GRI : le guide des standards de reporting de durabilité

Cadre de référence mondial du reporting de durabilité, le GRI structure la façon dont les entreprises rendent compte de leurs impacts ESG.
GRI : le guide des standards de reporting de durabilité

Cadre de référence le plus utilisé au monde pour le reporting de durabilité, le GRI (Global Reporting Initiative) structure la façon dont les entreprises rendent compte de leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance. Le standard GRI de reporting repose sur un système modulaire qui aide les organisations à identifier leurs enjeux prioritaires et à les communiquer de manière comparable et vérifiable [3]. À l’heure où la réglementation européenne impose un reporting extra-financier de plus en plus exigeant, comprendre les standards GRI devient essentiel. Cet article présente leur structure, le principe de matérialité qui les fonde et leur articulation avec la directive CSRD.

GRI : qu’est-ce que le standard de reporting de durabilité ?

La Global Reporting Initiative est une organisation internationale à but non lucratif qui édite un référentiel de standards pour le reporting de durabilité. Son objectif est de fournir un langage commun permettant aux organisations de communiquer sur leurs impacts de façon transparente et crédible. Contrairement à un simple rapport d’activité, un reporting fondé sur le standard GRI vise à rendre compte des effets réels de l’entreprise sur l’économie, l’environnement et les personnes.

Cette logique dépasse la seule comptabilité carbone pour couvrir un large spectre d’enjeux de durabilité : émissions, eau, biodiversité, droits humains, conditions de travail, éthique des affaires. Adopté par une majorité des grandes entreprises mondiales publiant un rapport de développement durable, le référentiel GRI s’est imposé comme la grammaire de référence du reporting extra-financier volontaire [1].

La structure modulaire des standards GRI

Le référentiel GRI s’organise en trois familles de standards interconnectés : les standards universels, les standards sectoriels et les standards thématiques [2]. Cette architecture modulaire permet à toute organisation de bâtir un reporting adapté à son secteur et à ses enjeux propres.

Les standards universels

Les standards universels constituent le socle commun applicable à toutes les organisations. Ils se déclinent en trois volets. GRI 1 (Fondamentaux) explique comment utiliser le référentiel et définit les principes de reporting comme l’exactitude, l’équilibre et la vérifiabilité. GRI 2 (Éléments généraux d’information) couvre les informations de contexte : taille, activités, effectifs, chaîne d’approvisionnement et gouvernance. GRI 3 (Enjeux pertinents) guide l’organisation dans l’identification de ses enjeux matériels [2].

Les standards sectoriels et thématiques

Les standards sectoriels reflètent les impacts les plus significatifs et les attentes des parties prenantes propres à une industrie donnée, ce qui améliore la cohérence du reporting au sein d’un même secteur. Les standards thématiques, quant à eux, fournissent les indicateurs détaillés pour rendre compte de chaque enjeu matériel identifié, qu’il s’agisse des émissions, de la consommation d’eau ou des conditions de travail [1].

Type de standard Rôle Exemples
Universels Socle commun à toutes les organisations GRI 1, GRI 2, GRI 3
Sectoriels Enjeux propres à une industrie Standards par secteur d’activité
Thématiques Indicateurs par enjeu matériel Émissions, eau, emploi, etc.

La matérialité d’impact au coeur de la méthode

Le concept central du référentiel GRI est la matérialité d’impact. Elle impose à l’organisation de prioriser ses informations sur les enjeux ayant les effets les plus significatifs sur l’économie, l’environnement et les personnes [5]. Autrement dit, le GRI regarde d’abord l’empreinte de l’entreprise sur le monde extérieur, dans une perspective tournée vers les parties prenantes.

Cette approche diffère de la double matérialité, qui ajoute la dimension financière, c’est-à-dire la façon dont les enjeux de durabilité affectent la performance de l’entreprise. La matérialité d’impact du GRI se concentre sur la première dimension, mais elle prépare efficacement le terrain pour une analyse plus large. Identifier ses enjeux matériels suppose un dialogue structuré avec les parties prenantes et une bonne connaissance de sa empreinte environnementale, ce qui rend la collecte de données fiables déterminante.

GRI, CSRD et ESRS : quelle articulation ?

Avec l’entrée en vigueur de la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) et de ses normes d’application, les ESRS, le paysage du reporting extra-financier se transforme. Les ESRS ont été conçus pour être interopérables avec le référentiel GRI : une large part des exigences de publication des ESRS correspond directement à des standards GRI existants, de l’ordre de 80 % [5].

La principale différence tient à la matérialité : les ESRS exigent une double matérialité, alors que le GRI se concentre sur la matérialité d’impact [7]. Une organisation déjà rodée au reporting GRI se trouve donc bien préparée à répondre aux obligations européennes. Un index d’interopérabilité GRI-ESRS a d’ailleurs été publié pour cartographier les correspondances entre les deux référentiels et faciliter la transition des entreprises [4]. Cette convergence réduit la charge de reporting pour les organisations qui doivent composer avec plusieurs cadres.

Le reporting GRI dans l’audiovisuel et l’événementiel

Le secteur de la production audiovisuelle et de l’événementiel gagne à s’approprier les standards GRI pour structurer son reporting de durabilité. Les groupes médias et les grandes structures de production, désormais concernés par la CSRD, doivent publier des informations robustes sur leurs impacts. Le GRI offre un cadre méthodologique pour organiser cette démarche, depuis l’identification des enjeux matériels jusqu’à la publication d’indicateurs comparables.

Tournages et productions

Pour une société de production, les enjeux matériels typiques incluent les émissions liées aux transports et à l’énergie des plateaux, la gestion des décors et des déchets, ainsi que les conditions de travail des équipes et de la chaîne de sous-traitance. Les référentiels sectoriels de l’éco-production, portés par Ecoprod et le CNC, se combinent naturellement avec la logique GRI pour documenter ces impacts. Une démarche d’éco-production audiovisuelle fournit une matière concrète pour alimenter le reporting.

Événements

Dans l’événementiel, les enjeux prioritaires portent souvent sur l’énergie consommée sur site, la mobilité du public et des équipes, les prestataires locaux et la gestion des déchets. Structurer ces informations selon les standards GRI permet aux organisateurs de communiquer de façon crédible auprès de leurs partenaires et sponsors, de plus en plus attentifs à la performance de durabilité.

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Conclusion

Le standard GRI de reporting s’est imposé comme la référence mondiale pour rendre compte des impacts de durabilité d’une organisation. Sa structure modulaire, articulée autour des standards universels, sectoriels et thématiques, et son principe de matérialité d’impact en font un outil à la fois rigoureux et adaptable. À l’heure où la CSRD et les ESRS généralisent le reporting extra-financier obligatoire en Europe, l’interopérabilité entre GRI et normes européennes constitue un atout précieux. Pour les entreprises, y compris dans la production audiovisuelle et l’événementiel, maîtriser le référentiel GRI revient à se doter d’un socle solide pour un reporting crédible et conforme.

FAQ

Qu’est-ce que le standard GRI ?

Le GRI, ou Global Reporting Initiative, est un référentiel international de standards pour le reporting de durabilité. Édité par une organisation à but non lucratif, il fournit un langage commun permettant aux entreprises de communiquer de façon transparente sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance. C’est le cadre de reporting extra-financier le plus utilisé au monde.

Comment sont structurés les standards GRI ?

Les standards GRI s’organisent en trois familles. Les standards universels (GRI 1, 2 et 3) forment le socle commun applicable à toutes les organisations. Les standards sectoriels reflètent les enjeux propres à une industrie. Les standards thématiques fournissent les indicateurs détaillés pour chaque enjeu matériel, comme les émissions ou les conditions de travail.

Qu’est-ce que la matérialité d’impact dans le GRI ?

La matérialité d’impact est le principe central du référentiel GRI. Elle demande à l’organisation de prioriser ses informations sur les enjeux ayant les effets les plus significatifs sur l’économie, l’environnement et les personnes. Cette approche se distingue de la double matérialité des ESRS, qui ajoute la dimension financière, c’est-à-dire l’effet des enjeux de durabilité sur l’entreprise elle-même.

Quelle différence entre GRI et CSRD ?

Le GRI est un référentiel volontaire international centré sur la matérialité d’impact, tandis que la CSRD est une directive européenne qui impose un reporting obligatoire fondé sur les normes ESRS et la double matérialité. Les deux cadres sont interopérables : une large part des exigences ESRS correspond à des standards GRI existants, ce qui prépare les entreprises déjà rodées au GRI à se conformer à la CSRD.

Le reporting GRI est-il obligatoire ?

Le référentiel GRI est un cadre volontaire : aucune loi n’impose directement son utilisation. Toutefois, il est largement adopté par les grandes entreprises et sert de base à de nombreuses réglementations. En Europe, les entreprises concernées par la CSRD doivent utiliser les normes ESRS, très largement interopérables avec le GRI, ce qui rend la maîtrise du référentiel particulièrement utile.

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