- Les fondements de la loi AGEC et son calendrier d’application
- Emballages et REP : les nouvelles responsabilités des producteurs
- Plastiques à usage unique : les restrictions en vigueur
- Tri des déchets et biodéchets : une réglementation renforcée
- Affichage environnemental et indice de durabilité
- Loi AGEC dans le secteur audiovisuel et événementiel
- Conclusion
- FAQ
Promulguée le 10 février 2020, la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire — dite loi AGEC — transforme en profondeur les obligations des entreprises françaises en matière de gestion des déchets, de plastiques et de traçabilité des produits [1]. Son calendrier progressif de mise en œuvre atteint désormais une phase décisive, avec des mesures actives qui concernent l’ensemble des secteurs d’activité — de la grande distribution à la restauration, en passant par les industries créatives et l’événementiel. Cet article présente les principales obligations désormais en vigueur, les évolutions récentes du texte, ainsi que les enjeux spécifiques au secteur audiovisuel et événementiel.
Les fondements de la loi AGEC et son calendrier d’application
La loi AGEC (n° 2020-105 du 10 février 2020) est l’un des textes les plus structurants de la politique environnementale française depuis la loi de Grenelle. Articulée autour de cinq axes — informer le consommateur, lutter contre l’obsolescence programmée, améliorer la gestion des déchets, agir contre le gaspillage alimentaire et prendre des mesures spécifiques aux plastiques — elle repose sur un calendrier progressif d’entrée en vigueur s’étendant jusqu’en 2040 [2].
Le texte comprend 130 articles et s’applique à une large diversité d’acteurs économiques : fabricants, distributeurs, importateurs, opérateurs de restauration, organisateurs d’événements et gestionnaires d’espaces de travail. La loi ne se limite pas aux grandes entreprises : les PME sont également concernées, notamment au titre de la gestion des déchets et du tri à la source. Son originalité tient à son approche par étapes, qui permet une adaptation progressive tout en maintenant une trajectoire ambitieuse. Les premières mesures — interdiction des pailles et des couverts plastique — sont entrées en vigueur dès 2021 ; depuis lors, chaque cycle réglementaire active de nouvelles obligations pour les entreprises [3].
La plateforme TheGreenshot accompagne les producteurs audiovisuels et organisateurs d’événements dans la mise en conformité avec l’ensemble de ces obligations, en intégrant les indicateurs AGEC dans les outils de suivi environnemental dédiés au secteur.
Emballages et REP : les nouvelles responsabilités des producteurs
L’un des changements les plus significatifs introduits par la loi AGEC concerne la Responsabilité Élargie du Producteur (REP). Ce mécanisme oblige les entreprises qui mettent un produit sur le marché à financer et organiser la gestion de la fin de vie de ce produit, via une contribution à un éco-organisme agréé ou la mise en place d’un système individuel certifié.
Désormais, 21 filières REP sont opérationnelles en France [4], couvrant des catégories aussi variées que les textiles d’habillement, les jouets, les articles de sport, les équipements électroniques et les emballages industriels et commerciaux (EIC). Ces derniers représentent environ 7 millions de tonnes par an sur le marché français [2]. Les entreprises qui utilisent ce type d’emballages pour conditionner leurs produits sont désormais tenues de s’y conformer, sous peine de sanctions.
Une évolution majeure concerne la modulation des éco-contributions en fonction des critères de conception des produits. Un système de bonus-malus progressif favorise les produits recyclables, réparables ou intégrant une part de matières recyclées, tandis qu’il pénalise les produits contenant des substances perturbatrices du recyclage. Ce bonus-malus s’applique à l’ensemble des filières REP actives [5]. Pour les entreprises, cela représente une incitation financière directe à repenser la conception de leurs emballages et à intégrer l’écoconception dès les premières phases de développement produit.
Plastiques à usage unique : les restrictions en vigueur
La loi AGEC accélère la sortie progressive des plastiques à usage unique selon un calendrier visant leur élimination totale du marché d’ici 2040. Plusieurs jalons récents concernent directement les entreprises dans leur fonctionnement quotidien.
Les produits miniatures en plastique à usage unique — typiquement les kits de courtoisie hôteliers et les objets promotionnels jetables — sont désormais interdits à la production et à la vente sur le territoire français [6]. L’ajout intentionnel de microplastiques dans les cosmétiques rincés — gels douche, shampoings, dentifrices, gommages — est également interdit, touchant directement les fabricants et les distributeurs du secteur [7].
Par ailleurs, la distribution gratuite de bouteilles en plastique dans les espaces de travail et lors d’événements professionnels est explicitement prohibée. Les entreprises doivent se tourner vers des solutions réutilisables ou des points d’eau raccordés au réseau. Dans les espaces de restauration collective, les contenants plastique à usage unique pour les boissons et les repas font l’objet de restrictions croissantes, auxquelles s’ajoutent des objectifs chiffrés de réemploi [8].
Le décret dit « 3R » (Réduire, Réutiliser, Recycler) impose une réduction de 20 % des emballages plastique à usage unique, avec au moins la moitié de cette réduction obtenue par le réemploi, la réutilisabilité ou la suppression d’emballages superflus [9]. Les manquements à ces interdictions exposent les contrevenants à des amendes pouvant atteindre 75 000 €, doublées en cas de récidive [3].
Tri des déchets et biodéchets : une réglementation renforcée
La loi AGEC consolide les obligations de tri à la source pour l’ensemble des entreprises productrices de déchets, tant pour les flux classiques que pour les biodéchets.
Le dispositif de tri en 8 flux
Le dispositif dit « 8 flux » impose aux entreprises de collecter séparément les principaux flux de déchets valorisables : papiers et cartons, métaux, plastiques, verre, biodéchets, textiles, bois et plâtre. Ce système concerne les professionnels au-delà d’un certain seuil de production annuelle, avec un renforcement progressif des contrôles. Le non-respect du tri est passible d’amendes de 35 000 € pour les personnes morales [10].
Le tri des biodéchets étendu à tous les producteurs
Le tri à la source des biodéchets est désormais obligatoire pour l’ensemble des producteurs, ménages et professionnels confondus. Les entreprises de restauration qui ne respectent pas cette obligation s’exposent à des sanctions pouvant atteindre 15 000 € [11]. Cette évolution constitue un enjeu opérationnel majeur pour les acteurs de la restauration collective, de l’hôtellerie et de l’événementiel, qui doivent mettre en place des circuits de collecte dédiés.
Affichage environnemental et indice de durabilité
La loi AGEC instaure un droit à l’information des consommateurs sur l’impact environnemental des produits, concrétisé par deux dispositifs complémentaires : l’affichage environnemental et les indices de réparabilité et de durabilité.
Depuis début 2025, l’indice de réparabilité — noté sur 10 — est progressivement remplacé par un indice de durabilité pour certaines catégories de produits. Ce nouvel indice intègre, en plus de la réparabilité, des critères de robustesse et de fiabilité. Les téléviseurs et les machines à laver sont les premières catégories concernées par ce changement, et d’autres catégories sont appelées à suivre [12].
L’affichage environnemental contraint les entreprises à communiquer l’impact de leurs produits selon une méthodologie harmonisée, incluant les émissions de gaz à effet de serre, la consommation de ressources naturelles et les pollutions générées sur l’ensemble du cycle de vie. Pour les entreprises, ce chantier implique un travail de collecte de données précis sur la chaîne d’approvisionnement — une exigence que les outils de suivi carbone et environnemental comme GreenPro sont conçus pour faciliter [1].
Loi AGEC dans le secteur audiovisuel et événementiel : enjeux spécifiques
Le secteur de l’audiovisuel et de l’événementiel est directement exposé aux obligations de la loi AGEC, à travers plusieurs leviers opérationnels qui touchent à la fois la gestion quotidienne des tournages et l’organisation des événements professionnels.
Productions audiovisuelles : des obligations opérationnelles concrètes
Sur un plateau de tournage, les sources de déchets sont multiples : emballages alimentaires pour la restauration des équipes, plastiques à usage unique dans les loges et espaces de travail, déchets de décors, de costumes et de matériaux de construction de plateau. Les producteurs audiovisuels sont soumis aux mêmes obligations que tout employeur : tri en 8 flux, interdiction des plastiques à usage unique dans la restauration collective, contribution aux filières REP pour les emballages utilisés et les équipements mis sur le marché.
La traçabilité des déchets produits sur tournage figure parmi les données à collecter dans le cadre d’un bilan environnemental de production conforme aux référentiels Albert ou Ecoprod. L’outil GreenPro de TheGreenshot intègre ces flux dans ses modules de collecte de données, permettant aux productions de documenter leur conformité AGEC en même temps qu’elles construisent leur bilan carbone.
Événementiel : une exposition amplifiée aux obligations AGEC
Les organisateurs d’événements — concerts, festivals, conférences, événements corporate — sont parmi les acteurs les plus exposés aux obligations de la loi AGEC. La densité de public et la concentration de consommables sur des temps courts génèrent des volumes de déchets importants, souvent difficiles à maîtriser sans organisation préalable. Depuis la généralisation des restrictions sur les contenants à usage unique, de nombreux organisateurs ont engagé des partenariats avec des prestataires de vaisselle réutilisable — une approche valorisée par les référentiels de gestion durable d’événements comme ISO 20121.
L’application concrète de la loi AGEC dans l’événementiel passe également par la sélection rigoureuse des prestataires. Un cahier des charges éco-responsable intégrant les exigences AGEC permet à un organisateur de s’assurer que ses fournisseurs — traiteurs, agences de décoration, prestataires techniques — respectent les nouvelles obligations relatives aux emballages et aux plastiques. Les équipes de management vert de TheGreenshot accompagnent les productions et événements dans la structuration de cette démarche, depuis l’audit des pratiques jusqu’à la mise en place d’indicateurs de suivi.
La loi AGEC impose aux productions et événements une collecte précise de données sur leurs déchets, emballages et équipements — une exigence qui s’ajoute aux obligations de reporting carbone déjà en vigueur. GreenPro, l’outil de suivi environnemental de TheGreenshot, centralise ces données depuis les postes de dépense directement liés à la production : restauration, logistique, fournisseurs et équipements. Les bilans générés sont prêts à l’emploi pour les audits internes et les reporting réglementaires. Disponible pour les productions cinéma, télévision et événementiel, GreenPro automatise la collecte via un scan OCR des factures et des tableaux de bord temps réel conformes aux référentiels Albert, Ecoprod et CSRD. Une équipe dédiée accompagne la prise en main et l’adaptation aux contraintes terrain spécifiques à chaque type de production.
Conclusion
La loi AGEC représente une transformation structurelle des obligations environnementales des entreprises françaises, avec un calendrier qui continue de s’activer à un rythme soutenu. Les mesures désormais en vigueur — REP emballages, restrictions sur les plastiques à usage unique, tri en 8 flux, biodéchets, affichage environnemental — concernent l’ensemble des secteurs d’activité, y compris les industries créatives et l’événementiel, souvent moins préparés que la grande distribution ou l’industrie manufacturière.
Pour les entreprises, la conformité à la loi AGEC ne se résume pas à éviter des sanctions : elle représente une opportunité de structurer des pratiques plus efficientes, de renforcer la confiance des partenaires et des clients, et d’anticiper des exigences réglementaires amenées à se renforcer. Les prochains jalons — généralisation du bonus-malus éco-conception dans toutes les filières REP, déploiement élargi de l’affichage environnemental, objectifs de réemploi renforcés — dessinent une trajectoire claire vers une économie circulaire intégrée dans toutes les activités économiques. Les acteurs de l’audiovisuel et de l’événementiel, soumis à une attention croissante de leurs donneurs d’ordre et de leurs partenaires institutionnels, ont tout intérêt à s’outiller dès maintenant pour documenter et améliorer leurs pratiques AGEC.
FAQ
Qu’est-ce que la loi AGEC et à qui s’applique-t-elle ?
Quelles sont les sanctions prévues par la loi AGEC pour les entreprises non conformes ?
La loi AGEC concerne-t-elle les producteurs audiovisuels et les organisateurs d’événements ?
Qu’est-ce que la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) dans le cadre de la loi AGEC ?
Comment une entreprise peut-elle se mettre en conformité avec la loi AGEC en matière de gestion des déchets ?
Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.





