Le reporting ESG est devenu un enjeu central pour les organisations soucieuses de piloter et de communiquer leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance. La directive européenne CSRD, révisée par la directive Omnibus récemment entrée en vigueur, a profondément redessiné les obligations de reporting ESG pour les grandes entreprises européennes [1]. Pour les entreprises soumises à ces obligations, mais aussi pour celles qui souhaitent se préparer volontairement, comprendre la structure du reporting ESG, ses obligations actuelles et les étapes de sa mise en oeuvre est désormais indispensable. Cet article présente le cadre complet du reporting ESG : définition, dimensions, obligations réglementaires et méthode de déploiement opérationnel.
Reporting ESG : définition et portée
Le reporting ESG désigne la publication structurée d’informations sur les performances environnementales (E), sociales (S) et de gouvernance (G) d’une organisation. Il est également désigné sous les termes de reporting extra-financier, reporting de durabilité ou reporting non financier. Son objectif : permettre aux parties prenantes (investisseurs, clients, donneurs d’ordre, salariés, régulateurs) d’évaluer l’impact réel d’une organisation au-delà de ses seuls résultats économiques.
Le reporting extra-financier peut être volontaire, basé sur des standards internationaux comme le GRI (Global Reporting Initiative), ou légalement obligatoire pour les entreprises soumises à la directive CSRD. Dans les deux cas, il s’appuie sur une collecte systématique de données, une analyse des enjeux matériels et une publication transparente des résultats.
Le reporting ESG se distingue du simple rapport RSE annuel par sa rigueur méthodologique : il exige des indicateurs précis, une traçabilité des données, et pour les entreprises CSRD, une vérification externe obligatoire par un organisme tiers indépendant (OTI). Il ne s’agit plus de communiquer des intentions, mais de rendre compte de performances mesurables et auditables.
Pour les organisations souhaitant structurer leur démarche, un logiciel ESG dédié permet de centraliser la collecte de données, d’automatiser les calculs et de générer des rapports conformes aux standards CSRD/ESRS ou GRI.
Les trois dimensions du reporting ESG : E, S et G
Le reporting ESG s’articule autour de trois axes complémentaires, chacun couvrant un ensemble d’enjeux et d’indicateurs spécifiques.
E : Environnement
Le volet environnemental recouvre l’ensemble des impacts d’une organisation sur les écosystèmes naturels. Les principaux enjeux couverts par les normes ESRS incluent le changement climatique (émissions de gaz à effet de serre scopes 1, 2 et 3, objectifs de réduction), la biodiversité et l’usage des terres, la consommation d’eau et de ressources, la pollution (air, sol, eau) et l’économie circulaire (gestion des déchets, utilisation des matières). La réduction de l’empreinte carbone et la conformité aux objectifs climatiques constituent le coeur du reporting environnemental pour la plupart des secteurs.
S : Social
Le volet social du reporting ESG couvre les relations de l’organisation avec ses parties prenantes humaines : salariés propres (conditions de travail, rémunération, santé et sécurité, diversité et inclusion, formation), travailleurs de la chaîne de valeur (fournisseurs et sous-traitants), communautés locales et consommateurs. Les ESRS distinguent quatre catégories de parties prenantes sociales, chacune faisant l’objet d’un standard dédié (ESRS S1 à S4).
G : Gouvernance
Le volet gouvernance porte sur les structures de pilotage et les pratiques éthiques de l’organisation : composition et rémunération des organes de direction, politiques anti-corruption et anti-blanchiment, lobbying et engagements politiques, protection des données, gestion des risques et culture d’entreprise. Le standard ESRS G1 couvre la conduite des affaires au sens large. Une gouvernance transparente et solide est un prérequis pour la crédibilité de l’ensemble du reporting ESG.
CSRD et ESRS : le cadre réglementaire du reporting ESG en Europe
La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) constitue le cadre légal de référence du reporting ESG en Europe. Révisée par la directive Omnibus, récemment entrée en vigueur, la CSRD s’applique désormais aux entreprises dépassant simultanément deux seuils cumulatifs : plus de 1 000 salariés et un chiffre d’affaires net supérieur à 450 millions d’euros [2]. Ce double seuil cumulatif a réduit le nombre d’entreprises concernées d’environ 50 000 à environ 10 000 dans l’Union européenne, soit une réduction de 80 %.
Le calendrier de mise en oeuvre de la CSRD se déroule en vagues :
- Vague 1 : les grandes entreprises d’intérêt public déjà soumises à la NFRD ont publié leur premier rapport CSRD sur l’exercice précédent. Elles publient actuellement leur deuxième rapport.
- Vague 2 : les grandes entreprises non cotées dépassant les nouveaux seuils Omnibus bénéficient d’un report de deux ans, avec une première échéance en 2028 portant sur l’exercice 2027 [2].
Les normes ESRS constituent le référentiel technique du reporting CSRD. Une révision simplifiée a réduit le nombre de points de données obligatoires d’environ 70 % (de près de 1 100 à environ 300 datapoints), tout en supprimant les standards sectoriels initialement prévus [3]. Cette version révisée s’appliquera aux prochains exercices.
Le principe de la double matérialité est au coeur du dispositif CSRD : les entreprises doivent analyser à la fois leur impact sur l’environnement et la société, et l’impact de ces enjeux sur leurs propres résultats financiers. Cette analyse de double matérialité est la première étape obligatoire de tout reporting CSRD.
Pour les PME non cotées, la directive Omnibus formalise le VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for non-listed SMEs), un standard volontaire adapté à leurs capacités. Il sert de « bouclier » : les grandes entreprises soumises à la CSRD ne peuvent plus exiger de leurs fournisseurs employant moins de 1 000 salariés des informations allant au-delà de ce cadre [4]. Pour une présentation complète des obligations actuelles, TheGreenshot propose un guide sur la réglementation CSRD.
Mettre en oeuvre un reporting ESG : les étapes clés
La mise en oeuvre d’un reporting ESG structuré suit un processus en plusieurs étapes, quel que soit le référentiel choisi (CSRD/ESRS, GRI ou VSME).
1. Analyse de double matérialité
L’analyse de double matérialité consiste à identifier les enjeux ESG qui sont à la fois matériels pour l’organisation (impact sur ses résultats) et pour ses parties prenantes (impact sur l’environnement et la société). C’est le point de départ obligatoire de tout reporting CSRD. Elle permet de prioriser les thématiques à couvrir et de définir le périmètre du rapport.
2. Sélection des indicateurs et collecte des données
Une fois les enjeux matériels identifiés, l’organisation sélectionne les indicateurs pertinents selon le référentiel applicable. La collecte des données couvre les entités propres de l’organisation mais aussi sa chaîne de valeur (scope 3 pour les émissions carbone, fournisseurs pour les enjeux sociaux). Les outils numériques permettent d’automatiser une grande partie de cette collecte et de garantir la traçabilité des données [5].
3. Rédaction et vérification du rapport
Le rapport de durabilité doit être structuré selon les exigences du référentiel applicable. Pour les entreprises soumises à la CSRD, il est intégré au rapport de gestion et fait l’objet d’une vérification obligatoire par un organisme tiers indépendant (OTI). Cette vérification externe garantit la fiabilité des informations publiées et renforce la crédibilité du reporting auprès des parties prenantes.
4. Publication et communication
Le rapport de durabilité est publié selon le format réglementaire (format XHTML balisé pour la CSRD) et mis à disposition des parties prenantes. Une communication proactive sur les résultats et les engagements permet de valoriser la démarche auprès des investisseurs, clients et partenaires. TheGreenshot propose également un guide sur les piliers RSE qui structurent la démarche de durabilité des entreprises.
Reporting ESG dans le secteur audiovisuel et événementiel : spécificités
Le secteur audiovisuel et événementiel présente des caractéristiques opérationnelles qui rendent le reporting ESG à la fois complexe et stratégique. Les productions et événements mobilisent des équipes dispersées, des chaînes de sous-traitance multiples et des consommations énergétiques variables d’un projet à l’autre, ce qui exige des outils de collecte adaptés.
Audiovisuel : les enjeux ESG spécifiques aux productions
Pour les groupes audiovisuels soumis à la CSRD, le reporting ESG couvre l’ensemble de la chaîne de production : émissions carbone des tournages (déplacements d’équipes, consommation électrique des studios, transport de matériel), conditions de travail des intermittents et prestataires, politique d’achats responsables (décors, costumes, post-production) et gouvernance des groupes médias. Les référentiels Albert et Ecoprod permettent de collecter les données carbone selon une méthodologie reconnue par le CNC, compatible avec les exigences CSRD [3]. TheGreenshot a notamment accompagné Banijay dans l’automatisation du bilan carbone de 150 labels de production, illustrant la faisabilité d’un reporting ESG à grande échelle dans le secteur audiovisuel.
Événements : collecte ESG sur des périmètres variables
Pour les organisateurs d’événements (festivals, concerts, événements corporate, salons), le reporting ESG présente des défis spécifiques liés à la variabilité des périmètres d’un événement à l’autre : alimentation électrique temporaire sur site, mobilité du public et des équipes, prestataires locaux ou nationaux, gestion des déchets et nuitées associées. La mise en place d’une collecte systématique sur chaque événement, aggrégée au niveau de l’organisation, est la clé d’un reporting ESG crédible et exhaustif pour ce secteur [6].
GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements avec des bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro.
Conclusion
Le reporting ESG est désormais au carrefour de la performance extra-financière volontaire et des obligations légales imposées par la directive CSRD. Pour les grandes entreprises soumises aux ESRS, il exige une organisation rigoureuse : analyse de double matérialité, collecte structurée des données, vérification externe et publication conforme. Pour les structures plus petites, le VSME offre un cadre volontaire adapté pour anticiper les attentes de leurs donneurs d’ordre.
Le reporting ESG dans le secteur audiovisuel et événementiel gagne en structuration avec l’adoption croissante des référentiels sectoriels (Albert, Ecoprod) et le développement d’outils de collecte automatisée. L’enjeu pour les prochaines années est de transformer ce reporting en levier de performance opérationnelle réelle, et non en simple exercice de conformité. Les entreprises qui s’y préparent dès maintenant seront les mieux positionnées pour valoriser leurs engagements auprès de leurs parties prenantes.
FAQ
Qu’est-ce que le reporting ESG ?
Quelles entreprises sont obligées de publier un reporting ESG ?
Qu’est-ce que la double matérialité dans le reporting ESG ?
Quelles sont les normes ESRS du reporting ESG ?
Comment mettre en place un reporting ESG dans une entreprise ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
Le reporting ESG impose aux organisations de collecter, structurer et vérifier des données environnementales, sociales et de gouvernance sur l’ensemble de leurs activités. Pour les productions audiovisuelles et les événements, cette collecte couvre des postes aussi variés que les déplacements d’équipes, la consommation énergétique des studios, la chaîne de sous-traitance et la gestion des déchets. GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise cette collecte grâce à la numérisation OCR des factures, des tableaux de bord temps réel et des insights IA sur les postes d’émission prioritaires. Les bilans générés sont conformes aux référentiels Albert, CSRD et GHG Protocol. Découvrir GreenPro.
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