Le secteur des arts et du spectacle vivant représente 1,3 % de l’empreinte carbone totale de la France, soit 8,5 millions de tonnes de CO2 équivalent [1]. Les festivals de musique constituent l’un des formats les plus impactants de ce secteur, concentrant sur quelques jours des flux de public, d’équipes techniques, de prestataires et d’équipements considérables. Réaliser un bilan carbone est devenu un outil indispensable pour les organisateurs qui souhaitent comprendre, mesurer et réduire l’impact environnemental de leur événement. Ce guide présente la méthode à adopter, les postes d’émission à connaître et les leviers d’action disponibles pour les festivals de musique.
Pourquoi réaliser un bilan carbone pour un festival de musique
La réalisation d’un bilan carbone d’un festival de musique répond à plusieurs enjeux croissants : pression des collectivités qui accordent les autorisations et les subventions, attentes des partenaires privés engagés dans des démarches RSE, et demande d’une partie du public et des artistes sensibles aux questions environnementales.
Les collectivités territoriales conditionnent de plus en plus leurs aides financières à la production d’un bilan carbone documenté et à la mise en place d’un plan d’action environnemental. Les entreprises qui sponsorisent les festivals intègrent désormais des critères de durabilité dans leurs critères de sélection, notamment pour répondre à leurs propres obligations de reporting extra-financier issues de la directive CSRD (2022/2464). Enfin, certains artistes refusent de participer à des événements qui n’ont pas engagé de démarche de responsabilité environnementale.
Au-delà de ces pressions externes, le bilan carbone offre aux organisateurs une cartographie précise de leurs émissions réelles, permettant d’arbitrer entre différentes options de programmation, de logistique et d’approvisionnement en connaissance de cause.
Les principaux postes d’émission d’un festival de musique
La structure des émissions d’un festival de musique est dominée par la mobilité. Selon les données disponibles pour le secteur du spectacle vivant, la mobilité représente 69 % des émissions totales d’un festival, avec la voiture individuelle comme principal vecteur [2]. Les achats (restauration, boissons, merchandising, matériaux) constituent le second poste significatif, représentant 27 % des émissions d’un festival.
| Poste d’émission | Part estimée des émissions | Principaux sous-postes |
|---|---|---|
| Mobilité du public | ~60-65 % | Voiture individuelle, transport en commun, covoiturage |
| Mobilité des équipes et artistes | ~5-10 % | Avion, van de tournée, hôtels |
| Achats de biens et services | ~27 % | Restauration, boissons, décors, scénographie |
| Énergie sur site | Variable | Groupes électrogènes, éclairage, sono, chauffage |
| Hébergement | Variable | Hôtels pour équipes, camping festivaliers |
| Déchets | Faible | Incinération, mise en décharge, recyclage |
La mobilité du public est le facteur sur lequel les organisateurs ont le moins de contrôle direct, mais sur lequel les leviers d’incitation (navettes gratuites, partenariats ferroviaires, tarifs préférentiels pour les festivaliers sans voiture) peuvent avoir un impact significatif. À titre d’exemple, des festivals qui ont développé des partenariats avec des opérateurs de transport régional ont constaté une augmentation notable de la part modale du train parmi leurs festivaliers [3].
L’alimentation représente un levier d’action directement accessible aux organisateurs. Les festivals qui ont intégré une offre à dominante végétarienne ou végétalienne dans leur restauration ont généralement observé une réduction mesurable de leurs émissions liées à l’alimentation [4].
Comment calculer l’empreinte carbone d’un festival de musique
Le calcul du bilan carbone d’un festival de musique suit la même logique que celui d’une entreprise ou d’une production audiovisuelle, en s’appuyant sur les scopes 1, 2 et 3 du GHG Protocol.
Le périmètre du bilan carbone d’un festival
Le scope 1 couvre les émissions directes de l’organisateur : carburant des groupes électrogènes thermiques, véhicules de l’organisation, gaz des installations de cuisson. Le scope 2 inclut l’électricité achetée pour alimenter le site (son, lumière, installations). Le scope 3, de loin le plus important, comprend la mobilité du public, les déplacements des artistes et des équipes, les achats de nourriture et de boissons, les nuitées et l’ensemble des prestations externalisées.
La méthode de collecte des données
La collecte des données nécessite de combiner plusieurs sources : billets vendus par zone géographique (pour estimer les distances parcourues par le public), enquêtes de mobilité sur site, factures des prestataires de restauration et d’équipement, données de consommation électrique des prestataires son et lumière. La qualité du bilan carbone dépend directement de la granularité de ces données.
Pour les facteurs d’émission, les festivals français peuvent s’appuyer sur la Base Empreinte de l’ADEME ou sur des outils sectoriels spécialisés dans l’événementiel. La méthode Bilan Carbone de l’ADEME est applicable aux événements culturels [5].
Les outils disponibles
Plusieurs calculateurs sectoriels existent pour les événements musicaux et culturels. Carbon’Clap, développé par Ecoprod, couvre le périmètre des productions audiovisuelles et peut être adapté aux captations et retransmissions d’événements. Des outils spécialisés dans l’événementiel permettent de couvrir l’ensemble des postes, y compris la mobilité du public [6].
Les leviers de réduction les plus efficaces pour un festival de musique
Les leviers de réduction d’un festival de musique se classent en trois catégories selon leur impact et leur accessibilité pour l’organisateur.
Agir sur la mobilité du public
Compte tenu du poids dominant de la mobilité dans l’empreinte carbone d’un festival, les actions sur les déplacements du public offrent le plus fort potentiel de réduction. Les stratégies les plus efficaces incluent : négocier des tarifs préférentiels avec les opérateurs ferroviaires, mettre en place des navettes depuis les gares les plus proches, proposer une tarification différenciée favorisant les festivaliers sans voiture et intégrer les informations de transport dans la communication événementielle dès la mise en vente des billets.
Transformer l’offre alimentaire
La restauration constitue le deuxième levier le plus accessible. Augmenter la part des plats végétariens et végétaliens dans l’offre de restauration, privilégier les fournisseurs locaux et de saison, réduire les emballages à usage unique et mettre en place une consigne sur les contenants sont autant d’actions combinables pour réduire significativement les émissions liées à l’alimentation.
Électrifier et verdir l’alimentation énergétique du site
Le remplacement des groupes électrogènes thermiques par des solutions hybrides (batteries combinées à du HVO ou de l’énergie solaire), le raccordement au réseau électrique quand il est disponible et l’optimisation de la consommation des équipements son et lumière constituent des leviers techniques à fort impact. L’accompagnement d’un prestataire spécialisé en éco-production permet d’identifier les solutions les plus adaptées à la configuration du site.
Bilan carbone de festival : spécificités du secteur événementiel et audiovisuel
Le secteur événementiel musical présente des caractéristiques qui distinguent son bilan carbone de celui d’autres types d’événements, et justifient une approche adaptée.
La captation et la diffusion audiovisuelle : un périmètre à intégrer
Les festivals qui font l’objet d’une captation audiovisuelle (retransmission en direct, production d’un film de concert, contenu pour une plateforme de streaming) ajoutent un périmètre supplémentaire à leur empreinte carbone : celui de la production audiovisuelle elle-même. Les équipes de tournage, le matériel de captation (caméras, cars régie, lignes fibre), les équipements de diffusion en direct et la post-production génèrent des émissions supplémentaires qui doivent être intégrées dans une vision globale de l’impact du festival.
Pour les festivals qui souhaitent avoir une vision consolidée de leur empreinte, incluant à la fois la dimension événementielle et la production audiovisuelle associée, des outils comme GreenPro permettent de centraliser l’ensemble des données d’émission et de produire un bilan conforme aux référentiels Carbon’Clap, Albert et GHG Protocol.
La tournée d’artistes : des émissions souvent oubliées
Pour les festivals qui accueillent des artistes en tournée internationale, la mobilité aérienne des artistes et de leurs équipes techniques constitue un poste d’émission souvent sous-estimé. Certains festivals intègrent désormais une clause dans leurs contrats d’artiste stipulant l’utilisation du train pour les trajets inférieurs à une certaine distance, ce qui réduit significativement l’empreinte transport de la programmation.
GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements, avec des bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro.
Conclusion
Le bilan carbone d’un festival de musique est un outil de pilotage puissant, qui permet d’objectiver l’impact environnemental d’un événement culturel et d’identifier les actions à fort effet de levier. La mobilité du public, les achats de restauration et l’alimentation énergétique du site concentrent l’essentiel des émissions et constituent les priorités d’action. La réalisation d’un premier bilan carbone constitue le point de départ d’une démarche de progrès, permettant de fixer des objectifs de réduction mesurables d’une édition à l’autre. À mesure que les obligations de reporting environnemental progressent pour les collectivités, les partenaires privés et les organisateurs eux-mêmes, disposer d’un bilan carbone documenté et fiable deviendra un prérequis pour l’accès aux subventions et aux partenariats stratégiques.
FAQ
Quel est le principal poste d’émission d’un festival de musique ?
Comment réaliser un bilan carbone pour un festival de musique ?
Comment réduire l’empreinte carbone d’un festival de musique ?
Les festivals sont-ils obligés de réaliser un bilan carbone ?
Quelle est l’empreinte carbone moyenne d’un festival de musique ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
Mesurer l’empreinte carbone d’un festival de musique suppose de consolider des données hétérogènes : consommation d’énergie sur site, factures de prestataires, flux de mobilité du public et déplacements des équipes. GreenPro, la solution de suivi carbone de TheGreenshot, centralise ces données dans une plateforme unique et génère automatiquement des bilans conformes au GHG Protocol, à la directive CSRD et aux référentiels sectoriels. Des tableaux de bord en temps réel permettent de suivre la progression des émissions au fil des éditions et de documenter les résultats des actions de réduction mises en place. Pour les festivals qui souhaitent structurer leur démarche environnementale et la valoriser auprès de leurs partenaires, une démonstration personnalisée de GreenPro permet d’évaluer comment l’outil s’adapte à leur configuration spécifique.
Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.





