Bilan carbone d’une entreprise : exemples concrets par secteur

Le bilan carbone d'une entreprise traduit l'ensemble de ses activités en tonnes d'équivalent CO₂. Cet outil de mesure, encadré par la méthode Bilan Carbone® de l'ADEME et le GHG Protocol, permet d'identifier les postes d'émissions les plus importants et de définir un plan de réduction.
Bilan carbone d'une entreprise : exemples concrets par secteur

Le bilan carbone d’une entreprise traduit l’ensemble de ses activités en tonnes d’équivalent CO₂. Cet outil de mesure, encadré par la méthode Bilan Carbone® de l’ADEME et le GHG Protocol, permet d’identifier les postes d’émissions les plus importants et de définir un plan de réduction crédible. Pourtant, derrière la notion abstraite de « bilan carbone entreprise exemple », les réalités sont très différentes selon le secteur d’activité, la taille de l’organisation et les modes opératoires. Cet article présente des exemples concrets, des ordres de grandeur chiffrés et une lecture sectorielle des résultats pour aider à mieux comprendre ce que représente, en pratique, le bilan carbone d’une entreprise.

Qu’est-ce qu’un bilan carbone d’entreprise ?

Un bilan carbone d’entreprise est un inventaire structuré des émissions de gaz à effet de serre (GES) générées directement ou indirectement par l’activité d’une organisation, exprimées en tonnes d’équivalent CO₂ (tCO₂e). Il constitue la base de toute stratégie de décarbonation sérieuse.

Deux référentiels méthodologiques dominent le marché. La méthode Bilan Carbone® développée par l’ADEME et l’Association pour la Transition Bas Carbone (ABC) est la référence française [1]. Le GHG Protocol, porté par le World Resources Institute (WRI), est la norme internationale la plus répandue. Ces deux méthodes s’appuient sur la même logique de trois périmètres d’émissions, appelés scopes :

  • Scope 1 : émissions directes liées aux sources que l’entreprise contrôle (chauffage au gaz, flotte de véhicules, process industriels).
  • Scope 2 : émissions indirectes liées à l’énergie achetée (électricité, vapeur, chaleur).
  • Scope 3 : toutes les autres émissions indirectes en amont et en aval de l’activité, représentant généralement entre 70 % et 90 % des émissions totales d’une entreprise [1].

Chaque donnée d’activité (litres de carburant, kWh d’électricité, tonnes de marchandises achetées) est multipliée par un facteur d’émission issu de la Base Empreinte® de l’ADEME pour obtenir la quantité de GES correspondante. Le résultat final est exprimé en tCO₂e, unité commune à tous les gaz à effet de serre. Pour approfondir la compréhension des trois périmètres, le guide complet sur les scopes 1, 2 et 3 de TheGreenshot détaille chaque catégorie avec des exemples concrets.

La version V9 de la méthode Bilan Carbone®, publiée début 2025, introduit trois niveaux de maturité (Initial, Standard, Avancé) permettant à chaque organisation d’avancer à son rythme. Elle structure désormais la démarche en sept étapes méthodologiques et inclut une phase dédiée à la mobilisation des parties prenantes.

Exemples de bilan carbone par taille d’entreprise

Les ordres de grandeur des bilans carbone varient considérablement selon la taille de l’organisation. Voici des exemples représentatifs pour illustrer la diversité des situations rencontrées.

PME et startups (10 à 250 salariés)

Une PME de services avec 50 collaborateurs émet généralement entre 100 et 500 tCO₂e par an. Les postes dominants sont les déplacements professionnels (avion, voiture), l’énergie des bureaux et les achats de matériel informatique. La réalisation d’un bilan carbone pour une PME de cette taille représente un investissement compris entre 5 000 et 15 000 € selon la complexité de l’organisation et le recours à un prestataire extérieur [2].

Pour une startup numérique de 20 personnes, le bilan carbone tourne souvent autour de 30 à 80 tCO₂e. Malgré une activité immatérielle, les serveurs hébergés dans des datacenters, les déplacements et les équipements informatiques constituent des postes non négligeables. Le scope 3 représente ici la quasi-totalité des émissions.

Entreprises de taille intermédiaire (250 à 5 000 salariés)

Une entreprise industrielle de 500 salariés avec une chaîne logistique active peut générer entre 5 000 et 50 000 tCO₂e annuelles. Le scope 3 (achats de matières premières, transport des marchandises, utilisation des produits vendus) domine largement. La réalisation d’un bilan complet requiert un budget estimé entre 15 000 et 50 000 € [2].

Pour consulter une méthode de calcul détaillée adaptée à toutes les tailles d’entreprises, le guide sur le calcul du bilan carbone entreprise de TheGreenshot présente chaque étape de façon opérationnelle.

Grandes entreprises et groupes (plus de 5 000 salariés)

Pour un grand groupe industriel ou de distribution, les émissions peuvent dépasser plusieurs centaines de milliers de tCO₂e. Les coûts d’un bilan carbone complet à cette échelle varient de 50 000 à 200 000 € selon la complexité de la chaîne de valeur [2]. Ces entreprises sont dans l’obligation légale de publier un Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre (BEGES) et, pour les plus grandes, de répondre aux exigences de la directive CSRD.

Les principaux postes d’émissions : exemples sectoriels

La répartition des émissions entre les différents postes varie fortement selon le secteur d’activité. Le tableau suivant illustre les grandes différences observées dans les bilans carbone de plusieurs types d’organisations.

Secteur Poste dominant Part estimée dans le bilan total Scope principalement concerné
Services numériques Achats d’équipements informatiques 40 à 60 % Scope 3
Distribution / commerce Transport de marchandises 50 à 70 % Scope 3
Industrie manufacturière Énergie des procédés industriels 30 à 50 % Scope 1 et 2
Conseil et services Déplacements professionnels 30 à 45 % Scope 3
Agroalimentaire Achats de matières premières agricoles 60 à 80 % Scope 3
Production audiovisuelle Transport des équipes et du matériel 27,5 % Scope 3
Événementiel Mobilité du public et des équipes 40 à 60 % Scope 3

Dans le secteur audiovisuel, les données d’Ecoprod montrent que le transport représente 27,5 % des émissions totales, suivi par les achats de biens (25 %), incluant décors et costumes, l’alimentation (11 %), l’immobilisation du matériel (9 %) et l’énergie (8 %) [3]. Ces résultats permettent aux productions de prioriser leurs actions de réduction sur les postes les plus impactants. Pour aller plus loin dans la compréhension du scope 3, l’article de TheGreenshot sur le scope 3 et le bilan carbone propose une lecture détaillée de ces émissions indirectes.

Dans le secteur des services, les achats représentent souvent le premier poste d’émissions, devant les déplacements. Identifier ce poste permet de cibler les fournisseurs les plus émetteurs et d’engager des démarches d’achats responsables. La stratégie de décarbonation d’entreprise décrite par TheGreenshot détaille les étapes pour transformer ces constats en actions concrètes.

Cadre réglementaire et obligations légales

Le cadre réglementaire autour du bilan carbone des entreprises s’est considérablement renforcé ces dernières années, rendant la démarche obligatoire pour un nombre croissant d’organisations.

Le BEGES : obligation pour les grandes entreprises françaises

En France, le Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre (BEGES) est obligatoire pour toute entreprise comptant plus de 500 salariés en métropole (250 dans les DOM). Ce bilan, rendu public sur la plateforme de l’ADEME, doit être actualisé tous les quatre ans et accompagné d’un plan de transition [1]. Les entreprises de 50 à 500 salariés sont soumises à une version simplifiée du BEGES.

La directive CSRD et l’extension du reporting

La directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) étend l’obligation de reporting extra-financier à un nombre très important d’entreprises en Europe. Elle impose une communication détaillée sur les impacts environnementaux, dont les émissions de GES, selon les standards ESRS. Suite à la loi Omnibus de décembre 2025, les seuils d’application ont été relevés à 1 000 salariés et 450 millions d’euros de chiffre d’affaires [2].

Les incitations sectorielles : l’exemple du CNC

Dans l’audiovisuel, le Centre National du Cinéma (CNC) a rendu obligatoire le bilan carbone pour les films bénéficiant de ses aides [4]. Cette obligation s’accompagne du déploiement du calculateur Carbon’Clap® d’Ecoprod, outil spécialement conçu pour le secteur. De plus, une prime RSE+ a été mise en place pour les productions engagées dans une démarche responsable, basée sur le référentiel Afnor Spec 2308 [5].

Pour une lecture complète de l’empreinte carbone via le prisme de la comptabilité financière, l’article TheGreenshot sur le FEC comptable et le bilan carbone montre comment les données financières peuvent accélérer la collecte des données d’émissions.

Bilan carbone dans l’audiovisuel et l’événementiel : spécificités et exemples concrets

Le secteur des médias, du cinéma et de l’événementiel présente des caractéristiques propres qui rendent le bilan carbone à la fois indispensable et complexe à réaliser. Les sources d’émissions y sont nombreuses, fragmentées entre de nombreux prestataires, et varient fortement d’un projet à l’autre.

Productions audiovisuelles : des bilans très hétérogènes selon le format

L’Ecoprod, association référence de l’éco-production en France, publie régulièrement des données sectorielles sur l’empreinte carbone des productions audiovisuelles. Ses analyses montrent qu’une heure de programme audiovisuel, tous genres confondus, génère en moyenne 16 tonnes de CO₂ [3]. Ce chiffre couvre la fiction, la publicité, le documentaire et les émissions de flux.

La corrélation entre budget et empreinte carbone est nette : une fiction à gros budget représente un bilan carbone plusieurs fois supérieur à celui d’un documentaire léger. La publicité affiche quant à elle l’intensité carbone par minute produite la plus élevée du secteur, en raison de la densité des équipes, des décors et des déplacements concentrés sur de courtes périodes de tournage [3]. Dans les deux cas, le transport d’équipes et de matériel reste le premier poste d’émissions, suivi par les achats de biens (décors, costumes, équipements) et l’alimentation sur plateau.

Le calculateur Carbon’Clap® d’Ecoprod permet aux équipes de production d’établir un bilan carbone adapté à leur projet, en utilisant les facteurs d’émission de la Base Empreinte® de l’ADEME [5]. TheGreenshot présente l’ensemble des calculateurs disponibles dans son article dédié aux outils de mesure carbone dans l’audiovisuel.

Événements et festivals : la mobilité comme levier prioritaire

Dans le secteur événementiel, la mobilité du public constitue le premier poste d’émissions, pouvant représenter plus de la moitié du bilan carbone total d’un grand événement [6]. Pour un grand festival régional accueillant plusieurs centaines de milliers de visiteurs sur plusieurs jours, le bilan carbone global peut dépasser plusieurs milliers de tonnes de CO₂e. À côté de la mobilité du public, les postes alimentation (restauration), énergie sur site (groupes électrogènes, éclairage, sonorisation) et hébergement des équipes constituent des leviers d’action significatifs.

Pour les événements corporate, les déplacements des participants (avion, voiture longue distance) dominent généralement le bilan, souvent devant les achats de matériel scénique et les prestations de prestataires techniques. Une approche rigoureuse du bilan carbone permet d’identifier les postes prioritaires et de négocier des engagements concrets avec les fournisseurs. Le guide de réduction de l’empreinte carbone de TheGreenshot propose des leviers opérationnels adaptés à ces contextes.

GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements, produisant des bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro.

Conclusion

Le bilan carbone d’une entreprise est un outil de pilotage indispensable, dont les résultats varient considérablement selon le secteur, la taille et les modes opératoires. Les exemples concrets présentés dans cet article montrent que le scope 3 domine dans la très grande majorité des organisations, et que les postes transport, achats et énergie constituent les cibles prioritaires de toute stratégie de réduction. Dans les secteurs de l’audiovisuel et de l’événementiel, les spécificités opérationnelles, la fragmentation des prestataires et la variabilité des projets rendent la mesure encore plus stratégique. Avec le renforcement des obligations réglementaires, notamment via la directive CSRD et les exigences sectorielles du CNC, maîtriser son bilan carbone entreprise exemple par exemple n’est plus une option mais un impératif de gouvernance et de compétitivité.

FAQ

Quel est le bilan carbone moyen d’une entreprise en France ?

Le bilan carbone d’une entreprise varie très fortement selon son secteur, sa taille et son mode opératoire. Une PME de services de 50 personnes émet généralement entre 100 et 500 tCO₂e par an, tandis qu’un grand groupe industriel peut dépasser plusieurs centaines de milliers de tonnes. Dans la plupart des entreprises, le scope 3 représente entre 70 % et 90 % des émissions totales. Il n’existe donc pas de chiffre moyen universel : seule une mesure spécifique à l’organisation permet d’obtenir un résultat fiable et actionnable.

Quelles entreprises sont obligées de réaliser un bilan carbone ?

En France, le BEGES (Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre) est obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés en métropole (250 dans les DOM), les collectivités de plus de 50 000 habitants et certaines personnes morales de droit public. Cette obligation implique une mise à jour tous les quatre ans et la publication d’un plan de transition. Par ailleurs, les entreprises soumises à la directive CSRD ont l’obligation de publier un reporting environnemental détaillé incluant leurs émissions de GES.

Quel est le coût d’un bilan carbone pour une entreprise ?

Le coût d’un bilan carbone dépend de la taille de l’entreprise et de la complexité de sa chaîne de valeur. Pour une PME de 50 à 250 salariés, le coût est estimé entre 5 000 et 15 000 euros. Pour une entreprise de taille intermédiaire (250 à 5 000 salariés), il se situe entre 15 000 et 50 000 euros. Pour les grands groupes, il peut atteindre entre 50 000 et 200 000 euros. Ces coûts peuvent être réduits grâce à des programmes d’accompagnement publics tels que le dispositif Diag Decarbon’Action de l’ADEME.

Quelle méthode utiliser pour réaliser un bilan carbone entreprise exemple ?

Deux méthodes principales sont reconnues : la méthode Bilan Carbone® développée par l’ADEME et l’ABC, référence française, et le GHG Protocol, norme internationale. Ces deux approches couvrent les scopes 1, 2 et 3 et utilisent les facteurs d’émission de la Base Empreinte® de l’ADEME. Pour le secteur audiovisuel, le calculateur Carbon’Clap® d’Ecoprod propose une méthode adaptée aux spécificités des productions. La version V9 de la méthode Bilan Carbone® permet aux organisations de progresser selon trois niveaux de maturité.

Quel est le bilan carbone d’une production audiovisuelle ?

Selon les données d’Ecoprod, une heure de programme audiovisuel génère en moyenne 16 tonnes de CO₂, toutes catégories confondues. Les productions avec des budgets importants (fiction, publicité) affichent des bilans carbone nettement plus élevés que les formats légers comme le documentaire. Dans tous les cas, le transport reste le premier poste d’émissions du secteur (27,5 % du total), suivi par les achats de biens et l’alimentation. Des outils comme Carbon’Clap® permettent de mesurer précisément l’empreinte carbone d’un tournage.

Aller plus loin avec TheGreenshot

La mesure du bilan carbone d’une entreprise est le point de départ de toute stratégie de décarbonation crédible. Pour les structures du secteur audiovisuel et événementiel, la complexité des chaînes de prestation et la variabilité des projets rendent la collecte de données particulièrement chronophage. GreenPro, la solution de suivi carbone développée par TheGreenshot, automatise cette collecte grâce à la lecture OCR des factures fournisseurs, à des tableaux de bord temps réel et à des insights IA qui identifient les postes prioritaires. Les bilans produits sont conformes aux référentiels Albert, CSRD et GHG Protocol, sans ressaisie manuelle. Les équipes de TheGreenshot accompagnent chaque structure dans la mise en place d’une démarche adaptée à ses contraintes terrain.

Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.

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