- Le label d’écoproduction audiovisuelle : définition et enjeux
- Le référentiel AFNOR SPEC 2308, socle commun
- Comment obtenir le Label Ecoprod : critères et audit
- Éco-conditionnalité du CNC et Prime RSE+
- Panorama des labels et référentiels
- Application concrète pour les productions et les événements
- Conclusion
- FAQ
Une heure de contenu audiovisuel en prise de vues réelles émet en moyenne 16 tonnes de CO2e [2]. Face à ce constat, le label d’écoproduction audiovisuelle s’est imposé comme la référence pour attester qu’une œuvre a été produite en limitant son impact environnemental. Porté par l’association Ecoprod, validé par l’ADEME et audité par un tiers indépendant, l’ecoprod label audiovisuel structure désormais les pratiques d’un secteur soumis à des obligations réglementaires croissantes. Cet article explique ce que recouvre ce label, comment l’obtenir, comment il s’articule avec le référentiel AFNOR SPEC 2308 et l’éco-conditionnalité des aides publiques.
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Le label d’écoproduction audiovisuelle : définition et enjeux
Un label d’écoproduction audiovisuelle certifie qu’une œuvre de cinéma, de télévision ou de publicité a été réalisée en mettant en place des mesures concrètes pour réduire son empreinte environnementale [1]. La démarche ne se limite pas au carbone : elle couvre la gestion des déchets, les achats responsables, la mobilité des équipes, l’énergie sur les lieux de tournage et la sensibilisation des équipes.
L’enjeu est double. D’un côté, l’industrie audiovisuelle affiche une intensité carbone élevée, liée aux transports, à l’énergie des plateaux et à la chaîne de sous-traitance. De l’autre, les diffuseurs, les annonceurs et les financeurs publics exigent désormais des preuves tangibles d’engagement. Le label devient ainsi un outil de différenciation commerciale autant qu’une réponse aux attentes réglementaires. Pour comprendre les fondamentaux, la lecture d’un guide complet des bonnes pratiques d’éco-production audiovisuelle constitue un bon point de départ.
Le référentiel AFNOR SPEC 2308, socle commun
Dévoilé par l’AFNOR, le référentiel SPEC 2308 fournit des lignes directrices concrètes pour permettre aux sociétés de production, quelle que soit leur taille, de réaliser des œuvres en prise de vues réelles alignées sur les objectifs de développement durable [7]. Ce document, porté par le CNC et le ministère de la Culture, sert de guide national pour une production responsable dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel et de la publicité.
Le référentiel et le Label Ecoprod sont alignés : les 26 critères de l’AFNOR SPEC 2308 sont intégrés dans les 85 critères du référentiel du label [3]. Cette articulation évite aux productions de jongler entre des exigences contradictoires : respecter le label, c’est de facto satisfaire le socle national. Il n’est pas exclu que ce document devienne à terme une norme internationale, à l’image de la norme sur les événements responsables utilisée lors des Jeux de Paris.
Comment obtenir le Label Ecoprod : critères et audit
Le Label Ecoprod est soutenu et validé par l’ADEME, puis audité par AFNOR Certification, un organisme tiers indépendant accrédité [1]. Cette double caution, institutionnelle et indépendante, distingue le label d’une simple auto-déclaration. L’obtention repose sur trois étapes : la mesure de l’empreinte de l’œuvre, la mise en œuvre de pratiques écoresponsables tout au long du tournage, puis l’audit de conformité.
Le label s’applique aux productions de fiction en prise de vues réelles : longs métrages, unitaires et séries. Les productions doivent respecter les mesures de niveau 2 du référentiel AFNOR SPEC 2308, avec des audits conduits sur site ou sur pièces selon la durée de tournage, en deçà ou au-delà de quatre semaines de prise de vues [3]. Plus de 120 productions ont déjà été labellisées, signe d’une adoption qui s’accélère [6].
La mesure de l’empreinte s’appuie sur la méthodologie d’éco-production reconnue (Ecoprod, CNC) et sur les facteurs d’émission de l’ADEME. Les productions qui atteignent les critères de certification ont démontré des réductions d’émissions pouvant atteindre 41 % sur les postes les plus émetteurs [2]. Pour cadrer la démarche en amont, un bilan carbone de tournage méthodique reste l’étape préalable indispensable.
Éco-conditionnalité du CNC et Prime RSE+
Le label s’inscrit dans un cadre réglementaire plus large. Le CNC conditionne désormais l’accès à ses aides à la production au dépôt d’un bilan carbone prévisionnel avant tournage et d’un bilan définitif après tournage, pour les œuvres en prise de vues réelles de fiction et de documentaire [4]. La mesure s’est ensuite étendue aux œuvres nativement numériques de genre jeu vidéo et animation [5].
Le CNC a homologué des outils de calcul carbone dédiés aux œuvres en prise de vues réelles, accessibles aux productions pour répondre à cette obligation [5]. Une production qui ne soumet pas ses bilans dans les délais requis s’expose à la suspension ou au remboursement des aides perçues. Au-delà de la contrainte, un dispositif incitatif existe : la Prime RSE+, dont les conditions d’accès reposent sur le référentiel AFNOR SPEC 2308. Les détails pratiques sont présentés dans cette explication de la Prime RSE+ et dans ce point sur l’éco-conditionnalité des aides du CNC.
Panorama des labels et référentiels
Plusieurs cadres coexistent, avec des périmètres complémentaires. Le tableau ci-dessous synthétise leurs caractéristiques pour aider à situer l’ecoprod label audiovisuel dans l’écosystème.
| Critère | Label Ecoprod | AFNOR SPEC 2308 | ISO 20121 |
|---|---|---|---|
| Nature | Certification d’œuvre auditée | Référentiel national de bonnes pratiques | Norme internationale de management |
| Périmètre | Cinéma, TV, publicité | Cinéma, audiovisuel, publicité | Événementiel et manifestations |
| Portée | Une œuvre précise | La démarche de production | L’organisation d’un événement |
| Nombre de critères | 85 critères | 26 critères | Système de management |
| Validation | ADEME, audit AFNOR Certification | CNC et ministère de la Culture | Certification tierce partie |
| Lien à l’éco-conditionnalité | Fort | Base de la Prime RSE+ | Indirect |
| Reconnaissance | Nationale, en croissance | Nationale | Internationale |
Ces cadres ne s’opposent pas : une société qui structure ses pratiques autour du référentiel AFNOR SPEC 2308 prépare naturellement le Label Ecoprod, tandis qu’une agence événementielle s’orientera plutôt vers la norme ISO 20121. Le point commun reste la mesure fiable de l’empreinte, socle de toute démarche crédible.
Application concrète pour les productions et les événements
Tournages et productions
Sur un plateau, la démarche de labellisation se traduit par des choix opérationnels très concrets. La mobilité des équipes et le transport de matériel pèsent lourd dans le bilan : privilégier des décors et prestataires locaux, mutualiser les déplacements et documenter la chaîne de sous-traitance décors, costumes et post-production deviennent des réflexes. La consommation électrique des studios, longtemps couverte par des groupes électrogènes au fioul, s’oriente vers le raccordement au réseau ou des solutions bas carbone. Une série télévisée soumise au bilan carbone illustre bien la nécessité de collecter les données auprès de dizaines de fournisseurs.
Les productions labellisées ont montré que la réduction des postes les plus émetteurs peut atteindre 41 %, sans dégrader la qualité artistique [2]. La labellisation agit alors comme un accélérateur : elle impose un cadre de mesure, ce qui rend les gains visibles et reproductibles d’un projet à l’autre. Les bonnes pratiques d’un tournage écoresponsable fournissent une feuille de route opérationnelle.
Événements
Du côté de l’événementiel, festivals, concerts et événements corporate relèvent d’une logique proche mais s’appuient sur la norme ISO 20121. Les enjeux typiques concernent l’alimentation électrique sur site, la mobilité des équipes et du public, le recours à des prestataires locaux, la gestion des déchets et l’empreinte des nuitées. La démarche de mesure reste identique : sans données fiables, aucune certification n’est crédible.
GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements : bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro.
Estimez l’empreinte carbone de votre tournage ou événement
Mettre ces principes en chiffres est le moyen le plus rapide de voir où se concentrent les émissions d’un projet. L’estimateur gratuit de TheGreenshot ci-dessous décompose un tournage ou un événement poste par poste (transport, énergie, repas, achats, déchets), selon la méthodologie d’éco-production audiovisuelle et les facteurs ADEME.
Conclusion
L’ecoprod label audiovisuel n’est plus une option cosmétique : il structure une industrie qui doit conjuguer exigence artistique et sobriété environnementale. Adossé au référentiel AFNOR SPEC 2308, validé par l’ADEME et audité par un tiers indépendant, il offre un cadre robuste que renforce l’éco-conditionnalité des aides du CNC. Pour les productions, l’enjeu se déplace vers la qualité de la mesure et la capacité à collecter des données fiables auprès de toute la chaîne de sous-traitance. À mesure que le référentiel pourrait évoluer vers un standard international, les acteurs qui auront ancré ces pratiques disposeront d’une longueur d’avance décisive.
FAQ
Qu’est-ce que le Label Ecoprod ?
Le label d’écoproduction audiovisuelle est-il obligatoire ?
Quelle différence entre le Label Ecoprod et l’AFNOR SPEC 2308 ?
Combien peut-on réduire ses émissions avec une démarche d’écoproduction ?
Quels types d’œuvres peuvent obtenir le Label Ecoprod ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
La labellisation d’une œuvre repose entièrement sur la fiabilité des données carbone collectées tout au long de la production. C’est précisément ce que GreenPro, la solution de suivi carbone de TheGreenshot, automatise : import des données fournisseurs, scan de factures par OCR, répartition des émissions par scope et par département, et génération de rapports conformes aux exigences du CNC, du Label Ecoprod et de la directive CSRD. Les tableaux de bord en temps réel et les insights alimentés par l’IA permettent d’identifier les postes à optimiser avant même la fin du tournage. Les productions qui souhaitent sécuriser leur démarche de labellisation gagnent à découvrir comment cet outil transforme une obligation réglementaire en avantage opérationnel concret.
Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.


