- Un plateau de tournage durable : définition et enjeux
- Transport et mobilité : le premier poste d’émissions
- Énergie et éclairage : réduire la consommation sur le plateau
- Décors, costumes et achats responsables
- Alimentation et gestion des déchets
- Application dans le secteur audiovisuel et événementiel
- Conclusion
- FAQ
Un plateau de tournage génère en moyenne plusieurs tonnes d’équivalent CO2 par jour de prise de vue. Transport des équipes, consommation énergétique des projecteurs, achats de décors, restauration sur site : les sources d’impact environnemental sont nombreuses et souvent sous-estimées. Selon les données d’Ecoprod, une heure de contenu audiovisuel en prise de vue réelle émet en moyenne 16 tonnes de CO2e [1]. Ce chiffre place le secteur face à des responsabilités concrètes, renforcées par une réglementation nationale qui conditionne désormais l’accès aux aides publiques à la réalisation d’un bilan carbone [2]. Cet article explore les leviers concrets disponibles pour rendre un plateau de tournage durable, de la pré-production jusqu’au démontage des décors, en s’appuyant sur les bonnes pratiques reconnues du secteur audiovisuel.
Un plateau de tournage durable : définition et enjeux réglementaires
La notion de plateau de tournage durable désigne une production audiovisuelle qui intègre des critères environnementaux à chaque étape de son déroulement, de la pré-production au démontage des décors. La démarche repose sur quatre principes fondamentaux reconnus par les professionnels du secteur : Mesurer l’empreinte carbone, Réduire les émissions sur les postes les plus significatifs, Tracer les actions mises en place et Sensibiliser l’ensemble des équipes [3].
Le cadre réglementaire français a fortement évolué sur ce sujet. Le CNC conditionne désormais ses aides à la remise d’un double bilan carbone pour toute nouvelle demande d’aide à la production d’œuvres en prise de vue réelle [2] : un bilan prévisionnel avant le tournage et un bilan définitif à l’issue de la production. Cette éco-conditionnalité a progressivement été étendue aux œuvres nativement numériques, comme l’animation et les jeux vidéo [4].
En parallèle, la prime RSE+ du CNC récompense financièrement (aide forfaitaire de 28 000 euros) les productions qui s’engagent à atteindre les niveaux 1 et 2 du référentiel AFNOR SPEC 2308 [4]. Ce référentiel, élaboré avec plus de 130 professionnels du secteur audiovisuel, définit les critères d’une production audiovisuelle éco-responsable à travers 85 indicateurs couvrant toutes les étapes de la production.
Transport et mobilité des équipes : le premier poste d’émissions sur un plateau
Le transport constitue systématiquement le poste d’émissions le plus important sur un plateau de tournage durable. L’analyse des bilans carbone du secteur établit que le transport aérien représente 40 % des kilomètres parcourus lors d’un tournage, tout en concentrant 42,6 % de l’impact carbone total des déplacements [4]. La priorité est donc de repenser les stratégies de déplacement dès la phase de préparation.
Les leviers les plus efficaces incluent : substituer le transport aérien par le train pour les trajets de moins de quatre heures, y compris pour les équipes techniques et les artistes ; mutualiser les véhicules d’équipe en optimisant les feuilles de route entre lieux de résidence et de tournage ; prioriser les locations de véhicules électriques ou hybrides pour les déplacements locaux ; et réduire le nombre de repérages en extérieur grâce aux outils de visualisation numérique en pré-production.
La mesure du bilan carbone d’un tournage commence systématiquement par l’inventaire des déplacements, qui permet d’identifier les voyages les plus émetteurs et d’orienter les choix de localisation. L’outil Carbon’Clap d’Ecoprod, homologué par le CNC, intègre le transport comme l’un des cinq postes de mesure prioritaires [1].
Énergie et éclairage : réduire la consommation sur le plateau de tournage durable
L’énergie consommée sur plateau représente un poste significatif, notamment à cause des éclairages tungstène traditionnels et des groupes électrogènes diesel utilisés pour les tournages en extérieur. Le passage à l’éclairage LED full spectrum représente une réduction de la consommation électrique de 50 à 80 % par rapport à l’éclairage tungstène traditionnel [5], tout en réduisant la chaleur dégagée sur le plateau et en améliorant les conditions de travail des équipes.
Plusieurs actions complémentaires permettent de réduire l’empreinte énergétique d’un plateau : alimenter les groupes électrogènes en carburant HVO (huile végétale hydrotraitée), qui réduit les émissions de CO2 de 50 à 90 % par rapport au diesel conventionnel ; préférer les studios raccordés au réseau électrique aux tournages en extérieur nécessitant des générateurs ; couper les alimentations des équipements inutilisés entre les prises ; et intégrer les contraintes énergétiques dans le budget de production dès la phase de préparation.
Les studios LED virtuels offrent une alternative de plus en plus adoptée : en simulant des décors grâce à des écrans LED, ils permettent de réduire de 70 à 80 % les transports vers des lieux de tournage extérieurs [4], ce qui en fait un levier à double impact sur le bilan carbone global.
Décors, costumes et achats responsables
Les achats liés à la production (décors, costumes, accessoires, matériel de bureau) constituent le deuxième poste prioritaire dans la réduction de l’impact d’un plateau de tournage durable. La démarche repose principalement sur les principes de l’économie circulaire : réduire les achats neufs, réemployer les matériaux et louer plutôt qu’acquérir.
Les pratiques reconnues dans le secteur incluent : louer les éléments de décor auprès de prestataires spécialisés dans la location circulaire et les restituer après le tournage ; donner ou revendre les éléments de décor fabriqués à des associations ou à d’autres productions ; s’approvisionner en matériaux de construction auprès de ressourceries ou de chantiers de déconstruction ; et favoriser les costumiers locaux et les achats de seconde main pour les tenues non spécifiques.
Sur ce volet, le conseil en management vert de TheGreenshot accompagne les productions dans l’élaboration de chartes d’achats responsables adaptées aux contraintes opérationnelles des tournages, en identifiant les fournisseurs compatibles avec une démarche d’éco-production.
Alimentation et gestion des déchets sur le plateau
La restauration sur plateau génère à la fois un impact carbone et des volumes importants de déchets. Un repas à base de protéines animales émet en moyenne trois à cinq fois plus de CO2 qu’un repas végétarien [6]. Sans conversion totale du menu, l’intégration de repas végétariens plusieurs fois par semaine réduit significativement l’empreinte alimentaire du tournage.
Sur la gestion des déchets, les bonnes pratiques d’un plateau de tournage durable incluent : supprimer les contenants plastiques jetables au profit de vaisselle réutilisable ou compostable ; mettre en place des points de tri sélectif sur toutes les zones du plateau ; faire appel à des prestataires de restauration locaux, ce qui réduit la logistique de transport des repas ; et nommer un éco-référent au sein de l’équipe de production pour assurer le suivi des consignes de tri et de réduction.
Des outils comme Carbon’Clap et les calculateurs carbone spécialisés dans l’audiovisuel intègrent la restauration parmi les cinq postes de mesure prioritaires : transport, repas, matériel, achats et énergie. Ces cinq postes couvrent en moyenne 80 % de l’empreinte carbone d’une production [6].
Plateau de tournage durable dans le secteur audiovisuel et événementiel : spécificités et bonnes pratiques
Dans le secteur audiovisuel, la transition vers le plateau de tournage durable se structure autour de référentiels sectoriels reconnus. Le Label Ecoprod [7], certifié par AFNOR Certification et fondé sur 85 critères répartis en 12 catégories, constitue la certification de référence en France pour les œuvres cinématographiques, audiovisuelles et publicitaires. Plus de 120 productions ont déjà été labellisées [8], témoignant d’une adoption progressive et concrète par le secteur.
Sur un plateau de tournage de fiction ou de série, les leviers les plus impactants sont souvent le transport des artistes et techniciens sur de longues distances, la consommation électrique des éclairages de studio et la gestion des décors construits. Plusieurs productions françaises ont réduit leur empreinte carbone de plus de 30 % en combinant le passage aux LED, la mutualisation des transports et une politique d’achats circulaires sur les décors. Les experts TheGreenshot accompagnent ces démarches depuis la pré-production jusqu’au bilan définitif.
Dans le secteur événementiel, les enjeux du plateau de tournage durable se transposent à l’organisation de festivals, de concerts et d’événements corporate. L’alimentation électrique sur site (souvent par groupes électrogènes), la mobilité du public et des prestataires, ainsi que la gestion des déchets sur plusieurs jours constituent les postes prioritaires. La consommation énergétique lors des montages et démontages de scène est particulièrement critique. Des festivals ont commencé à documenter leurs bilans carbone à partir d’outils sectoriels, permettant des comparaisons d’édition en édition et des plans de réduction pluriannuels.
GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements, avec des bilans conformes aux référentiels Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro.
Conclusion
Rendre un plateau de tournage durable n’est plus une option réservée aux productions les plus engagées : c’est désormais un impératif réglementaire pour les productions aidées par le CNC et un standard attendu par les diffuseurs, les annonceurs et les partenaires financiers. Les leviers d’action sont bien identifiés : réduire l’empreinte transport, passer à l’éclairage LED, adopter des pratiques d’achats circulaires et structurer la gestion des déchets. La mesure systématique via des outils homologués permet de quantifier les progrès et d’orienter les efforts vers les postes les plus émetteurs. À mesure que le secteur audiovisuel se structure autour de référentiels communs (AFNOR SPEC 2308, Label Ecoprod, prime RSE+), le plateau de tournage durable s’affirme comme le nouveau standard de la production professionnelle en France et en Europe.
FAQ
Qu’est-ce qu’un plateau de tournage durable ?
Quel est le premier poste d’émissions sur un plateau de tournage ?
Quelles économies d’énergie sont possibles sur un plateau de tournage ?
Le bilan carbone est-il obligatoire pour un tournage en France ?
Quels avantages financiers pour une production qui adopte un plateau de tournage durable ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
La gestion de l’impact environnemental d’un plateau de tournage suppose de collecter et d’analyser des données précises à chaque étape de la production. GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise cette collecte en intégrant les principaux postes d’émissions du secteur audiovisuel : transport des équipes, consommation énergétique, achats de décors et restauration. Grâce à ses tableaux de bord en temps réel et à ses rapports conformes aux référentiels Albert, CSRD et GHG Protocol, les équipes de production obtiennent une vision complète de l’empreinte carbone du tournage sans saisie manuelle fastidieuse. Pour les productions soumises à l’éco-conditionnalité du CNC, GreenPro simplifie la constitution du double bilan carbone requis.
Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.


