SECR : le reporting carbone britannique expliqué

Le SECR oblige les grandes entreprises et les sociétés cotées du Royaume-Uni à publier chaque année leur consommation d'énergie et leurs émissions.
SECR : le reporting carbone britannique expliqué

Le SECR (Streamlined Energy and Carbon Reporting) est le dispositif qui oblige les grandes entreprises et l’ensemble des sociétés cotées du Royaume-Uni à publier chaque année leur consommation d’énergie et leurs émissions de gaz à effet de serre dans leur rapport de gestion [1]. Entré en vigueur pour remplacer le dispositif CRC, ce cadre vise à rendre le reporting carbone plus lisible et à l’intégrer directement aux comptes annuels. Cet article présente ce que recouvre le SECR, les seuils qui déclenchent l’obligation, les données exactes à publier et la manière dont ce reporting britannique s’articule avec les autres régimes énergétiques et de durabilité. Il détaille aussi ce que le dispositif implique concrètement pour les sociétés de production audiovisuelle et les organisateurs d’événements ayant des activités au Royaume-Uni.

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Qu’est-ce que le SECR et à quoi sert ce reporting carbone

Le SECR est un cadre réglementaire britannique qui impose la divulgation annuelle de la consommation d’énergie, des émissions de gaz à effet de serre et des actions d’efficacité énergétique au sein des rapports financiers officiels [2]. Il a été conçu pour élargir considérablement le nombre d’organisations soumises à une obligation de transparence carbone, là où les dispositifs antérieurs ne touchaient qu’un périmètre restreint de grands consommateurs.

L’objectif affiché est double. D’une part, inciter les dirigeants à suivre leur consommation énergétique et donc à identifier des gisements d’économies. D’autre part, offrir aux investisseurs, aux clients et aux parties prenantes une information comparable d’une année sur l’autre. Contrairement à un rapport RSE volontaire, le reporting SECR est intégré au rapport de gestion signé par les administrateurs, ce qui l’ancre dans la gouvernance de l’entreprise plutôt que dans la seule communication. Pour structurer cette collecte de données énergétiques, de nombreuses organisations s’appuient sur des outils dédiés de suivi et de mesure de l’empreinte carbone plutôt que sur des tableurs manuels.

Quelles entreprises sont concernées par le SECR

Le périmètre du SECR couvre trois catégories d’organisations : les sociétés cotées quelle que soit leur taille, les grandes sociétés non cotées et les grands partenariats à responsabilité limitée (LLP) [3]. Pour les deux dernières catégories, l’obligation se déclenche dès qu’au moins deux des trois seuils suivants sont franchis, sur l’exercice courant et sur l’exercice précédent.

Critère Seuil déclencheur
Chiffre d’affaires 36 millions de livres ou plus
Total de bilan 18 millions de livres ou plus
Effectif 250 salariés ou plus

Les sociétés cotées, elles, sont soumises au SECR sans condition de taille [3]. Un point technique mérite l’attention des groupes internationaux : un relèvement récent des seuils comptables du Companies Act n’a pas modifié les seuils propres au SECR, créant une situation où une entité peut être considérée comme moyenne pour ses comptes tout en restant assujettie au reporting carbone [3]. Les sociétés dont la consommation énergétique britannique reste inférieure ou égale à 40 000 kWh sur l’exercice peuvent revendiquer une exemption dite de faible consommation, à condition de le déclarer explicitement dans leur rapport : le silence ne vaut pas exemption.

Les groupes audiovisuels et de communication disposant de filiales ou d’activités au Royaume-Uni doivent donc vérifier, entité par entité, si leurs structures britanniques franchissent ces seuils. Un accompagnement en conseil et stratégie environnementale permet de cadrer ce périmètre avant la clôture.

Que faut-il publier dans un rapport SECR

Le contenu exact d’un rapport SECR dépend du statut de l’organisation. Les sociétés cotées rapportent à l’échelle mondiale, tandis que les grandes sociétés non cotées et les LLP se concentrent sur leur périmètre britannique [3]. Dans tous les cas, plusieurs éléments sont obligatoires.

La consommation d’énergie doit être exprimée en kWh et couvrir l’électricité, le gaz et les carburants de transport. Les émissions de scope 1 (émissions directes des sources détenues ou contrôlées) et de scope 2 (émissions indirectes liées à l’électricité achetée) sont requises [4]. Le dispositif impose aussi le carburant consommé à des fins de transport, ce qui inclut les véhicules personnels et de location utilisés pour les déplacements professionnels lorsque l’organisation rembourse ces frais : techniquement rattaché au scope 3 selon le GHG Protocol, cet élément est néanmoins exigé par le règlement [3]. Les autres postes du scope 3, comme la chaîne d’approvisionnement, restent volontaires mais de plus en plus attendus.

Trois éléments complètent le tableau. Le rapport doit contenir au moins un ratio d’intensité, qui rapporte les émissions à un facteur d’activité pertinent : tonnes de CO2e par million de chiffre d’affaires, par salarié en équivalent temps plein, par mètre carré ou par unité produite [4]. La cohérence de ce ratio dans le temps est essentielle. Vient ensuite un récit d’efficacité énergétique décrivant les principales mesures prises durant l’exercice : si aucune mesure n’a été prise, le rapport doit le mentionner, l’omission rendant la publication incomplète. Enfin, une déclaration de méthodologie précise le standard de calcul retenu, généralement le GHG Protocol Corporate Standard ou la norme ISO 14064-1 [3]. Les facteurs de conversion officiels, mis à jour chaque année par le gouvernement britannique, servent de référence pour la conversion des consommations en émissions [1].

La collecte de ces données suppose de consolider des factures d’énergie, des relevés de flotte et des justificatifs de déplacements. Une plateforme de reporting carbone automatisé réduit sensiblement le risque d’erreur par rapport à une consolidation manuelle.

SECR, ESOS et l’évolution du reporting britannique

Le SECR n’est pas le seul dispositif énergétique au Royaume-Uni. Il coexiste avec l’ESOS (Energy Savings Opportunity Scheme), un audit énergétique obligatoire pour les grandes entreprises réalisé tous les quatre ans [5]. Là où l’ESOS est un audit périodique produisant des recommandations, le SECR est une publication annuelle intégrée aux comptes. Les deux se complètent plus qu’ils ne se recoupent.

Dimension SECR ESOS
Nature Publication annuelle Audit énergétique périodique
Fréquence Chaque exercice Tous les quatre ans
Support Rapport de gestion Rapport d’audit remis au régulateur
Objet Énergie, émissions, intensité Opportunités d’économies d’énergie
Portée Cotées et grandes entreprises Grandes entreprises

Le SECR ne dispose pas de régulateur dédié ni de régime de sanctions civiles spécifique [3]. La responsabilité passe par le Companies Act : les administrateurs signent le rapport de gestion, les auditeurs en vérifient la cohérence avec les comptes, et l’autorité de supervision du reporting peut engager un dialogue en cas de manquement. Une revue officielle du dispositif a toutefois recommandé son maintien assorti d’améliorations, notamment un modèle de divulgation standardisé et un alignement progressif avec les référentiels internationaux comme l’ISSB, la CSRD et les recommandations TCFD [3]. Les nouvelles normes britanniques de durabilité (UK SRS), en cours de déploiement pour un usage volontaire, préfigurent une convergence où le socle de données du SECR servira de base à des exigences plus larges, incluant le scope 3 et l’analyse de scénarios climatiques [3]. Pour les entreprises françaises déjà familières de la CSRD, cette trajectoire britannique présente de fortes similitudes de fond.

Le SECR dans le secteur audiovisuel et événementiel

Le secteur de la production audiovisuelle et de l’événementiel est directement concerné par le SECR dès qu’une entité britannique franchit les seuils ou qu’un groupe coté opère au Royaume-Uni. Les maisons de production, les studios, les diffuseurs et les agences événementielles présentent un profil énergétique atypique qui complique la collecte des données exigées par le dispositif.

Tournages et productions audiovisuelles

Une production cumule des consommations dispersées : électricité des studios et des plateaux, groupes électrogènes sur les lieux de tournage, carburant des véhicules techniques et des déplacements d’équipes, consommation des sites de post-production. Le carburant de transport, poste explicitement visé par le SECR, pèse particulièrement lourd pour une activité où les équipes se déplacent en permanence et où les frais kilométriques sont souvent remboursés [3]. Le choix du ratio d’intensité est ici stratégique : rapporter les émissions au nombre de jours de tournage ou au budget de production offre une lecture plus parlante que le chiffre d’affaires seul. Les référentiels sectoriels britanniques comme Albert, et leurs équivalents continentaux comme Ecoprod, fournissent des cadres méthodologiques cohérents avec les attentes du SECR. La coordination des équipes et la centralisation des données logistiques, que des outils comme la planification de production facilitent, conditionnent largement la qualité des données énergétiques collectées.

Événements et productions live

Pour les organisateurs d’événements, festivals, concerts et manifestations corporate, les enjeux se concentrent sur l’alimentation électrique temporaire des sites, la mobilité des équipes et du public, le recours à des prestataires locaux et la gestion des nuitées. Un événement ponctuel mais énergivore peut peser lourd dans le bilan annuel d’une structure assujettie. La traçabilité des consommations par site et par prestataire devient alors déterminante pour produire un ratio d’intensité fiable et un récit d’efficacité crédible. Là encore, une donnée collectée au fil de l’eau, plutôt que reconstituée en fin d’exercice, fait toute la différence.

GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de données pour les productions et événements : bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro.

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Conclusion

Le SECR a fait du reporting carbone une obligation annuelle intégrée aux comptes pour les sociétés cotées et les grandes entreprises britanniques, loin d’une simple démarche volontaire. Comprendre ses seuils, son périmètre et les six éléments exigés (énergie en kWh, scopes 1 et 2, carburant de transport, ratio d’intensité, récit d’efficacité et méthodologie) permet d’éviter une publication incomplète et de préparer la convergence annoncée avec les référentiels internationaux. Pour les acteurs de l’audiovisuel et de l’événementiel ayant une empreinte britannique, l’enjeu dépasse la conformité : une donnée énergétique fiable, collectée à la source, devient un levier de pilotage et un atout face à des investisseurs et des diffuseurs de plus en plus attentifs à la trajectoire climatique de leurs partenaires.

FAQ

Le SECR s’applique-t-il aux entreprises françaises ?

Le SECR concerne les sociétés cotées et les grandes entreprises relevant du droit britannique. Une entreprise française n’y est pas soumise directement, mais ses filiales ou entités constituées au Royaume-Uni peuvent l’être si elles franchissent les seuils applicables. Les groupes internationaux du secteur audiovisuel doivent donc vérifier le statut de chacune de leurs structures britanniques.

Quelle est la différence entre le SECR et l’ESOS ?

Le SECR est une publication annuelle de la consommation d’énergie et des émissions intégrée au rapport de gestion. L’ESOS est un audit énergétique obligatoire réalisé tous les quatre ans, qui produit des recommandations d’économies remises au régulateur. Le premier relève de la transparence comptable, le second de l’audit opérationnel. Les deux dispositifs sont complémentaires.

Quels scopes d’émissions faut-il reporter dans le SECR ?

Le SECR impose les émissions de scope 1 et de scope 2. Il exige aussi le carburant consommé pour le transport, y compris les véhicules personnels et de location remboursés, un poste techniquement rattaché au scope 3. Les autres catégories de scope 3, comme la chaîne d’approvisionnement, restent volontaires mais sont de plus en plus attendues par les parties prenantes.

Existe-t-il une exemption au reporting SECR ?

Oui. Les organisations dont la consommation énergétique reste inférieure ou égale à 40 000 kWh sur l’exercice peuvent revendiquer une exemption de faible consommation. Cette exemption fonctionne sur le mode du comply-or-explain : elle n’est valable que si le rapport la mentionne explicitement. Un simple silence ne suffit pas et rend la publication non conforme.

Que risque une entreprise qui ne respecte pas le SECR ?

Le SECR ne dispose pas de régulateur dédié ni de sanctions civiles spécifiques. La responsabilité passe par le Companies Act : les administrateurs signent un rapport de gestion qui serait défectueux, et les auditeurs en vérifient la cohérence. Un manquement expose donc l’entreprise à un risque de réputation et de gouvernance, ainsi qu’à un dialogue avec l’autorité de supervision du reporting.

Aller plus loin avec TheGreenshot

Le reporting SECR repose avant tout sur la qualité des données énergétiques collectées tout au long de l’exercice. GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise cette collecte en connectant factures, données comptables et relevés de consommation pour produire des bilans conformes au GHG Protocol, à la CSRD et aux référentiels sectoriels comme Albert. La plateforme s’appuie sur la reconnaissance automatique des factures, des tableaux de bord en temps réel et des analyses assistées par intelligence artificielle pour transformer des données dispersées en reporting carbone fiable. Pour une société de production ou une agence événementielle soumise au SECR au Royaume-Uni, cette automatisation réduit la charge administrative et sécurise un ratio d’intensité cohérent d’une année sur l’autre. Les équipes de TheGreenshot accompagnent la mise en place de ce suivi, de la définition du périmètre jusqu’à la restitution dans le rapport de gestion.

Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.

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