Organiser un événement zéro déchet est passé du statut de démarche militante à celui d’exigence réglementaire et d’avantage compétitif. La loi AGEC (loi n°2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire) a progressivement imposé des obligations concrètes aux organisateurs d’événements, que ce soit en matière de vaisselle réutilisable, d’accès à l’eau potable ou de gestion des déchets sur site [1]. Pour les organisateurs de festivals, de conférences ou d’événements corporate, maîtriser le cadre réglementaire et les bonnes pratiques est devenu indispensable. Cet article propose un guide pratique complet pour accompagner la transition vers un événement zéro déchet.
L’enjeu des déchets dans l’événementiel
Les événements publics et professionnels génèrent un volume considérable de déchets. Gobelets plastiques, emballages alimentaires, supports de communication imprimés, matériaux de scénographie : la filière événementielle est historiquement très productrice de déchets à usage unique, dont une large part finit en enfouissement ou en incinération sans valorisation [2].
L’objectif « zéro déchet » ne signifie pas l’absence totale de déchets : il désigne une démarche structurée visant à minimiser les déchets à la source, maximiser le réemploi et la réutilisation, et orienter vers le recyclage ou la valorisation ce qui ne peut être évité. L’approche rejoint la vision de TheGreenshot sur la transition écologique des industries créatives.
Le gaspillage alimentaire constitue également un enjeu majeur dans l’événementiel. Selon les acteurs du secteur, une proportion significative des repas préparés finit à la poubelle dans de nombreux événements, représentant à la fois un impact environnemental et une perte économique pour les organisateurs [3].
La question dépasse les déchets visibles : l’empreinte d’un événement inclut également les émissions carbones liées à la fabrication des matériaux utilisés puis jetés. Un bilan carbone d’un événement d’entreprise qui intègre les déchets dans son périmètre obtient systématiquement un résultat plus précis et actionnable.
Le cadre réglementaire : ce que la loi AGEC impose aux organisateurs
La loi AGEC a introduit plusieurs obligations directement applicables aux organisateurs d’événements. En ne les respectant pas, les organisateurs s’exposent à des amendes pouvant atteindre 3 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale [4].
Vaisselle réutilisable : les établissements accueillant plus de 20 places assises sont tenus d’utiliser de la vaisselle réutilisable pour la restauration sur place. Cette obligation s’applique directement aux espaces restauration des festivals, conférences et événements corporate dotés d’un service de restauration assis [5].
Accès à l’eau potable : pour tout établissement recevant du public (ERP) de plus de 300 personnes, l’installation de fontaines à eau est obligatoire. L’eau potable doit être accessible librement et gratuitement sur l’ensemble du site, avec une signalétique visible [6]. Cette mesure vise à réduire la consommation de bouteilles plastiques en réduisant à la source l’offre en emballages jetables.
Fin des plastiques à usage unique : les gobelets, assiettes, couverts et pailles en plastique à usage unique sont interdits dans l’espace public. Les événements qui distribuaient des gobelets plastiques doivent se tourner vers la consigne, le réemployable ou les alternatives compostables certifiées.
Au-delà de ces obligations minimales, des référentiels volontaires comme ISO 20121 (management responsable des événements) permettent aux organisateurs de formaliser et certifier leur démarche [7].
La hiérarchie des 5R appliquée aux événements
La hiérarchie des 5R (Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler, Restituer) constitue le cadre conceptuel de tout événement zéro déchet. Appliquée dans cet ordre strict, elle permet d’agir d’abord à la source avant de recourir aux filières de valorisation.
Refuser : éliminer d’emblée tout ce qui n’est pas indispensable. Suppression des cadeaux promotionnels emballés individuellement, abandon des supports papier au profit des supports numériques, refus des emballages superflus dans les contrats avec les prestataires alimentaires.
Réduire : diminuer les quantités utilisées. Calcul précis des quantités alimentaires pour éviter les surplus, réduction des impressions au strict nécessaire, optimisation du matériel de scénographie pour minimiser les achats neufs.
Réutiliser : préférer le matériel loué ou consigné au matériel jetable. Système de consigne des gobelets et de la vaisselle, location de structures de scénographie plutôt qu’achat, réutilisation des éléments décoratifs d’une édition à l’autre.
Recycler : mettre en place un tri rigoureux pour les déchets inévitables. Points de tri clairement identifiés avec flux séparés (verre, carton, organique, recyclable, résiduel), partenariat avec des filières de valorisation locales et suivi des taux de recyclage par flux [8].
Restituer (compostage) : orienter les déchets organiques vers le compostage ou la méthanisation. Les prestataires alimentaires peuvent s’engager sur la valorisation des biodéchets, conformément aux obligations de tri à la source des biodéchets qui s’imposent à tous les producteurs importants de déchets.
Guide pratique pour organiser un événement zéro déchet
La mise en pratique d’une démarche événement zéro déchet s’organise en trois temps : avant, pendant et après l’événement.
En amont : intégrer les critères zéro déchet dans les appels d’offres et les cahiers des charges des prestataires. Exiger des propositions sans emballages superflus, identifier les prestataires proposant de la vaisselle consignée, fixer des indicateurs de suivi (taux de recyclage cible, volume d’ordures ménagères résiduelles) et former les équipes bénévoles et salariées aux gestes de tri [9].
Pendant l’événement : disposer les points de tri au plus proche des flux (sorties restauration, scènes, entrées), assurer la présence de bénévoles formés aux postes de tri, contrôler les flux en temps réel pour identifier rapidement les dérives, organiser des rondes de collecte régulières pour éviter la saturation des bacs.
Après l’événement : pesée systématique des flux de déchets par catégorie, collecte des données auprès des prestataires de gestion des déchets, calcul du taux de détournement (part des déchets évités ou valorisés par rapport au total produit), comparaison avec les éditions précédentes et communication transparente sur les résultats [10].
La démarche de management vert de TheGreenshot accompagne les organisateurs dans la définition et le suivi de ces indicateurs, en articulant bilan carbone et performance déchets au sein d’un tableau de bord environnemental unique.
Zéro déchet dans le secteur audiovisuel et événementiel professionnel : spécificités et bonnes pratiques
Les productions audiovisuelles et les événements professionnels présentent des caractéristiques spécifiques en matière de gestion des déchets, souvent ignorées dans les guides généralistes.
Un tournage ou un événement live génère plusieurs flux de déchets particuliers : emballages des consommables techniques (câbles, lampes, piles, cartouches d’encre), résidus de scénographie (bois, mousse, tissus, peinture), déchets électroniques issus du matériel remplacé, et déchets alimentaires des services catering de l’équipe. Ces flux spécifiques nécessitent des filières de collecte adaptées que les prestataires généralistes ne proposent pas toujours [11].
Dans l’événementiel live (concerts, festivals, congrès), les volumes sont amplifiés par le nombre de participants. La mise en place d’un système de consigne de gobelets bien géré peut représenter une réduction de l’ordre de 80 à 90 % des déchets de gobelets selon les retours d’expérience du secteur. La clé réside dans le dimensionnement du stock de consigne, la formation des équipes aux postes d’échange, et la communication auprès du public dès la communication de préachat. Plusieurs festivals du réseau TheGreenshot ont intégré ces dispositifs avec des résultats mesurables sur plusieurs éditions.
La réglementation AGEC s’applique intégralement aux tournages et plateaux : dès lors qu’un espace de restauration sur place accueille plus de 20 personnes en même temps, la vaisselle réutilisable devient obligatoire pour les repas assis. Les producteurs qui font appel à des traiteurs de plateau doivent s’assurer que ces prestataires respectent ces dispositions, sous peine d’engager leur propre responsabilité [1].
GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements : bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro.
Conclusion
L’événement zéro déchet n’est plus une aspiration marginale : il s’impose progressivement comme la norme, portée par une réglementation AGEC de plus en plus contraignante et par les attentes des publics et des entreprises partenaires. Pour les organisateurs, la transition repose sur trois piliers complémentaires : la conformité réglementaire (vaisselle réutilisable, accès à l’eau potable, fin du plastique à usage unique), la démarche structurée (application de la hiérarchie des 5R dès la phase de conception) et la mesure des résultats (suivi des indicateurs par flux pour progresser d’édition en édition). Les technologies numériques facilitent aujourd’hui ce suivi en centralisant les données de l’ensemble des prestataires. La généralisation de l’approche zéro déchet dans l’événementiel devrait s’accélérer à mesure que les obligations réglementaires se précisent et que les outils de mesure se démocratisent.
FAQ
Qu’est-ce qu’un événement zéro déchet ?
La loi AGEC s’applique-t-elle aux organisateurs d’événements ?
Comment mesurer les déchets d’un événement ?
Quels sont les principaux postes de déchets d’un festival ou d’un événement ?
Comment intégrer le zéro déchet dans les contrats avec les prestataires ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
La démarche événement zéro déchet gagne en efficacité lorsqu’elle s’intègre à un pilotage environnemental global incluant le bilan carbone. GreenPro, la plateforme de TheGreenshot, centralise les données de tous les prestataires (traiteurs, prestataires techniques, logistique) et calcule automatiquement l’empreinte carbone de l’événement en intégrant les flux déchets dans le périmètre du bilan. Les tableaux de bord en temps réel permettent de suivre l’évolution des indicateurs clés d’une édition à l’autre, et les exports conformes CSRD et GHG Protocol facilitent la communication vers les partenaires et financeurs. Une approche intégrée qui fait gagner du temps aux équipes tout en renforçant la crédibilité de la démarche.
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