La norme ISO 14064 est le référentiel international qui encadre la quantification, la déclaration et la vérification des émissions de gaz à effet de serre [3]. Pour une entreprise, obtenir la certification ISO 14064 revient à faire valider son bilan carbone par un tiers indépendant, gage de fiabilité auprès des clients, des investisseurs et des autorités. Cet article détaille ce que recouvre la norme, sa structure en trois parties, le rôle de la vérification externe et les raisons qui poussent les organisations à s’y engager.
Qu’est-ce que la norme ISO 14064
La norme ISO 14064 fournit un cadre structuré permettant aux organisations d’établir un processus de quantification de leur empreinte carbone, de manière transparente et standardisée [3]. Là où une méthode interne peut varier d’une entreprise à l’autre, la norme impose des règles communes qui rendent les résultats comparables et crédibles. Elle s’articule avec les autres référentiels de comptabilité carbone comme le GHG Protocol.
Un point important distingue la version révisée de la norme : elle abandonne la notion de scopes 1, 2 et 3 au profit de six catégories d’émissions à considérer, en intégrant explicitement les émissions indirectes [5]. Cette évolution rapproche la norme des exigences les plus récentes en matière de reporting et facilite la prise en compte de l’ensemble de la chaîne de valeur.
Les trois parties de la norme
ISO 14064 se compose de trois volets complémentaires, chacun répondant à un usage précis [1].
| Partie | Objet | Pour qui |
|---|---|---|
| ISO 14064-1 | Exigences pour quantifier et déclarer les émissions à l’échelle de l’organisation | Toute entreprise établissant son bilan GES |
| ISO 14064-2 | Exigences pour les projets de réduction d’émissions ou d’augmentation des absorptions | Porteurs de projets bas-carbone, générateurs de crédits |
| ISO 14064-3 | Lignes directrices pour la validation et la vérification des déclarations | Organismes vérificateurs et entreprises cherchant à faire certifier leur bilan |
La partie 1 est la porte d’entrée pour la plupart des entreprises : elle sert de référence pour construire un bilan carbone d’organisation [5]. La partie 2 concerne les projets spécifiques de réduction, par exemple la compensation carbone ou la reforestation, et s’adresse à ceux qui pilotent un projet bas-carbone [3]. La partie 3 encadre enfin la crédibilité de l’ensemble.
La vérification par tierce partie
La force de la norme ISO 14064 réside dans son processus de vérification indépendante. La partie 3 établit les principes de la vérification des inventaires de gaz à effet de serre par un organisme externe, cette validation garantissant la fiabilité et la crédibilité des déclarations d’émissions [4]. Concrètement, un vérificateur administrativement indépendant des opérations examine les données, la méthodologie et les hypothèses retenues.
Cette vérification tierce partie change la nature du bilan : il ne s’agit plus d’une déclaration interne, mais d’un résultat audité, opposable à des parties prenantes exigeantes. Pour une entreprise qui prépare son reporting extra-financier, faire vérifier son bilan selon ISO 14064 constitue une étape utile avant les obligations plus lourdes de la CSRD [4].
Pourquoi viser la certification ISO 14064
Plusieurs motivations conduisent une organisation à s’engager dans la démarche [1]. La première est la conformité : assurer une comptabilité carbone robuste pour répondre aux exigences du marché européen du carbone ou anticiper les obligations réglementaires. La deuxième relève de la stratégie climat : une entreprise qui se lance dans la compensation carbone volontaire a besoin d’un bilan vérifié pour crédibiliser ses engagements. La troisième est réputationnelle : améliorer son image de marque et répondre à des objectifs RSE grâce à un standard reconnu internationalement.
Au-delà de ces bénéfices externes, la démarche a une vertu interne : elle structure la collecte de données et professionnalise le pilotage. Une entreprise qui maîtrise son bilan selon ISO 14064 dispose d’une base solide pour réduire son empreinte carbone de façon mesurable.
ISO 14064 dans l’audiovisuel et l’événementiel : spécificités et bonnes pratiques
Les groupes médias et les grandes structures de production audiovisuelle sont de plus en plus nombreux à faire vérifier leur bilan carbone selon un référentiel reconnu. La logique est la même que dans les autres secteurs, mais les données à consolider sont particulièrement dispersées : émissions des plateaux, déplacements des équipes, chaîne de sous-traitance décors, costumes et post-production. Adosser ces données à la rigueur d’ISO 14064 permet de produire un inventaire défendable, cohérent avec les référentiels sectoriels d’éco-production comme Albert ou Ecoprod, et compatible avec les exigences de la CSRD pour les groupes concernés.
Dans l’événementiel, la vérification tierce partie apporte une valeur ajoutée face aux collectivités et sponsors qui exigent des garanties. Un organisateur de festival ou de salon qui affiche un bilan vérifié se distingue dans les appels d’offres publics, où la conformité environnementale devient un critère de sélection. La difficulté commune aux deux univers reste la fiabilité de la donnée source : sans collecte structurée, aucun vérificateur ne peut valider un inventaire.
C’est précisément l’enjeu que traite un outil de suivi carbone adapté au secteur, capable de tracer chaque poste jusqu’à sa pièce justificative.
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Conclusion
La norme ISO 14064 offre aux entreprises un cadre international pour quantifier, déclarer et faire vérifier leurs émissions de gaz à effet de serre. Sa structure en trois parties couvre aussi bien le bilan d’organisation que les projets de réduction et la vérification indépendante. Obtenir la certification ISO 14064, c’est transformer un bilan carbone interne en résultat audité et crédible, un atout décisif à l’heure où le reporting extra-financier se généralise. Pour les organisations qui anticipent la CSRD, s’appuyer sur ce standard constitue une étape naturelle vers une comptabilité carbone à toute épreuve.
FAQ
Que couvre la norme ISO 14064 ?
Quelle est la différence entre ISO 14064-1, 14064-2 et 14064-3 ?
ISO 14064 utilise-t-elle encore les scopes 1, 2 et 3 ?
Pourquoi faire vérifier son bilan par une tierce partie ?
Quels bénéfices une entreprise tire-t-elle de la certification ISO 14064 ?
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