteurs d’émission de la Base Empreinte ADEME et des référentiels sectoriels (Albert, Carbon’Clap, GHG Protocol) pour produire automatiquement des bilans conformes aux exigences réglementaires françaises et européennes. La collecte de données est simplifiée par des fonctionnalités de scan OCR de factures et des connecteurs avec les outils de gestion de production, éliminant les saisies manuelles et réduisant le risque d’erreurs sur les facteurs utilisés.
Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.





