- Qu’est-ce que le FEC comptable ?
- FEC et bilan carbone : le lien entre données financières et émissions GES
- L’approche monétaire : méthode, avantages et limites
- FEC et scope 3 : automatiser la collecte des données d’achat
- Combiner FEC et approche physique pour un bilan carbone robuste
- FEC et bilan carbone dans le secteur audiovisuel et événementiel
- Conclusion
- FAQ
Le fichier des écritures comptables (FEC) est un fichier normé à l’échelle nationale qui retrace l’ensemble des opérations comptables d’une entreprise sur un exercice. Peu connu en dehors des directions financières et des experts-comptables, il représente pourtant une mine d’informations pour la mesure de l’empreinte carbone d’une organisation. En automatisant la traduction des dépenses financières en émissions de gaz à effet de serre, le FEC comptable permet de réduire considérablement le temps et les ressources nécessaires à la réalisation d’un bilan carbone. Cet article présente le fonctionnement du FEC, son rôle dans la comptabilité carbone et les conditions dans lesquelles son utilisation est pertinente pour les organisations.
Qu’est-ce que le FEC comptable ?
Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est un fichier informatique normalisé, obligatoire pour toutes les entreprises soumises à l’impôt sur les bénéfices en France depuis 2014. Il contient l’intégralité des écritures comptables d’un exercice fiscal dans un format standardisé, défini par l’administration fiscale. Chaque ligne du FEC correspond à une écriture comptable et comprend notamment la date, le numéro de compte, le libellé, le montant au débit et au crédit, ainsi que le journal d’origine [1].
Le FEC est structuré selon le Plan Comptable Général (PCG) français, ce qui lui confère une cohérence et une lisibilité universelles entre organisations. Il est principalement utilisé par l’administration fiscale dans le cadre des contrôles. Mais sa richesse informative — dépenses par fournisseur, par poste comptable, par date — en fait un outil particulièrement adapté à la collecte automatisée des données nécessaires au bilan carbone.
FEC et bilan carbone : le lien entre données financières et émissions GES
Le bilan carbone d’une organisation requiert la collecte de données d’activité sur l’ensemble de sa chaîne de valeur : achats de biens et services, déplacements, consommations énergétiques, déchets. Ces données peuvent être exprimées en unités physiques (kWh, kilomètres, tonnes) ou en unités monétaires (euros dépensés). C’est dans cette seconde approche que le FEC joue un rôle central [2].
En croisant les dépenses par fournisseur et par poste comptable extraites du FEC avec des facteurs d’émission monétaires — exprimés en kilogrammes de CO2 équivalent par euro dépensé (kgCO2eq/€) — il est possible de calculer les émissions de GES associées à chaque type d’achat. Ces facteurs d’émission monétaires sont disponibles dans la Base Empreinte® de l’ADEME, qui propose des intensités carbone par secteur d’activité.
Cette approche dite « monétaire » ou « basée sur les dépenses » permet de couvrir rapidement un large périmètre d’émissions, notamment pour les scopes 1, 2 et 3 de la norme GHG Protocol. Elle est recommandée en première approche, notamment lorsque l’organisation ne dispose pas encore de données physiques détaillées sur ses achats.
L’approche monétaire : méthode, avantages et limites
L’approche monétaire du bilan carbone consiste à multiplier les montants dépensés par catégorie d’achat par un facteur d’émission monétaire sectoriel. Le FEC fournit l’ensemble des dépenses de l’exercice, classées par compte comptable. Une correspondance est ensuite établie entre les codes comptables et les secteurs d’activité de la Base Empreinte® pour appliquer le facteur d’émission adéquat [3].
Avantages
L’approche monétaire via le FEC présente plusieurs avantages majeurs. Elle est rapide à mettre en œuvre, car les données financières sont disponibles en standard dans toute organisation tenant une comptabilité analytique. Elle permet une couverture large du scope 3 sans nécessiter de questionnaires fournisseurs détaillés. Elle est reproductible d’un exercice à l’autre, facilitant le suivi de la trajectoire carbone dans le temps. Enfin, elle est particulièrement adaptée aux premières démarches de bilan carbone et aux organisations ayant des ressources limitées [2].
Limites
L’approche monétaire reste moins précise que l’approche physique. La qualité du résultat dépend de la granularité du plan comptable et de la pertinence des facteurs d’émission utilisés. Les ratios monétaires sont des moyennes sectorielles qui ne reflètent pas les intensités carbone spécifiques de chaque fournisseur. Ils peuvent également évoluer avec les variations de prix, ce qui introduit une instabilité dans les calculs d’une année sur l’autre. Cette méthode est donc moins adaptée pour des obligations de reporting précis, comme la CSRD ou le BEGES réglementaire.
FEC et scope 3 : automatiser la collecte des données d’achat
Le scope 3 — émissions indirectes issues de la chaîne d’approvisionnement, des déplacements professionnels, des déchets et des investissements — représente en moyenne entre 70 et 90 % des émissions totales d’une organisation selon le GHG Protocol. Sa collecte est souvent le principal défi opérationnel d’un bilan carbone [5].
Le FEC constitue une source de données particulièrement précieuse pour couvrir le scope 3, notamment pour les postes « achats de biens et services », « immobilisations » et « frais de déplacement ». En analysant les dépenses par fournisseur extraites du FEC, il est possible d’identifier les principaux postes d’émissions et de prioriser les actions de réduction. Cette analyse fournisseur par fournisseur permet également, dans un second temps, de solliciter des données primaires auprès des fournisseurs les plus significatifs, pour affiner le calcul.
L’automatisation de cette collecte via une interface connectée au FEC réduit considérablement le temps de préparation du bilan. Des solutions de comptabilité carbone intègrent désormais des connecteurs FEC permettant d’importer les données comptables directement, d’effectuer la correspondance avec les postes du bilan carbone et de générer automatiquement les calculs d’émissions.
Combiner FEC et approche physique pour un bilan carbone robuste
Les organisations les plus avancées dans leur démarche carbone combinent l’approche monétaire (FEC) et l’approche physique pour obtenir un bilan à la fois large et précis. L’approche monétaire couvre en premier lieu les postes d’achat pour lesquels les données physiques ne sont pas disponibles. L’approche physique est ensuite appliquée aux postes significatifs pour lesquels des données réelles existent — consommations énergétiques en kWh, déplacements en kilomètres, achats en tonnes.
Cette approche hybride est recommandée par la Méthode Bilan Carbone® dans sa version la plus récente, qui propose une structure en trois niveaux de maturité (Initial, Standard, Avancé). Le niveau Initial peut s’appuyer principalement sur le FEC et l’approche monétaire. Les niveaux Standard et Avancé intègrent progressivement des données physiques plus précises, notamment pour les postes d’émissions les plus significatifs.
La transparence sur la méthode utilisée — monétaire, physique ou hybride — est une exigence fondamentale pour tout bilan carbone destiné à un reporting externe, qu’il s’agisse du BEGES réglementaire, d’un reporting CSRD ou d’une vérification selon l’ISO 14064.
FEC et bilan carbone dans le secteur audiovisuel et événementiel
Le secteur audiovisuel et événementiel présente des caractéristiques qui rendent l’utilisation du FEC à la fois pertinente et complexe. Les sociétés de production multiplient les projets sur un même exercice comptable, chacun mobilisant des prestataires différents — décors, costumes, location de matériel, post-production, catering. Le plan comptable reflète ces dépenses de façon fragmentée, souvent dans des comptes génériques qui masquent la nature réelle des achats.
Une analyse fine du FEC par production — en s’appuyant sur la comptabilité analytique par projet — permet de calculer l’empreinte carbone de chaque tournage ou événement à partir des données financières. Cette approche est particulièrement pertinente pour les maisons de production soumises aux exigences du CNC en matière d’éco-conditionnalité ou aux grilles d’évaluation Albert et Ecoprod.
Pour les organisateurs d’événements, le FEC fournit une base solide pour couvrir les postes d’achat les plus émissifs : prestataires techniques, alimentation électrique, déplacements des équipes, hébergement. En croisant ces données avec les facteurs d’émission sectoriels appropriés, il est possible d’obtenir une estimation de l’empreinte carbone d’un événement sans nécessiter de collecte de données chronophage auprès de chaque prestataire.
GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements — bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro
Conclusion
Le FEC comptable représente une ressource sous-utilisée dans les démarches de mesure d’empreinte carbone. En croisant les données financières de l’organisation avec des facteurs d’émission monétaires, il permet de produire rapidement une première cartographie des émissions, couvrant notamment les postes d’achat du scope 3. Cette approche monétaire présente des limites en termes de précision, mais constitue une porte d’entrée accessible et reproductible pour les organisations qui débutent leur démarche carbone. Combinée à une approche physique sur les postes les plus significatifs, elle permet de construire un bilan robuste, vérifiable et conforme aux exigences des référentiels réglementaires. L’automatisation de la collecte via des outils connectés au FEC représente désormais l’une des principales pistes d’optimisation des démarches de comptabilité carbone.
FAQ
Qu’est-ce que le FEC comptable et à quoi sert-il pour le bilan carbone ?
Quelle est la différence entre l’approche monétaire et l’approche physique pour le bilan carbone ?
Le FEC peut-il couvrir les émissions de scope 3 ?
Un bilan carbone basé uniquement sur le FEC est-il suffisant pour la CSRD ?
Comment utiliser le FEC pour automatiser la collecte des données carbone ?
Utiliser le FEC comptable pour alimenter un bilan carbone représente une première étape efficace, mais les productions audiovisuelles et les événements ont besoin d’une granularité plus fine — par production, par poste, par prestataire. GreenPro, la solution de TheGreenshot dédiée au suivi environnemental, intègre la collecte automatisée des données d’activité via OCR de factures et connecteurs comptables. Les bilans produits sont conformes aux référentiels Albert, Ecoprod, CSRD et GHG Protocol, avec des tableaux de bord en temps réel. Pour découvrir comment GreenPro permet de passer d’une estimation monétaire à un bilan précis et auditable, une démonstration personnalisée est la meilleure étape suivante.
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