- Mobilité douce : définition et enjeux pour les entreprises
- Les solutions de mobilité douce adaptées aux entreprises
- Le Forfait Mobilités Durables : mécanisme et avantages
- Loi LOM : les obligations des entreprises en matière de mobilité
- Comment mettre en place une politique de mobilité douce efficace
- Mobilité douce dans le secteur audiovisuel et événementiel
- Conclusion
- FAQ
Le transport représente 31 % des émissions françaises de gaz à effet de serre [1], et les déplacements domicile-travail constituent l’un des premiers postes d’émissions des entreprises tertiaires. Face à ce constat, la mobilité douce — c’est-à-dire l’ensemble des modes de déplacement à faible impact environnemental — s’impose comme un levier concret de réduction de l’empreinte carbone et d’optimisation des coûts pour les entreprises. Combinée à des dispositifs fiscaux avantageux et à des obligations réglementaires croissantes issues de la loi LOM, la mobilité douce n’est plus une option : elle devient une composante stratégique de la politique RSE et de la gestion des ressources humaines des organisations.
Mobilité douce : définition et enjeux pour les entreprises
La mobilité douce désigne l’ensemble des modes de déplacement qui présentent une empreinte carbone significativement inférieure à celle de la voiture thermique individuelle. Elle inclut les déplacements actifs — marche, vélo, vélo électrique — mais aussi les modes collectifs (transports en commun, covoiturage) et les engins de déplacement personnel motorisés à faibles émissions (trottinettes électriques, scooters électriques).
L’enjeu pour les entreprises est double. Sur le plan environnemental, les déplacements domicile-travail figurent dans le scope 3 du GHG Protocol, qui doit désormais être déclaré dans les rapports de durabilité exigés par la directive CSRD pour les entreprises concernées. Sur le plan social et économique, les politiques de mobilité douce contribuent à la qualité de vie au travail, réduisent les temps de trajet en zone urbaine, et permettent aux employeurs de bénéficier d’avantages fiscaux substantiels via le Forfait Mobilités Durables. L’outil GreenPro de TheGreenshot intègre les émissions liées aux déplacements des équipes dans le bilan carbone global d’une production ou d’un événement, permettant de mesurer l’impact concret des politiques de mobilité douce.
Selon les données de l’ADEME, les écarts d’émissions entre modes de transport sont considérables : la voiture thermique émet en moyenne 220 g de CO2 par kilomètre et par personne, contre 11 g pour le vélo électrique et entre 4 et 10 g pour les transports en commun [1]. Ces écarts illustrent le potentiel de réduction des émissions qu’offre un report modal même partiel vers les modes doux.
Les solutions de mobilité douce adaptées aux entreprises
Les solutions de mobilité douce se déclinent selon trois grandes catégories, adaptées à des géographies, des tailles d’entreprise et des cultures organisationnelles différentes.
Le vélo et le vélo à assistance électrique (VAE)
Le vélo reste le mode de mobilité douce le plus accessible et le plus plébiscité. Le vélo à assistance électrique (VAE) lève les freins liés à la distance ou au relief, permettant des trajets domicile-travail de 15 à 20 km dans des conditions confortables. En entreprise, le dispositif du vélo de fonction permet à l’employeur de mettre un VAE à disposition du collaborateur pour ses trajets domicile-travail et personnels, avec des avantages fiscaux et sociaux spécifiques [2]. Des abris vélo sécurisés et des locaux de douche et vestiaires facilitent l’adoption à grande échelle.
Le covoiturage et l’autopartage
Le covoiturage domicile-travail permet de diviser l’empreinte carbone des déplacements automobiles par le nombre de passagers. Des plateformes dédiées aux entreprises facilitent la mise en relation des salariés partageant des itinéraires similaires. L’autopartage de véhicules à faibles émissions — voitures électriques ou hybrides rechargeables partagées entre collaborateurs — est également éligible au Forfait Mobilités Durables et permet de réduire la taille du parc automobile d’une organisation [3].
Les engins de déplacement personnel et la micro-mobilité
Les trottinettes électriques s’installent comme solution complémentaire, notamment dans les grands campus, zones d’activités étendues ou environnements industriels pour raccourcir les déplacements inter-bâtiments. Elles sont éligibles au Forfait Mobilités Durables dans le cadre des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM). Leur déploiement en entreprise nécessite la mise en place d’espaces de stationnement et de recharge dédiés, ainsi qu’une politique d’utilisation encadrée [4].
Le Forfait Mobilités Durables : mécanisme et avantages
Le Forfait Mobilités Durables (FMD) est une aide financière versée par l’employeur à ses salariés pour leurs déplacements domicile-travail réalisés en mobilité douce. Son mécanisme repose sur une exonération de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu dans la limite des plafonds définis par la réglementation.
Le montant exonéré est plafonné à 600 € par an et par salarié dans le cas général, et à 900 € en cas de cumul du FMD avec la prise en charge d’un abonnement aux transports publics [5]. Ces plafonds s’appliquent quelle que soit la combinaison de modes doux utilisés : vélo, covoiturage, trottinette électrique, autopartage de véhicules électriques.
La mise en place du FMD n’est pas obligatoire pour l’employeur, mais la loi d’Orientation des Mobilités (LOM) impose à toutes les entreprises de plus de 50 salariés sur un même site d’aborder le sujet de la mobilité douce dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) [6]. Le FMD peut être instauré par accord d’entreprise, accord de branche ou décision unilatérale de l’employeur après consultation du CSE.
Pour l’entreprise, verser le FMD représente un investissement à fort retour sur image employeur, qui contribue à la fidélisation des collaborateurs et à la réduction de l’empreinte carbone scope 3 déclarée dans les bilans GES — un point de plus en plus scruté dans les appels d’offres et les démarches de labellisation RSE.
Loi LOM : les obligations des entreprises en matière de mobilité
La loi d’Orientation des Mobilités (LOM) du 24 décembre 2019 structure le cadre réglementaire des obligations des entreprises en matière de mobilité durable. Elle s’articule autour de trois axes : le plan de mobilité employeur, le verdissement des flottes et l’installation de bornes de recharge.
Le Plan de Mobilité Employeur (PDME)
Les entreprises regroupant plus de 50 salariés sur un même site sont tenues d’élaborer un Plan de Mobilité Employeur (PDME) lorsqu’aucun accord sur la mobilité n’est trouvé lors des NAO. Ce plan doit identifier les modes de transport utilisés par les collaborateurs, fixer des objectifs de réduction des émissions et proposer des mesures concrètes (FMD, abris vélos, covoiturage, télétravail) [7].
Verdissement des flottes et quotas d’électrification
La loi LOM fixe des objectifs progressifs d’intégration de véhicules à faibles émissions (VFE) dans les flottes d’entreprise : le quota est fixé à 20 % des nouvelles acquisitions à la date de référence actuelle, avec un objectif de 40 % à l’horizon prochain, puis 70 % à terme [8]. Le non-respect de ces quotas expose les entreprises à des pénalités croissantes par véhicule manquant.
Bornes de recharge électrique sur les parkings
La loi LOM impose également l’installation de bornes de recharge sur les parkings d’entreprise. Les bâtiments neufs doivent être pré-équipés pour les parkings de plus de 10 places. Pour les bâtiments existants avec des parkings de 20 places ou plus, une borne est requise pour les 20 premières places, avec une borne supplémentaire par tranche de 20 places additionnelles [9]. Cette infrastructure favorise à la fois la mobilité électrique des collaborateurs et l’adoption de véhicules de flotte à faibles émissions.
Comment mettre en place une politique de mobilité douce efficace
La mise en place d’une politique de mobilité douce efficace suit une démarche structurée en plusieurs étapes.
Diagnostiquer les pratiques actuelles
La première étape consiste à réaliser un diagnostic des déplacements des collaborateurs : modes de transport utilisés, distances domicile-travail, fréquence des déplacements professionnels, obstacles perçus à l’adoption des modes doux. Ce diagnostic peut s’appuyer sur un questionnaire anonyme ou des données issues des systèmes RH. Il constitue la base du Plan de Mobilité Employeur et permet d’identifier les leviers d’action prioritaires [10].
Déployer des solutions adaptées au contexte
Les solutions à déployer dépendent du profil de l’entreprise : localisation géographique, densité de transports en commun à proximité, composition démographique des équipes, culture d’entreprise. Dans les zones bien desservies en transports en commun, la prise en charge renforcée des abonnements combinée au FMD génère souvent les meilleurs résultats. Dans des zones moins bien connectées, le covoiturage organisé ou le vélo de fonction permettent de couvrir les cas d’usage non adressés par les transports collectifs.
Mesurer l’impact et communiquer
La mesure de l’impact de la politique de mobilité douce est essentielle, tant pour piloter les améliorations que pour valoriser les efforts dans les reporting RSE et CSRD. Les indicateurs clés incluent : part modale des modes doux dans les déplacements domicile-travail, émissions de CO2 évitées, taux d’adoption du FMD, nombre de trajets en covoiturage. Ces données peuvent être intégrées directement dans les outils de suivi carbone et de reporting environnemental pour construire une vision consolidée de la trajectoire de réduction des émissions de l’entreprise.
Mobilité douce dans le secteur audiovisuel et événementiel
Le secteur de l’audiovisuel et de l’événementiel présente des spécificités importantes en matière de mobilité douce, liées à la nature des déplacements — souvent longs, hétérogènes et non prévisibles — et à la diversité des profils de collaborateurs (intermittents, freelances, salariés permanents).
Productions audiovisuelles : une logistique de mobilité complexe
Sur un tournage, les déplacements des équipes constituent souvent le premier poste d’émissions de GES, devant l’énergie consommée sur le plateau. Les transports en commun et le covoiturage entre membres d’une même équipe représentent des leviers significatifs pour les trajets domicile-base de tournage, notamment en Île-de-France où les infrastructures de transport sont denses. Certaines productions développent des solutions de transport collectif mutualisé — navettes électriques depuis des points de ralliement identifiés — réduisant à la fois le nombre de véhicules thermiques et l’empreinte carbone du tournage.
L’intégration des émissions liées à la mobilité des équipes dans le bilan carbone de la production via GreenPro permet aux producteurs de disposer d’une vision complète de cet axe d’émissions et de démontrer leur conformité aux référentiels Albert et Ecoprod, dont la mobilité fait partie intégrante. Les équipes de management vert de TheGreenshot accompagnent les productions dans la conception et la mise en œuvre de plans de mobilité adaptés aux contraintes du tournage.
Événementiel : la mobilité des équipes et du public
Dans l’événementiel, la mobilité concerne deux populations distinctes : les équipes de production et de montage, et le public. Pour les équipes, les mêmes leviers qu’en audiovisuel s’appliquent — covoiturage, navettes collectives, FMD pour les prestataires en statut salarié. Pour le public, l’intégration des émissions de déplacement dans le bilan carbone d’un événement est une exigence croissante des donneurs d’ordre publics et des grandes entreprises qui externalisent leurs événements.
Des événements emblématiques — festivals, conférences internationales, salons professionnels — ont intégré des solutions de mobilité douce dans leur plan de communication : partenariats avec des opérateurs de vélos en libre-service, dépose-minute dédiés aux taxis et VTC électriques, communication sur les accès en transports en commun. Ces actions contribuent à réduire le poste de déplacements du bilan carbone de l’événement et à renforcer la crédibilité environnementale de la marque organisatrice.
Les déplacements des équipes représentent souvent le poste d’émissions le plus lourd dans un bilan carbone de production audiovisuelle ou d’événement. GreenPro, l’outil de TheGreenshot, collecte et structure automatiquement ces données à partir des informations de transport disponibles — feuilles de route, factures de prestataires, données kilométriques — et les intègre dans un bilan conforme aux référentiels Albert, Ecoprod et GHG Protocol. La visualisation par poste permet d’identifier les trajets à optimiser en priorité et de mesurer l’impact des actions de mobilité douce mises en place. Une approche concrète pour transformer les engagements de mobilité durable en données vérifiables dans les reporting RSE et les candidatures aux labels environnementaux.
Conclusion
La mobilité douce constitue l’un des leviers les plus accessibles et les plus rapides pour réduire l’empreinte carbone des entreprises, avec un impact immédiat sur les émissions de scope 3 et une double dimension fiscale et sociale. Le Forfait Mobilités Durables, la loi LOM, les objectifs d’électrification des flottes et les plans de mobilité employeur forment un cadre réglementaire et incitatif cohérent qui oriente progressivement toutes les organisations vers des pratiques de déplacement plus responsables.
Pour les acteurs du secteur audiovisuel et événementiel — dont la mobilité des équipes représente systématiquement un poste d’émissions prioritaire — la structuration d’une politique de mobilité douce n’est plus un sujet périphérique. Elle devient une condition d’accès à certains appels d’offres, une exigence des référentiels sectoriels et un signal fort adressé aux équipes et aux partenaires sur l’engagement environnemental de l’organisation. Les évolutions réglementaires à venir — renforcement des quotas de VFE, élargissement des obligations de PDME — dessinent une trajectoire sans ambiguïté vers une mobilité professionnelle décarbonée.
FAQ
Qu’est-ce que la mobilité douce en entreprise ?
Le Forfait Mobilités Durables est-il obligatoire pour les employeurs ?
Quels modes de transport sont éligibles au Forfait Mobilités Durables ?
Comment la mobilité douce s’intègre-t-elle dans le bilan carbone d’une entreprise ?
Quelles obligations la loi LOM impose-t-elle aux entreprises en matière de mobilité ?
Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.





