Bilan carbone d’un concert : comment le mesurer efficacement

La mobilité des spectateurs génère 65 % des émissions d'un concert. Le secteur du spectacle vivant représente 1,3 % de l'empreinte carbone de la France. Guide complet pour mesurer et réduire le bilan carbone d'un concert.
Bilan carbone d'un concert : comment le mesurer efficacement

La mobilité des spectateurs génère à elle seule 65 % des émissions de gaz à effet de serre liées à un concert [1]. Le secteur des arts et du spectacle vivant représente 1,3 % de l’empreinte carbone nationale française, soit 8,5 millions de tonnes de CO2 équivalent [1]. Mesurer le bilan carbone d’un concert permet aux producteurs, diffuseurs et salles de spectacle de comprendre leur impact réel, d’identifier les actions prioritaires et de progresser d’une édition à l’autre. Cet article présente la méthode de calcul, les postes d’émission à analyser et les leviers disponibles pour réduire l’empreinte carbone d’un bilan carbone concert.

L’empreinte carbone du spectacle vivant : chiffres clés

Le Ministère de la Culture a publié la première évaluation des émissions de gaz à effet de serre du secteur des arts visuels, du spectacle vivant et des enseignements artistiques. Ce travail de référence établit que le secteur représente 1,3 % de l’empreinte carbone totale de la France, soit 8,5 millions de tonnes de CO2 équivalent [1]. La mobilité des visiteurs et des spectateurs est identifiée comme le poste d’émission majoritaire à l’échelle individuelle, et la voiture individuelle reste le mode de transport le plus utilisé pour se rendre à un concert ou un spectacle.

Les structures de diffusion du spectacle vivant ont commencé à se saisir de ce sujet de manière coordonnée avec le projet Déclic, qui a réuni des salles de concert, des festivals, des producteurs et des centres de formation dans une démarche collective de décarbonation, aboutissant à la réalisation de dix-huit audits carbone sectoriels [2]. Ces audits ont fourni des données comparatives inédites sur la structure des émissions d’une salle de concert ou d’un festival.

Les postes d’émission d’un concert

La structure des émissions d’un concert diffère selon qu’il s’agit d’une salle de spectacle permanente ou d’un événement en plein air. Pour une salle de concert, la répartition des émissions est la suivante [3] :

Poste d’émission Part dans les émissions d’une salle de concert
Mobilité du public 55 %
Achats (restauration, boissons, merchandising) 21 %
Mobilité des équipes, artistes et techniciens Variable selon la programmation
Énergie du bâtiment (éclairage, chauffage, climatisation, sono) Significatif sur sites anciens
Hébergement des artistes en tournée Lié à la fréquence de la programmation

La mobilité du public demeure le premier poste d’émission, mais avec une part (55 %) inférieure à celle observée pour les festivals (69 %), du fait que les salles de concert sont généralement mieux desservies par les transports en commun urbains que les sites de festival en zone périurbaine ou rurale [3].

Les achats constituent le deuxième poste significatif (21 %). La restauration et les boissons représentent la part prépondérante de ces émissions, devant le merchandising et les consommables techniques. L’énergie du bâtiment est un poste variable selon l’ancienneté de la salle et l’efficacité de ses équipements : une salle récente ou rénovée avec des équipements son et lumière LED consomme beaucoup moins qu’un équipement de première génération.

Les facteurs d’émission à appliquer pour calculer l’impact de chaque poste sont issus de la Base Empreinte de l’ADEME pour les pratiques françaises, ou de bases internationales équivalentes pour les tournées à dimension européenne ou mondiale.

Comment calculer le bilan carbone d’un concert

Le bilan carbone d’un concert s’appuie sur la méthode des scopes 1, 2 et 3 du GHG Protocol.

Périmètre et collecte des données

Le scope 1 d’un concert couvre les émissions directes de l’organisateur ou de la salle : carburant des groupes électrogènes utilisés en cas d’alimentation autonome, véhicules de la salle ou de la production. Le scope 2 inclut l’électricité consommée dans la salle pour l’éclairage, la sonorisation et la climatisation. Le scope 3 regroupe la mobilité du public (le poste le plus lourd), les déplacements des artistes et techniciens, les achats de restauration et de merchandising, l’hébergement des équipes en tournée et les prestations externalisées.

La collecte des données pour le bilan carbone d’un concert nécessite de mobiliser plusieurs sources :

  • Les données de billetterie par code postal ou zone géographique, pour estimer les distances parcourues par le public.
  • Les contrats de riders techniques et les devis de prestations pour les consommations d’énergie.
  • Les achats de restauration et de boissons (factures prestataires).
  • Les notes de frais et réservations de transport des artistes et techniciens.
  • Les relevés de consommation électrique du bâtiment.

Pour les structures qui réalisent régulièrement des concerts, la mise en place d’un système de collecte de données structuré permet de produire des bilans carbone fiables à moindre coût dès le deuxième événement.

Les outils de calcul disponibles

Plusieurs outils permettent de structurer le calcul du bilan carbone d’un concert. La méthode Bilan Carbone de l’ADEME est applicable aux événements culturels [4]. Pour les concerts qui font l’objet d’une captation audiovisuelle, Carbon’Clap d’Ecoprod permet de calculer l’empreinte de la production, en complément d’un calcul événementiel. Les outils spécialisés dans l’événementiel permettent de couvrir l’ensemble des postes, y compris la mobilité du public, en s’appuyant sur des enquêtes ou sur des données de billetterie [5].

Le scope 3 est le périmètre le plus complexe à documenter mais aussi le plus important pour identifier les leviers d’action prioritaires. Commencer par mesurer les postes les plus significatifs (mobilité du public, achats de restauration) permet d’obtenir une estimation représentative même avec des données partielles.

Les actions concrètes pour réduire l’impact carbone d’un concert

Les leviers de réduction de l’empreinte carbone d’un concert se concentrent sur les postes dominants identifiés par le bilan.

Favoriser les mobilités douces et le transport collectif

La communication sur les options de transport en commun, le partenariat avec des opérateurs de covoiturage et la mise en place d’une tarification différenciée (réduction sur le billet pour les spectateurs sans voiture) sont des mesures accessibles à la plupart des salles. Afficher clairement les horaires de transports en commun proches dans les confirmations de billet et sur les supports de communication de l’événement contribue à modifier les comportements de mobilité.

Verdir l’offre de restauration et de bar

Augmenter la part des produits végétaux et locaux dans l’offre de restauration, favoriser les producteurs de proximité pour les boissons et supprimer les emballages à usage unique au profit de la consigne constituent des actions combinables pour réduire significativement les émissions liées aux achats.

Optimiser la consommation énergétique de la salle

La mise à niveau des équipements d’éclairage en LED, l’optimisation de la ventilation et du chauffage ou de la climatisation, et l’utilisation d’équipements de sonorisation à haute efficacité énergétique réduisent le scope 2 du bilan. Pour les concerts en extérieur ou les salles non raccordées en puissance suffisante, les solutions de stockage par batterie combinées à des sources d’énergie renouvelable offrent des alternatives aux groupes électrogènes thermiques.

Bilan carbone d’un concert : enjeux pour les productions audiovisuelles et les événements

Les concerts constituent un terrain particulier où les enjeux du spectacle vivant et de la production audiovisuelle se croisent, générant une empreinte composite qui doit être mesurée dans sa globalité.

La captation de concert : un périmètre audiovisuel à part entière

Lorsqu’un concert fait l’objet d’une captation professionnelle (pour une diffusion télévisée, une sortie cinéma ou une mise en ligne sur une plateforme), l’empreinte de la production audiovisuelle s’ajoute à celle de l’événement lui-même. Un car régie numérique, plusieurs équipes caméra avec leur matériel, des lignes de transmission et une équipe de post-production génèrent des émissions qui peuvent représenter une fraction significative de l’empreinte totale d’un concert filmé.

Des productions qui ont fait appel à TheGreenshot pour mesurer l’empreinte de leur captation de concert ont pu identifier des postes de réduction inattendus, notamment dans la logistique du matériel de tournage et dans le choix des solutions d’alimentation électrique des cars régie.

La tournée : l’empreinte la plus complexe à mesurer

Pour les artistes en tournée, l’empreinte carbone s’accumule de concert en concert, avec des postes d’émission spécifiques : transport de l’équipe et du matériel de scène entre les villes (van, camion, avion pour les tournées internationales), hébergement de l’équipe dans chaque ville, énergie des équipements scéniques et des loges. Des tournées de grande ampleur ont pu réduire leur empreinte en optimisant l’ordre des villes pour minimiser les distances parcourues, en privilégiant le train pour les déplacements intra-européens et en adoptant des backlines mutualisés avec des prestataires locaux dans chaque ville.

GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements, avec des bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro.

Conclusion

Mesurer le bilan carbone d’un concert est devenu une démarche structurante pour les salles de spectacle, les producteurs et les organisateurs qui souhaitent s’engager dans une trajectoire de réduction de leur impact environnemental. La mobilité du public et les achats concentrent l’essentiel des émissions, mais l’énergie du bâtiment et la logistique des tournées offrent également des leviers significatifs. La réalisation d’un premier bilan carbone fournit la base de référence nécessaire pour fixer des objectifs de réduction mesurables et pour documenter les progrès réalisés d’une édition à l’autre. À mesure que les obligations de reporting carbone progressent pour les structures culturelles et leurs partenaires financiers, la capacité à produire un bilan carbone concert fiable et documenté constituera un avantage concurrentiel et un outil de dialogue avec les partenaires institutionnels et privés.

FAQ

Comment calculer le bilan carbone d’un concert ?

Le bilan carbone d’un concert se calcule en s’appuyant sur les scopes 1, 2 et 3 du GHG Protocol. Il faut collecter les données de mobilité du public (via billetterie par zone géographique), les consommations d’énergie de la salle, les factures de restauration, les données de déplacement des artistes et techniciens et les achats de merchandising. Des outils comme la méthode Bilan Carbone de l’ADEME ou Carbon’Clap permettent de structurer ce calcul.

Quel est le principal poste d’émission d’un concert ?

La mobilité du public constitue le premier poste d’émission d’un concert, représentant environ 55 % des émissions totales pour une salle de concert. La voiture individuelle est le mode de transport le plus utilisé et le plus émetteur. Les achats (restauration, boissons) constituent le deuxième poste avec environ 21 % des émissions.

Quelle est la différence d’empreinte carbone entre un concert en salle et un festival ?

La part de la mobilité est généralement plus faible pour un concert en salle (55 %) que pour un festival (69 %), car les salles de spectacle urbaines sont mieux desservies par les transports en commun. En revanche, un festival concentre un plus grand nombre de spectateurs sur plusieurs jours, ce qui peut représenter une empreinte totale bien supérieure en valeur absolue.

Comment réduire l’empreinte carbone d’un concert ?

Les actions les plus efficaces sont : communiquer clairement sur les transports en commun et les options de covoiturage, verdir l’offre de restauration avec des produits végétaux et locaux, optimiser les équipements d’éclairage en LED, et pour les tournées, optimiser l’ordre des villes et privilégier le train pour les trajets intra-européens.

Le bilan carbone d’un concert inclut-il la captation audiovisuelle ?

Non, par défaut, le bilan carbone d’un concert couvre uniquement l’événement lui-même (mobilité du public, énergie de la salle, restauration, logistique des équipes). La captation audiovisuelle constitue un périmètre de production distinct, qui génère ses propres émissions (transport du matériel de tournage, équipes de captation, post-production) et doit être calculé séparément avec des outils sectoriels comme Carbon’Clap.

Aller plus loin avec TheGreenshot

Mesurer le bilan carbone d’un concert suppose de consolider des données provenant de sources multiples : billetterie, factures prestataires, consommation d’énergie de la salle et données de déplacement des équipes. GreenPro, la solution de suivi carbone de TheGreenshot, automatise cette collecte grâce à l’intégration des factures via OCR et à des interfaces directes avec les systèmes de billetterie et de production. Les bilans générés sont conformes au GHG Protocol, à la directive CSRD et aux référentiels sectoriels (Carbon’Clap, Albert), et peuvent couvrir à la fois l’événement et la captation audiovisuelle associée dans un rapport unique. Pour les salles de spectacle et les producteurs qui programment plusieurs concerts par saison, GreenPro permet de suivre l’évolution de l’empreinte carbone et de documenter les progrès réalisés d’une programmation à l’autre.

Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.

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