Les énergies non renouvelables représentent encore près de 80 % de l’énergie primaire consommée dans le monde [1]. Pétrole, gaz naturel, charbon, uranium : ces ressources fossiles ou fissiles sont épuisables à l’échelle humaine et leur exploitation est à l’origine de 75 % des émissions mondiales de CO₂ [2]. Face à l’urgence climatique et à l’appauvrissement progressif des réserves, comprendre la nature de ces énergies, leurs impacts et les stratégies concrètes pour les réduire est devenu indispensable pour les entreprises, les collectivités et les citoyens. Cet article présente une vue d’ensemble des énergies non renouvelables, de leurs enjeux et des alternatives disponibles.
Qu’est-ce qu’une énergie non renouvelable ?
Une énergie est dite non renouvelable lorsque la ressource dont elle est tirée se forme sur des échelles de temps géologiques — plusieurs millions d’années — et s’épuise donc bien plus vite qu’elle ne se régénère. Par opposition, une énergie renouvelable (solaire, éolienne, hydraulique, géothermique, biomasse) se reconstitue à une vitesse compatible avec les usages humains.
Les énergies non renouvelables se divisent en deux grandes familles :
- Les combustibles fossiles : charbon, pétrole et gaz naturel, issus de la décomposition de matières organiques anciennes sous l’effet de la chaleur et de la pression terrestre.
- L’énergie nucléaire : produite par la fission de l’uranium ou du plutonium, dont les gisements sont eux aussi limités, bien que les émissions directes de CO₂ soient très faibles.
La distinction est fondamentale pour comprendre le mix énergétique d’un pays et son empreinte carbone selon le GHG Protocol. En France, la part des énergies fossiles dans la consommation d’énergie corrigée du climat est passée de 71,8 % à 56,9 % en trente ans, tandis que celle des énergies renouvelables a progressé de 7,8 % à 14,2 % [3].
Les principales énergies non renouvelables et leurs impacts
Le pétrole
Le pétrole reste la première source d’énergie primaire à l’échelle mondiale. Il alimente les transports (aviation, maritime, routier), la pétrochimie et de nombreuses industries. Sa combustion libère en moyenne 2,65 kg de CO₂ par litre [4]. Les formes les plus carbonées — schistes et sables bitumineux — émettent jusqu’à 20 % de gaz à effet de serre supplémentaires par rapport au pétrole conventionnel.
Le gaz naturel
Considéré comme le combustible fossile le moins polluant en termes d’émissions directes de CO₂ à la combustion, le gaz naturel est massivement utilisé pour le chauffage, la production d’électricité et l’industrie. Ses émissions restent toutefois significatives, et les fuites de méthane (CH₄) lors de l’extraction et du transport aggravent son impact climatique réel — le méthane étant 80 fois plus réchauffant que le CO₂ sur 20 ans [2].
Le charbon
Le charbon est le combustible fossile le plus émissif. Il reste très présent dans la production d’électricité dans de nombreux pays émergents. Sa combustion libère entre 900 g et 1 100 g de CO₂ par kWh produit, contre moins de 50 g pour l’électricité d’origine nucléaire ou renouvelable [5].
L’énergie nucléaire
L’uranium, combustible du parc nucléaire, est une ressource fissile non renouvelable. L’énergie nucléaire présente cependant la particularité d’émettre très peu de CO₂ à l’usage — environ 4 à 12 g de CO₂ par kWh sur l’ensemble du cycle de vie, ce qui en fait l’une des sources d’électricité les plus décarbonées disponibles à grande échelle [3]. Le débat porte davantage sur la gestion des déchets radioactifs et les risques d’accident que sur l’empreinte carbone directe.
Pourquoi la transition est-elle urgente ?
La combustion des énergies fossiles est la principale cause du changement climatique. Elle génère 75 % des émissions mondiales de CO₂ [2], qui s’accumulent dans l’atmosphère et amplifient l’effet de serre. Les conséquences observées — hausse des températures, événements climatiques extrêmes, montée des eaux, pression sur la biodiversité — accentuent la nécessité d’une décarbonation rapide.
La dépendance aux énergies non renouvelables crée également des vulnérabilités économiques : volatilité des prix des hydrocarbures, tensions géopolitiques sur les zones d’extraction, risques de pénuries à mesure que les réserves s’épuisent. La crise des prix du gaz survenue après l’invasion de l’Ukraine a illustré de manière concrète ces interdépendances [4].
Du côté réglementaire, la taxonomie européenne, la directive CSRD et la loi Climat & Résilience imposent aux entreprises de mesurer, déclarer et réduire leurs émissions directes liées à la combustion d’énergie (scope 1) ainsi que leurs émissions indirectes liées à l’achat d’énergie (scope 2). La pression réglementaire et financière se conjugue pour accélérer la transition.
Les alternatives aux énergies non renouvelables
La réponse à la dépendance aux énergies fossiles repose sur quatre piliers complémentaires.
1. L’efficacité énergétique
Réduire les besoins en énergie reste la priorité absolue de toute stratégie de transition. L’isolation des bâtiments, l’optimisation des process industriels, la sobriété dans les usages numériques et la rationalisation des déplacements permettent de diminuer la consommation sans sacrifier la production.
2. Les énergies renouvelables électriques
Le solaire et l’éolien connaissent une croissance spectaculaire : ils représentent désormais 18 % de la production mondiale d’électricité, contre 4 % il y a dix ans [1]. En France, plus de 7 GW de nouvelles capacités renouvelables ont été raccordés récemment, portant la part des ENR à 24 % de la production primaire d’énergie nationale [6].
3. Les gaz verts et la chaleur renouvelable
Le biométhane, l’hydrogène vert et la géothermie offrent des alternatives décarbonées pour les usages thermiques difficiles à électrifier. La France s’est fixé des objectifs ambitieux de développement du biométhane injecté dans les réseaux pour réduire progressivement la dépendance au gaz fossile [7].
4. La réduction des émissions résiduelles
Pour les émissions incompressibles, les entreprises peuvent recourir à des mécanismes de compensation carbone de haute qualité — crédits issus de projets forestiers, de capture de carbone — dans une démarche de neutralité carbone crédible. La priorité reste toutefois la réduction à la source.
Énergies non renouvelables dans le secteur audiovisuel et événementiel : spécificités et leviers d’action
Le secteur de la production audiovisuelle et de l’événementiel est un consommateur significatif d’énergies non renouvelables, souvent sous-estimé. Un long-métrage ou une grande production télévisée mobilise des équipes importantes sur des durées longues, avec des besoins en électricité (éclairage, caméras, post-production), en carburants (groupes électrogènes, déplacements véhicules, transports aériens) et en chauffage ou climatisation des plateaux.
Audiovisuel (Film & TV)
En tournage, l’alimentation électrique des plateaux est historiquement assurée par des groupes électrogènes au diesel — un carburant fossile émissif et polluant. Le remplacement progressif de ces groupes par des solutions hybrides (batteries + renouvelables) ou par un raccordement au réseau électrique national — majoritairement bas-carbone en France — constitue l’un des leviers les plus impactants pour réduire l’empreinte fossile d’une production.
La chaîne de valeur audiovisuelle intègre également de nombreux achats de services (décors, costumes, post-production, locations) dont la consommation énergétique se retrouve dans les émissions de scope 3 de la production. Des référentiels sectoriels comme Albert et Ecoprod permettent de cartographier ces postes et d’identifier les priorités de réduction.
Événements (Live Events)
Les festivals, concerts et événements corporate font face aux mêmes enjeux. L’alimentation électrique des scènes, des espaces exposants et des coulisses repose souvent sur des groupes électrogènes thermiques. L’éclairage LED, le raccordement réseau lorsque possible et l’approvisionnement en électricité d’origine renouvelable certifiée (garanties d’origine) figurent parmi les solutions les plus accessibles. Les émissions liées à la mobilité — déplacements des équipes techniques et du public — représentent fréquemment le premier ou deuxième poste d’émissions d’un événement.
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Conclusion
Les énergies non renouvelables — fossiles et nucléaires — structurent encore l’essentiel du système énergétique mondial, mais leur part recule progressivement sous l’effet conjugué des réglementations, de la compétitivité croissante des renouvelables et de la pression des marchés financiers. La combustion des fossiles demeure la première cause des émissions de gaz à effet de serre, ce qui place la transition énergétique au cœur de toute stratégie climatique sérieuse.
Pour les entreprises, notamment dans des secteurs énergivores comme l’audiovisuel et l’événementiel, mesurer précisément la part des énergies non renouvelables dans ses émissions (scopes 1, 2 et 3) est la première étape indispensable. Cette mesure, rendue obligatoire par la CSRD pour les grandes entreprises, conditionne la définition de trajectoires de réduction crédibles. La réduction de la dépendance aux énergies fossiles n’est plus seulement un impératif environnemental : c’est une exigence de compétitivité et de résilience à long terme.
FAQ
Quelle est la différence entre une énergie renouvelable et une énergie non renouvelable ?
Pourquoi les énergies fossiles sont-elles si difficiles à remplacer ?
Le nucléaire est-il une énergie non renouvelable ?
Comment une entreprise peut-elle réduire sa dépendance aux énergies non renouvelables ?
Quelle est la part des énergies non renouvelables dans la consommation mondiale d’énergie ?
La mesure de l’empreinte liée aux énergies non renouvelables constitue le premier maillon d’une stratégie carbone solide. Pour les productions audiovisuelles et les événements, cela suppose de collecter les données de consommation électrique, de carburant et d’énergie thermique sur l’ensemble du cycle de production — un exercice souvent fastidieux manuellement. GreenPro, la plateforme carbone de TheGreenshot, automatise cette collecte grâce à un scanner OCR de factures, des connecteurs data et des tableaux de bord en temps réel. Les bilans générés sont conformes au GHG Protocol, au référentiel Albert et à la CSRD — sans saisie manuelle. Les équipes peuvent ainsi se concentrer sur l’action plutôt que sur l’administration des données.
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