Code de l’environnement : les obligations clés pour les entreprises

Instauré progressivement depuis la fin des années 1970, le code de l'environnement constitue le socle juridique de toutes les obligations environnementales auxquelles sont soumises les entreprises françaises.
Code de l'environnement : obligations clés

Instauré progressivement depuis la fin des années 1970, le code de l’environnement constitue le socle juridique de toutes les obligations environnementales auxquelles sont soumises les entreprises françaises. Compilant des centaines d’articles issus de lois successives — loi sur l’eau, loi sur les déchets, loi de protection de la nature —, il couvre des domaines aussi variés que la gestion des déchets, la prévention des risques industriels, le bilan des émissions de gaz à effet de serre et la protection de la biodiversité. Pour les entreprises, l’ignorance de ses dispositions n’est pas une excuse recevable : les sanctions en cas de non-conformité peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, sans compter les risques réputationnels et les contentieux civils de plus en plus fréquents. Cet article présente les principales obligations issues du code de l’environnement, leur périmètre d’application et leurs implications concrètes pour les organisations de toutes tailles.

Structure et champ d’application du code de l’environnement

Le code de l’environnement, codifié par l’ordonnance n° 2000-914 du 18 septembre 2000, rassemble l’ensemble des textes législatifs et réglementaires français en matière environnementale [1]. Il est organisé en sept livres thématiques couvrant les principes généraux, la lutte contre les pollutions et les risques, les espaces naturels, la flore et la faune sauvages, ainsi que les dispositions relatives aux associations environnementales et aux collectivités ultramarines.

Les entreprises sont concernées à des degrés très divers selon leur secteur, leur taille et la nature de leurs opérations. Une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) — usine, entrepôt de grande surface, exploitation agricole intensive — est soumise à des obligations spécifiques selon le régime applicable : déclaration simple, enregistrement ou autorisation préfectorale. Mais bien au-delà des ICPE, des obligations transversales s’imposent à toutes les entreprises au-delà de certains seuils d’effectif ou de chiffre d’affaires.

La démarche de management environnemental — intégrée dans une approche QHSE — permet d’incorporer ces exigences réglementaires dans le pilotage opérationnel quotidien. Pour les entreprises du secteur audiovisuel et de la communication, cette intégration représente un enjeu stratégique croissant, sous l’impulsion des donneurs d’ordre et des réglementations sectorielles spécifiques.

Le bilan des émissions de gaz à effet de serre (BEGES)

L’article L.229-25 du code de l’environnement impose aux entreprises de droit privé employant plus de 500 salariés en France métropolitaine (250 dans les DOM) de réaliser un bilan de leurs émissions de gaz à effet de serre et de le transmettre à l’autorité administrative compétente [2]. Ce BEGES couvre a minima les émissions directes (scope 1) et les émissions indirectes liées aux consommations d’énergie (scope 2) ; l’inclusion des émissions indirectes de la chaîne de valeur (scope 3) est fortement encouragée.

La périodicité réglementaire est fixée à quatre ans, mais cette fréquence est appelée à évoluer sous l’effet de la directive européenne CSRD : les entreprises relevant de ce texte devront produire un bilan GES annuel, intégré dans leur rapport de durabilité certifié. Les sanctions prévues en cas de non-réalisation ou de non-transmission du BEGES atteignent jusqu’à 50 000 euros, et jusqu’à 100 000 euros en cas de récidive [3].

Le référentiel Base Empreinte® de l’ADEME constitue la base officielle pour le calcul des facteurs d’émission en France. Il intègre les facteurs liés aux déplacements, aux consommations énergétiques et aux achats de biens et services, permettant de couvrir les scopes 1, 2 et 3 dans un seul cadre méthodologique reconnu et auditable. Pour les producteurs audiovisuels, les facteurs d’émission du streaming vidéo et des équipements professionnels y sont également disponibles.

Il est important de distinguer le BEGES réglementaire du bilan carbone volontaire. Le premier est une obligation légale soumise à transmission et à sanctions ; le second est un outil de gestion interne que les entreprises peuvent adopter pour piloter leur trajectoire de réduction, quel que soit leur effectif.

CSRD : un nouveau standard de reporting environnemental

La directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) représente une transformation majeure des obligations de reporting environnemental. Transposée en droit français, elle impose aux grandes entreprises de publier chaque année un rapport de durabilité structuré, conforme aux normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards) et vérifié par un tiers indépendant [4].

Le calendrier d’application est progressif selon la taille et le statut de cotation des entreprises. Contrairement au BEGES réglementaire, la CSRD exige une vision exhaustive fondée sur le principe de double matérialité : comment l’entreprise impacte l’environnement, mais aussi comment les enjeux environnementaux affectent ses performances financières. Ce double regard contraint les organisations à structurer des systèmes de collecte de données robustes, auditables et actualisés annuellement.

La réglementation ESPR sur l’écoconception des produits durables vient compléter ce cadre en imposant des exigences de durabilité et de traçabilité des matériaux sur les produits commercialisés en Europe. Pour les groupes médias, la CSRD implique de consolider les données d’émissions de l’ensemble des filiales de production — une contrainte qui a conduit plusieurs grands groupes à automatiser entièrement leur collecte de données carbone.

Gestion des déchets et traçabilité numérique

Le code de l’environnement encadre strictement la production, le transport et le traitement des déchets dangereux. Tout producteur ou détenteur de tels déchets est soumis à des obligations de traçabilité formalisées : bordereau de suivi, registre interne et déclaration aux autorités compétentes [5].

La dématérialisation via la plateforme TRACKDÉCHETS est désormais obligatoire pour l’ensemble des producteurs de déchets dangereux, y compris les petits producteurs qui bénéficiaient jusqu’ici d’une dérogation au format papier [6]. Chaque collecte doit donner lieu à un bordereau électronique signé numériquement par le transporteur et par l’installation de traitement destinataire, créant ainsi une chaîne de traçabilité ininterrompue.

L’arrêté du 23 février 2026 renforce par ailleurs les exigences techniques applicables aux installations de stockage de déchets dangereux : formalisation d’un plan de stockage documenté, protocole d’audit interne régulier et mise en conformité des installations existantes dans les délais imposés [7]. Les sanctions administratives en cas de non-respect peuvent atteindre 1 500 euros par jour de retard.

PFAS, affichage environnemental et indice de durabilité

La France est devenue le premier pays européen à interdire les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées, dites « polluants éternels ») dans plusieurs catégories de produits de consommation courante [8]. La loi n° 2025-188 instaure un régime progressif combinant des interdictions par catégorie de produits, une redevance pollueur-payeur sur les émissions dans les milieux aquatiques et une surveillance renforcée des concentrations dans l’environnement. Les entreprises concernées doivent documenter l’absence de PFAS dans leurs produits et adapter leur chaîne d’approvisionnement.

L’indice de durabilité — qui évalue la durée de vie probable, la réparabilité et la résistance des équipements — remplace l’indice de réparabilité instauré par la loi AGEC pour les lave-linge à hublot et les smartphones [9]. Son extension à d’autres catégories d’équipements est programmée, ce qui impacte directement les fabricants et importateurs de matériel électronique, y compris les équipements audiovisuels professionnels.

L’affichage environnemental des produits textiles impose désormais une information standardisée des consommateurs sur l’impact carbone du cycle de vie, la consommation d’eau et les effets sur la biodiversité. Ce dispositif préfigure une généralisation à d’autres secteurs et oblige les entreprises concernées à disposer de données d’analyse de cycle de vie fiables et vérifiables.

Devoir de vigilance : la responsabilité élargie des entreprises

La loi n° 2017-399 relative au devoir de vigilance impose aux sociétés mères et donneuses d’ordre employant plus de 5 000 salariés en France — ou plus de 10 000 dans le monde — d’établir et de mettre en œuvre un plan de vigilance couvrant les risques environnementaux, sanitaires et relatifs aux droits humains dans l’ensemble de leur chaîne de valeur [10]. La jurisprudence récente a considérablement durci l’interprétation de cette obligation : des tiers — associations, syndicats, riverains — peuvent désormais saisir le juge civil pour contraindre une entreprise à améliorer son plan de vigilance.

La directive européenne CS3D (Corporate Sustainability Due Diligence Directive) étend progressivement ces obligations à l’ensemble des grandes entreprises européennes, avec une portée extraterritoriale couvrant tous les maillons de la chaîne d’approvisionnement. Les marchés publics intègrent désormais un critère environnemental obligatoire dans les procédures d’appel d’offres [11], créant un levier de marché puissant, complémentaire des obligations réglementaires strictes.

Pour les entreprises souhaitant structurer leur approche, l’accompagnement en management vert de TheGreenshot permet d’articuler les exigences du devoir de vigilance, de la CSRD et des engagements contractuels dans une démarche cohérente.

Code de l’environnement dans le secteur audiovisuel et événementiel

Tournages et productions : conformité réglementaire au plateau

Le secteur de la production audiovisuelle est directement concerné par plusieurs dispositions du code de l’environnement. Les sociétés de production employant plus de 500 salariés sont soumises à l’obligation de BEGES avec transmission à l’autorité administrative. Au niveau des groupes médias, la CSRD s’applique de manière consolidée, imposant de remonter les données d’émissions de l’ensemble des filiales — comme l’illustre le cas de Banijay, qui a automatisé le reporting carbone de ses 150 labels de production [12].

La gestion des déchets dangereux générés sur les plateaux — batteries haute capacité, lampes à décharge des projecteurs cinéma, solvants de nettoyage des équipements optiques, écrans de contrôle en fin de vie — doit faire l’objet d’une traçabilité formalisée via TRACKDÉCHETS. Les productions qui externalisent ces flux à des prestataires doivent vérifier la conformité de ces partenaires pour éviter une responsabilité solidaire. La solution GreenPro de TheGreenshot permet de centraliser ces données de suivi environnemental pour l’ensemble d’une production.

Événements : obligations environnementales sur le terrain

Les organisateurs d’événements — festivals, concerts, conventions corporate — sont également concernés par les dispositions du code de l’environnement. La gestion des déchets sur site, la traçabilité des équipements en fin de vie et le traitement des eaux usées temporaires relèvent de dispositions précises du code. Les événements dépassant certains seuils de fréquentation ou de superficie peuvent être soumis au régime ICPE, avec des obligations d’étude d’impact préalable. La conformité à ces exigences constitue désormais un critère d’obtention des autorisations d’occupation du domaine public dans de nombreuses collectivités françaises, et les commanditaires publics ou privés l’intègrent explicitement dans leurs cahiers des charges.

GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements — bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro

Conclusion

Le code de l’environnement constitue un cadre réglementaire en constante évolution, qui s’étoffe régulièrement sous l’impulsion du droit européen et des impératifs climatiques. Les obligations de bilan carbone, de gestion des déchets, d’affichage environnemental et de vigilance sur la chaîne de valeur touchent désormais un nombre croissant d’entreprises françaises. Pour les acteurs du secteur audiovisuel et de l’événementiel, l’enjeu est double : respecter les dispositions du code de l’environnement et valoriser leur démarche environnementale auprès des donneurs d’ordre qui intègrent ces critères dans leurs appels d’offres. Les prochaines années verront probablement une accentuation de ces exigences, portée par la montée en charge de la CSRD, l’extension progressive du devoir de vigilance aux moyennes entreprises et les objectifs de neutralité carbone inscrits dans le droit européen.

FAQ

Qu’est-ce que le code de l’environnement ?

Le code de l’environnement est le principal texte de loi français regroupant l’ensemble des dispositions législatives et réglementaires en matière environnementale. Codifié par l’ordonnance de septembre 2000, il est organisé en sept livres thématiques couvrant la prévention des pollutions, la gestion des déchets, la protection de la nature, les risques industriels et les obligations de reporting environnemental. Il sert de référence juridique pour toutes les obligations environnementales applicables aux entreprises et aux collectivités en France.

Quelles entreprises sont obligées de réaliser un BEGES ?

En France métropolitaine, l’article L.229-25 du code de l’environnement impose le BEGES aux entreprises de droit privé employant plus de 500 salariés. Ce seuil est abaissé à 250 salariés dans les DOM. Les collectivités de plus de 50 000 habitants et les établissements publics de l’État sont également concernés. La périodicité réglementaire est de quatre ans, mais les entreprises soumises à la directive CSRD doivent produire un bilan GES annuel, plus complet et soumis à vérification externe.

Quelles sont les sanctions en cas de non-respect du code de l’environnement ?

Les sanctions varient selon la nature de l’obligation. Pour le BEGES, l’amende peut atteindre 50 000 euros et 100 000 euros en cas de récidive. Pour la gestion des déchets dangereux, le non-recours à TRACKDÉCHETS après l’entrée en vigueur de l’obligation est passible de sanctions administratives pouvant atteindre 1 500 euros par jour de retard. Des sanctions pénales, incluant des peines d’emprisonnement, sont prévues pour les infractions les plus graves touchant aux installations classées ou aux rejets polluants.

En quoi la CSRD diffère-t-elle du BEGES réglementaire ?

Le BEGES réglementaire, issu du code de l’environnement, porte sur les émissions de gaz à effet de serre des scopes 1 et 2 et est réalisé tous les quatre ans. La CSRD, directive européenne, impose un reporting ESG annuel couvrant l’ensemble des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance selon le principe de double matérialité, avec vérification obligatoire par un tiers indépendant. La CSRD s’applique à un périmètre plus large d’entreprises et exige un niveau de granularité et d’auditabilité bien supérieur au BEGES traditionnel.

Comment les entreprises audiovisuelles sont-elles concernées par le code de l’environnement ?

Les sociétés de production audiovisuelle sont concernées par plusieurs obligations : le BEGES au-delà de 500 salariés, la traçabilité des déchets dangereux générés sur les plateaux (batteries, lampes à décharge, solvants, équipements électroniques en fin de vie), et le devoir de vigilance pour les grands groupes médias. La CSRD s’applique aux groupes consolidés, les obligeant à remonter les données d’émissions de l’ensemble de leurs filiales. Ces exigences s’articulent avec les cahiers des charges des diffuseurs, qui intègrent de plus en plus des critères environnementaux spécifiques au secteur.

Face à la multiplication des obligations issues du code de l’environnement — BEGES, CSRD, traçabilité des déchets dangereux, devoir de vigilance —, les productions audiovisuelles et les organisateurs d’événements ont besoin d’un outil capable de centraliser et d’automatiser la collecte de données environnementales. GreenPro, la solution développée par TheGreenshot, répond précisément à ce besoin : collecte automatisée des factures fournisseurs par OCR, calcul des émissions selon le GHG Protocol et la méthode Albert, tableaux de bord temps réel et exports prêts pour l’audit CSRD. Plutôt que de multiplier les tableurs et les saisies manuelles, GreenPro structure un reporting fiable, traçable et actualisé en continu — une réponse directe aux exigences croissantes des régulateurs et des donneurs d’ordre.

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