Le PPWR, ou règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages, redéfinit les règles applicables à tout emballage mis sur le marché de l’Union. Adopté sous la référence (UE) 2025/40, ce texte remplace l’ancienne directive 94/62/CE et devient d’application directe dans les vingt-sept États membres, sans transposition nationale [1]. Sa portée est large : réduction des quantités d’emballages, recyclabilité obligatoire, contenu recyclé minimum, quotas de réemploi et restrictions sur certaines substances [2]. Cet article détaille les obligations concrètes que le PPWR impose aux entreprises, le calendrier de mise en conformité et les conséquences pour le secteur audiovisuel et événementiel.
Contrairement à une directive, un règlement s’applique tel quel dans chaque pays. Les entreprises françaises n’ont donc pas à attendre une loi de transposition : les obligations du PPWR les concernent directement dès leur entrée en application [3].
PPWR : de quoi parle-t-on ?
Le règlement (UE) 2025/40 relatif aux emballages et déchets d’emballages, désigné par son acronyme anglais PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation), constitue le nouveau socle réglementaire européen en matière d’emballages [1]. Il abroge la directive 94/62/CE, en vigueur depuis près de trois décennies, jugée insuffisante face à la progression continue des déchets d’emballages en Europe.
L’objectif affiché est double : prévenir la production de déchets d’emballages à la source et harmoniser les règles au sein du marché intérieur pour éviter la fragmentation entre États membres [2]. Le texte s’articule autour de trois piliers : la réduction des quantités mises sur le marché, l’amélioration de la recyclabilité et l’essor du réemploi. Cette logique rejoint directement les principes de l’économie circulaire en entreprise, dont l’emballage constitue l’un des flux les plus visibles.
Le PPWR concerne l’ensemble du cycle de vie de l’emballage : sa conception, sa composition, son étiquetage, sa collecte et sa valorisation. Il introduit une approche par la conception, où chaque emballage doit être pensé dès l’origine pour être recyclable et, autant que possible, réutilisable [4]. Cette philosophie recoupe les logiques d’écoconception et de cradle to cradle déjà appliquées par les entreprises les plus avancées.
Les grandes obligations du règlement
Le PPWR impose une série d’obligations qui touchent aussi bien les fabricants d’emballages que les entreprises qui emballent leurs produits. La recyclabilité devient la règle : tout emballage doit être conçu pour être recyclé selon des critères de performance harmonisés, avec un système de notation par grades (A, B ou C). Un emballage dont le taux de recyclabilité tombe sous un seuil défini ne sera plus considéré comme recyclable et pourra être exclu du marché [2].
Le contenu recyclé devient également obligatoire pour les emballages plastiques, avec des pourcentages qui varient selon le type d’emballage [3]. Le règlement encadre par ailleurs le réemploi via des quotas par catégorie, notamment pour les boissons et les emballages de transport [5]. Enfin, il restreint certaines substances préoccupantes, en particulier les PFAS (composés perfluorés) dans les emballages au contact des denrées alimentaires au-delà des seuils fixés à l’article 5 [6].
Le tableau ci-dessous récapitule les principales familles d’obligations.
| Domaine | Ce que le PPWR impose | Portée |
|---|---|---|
| Recyclabilité | Conception recyclable notée par grades (A/B/C) ; exclusion des emballages sous le seuil de performance | Tous les emballages |
| Contenu recyclé | Taux minimum de matière recyclée dans les plastiques, variable selon le type | Emballages plastiques |
| Réduction | Baisse des déchets d’emballages par habitant par rapport au niveau de référence de 2018 [2] | États membres et metteurs sur le marché |
| Réemploi | Quotas par catégorie (boissons, transport, e-commerce) | Catégories ciblées |
| Minimisation | Limitation des vides et des sur-emballages non fonctionnels [6] | Tous les emballages |
| Substances | Restriction des PFAS au contact alimentaire au-delà des seuils | Emballages alimentaires |
| Étiquetage | Pictogrammes de tri harmonisés à l’échelle des vingt-sept États [6] | Tous les emballages |
| Formats interdits | Suppression de formats jugés superflus (miniatures hôtel, vaisselle jetable sur place, sur-emballages) | Annexe V du règlement |
Au-delà de ces exigences, chaque emballage devra s’accompagner d’une déclaration de conformité adossée à une documentation technique, sur le modèle d’autres réglementations produits européennes [2]. Cette traçabilité documentaire rapproche la gestion des emballages des exigences de reporting déjà connues des entreprises soumises à la réglementation CSRD.
La minimisation, un changement de logique
La minimisation des emballages marque une rupture. Le règlement impose de limiter le poids, le volume et les couches d’emballage au strict nécessaire, et interdit les emballages conçus pour paraître plus volumineux qu’ils ne le sont réellement [6]. Les entreprises doivent donc revoir leurs cahiers des charges d’emballage, en documentant la fonction de chaque composant. Les associations environnementales rappellent toutefois que le texte reste un socle minimal, que les politiques nationales de prévention peuvent renforcer [7].
Un calendrier d’application progressif
Le règlement (UE) 2025/40 est entré en vigueur puis devient pleinement applicable environ dix-huit mois plus tard, à la date charnière du 12 août fixée par le texte [1]. Cette première échéance déclenche l’entrée en application du socle réglementaire, ainsi que la restriction des PFAS au contact alimentaire et l’interdiction de certains formats listés à l’annexe V [6].
Les obligations les plus exigeantes s’échelonnent ensuite par jalons successifs : introduction du contenu recyclé obligatoire, montée en puissance des objectifs de recyclabilité, entrée en vigueur des quotas de réemploi et déploiement de l’étiquetage harmonisé [2]. À l’horizon de la fin de la décennie, tous les emballages devront être recyclables de manière économiquement viable, et les États membres devront avoir réduit leurs déchets d’emballages par habitant [3].
| Jalon | Principales obligations activées |
|---|---|
| Entrée en application | Socle du règlement, restriction des PFAS alimentaires, interdiction des formats de l’annexe V, exigences de minimisation |
| Jalon intermédiaire | Pictogrammes de tri harmonisés, premiers critères de conception pour recyclage |
| Fin de décennie | Recyclabilité économiquement viable généralisée, contenu recyclé minimum, premiers quotas de réemploi, réduction des déchets par habitant [2] |
| Horizon long terme | Relèvement des seuils de recyclabilité (grades A et B), renforcement des quotas de réemploi jusqu’à des niveaux élevés [5] |
Ce phasage laisse un temps d’adaptation, mais la première échéance concerne déjà des mesures contraignantes. Les entreprises ont donc intérêt à cartographier sans attendre leur portefeuille d’emballages et à identifier les formats à risque.
Entreprises concernées et sanctions
Le champ d’application du PPWR est très large. Sont concernées toutes les entreprises qui fabriquent, font fabriquer, importent ou distribuent des emballages ou des produits emballés sur le marché européen [8]. Aucune exemption générale n’est prévue pour les PME sur les obligations de la première échéance : la taille de l’entreprise ne dispense pas de la mise en conformité [8].
Les sanctions sont laissées à l’appréciation de chaque État membre, mais doivent rester proportionnées, dissuasives et effectives. En France, la non-conformité peut entraîner des amendes administratives, le retrait des produits du marché et l’interdiction de mise sur le marché [8]. Au-delà du risque juridique, la conformité au PPWR devient un critère commercial : les donneurs d’ordre intègrent progressivement ces exigences dans leurs appels d’offres et leurs indicateurs RSE.
Pour piloter cette transition, les entreprises structurent souvent une démarche transversale associant achats, production et direction RSE, plutôt que de confiner le sujet à une seule fonction. Un accompagnement de type management vert permet de cadrer cette trajectoire et de relier la conformité emballages aux autres obligations de reporting extra-financier.
Ce que le PPWR change pour les productions et les événements
Le secteur audiovisuel et événementiel n’est pas au premier rang des industries de l’emballage, mais il en est un gros consommateur indirect. Sur un tournage comme sur un festival, les emballages sont omniprésents : conditionnement du matériel technique et des décors, restauration des équipes, catering du public, contenants à usage unique en régie, films de palette pour le transport des équipements. Le PPWR agit sur l’ensemble de cette chaîne, souvent invisible dans les bilans mais bien réelle.
Sur les tournages et les productions
La restauration de plateau constitue le premier poste d’emballages jetables d’une production. L’interdiction progressive de la vaisselle à usage unique pour la consommation sur place et la limitation des sur-emballages poussent les productions à généraliser les contenants réemployables et les prestataires de catering engagés. Les décors et accessoires, souvent livrés dans des emballages de transport à usage unique, sont également concernés par les quotas de réemploi applicables aux emballages logistiques [5]. Ces évolutions s’inscrivent dans la continuité des référentiels d’éco-production audiovisuelle (Ecoprod, CNC), qui intègrent déjà la gestion des déchets comme un poste de progrès.
Sur les événements
Pour un festival ou un événement d’entreprise, les emballages liés à la restauration et au merchandising représentent un volume de déchets considérable, concentré sur quelques jours. La logique de minimisation et de réemploi du PPWR converge avec les pratiques déjà expérimentées par de nombreux organisateurs : gobelets consignés, vaisselle lavable, suppression des flacons individuels et des sachets superflus. Anticiper le règlement permet d’éviter des ruptures d’approvisionnement de dernière minute sur des formats appelés à disparaître, et de sécuriser les contrats de prestataires alimentaires.
Dans les deux contextes, la difficulté n’est pas tant réglementaire que documentaire : prouver la conformité suppose de collecter des données auprès de fournisseurs multiples et souvent ponctuels. C’est précisément là que se joue la charge de travail. GreenPro, l’outil de suivi environnemental de TheGreenshot, automatise la collecte de données auprès des fournisseurs et centralise les justificatifs, ce qui facilite le suivi des postes d’emballages et de déchets dans un bilan de production ou d’événement conforme aux cadres du secteur.
Conclusion
Le PPWR marque un tournant pour toutes les entreprises qui mettent des emballages sur le marché européen. En imposant la recyclabilité, le contenu recyclé, la minimisation et le réemploi, le règlement (UE) 2025/40 transforme l’emballage d’une variable d’ajustement en un enjeu de conformité à part entière. La première échéance active déjà des mesures contraignantes, tandis que les obligations les plus lourdes se déploient par jalons successifs. Pour les productions audiovisuelles et les organisateurs d’événements, gros consommateurs indirects d’emballages, l’anticipation est la meilleure stratégie : cartographier les usages, sécuriser les prestataires et documenter les flux. À mesure que les seuils de recyclabilité et les quotas de réemploi se relèveront, la maîtrise des données d’emballage deviendra un avantage concurrentiel autant qu’une obligation.
FAQ
Qu’est-ce que le PPWR ?
Quelles entreprises sont concernées par le PPWR ?
Quelles sont les principales obligations du PPWR ?
Quelles sanctions en cas de non-conformité au PPWR ?
Le PPWR concerne-t-il les tournages et les événements ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
La conformité au PPWR repose avant tout sur la capacité à collecter et à documenter des données d’emballage et de déchets auprès de fournisseurs nombreux et souvent ponctuels. Sur un tournage ou un événement, cette collecte manuelle devient vite ingérable. GreenPro, l’outil de suivi environnemental de TheGreenshot, automatise la remontée d’informations auprès des prestataires, centralise les justificatifs et transforme ces données éparses en indicateurs exploitables. Les équipes de production visualisent en temps réel les postes d’emballages et de déchets, rapprochent ces flux des exigences réglementaires et préparent des bilans conformes aux référentiels du secteur. Cette automatisation libère du temps pour l’action plutôt que pour la saisie, et sécurise la traçabilité que le règlement rend désormais indispensable.
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