Une heure de streaming vidéo émet entre 6 et 57 grammes de CO₂e selon le terminal, la résolution et le type de connexion [1]. Cette fourchette large résume tout l’enjeu de l’empreinte carbone du streaming vidéo : un même contenu peut peser dix fois plus lourd selon la manière dont il est regardé. À l’échelle d’un pays, les usages audiovisuels représentent déjà une part mesurable des émissions numériques. Cet article fait le point sur les chiffres vérifiés, explique d’où proviennent les émissions et détaille les leviers concrets qui permettent de réduire l’empreinte carbone du streaming, du visionnage individuel jusqu’aux chaînes de production.
Quelle est l’empreinte carbone du streaming vidéo ?
Les usages audiovisuels représentent environ 0,9 % de l’empreinte carbone totale de la France, soit près de 5,6 millions de tonnes de CO₂e, d’après l’étude conjointe menée par l’Arcom, l’Arcep et l’ADEME [2]. Ce volume place la vidéo parmi les postes les plus significatifs de la empreinte carbone du numérique, qui pèse de son côté environ 4,4 % de l’empreinte nationale (Source ADEME) [3].
Ramenée à l’usage, l’empreinte carbone du streaming vidéo reste modeste par heure regardée, mais elle se démultiplie par le nombre d’heures cumulées. La fourchette de 6 à 57 g CO₂e par heure s’explique presque entièrement par trois variables : la taille et le type d’écran, la qualité de la vidéo et le réseau utilisé [1]. Comprendre ces variables est la clé pour agir, bien plus que de renoncer au visionnage.
D’où viennent réellement les émissions
Contrairement à une idée répandue, les centres de données ne sont pas la source principale des émissions du visionnage. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la répartition moyenne de la consommation d’énergie d’une session de streaming se fait ainsi : les terminaux de visionnage en concentrent l’essentiel (environ 72 %), la transmission des données environ 23 % et les centres de données seulement 5 % [4]. Autrement dit, le poids carbone se joue d’abord dans le salon de l’utilisateur.
Le choix du terminal est donc déterminant. Regarder un contenu sur un grand téléviseur connecté peut générer jusqu’à dix fois plus d’émissions que le même contenu sur un smartphone [5]. Le réseau ajoute une seconde variable : une connexion mobile est plus émettrice qu’une connexion Wi-Fi fixe pour un volume de données égal.
| Facteur | Configuration sobre | Configuration émettrice |
|---|---|---|
| Terminal | Smartphone, petit écran | Grand téléviseur connecté (jusqu’à x10) |
| Résolution | Définition standard ou HD | 4K / UHD |
| Réseau | Wi-Fi sur réseau fixe | Réseau mobile 4G / 5G |
| Durée cumulée | Visionnage ciblé | Lecture automatique en continu |
| Fabrication du terminal | Appareil conservé longtemps | Renouvellement fréquent |
Cette décomposition rejoint celle observée pour d’autres usages numériques quotidiens, comme l’empreinte carbone d’un email, où le matériel et son cycle de vie pèsent souvent plus lourd que le transfert de données lui-même.
Les leviers pour réduire l’empreinte carbone du streaming
Puisque les terminaux dominent le bilan, l’allongement de leur durée de vie constitue le levier le plus puissant. La fabrication d’un appareil concentre une part majoritaire de son empreinte, si bien que conserver un écran plus longtemps ou opter pour du reconditionné réduit mécaniquement l’impact global des usages audiovisuels [2]. L’écoconception des terminaux va dans le même sens.
Les mesures de sobriété complètent l’action matérielle. Diminuer la résolution vidéo, en particulier sur réseau mobile, réduit sensiblement l’empreinte carbone du streaming, tout comme désactiver la lecture automatique et privilégier le Wi-Fi [2]. Les autorités estiment que, sans action, l’empreinte des usages audiovisuels pourrait croître d’environ 30 % à moyen terme, alors qu’une combinaison de sobriété et d’écoconception pourrait au contraire la réduire d’un tiers (Source Arcom, Arcep, ADEME) [2]. Le résultat dépend donc directement des choix d’usage et de conception.
Streaming, data centers et effet rebond
Si les centres de données ne prédominent pas dans une session individuelle, leur consommation globale progresse rapidement. L’Agence internationale de l’énergie estime qu’ils représentent déjà de l’ordre de 1,5 % de l’électricité mondiale, une part tirée à la hausse par l’essor du numérique et de l’intelligence artificielle [4]. La croissance du nombre d’heures visionnées et la montée en résolution alimentent un effet rebond : les gains d’efficacité par flux sont en partie absorbés par la hausse des volumes.
Pour une organisation, ce constat justifie de mesurer l’empreinte numérique dans son ensemble plutôt que de raisonner flux par flux. S’appuyer sur des référentiels reconnus, comme la Base Empreinte de l’ADEME, permet de rattacher chaque poste à un facteur d’émission vérifié et d’éviter les estimations approximatives.
Ce que le streaming change pour les productions et diffuseurs
Pour le secteur audiovisuel et événementiel, l’empreinte carbone du streaming ne se limite pas au visionnage final. En amont, une production génère un poste numérique souvent sous-estimé : serveurs de stockage des rushes, plateformes cloud de post-production, transferts de fichiers volumineux entre équipes et sauvegardes redondantes. Ces éléments alimentent le bilan carbone d’un tournage au même titre que les transports ou l’énergie de plateau. Intégrer ces postes dans une démarche d’éco-production audiovisuelle, en s’appuyant sur la méthodologie de référence du secteur (Ecoprod, CNC), évite de déplacer l’impact plutôt que de le réduire.
Côté événementiel, la diffusion en direct amplifie l’enjeu. Un concert ou un festival écoresponsable retransmis en streaming ajoute au bilan de l’événement la consommation des serveurs, de l’encodage et des millions d’heures visionnées à distance. Les diffuseurs disposent de leviers concrets : proposer un débit adapté par défaut, optimiser l’encodage et documenter l’empreinte du volet numérique dans le reporting global de la manifestation.
GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements, y compris les postes numériques souvent oubliés, pour des bilans conformes aux référentiels du secteur et au GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro
Conclusion
L’empreinte carbone du streaming vidéo se joue d’abord dans le choix du terminal, de la résolution et du réseau, bien avant les centres de données. Les chiffres vérifiés montrent un impact par heure modéré mais démultiplié par les volumes, avec une trajectoire qui dépend entièrement des mesures de sobriété et d’écoconception adoptées. Pour les particuliers comme pour les acteurs de l’audiovisuel, réduire l’empreinte carbone du streaming passe par des gestes accessibles et par une mesure rigoureuse des postes numériques. À mesure que les usages et l’intelligence artificielle tirent la consommation des infrastructures vers le haut, la maîtrise de cet impact deviendra un critère de plus en plus structurant pour le secteur.
FAQ
Combien de CO2 émet une heure de streaming vidéo ?
Le streaming pollue-t-il surtout à cause des centres de données ?
Comment réduire l’empreinte carbone de son streaming ?
Regarder sur smartphone ou sur télévision, quelle différence ?
L’empreinte du streaming va-t-elle augmenter ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
Réduire l’empreinte carbone du streaming suppose d’abord de la mesurer, y compris pour les postes numériques d’une production souvent absents des bilans. GreenPro, la solution de suivi carbone de TheGreenshot, répond précisément à ce besoin : collecte automatisée des données, lecture des factures par reconnaissance optique, tableaux de bord en temps réel et analyses assistées pour identifier les postes les plus émetteurs, du stockage cloud à la diffusion. En rattachant chaque élément à des facteurs d’émission reconnus, l’outil produit des bilans conformes aux référentiels du secteur et au GHG Protocol. Les équipes qui souhaitent structurer leur démarche peuvent découvrir comment l’outil s’intègre à leur accompagnement en management vert lors d’un échange dédié.
Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.


