- Pourquoi mesurer l’empreinte carbone d’un événement sportif
- Les principaux postes d’émission d’un événement sportif
- Les scopes 1, 2 et 3 appliqués aux événements sportifs
- Méthode et étapes pour calculer l’empreinte carbone
- Outils et référentiels disponibles pour les organisateurs
- Application concrète pour les productions et événements audiovisuels
- Conclusion
- FAQ
L’empreinte carbone des Jeux Olympiques de Paris s’est établie à 2,085 millions de tonnes de CO2e selon le rapport publié par le ministère de la Transition écologique [1]. Pour une compétition régionale ou un festival sportif local, les ordres de grandeur sont bien différents, mais la logique de mesure reste identique. Savoir comment calculer l’empreinte carbone d’un événement sportif est aujourd’hui indispensable pour tout organisateur souhaitant piloter une stratégie bas carbone cohérente, répondre aux attentes des parties prenantes et, parfois, satisfaire à des obligations réglementaires. Cet article présente la méthode complète, les principaux postes à inventorier et les outils disponibles.
Pourquoi mesurer l’empreinte carbone d’un événement sportif
Le secteur sportif est soumis à une pression croissante de la part des pouvoirs publics, des partenaires institutionnels et du public lui-même. Une étude Nielsen Sports révèle que près de 8 Européens sur 10 souhaitent que les événements sportifs s’engagent davantage en faveur de l’environnement, et 52 % se disent prêts à boycotter des manifestations jugées trop polluantes [2].
Au-delà de l’image, la mesure de l’empreinte carbone répond à des besoins concrets :
- Identifier les leviers prioritaires de réduction, en hiérarchisant les postes d’émission par impact réel.
- Répondre aux exigences des financeurs (collectivités, fonds européens, sponsors engagés dans des démarches RSE) qui conditionnent de plus en plus leurs soutiens à un reporting environnemental.
- Communiquer de manière fiable et crédible, en s’appuyant sur des données vérifiables plutôt que sur des déclarations d’intention.
- Préparer une stratégie de réduction progressive, grâce à un référentiel de départ précis.
Les organisateurs d’événements sportifs peuvent s’appuyer sur des outils spécialisés comme le module de suivi carbone de TheGreenshot pour structurer cette démarche de manière rigoureuse et automatisée.
Les principaux postes d’émission d’un événement sportif
Avant d’entrer dans la méthode, il est essentiel de comprendre quelles activités génèrent des émissions. Elles se regroupent en dix grandes catégories :
Transport : le premier poste d’émission
Les déplacements constituent, de loin, le principal contributeur à l’empreinte carbone d’un événement sportif. Pour les compétitions internationales, la mobilité des spectateurs et des équipes peut représenter jusqu’à 94 % des émissions totales [3]. Pour les événements locaux ou nationaux, cette proportion se situe généralement entre 60 et 80 % [4]. Les déplacements en avion des participants venus de l’étranger sont le levier le plus impactant.
Restauration et alimentation
L’alimentation représente en moyenne 15 % des émissions d’un match ou d’une compétition [5]. La nature des repas servis (produits carnés versus végétariens), les emballages à usage unique et les pertes alimentaires constituent les principaux sous-postes à optimiser.
Énergie, hébergements et infrastructure
La consommation électrique des installations (éclairage, sonorisation, diffusion vidéo, systèmes de chronométrage), le chauffage ou la climatisation des tribunes, les groupes électrogènes mobiles et l’hébergement des équipes et officiels s’ajoutent à l’inventaire. Ces postes, bien que généralement minoritaires par rapport au transport, peuvent devenir significatifs pour les grands rassemblements.
Achats, matériel sportif et déchets
Les équipements sportifs utilisés ou distribués (médailles, trophées, kits participants), les matériaux de construction ou de décoration temporaires, les objets promotionnels et la gestion des déchets produits complètent le bilan. Les déchets restent souvent sous-estimés dans les premières analyses carbone.
Les scopes 1, 2 et 3 appliqués aux événements sportifs
La méthode GHG Protocol, qui structure la majorité des approches reconnues (dont la méthode Bilan Carbone), classe les émissions en trois scopes :
| Scope | Nature des émissions | Exemples pour un événement sportif |
|---|---|---|
| Scope 1 | Émissions directes | Groupes électrogènes diesel, véhicules de l’organisation, chauffage au gaz naturel des installations |
| Scope 2 | Émissions indirectes liées à l’énergie achetée | Consommation d’électricité des stades, des loges et des systèmes audiovisuels |
| Scope 3 | Autres émissions indirectes | Déplacements des spectateurs, des athlètes et des équipes (le poste dominant), achats de biens et services, hébergements, déchets |
Pour un événement sportif, le scope 3 représente la grande majorité des émissions. Il est le plus difficile à mesurer car il requiert de collecter des données auprès de tiers (compagnies de transport, fournisseurs, hébergeurs). Néanmoins, l’omettre conduirait à sous-estimer massivement l’empreinte réelle. Le guide complet sur les émissions de scope 3 détaille les méthodes de collecte et d’estimation applicables.
Méthode et étapes pour calculer l’empreinte carbone d’un événement sportif
La méthode Bilan Carbone® développée par l’Association pour la Transition Bas Carbone (ABC) s’applique directement aux événements sportifs [6]. Elle se déroule en sept étapes :
1. Définir le périmètre de l’étude
Il s’agit de délimiter clairement ce qui est inclus dans le bilan : l’événement lui-même, les phases de préparation et de démontage, les déplacements des bénévoles, les activités annexes. Plus le périmètre est précis, plus le résultat est exploitable.
2. Collecter les données d’activité
Pour chaque poste retenu, des données quantitatives sont nécessaires : nombre de spectateurs et modes de transport utilisés, consommation électrique des installations, volumes alimentaires servis, quantités de déchets générés, nombre de nuitées d’hébergement. Cette phase est généralement la plus chronophage.
3. Appliquer les facteurs d’émission
Chaque donnée d’activité est multipliée par un facteur d’émission, exprimé en kg CO2e par unité (km parcouru, kWh consommé, kg d’aliment servi). Ces facteurs sont issus de la Base Empreinte de l’ADEME ou du référentiel GHG Protocol.
4. Agréger et hiérarchiser les résultats
Les résultats sont exprimés en tonnes de CO2e et répartis par poste. Cette hiérarchisation est l’étape clé pour orienter le plan d’action : un événement dont 80 % des émissions proviennent du transport aérien des spectateurs n’aura pas les mêmes priorités qu’un festival dont le poste dominant est la restauration.
5. Identifier les leviers de réduction
Sur la base de la hiérarchisation, un plan d’actions est construit avec des objectifs chiffrés de réduction, un calendrier de mise en oeuvre et des indicateurs de suivi.
6. Compenser les émissions résiduelles
Les émissions qui ne peuvent pas être évitées ou réduites peuvent faire l’objet d’une compensation via des projets de séquestration carbone certifiés (standards Gold Standard, VCS, Label Bas Carbone).
7. Communiquer et mettre à jour le bilan
Un bilan carbone n’est pas un document figé. Il est recommandé de le mettre à jour après chaque édition pour suivre la trajectoire de décarbonation d’une année sur l’autre.
Outils et référentiels disponibles pour les organisateurs
Plusieurs outils spécialisés facilitent la mise en oeuvre de cette méthode pour les événements sportifs :
Le Coach Climat événements
Développé en partenariat avec l’ADEME, le ministère des Sports et le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), le Coach Climat événements est un outil gratuit, accessible à tout niveau de connaissance technique [7]. Il permet d’estimer l’empreinte carbone via 10 grandes catégories (restauration, hébergements, déplacements, infrastructure et énergie, matériels sportifs, logistique, habillage du site, objets promotionnels, numérique et déchets) et propose un programme personnalisé d’une centaine d’actions concrètes associées à leur potentiel de réduction. Depuis son lancement, l’outil a permis d’estimer l’empreinte de plus de 500 événements, représentant plus de 2 millions de tonnes de CO2 potentiellement évitées.
La méthode Bilan Carbone® V9
Référence en France pour les organisations (entreprises, collectivités, associations sportives), la méthode Bilan Carbone® dans sa version en vigueur depuis début 2025 s’applique directement aux événements sportifs de tout format. Elle est notamment utilisée pour établir les bilans des fédérations sportives et des ligues professionnelles soumises à des obligations de reporting.
Le guide du Ministère des Sports
Le ministère des Sports a publié un guide de recommandations méthodologiques dédié à l’implémentation d’une stratégie bas carbone pour les organisateurs d’événements sportifs européens [4]. Il détaille les pratiques de gestion des déchets, les leviers de transport et les approches de réduction de la consommation énergétique.
Pour les événements de grande ampleur qui souhaitent disposer d’un bilan certifiable et d’un tableau de bord en temps réel, des solutions professionnelles comme GreenPro permettent d’automatiser la collecte des données et de produire des bilans conformes aux référentiels Albert, CSRD et GHG Protocol.
Application concrète pour les productions et événements audiovisuels sportifs
Les événements sportifs sont très souvent accompagnés d’une infrastructure audiovisuelle significative : retransmissions télévisées, couvertures web, captations pour archives ou contenus digitaux. Cette dimension croise directement les enjeux de l’éco-production audiovisuelle.
Le volet audiovisuel, un poste invisible mais réel
La captation d’un match ou d’une compétition mobilise plusieurs tonnes de matériel (cars de régie, câblage, éclairage de plateau, systèmes de communication), des équipes techniques pouvant représenter plusieurs dizaines de personnes, et une consommation énergétique significative. Ces émissions relèvent en général du scope 3 de l’organisateur de l’événement et du scope 1/2 du prestataire audiovisuel. Il est donc important que les deux parties coordonnent leurs bilans pour éviter les doubles comptes ou les oublis. Des outils comme les calculateurs carbone spécialisés dans l’audiovisuel permettent d’intégrer ces postes avec des facteurs d’émission adaptés.
Les événements sportifs comme terrain d’expérimentation pour l’éco-production
Les grandes compétitions sportives constituent un laboratoire pour les pratiques éco-responsables dans la chaîne audiovisuelle. Réduction des déplacements d’équipes par la centralisation des régies, alimentation en énergie renouvelable des cars broadcast, mutualisation des équipements entre diffuseurs : autant de leviers qui s’appliquent aussi bien à un tournoi régional qu’à une grande finale internationale. Les bonnes pratiques documentées dans les bilans post-événements des Jeux Olympiques de Paris ont ainsi servi de référentiel pour plusieurs fédérations sportives européennes.
Le recours à des outils de suivi intégrés permet aux prestataires audiovisuels de produire un bilan carbone précis pour chaque événement couvert, facilitant ainsi le reporting consolidé de l’organisateur sportif. GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements : bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro.
Conclusion
Mesurer l’empreinte carbone d’un événement sportif n’est plus une démarche réservée aux grandes compétitions internationales. Des outils accessibles, des méthodes standardisées et des guides sectoriels permettent désormais à tout organisateur, quelle que soit la taille de sa manifestation, de quantifier ses émissions et de bâtir un plan de réduction crédible. Le transport des spectateurs reste le premier levier à actionner pour la grande majorité des événements, mais une approche complète intégrant les scopes 1, 2 et 3 est indispensable pour une vision fidèle. Les prochaines années verront probablement un renforcement des obligations de reporting pour les ligues professionnelles et les fédérations, dans le cadre de l’extension progressive de la directive CSRD aux organisations de taille intermédiaire. Anticiper cette mesure constitue, pour tout organisateur sportif, un avantage compétitif autant qu’une responsabilité.
FAQ
Quel est le principal poste d’émission d’un événement sportif ?
Comment calculer l’empreinte carbone d’un événement sportif gratuitement ?
Quelle est la différence entre l’empreinte carbone d’un événement local et d’une grande compétition internationale ?
Quelles sont les obligations légales des organisateurs d’événements sportifs en matière de bilan carbone ?
Peut-on compenser à 100 % l’empreinte carbone d’un événement sportif ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
La mesure de l’empreinte carbone d’un événement sportif exige une collecte de données fiable, structurée et reproductible d’une édition à l’autre. GreenPro, l’outil de TheGreenshot dédié aux productions et événements, automatise l’ensemble de ce processus : import des factures fournisseurs par OCR, calcul automatique des émissions par scope, tableaux de bord en temps réel et bilans conformes aux standards Albert, CSRD et GHG Protocol. Les équipes de TheGreenshot accompagnent les organisateurs dans la définition du périmètre, la formation des équipes terrain et l’interprétation des résultats. Une première session de cadrage permet d’identifier rapidement les postes prioritaires et d’élaborer un plan de réduction adapté au format et à l’ambition de chaque événement.
Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.

