Comment bénéficier de la Prime RSE+ pour vos tournages ?

Découvrez comment bénéficier de la Prime RSE+ de 28 000 € pour vos productions, en respectant les critères du référentiel AFNOR SPEC 2308 et en adoptant des pratiques durables.
Productrice CNC

L’industrie cinématographique et audiovisuelle française traverse une mutation structurelle sans précédent, impulsée par la nécessité impérieuse de relever les défis climatiques et environnementaux contemporains. Au cœur de cette transformation se trouve le « Plan Action! » du Centre National du Cinéma et de l’image animée (CNC), une stratégie globale initiée en juin 2021 visant à décarboner la filière. La Prime RSE+, annoncée officiellement en mai 2025, constitue le volet incitatif majeur de cette politique, offrant un soutien financier de 28 000 € aux productions s’engageant dans une démarche de responsabilité sociétale et environnementale (RSE) exemplaire. Ce dispositif, qui entre en vigueur le 1er septembre 2025, ne se limite pas à une simple subvention ; il s’appuie sur un référentiel technique rigoureux, l’AFNOR SPEC 2308, qui définit les standards d’une production durable pour les années à venir.

L’analyse de ce dispositif révèle une volonté de l’État français de transformer les pratiques de tournage en conditionnant le soutien public à des critères de performance extra-financière. Pour les entreprises de production, la compréhension des mécanismes de cette prime est devenue un enjeu de compétitivité et de conformité réglementaire, notamment dans la perspective de la directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive). Ce rapport détaille les conditions d’éligibilité, les exigences techniques du référentiel AFNOR, les outils de mesure du carbone, ainsi que le parcours administratif complexe permettant de bénéficier de ce nouveau levier de financement.

Cadre stratégique : Le Plan Action! et l’émergence de la RSE+

Le secteur de l’image animée, bien que perçu comme immatériel, génère une empreinte carbone significative. Un épisode de série tourné à Paris émet en moyenne 35 tonnes d’équivalent carbone, tandis qu’un long-métrage peut produire jusqu’à 15 tonnes de déchets de décor et de mobilier. Face à ce constat, le CNC a élaboré une politique publique de transition écologique et énergétique structurée autour de trois axes : la mesure, la formation et l’incitation.

La Prime RSE+ est l’aboutissement de cette réflexion. Elle fait suite à une demande explicite de la ministre de la Culture, Rachida Dati, visant à récompenser les professionnels qui dépassent les obligations minimales en adoptant des méthodes de production durables. Ce dispositif s’inscrit dans une trajectoire visant à réduire de 30 % les émissions d’énergie du secteur d’ici 2030, conformément aux accords de Paris. Contrairement à l’éco-conditionnalité des aides, qui est une obligation déclarative de bilan carbone sans exigence de résultat, la Prime RSE+ est une aide sélective fondée sur l’atteinte effective de niveaux de performance validés par un organisme tiers indépendant.

Caractéristique Éco-conditionnalité des aides Prime RSE+
Statut Obligatoire pour tous les bénéficiaires Volontaire / Incitative
Objectif Mesurer et sensibiliser (bilan carbone) Récompenser la performance globale (RSE)
Condition de versement Remise de la double empreinte carbone Certification du Niveau 2 AFNOR SPEC 2308
Impact financier Pas d’aide supplémentaire directe Prime forfaitaire de 28 000 €
Date d’effet 1er janvier 2024 (Cinéma/TV) / 1er mars 2025 (Animation/JV) 1er septembre 2025

Origine et mécanisme forfaitaire de la prime

La Prime RSE+ est conçue comme une aide automatique forfaitaire d’un montant unique de 28 000 €. Cette somme est destinée à couvrir une partie des surcoûts liés à la mise en œuvre de pratiques éco-responsables, tels que le recrutement d’un éco-référent, le surcoût des énergies renouvelables ou la gestion avancée des déchets. Un avantage significatif de ce dispositif est la prise en charge par le CNC du coût de la certification, évitant ainsi aux sociétés de production, souvent des PME, de supporter les frais d’audit externe.

Le montant de la prime est stable pour toutes les œuvres éligibles, mais il convient de souligner qu’il peut être revu à la baisse uniquement si le taux d’intensité des aides publiques le nécessite. En droit français et européen, les aides publiques sont plafonnées par rapport au budget total de l’œuvre. L’intégration de la Prime RSE+ dans le plan de financement doit donc être anticipée dès l’agrément des investissements afin d’éviter un dépassement des seuils autorisés.

Éligibilité : Qui peut bénéficier du soutien RSE+?

Le champ d’application de la Prime RSE+ est actuellement restreint aux segments les plus émetteurs de la production de prises de vue réelle. Le CNC a choisi de concentrer ce premier cycle de 3 ans sur la fiction, où les leviers d’action en matière de transport, de décors et d’énergie sont les plus identifiables.

Les Œuvres Concernées

Pour être éligible, une œuvre doit remplir plusieurs conditions cumulatives liées à son genre, sa durée et sa structure de financement :

  1. Genre et technique : Seules les œuvres de fiction en prise de vue réelle sont admises. Les documentaires, les courts-métrages, les films d’animation et les œuvres nativement numériques (y compris le jeu vidéo) sont exclus de la Prime RSE+ à ce stade, bien qu’ils demeurent soumis à l’obligation de bilan carbone.
  2. Format et durée : La prime s’adresse aux formats longs :
    • Les longs métrages de cinéma de 60 minutes et plus.
    • Les unitaires de télévision de 60 minutes et plus.
    • Les séries dont la saison cumulée atteint au moins 60 minutes.
  3. Initiative Française : L’aide est réservée aux œuvres d’initiative française, ce qui inclut les productions exclusivement françaises ou les coproductions internationales où la société de production française est majoritaire.
  4. Temporalité des prises de vue : La mesure s’applique aux œuvres dont le tournage débute à partir du 1er septembre 2025. Une œuvre dont les prises de vue auraient commencé avant cette date ne peut prétendre à la prime, même si elle se poursuit après l’entrée en vigueur.

Dans le cas des séries quotidiennes, la prime est versée pour une saison entière, et non pour chaque lot d’épisodes. De même, pour une collection d’unitaires, une seule prime pourra être obtenue par collection et par an, la société de production devant choisir l’unitaire qui portera la demande.

Le référentiel AFNOR SPEC 2308 : la norme de référence

L’obtention de la Prime RSE+ est conditionnée à l’atteinte du « Niveau 2 » du référentiel national AFNOR SPEC 2308, intitulé « Production cinématographique, audiovisuelle et publicitaire responsable ». Ce document de 81 pages, publié en mai 2024, constitue le premier standard national de production responsable en Europe. Il propose une méthodologie structurée pour évaluer l’impact environnemental et social d’un projet de création.

Structure par niveaux d’engagement

Le référentiel repose sur une logique de progression continue, divisée en trois niveaux :

  • Niveau 1 : premiers pas vers la transition (14 actions). Ce niveau valide l’engagement initial de la production, la mise en place des processus de mesure et la désignation des responsables.
  • Niveau 2 : agir efficacement (12 actions supplémentaires). C’est le niveau requis pour la Prime RSE+. Il exige la mise en œuvre de 26 actions cumulatives (Niveau 1 + Niveau 2) démontrant des résultats tangibles et l’implication de l’ensemble de la chaîne de production.
  • Niveau 3 : Démarche globale de la société. Ce niveau concerne les structures de production qui appliquent ces principes à l’ensemble de leur catalogue de manière pérenne. Il n’est pas nécessaire pour obtenir la prime par projet.

Il n’existe aucune hiérarchie entre les actions des niveaux 1 et 2 ; toutes sont obligatoires pour obtenir la certification Prime RSE+.

Analyse des sept chapitres du référentiel AFNOR

Le référentiel AFNOR SPEC 2308 organise les 26 critères obligatoires autour de sept chapitres thématiques couvrant tous les aspects d’un tournage, de la gestion du bureau de production à la post-production.

1. Gouvernance RSE : Le pilotage de la démarche

Le premier chapitre pose les fondements administratifs et stratégiques de la production responsable. La gouvernance ne doit pas être une intention vague, mais une structure opérationnelle documentée.

  • Note d’intention RSE (Critère 1.1.1) : la production doit rédiger une note détaillant ses objectifs environnementaux et sociaux pour le projet. Cette note doit être diffusée à l’ensemble des équipes techniques et artistiques.
  • Stratégie RSE (Critère 1.1.2) : élaboration d’une feuille de route opérationnelle précisant les moyens alloués à l’atteinte des objectifs.
  • Double bilan carbone (Critère 1.1.3) : réalisation d’une empreinte carbone prévisionnelle au début du projet et d’une empreinte carbone définitive à la fin du projet. Ces bilans doivent s’appuyer sur des mesures physiques (litres, kWh) plutôt que sur des ratios financiers (Critère 1.2.2).
  • Désignation d’une personne-ressource (Critère 1.2.1) : il est impératif d’identifier une personne responsable de la RSE. Ce rôle peut être assumé par un chef de poste (régisseur général, administrateur de production) ou par une personne dédiée, mais ses tâches doivent être formellement inscrites dans son contrat de travail ou sa fiche de poste.

2. Énergie et Mobilité : réduire l’empreinte carbone

Les transports représentent souvent le premier poste d’émission d’un tournage. Le chapitre 2 impose des mesures de sobriété logistique.

  • Hébergement de proximité : favoriser l’hébergement des équipes à moins de 10 km des lieux de tournage afin de limiter les navettes quotidiennes.
  • Mobilité douce et électrique : privilégier les véhicules hybrides ou électriques pour les besoins de la production. Seuls les véhicules loués par la production entrent dans le périmètre de calcul ; les véhicules personnels des techniciens sont exclus de l’évaluation.
  • Gestion de l’énergie sur les décors : priorité au raccordement au réseau public d’électricité plutôt qu’à l’utilisation de groupes électrogènes. En cas de tournage en studio ou en décor naturel pérenne, les relevés de consommation réelle ou les estimations proratisées du propriétaire sont indispensables.

3. Achats responsables, alimentation et gestion des déchets

Ce chapitre encourage l’économie circulaire et la réduction des déchets, en transformant les habitudes de la régie et du département décoration.

  • Éco-conception et réemploi des décors : le référentiel valorise la location, l’achat d’occasion ou le réemploi de matériaux. Des structures comme « La Ressourcerie Culturelle » peuvent aider à passer au niveau 2 en fournissant des matériaux de proximité et en assurant la valorisation des décors en fin de vie.
  • Alimentation durable : mise en œuvre de menus saisonniers, locaux et bio. Réduction drastique du plastique à usage unique sur les tables de régie et lutte contre le gaspillage alimentaire via des partenariats avec des associations locales.
  • Tri sélectif : organisation systématique du tri des déchets sur les lieux de tournage et de préparation.

4. Sobriété numérique

Souvent négligée, la pollution numérique est intégrée au référentiel AFNOR SPEC 2308 via le chapitre 4.

  • Cartographie des Impacts Numériques : identifier les flux de données critiques du projet, de la capture d’image à l’archivage.
  • Optimisation des workflows : choix de formats de fichiers adaptés aux besoins réels pour éviter le stockage inutile de téraoctets de données. Utilisation raisonnée des solutions de transfert de fichiers en ligne.

5. Biodiversité et bien-être animal

Ce volet assure que les tournages ne nuisent pas aux écosystèmes locaux, notamment lors de l’utilisation de décors naturels fragiles.

  • Protection des milieux naturels : évaluation préalable des risques environnementaux sur le lieu de tournage et mise en place de mesures de protection (délimitation des zones de passage, gestion des effluents).
  • Éthique animale : respect strict des protocoles de bien-être pour les animaux utilisés lors du tournage.

6. Inclusion, parité et qualité de vie au travail

La RSE ne se limite pas à l’écologie ; elle englobe aussi les droits humains et l’égalité professionnelle.

  • Parité de l’Équipe Encadrante : suivi et analyse de la répartition femmes-hommes parmi les chefs de poste. Le calcul de la parité repose sur l’équipe encadrante, dont la composition varie selon le genre de l’œuvre (cinéma vs audiovisuel).
  • Prévention des VHSS : mise en œuvre obligatoire de mesures de prévention contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels. Cela inclut la nomination d’un référent et l’affichage des protocoles de signalement.

7. Formation et sensibilisation

Ce chapitre est l’un des plus exigeants pour l’obtention du Niveau 2. Il vise à instaurer une culture de la transition au sein de toute l’équipe.

  • Sensibilisation collective : au moins 50 % des collaborateurs (équipes techniques et artistiques présentes dans plus de 25 % des scènes) doivent avoir été sensibilisés. Cette sensibilisation peut passer par le module 1 de l’AFDAS (en distanciel).
  • Formation des responsables : au moins 10 % des responsables de département et de l’équipe de production doivent avoir suivi une formation certifiée en qualité ». Le module 2 opéré par Remixt (en présentiel) est une référence pour remplir ce critère.

Outils de mesure et de pilotage

Le pilotage d’une production éco-responsable nécessite des outils robustes pour transformer les factures et les feuilles de route en données environnementales exploitables. Le CNC a mis en place un processus d’homologation des calculateurs de carbone afin de garantir l’interopérabilité des bilans.

À ce jour, l’outil qui domine le marché français, reconnu par le CNC pour la remise des doubles bilans carbone obligatoires, est Carbon’Clap (Ecoprod). Cet outil gratuit est devenu le standard de l’industrie. Il permet de mesurer l’impact carbone des tournages, ainsi que d’évaluer leur score par rapport au Label Ecoprod. Un onglet spécifique permet de vérifier la conformité avec l’AFNOR SPEC 2308. L’outil permet de générer un « Export CNC » au format Excel, seul format accepté par l’administration.

Interopérabilité et statistiques

L’homologation des calculateurs permet au CNC de disposer d’une interface d’administration pour vérifier l’existence des bilans à l’aide d’un numéro d’identification unique. Ces données sont utilisées à des fins statistiques pour analyser l’évolution de l’empreinte carbone sectorielle. Les producteurs acceptent irrévocablement que leurs données globales soient ainsi utilisées par le CNC à des fins de contrôle réglementaire.

Parcours administratif : les étapes pour obtenir la Prime RSE+

Bénéficier de la Prime RSE+ requiert une rigueur procédurale dès les prémices du projet. Le parcours se décline en trois étapes majeures gérées sur la plateforme « Démarches Simplifiées ».

Étape 1 : déclaration d’intention (avant tournage)

Cette étape est cruciale et conditionne toute la suite. Le producteur délégué doit déposer une déclaration d’intention avant le début des prises de vue.

  • Calendrier : lors de la demande d’agrément des investissements (Cinéma) ou de l’autorisation préalable (Audiovisuel).
  • Obligation financière : le montant forfaitaire de 28 000 € doit impérativement être intégré au plan de financement de l’œuvre dès ce stade.
  • Bilan carbone : dépôt du bilan carbone prévisionnel généré par un outil homologué.
  • Délai d’instruction : environ 8 jours pour un dossier complet, pouvant aller jusqu’à 2 mois en cas de complexité.

Étape 2 : demande de certification (post-tournage)

Une fois l’œuvre achevée, le producteur doit prouver le respect des 26 critères.

  • Organisme certificateur : le CNC a nommé AFNOR Certification comme l’unique certificateur en charge de cette mission à l’issue d’un marché public début 2026.
  • Délai : la demande de certification doit être effectuée dans les 3 mois suivant l’obtention du visa d’exploitation (Cinéma) ou du prêt-à-diffuser (Audiovisuel).
  • Preuves : le producteur dépose sur la plateforme du certificateur toutes les pièces justificatives (factures d’énergie, contrats de l’éco-référent, attestations de formation, photos des dispositifs de tri).

Étape 3 : demande de versement (finalisation)

Le versement de la prime n’est pas automatique après la certification ; il doit être sollicité auprès du CNC.

  • Procédure : déposer l’attestation de certification lors de la demande d’agrément de production (Cinéma) ou d’autorisation définitive (Audiovisuel).
  • Calcul final : le CNC procède au calcul final des aides et vérifie que le versement de la prime ne porte pas le taux d’intensité des aides publiques au-delà du plafond légal.

Ingénierie financière : plafonds, cumuls et taux d’Intensité

L’intégration d’une aide supplémentaire de 28 000 € dans une structure de financement déjà complexe nécessite une analyse fine des règles de cumul.

Respect du taux d’intensité

Conformément au Règlement Général des Aides (RGA) du CNC et aux réglementations européennes, le montant total des aides publiques (nationales et régionales) ne peut excéder un certain pourcentage du coût définitif de production.

  • Plafond général : fixé à 50 % du budget de production.
  • Dérogations :
    • Films difficiles ou à petit budget : Le plafond peut être porté à 70 %, voire 80 % pour les courts-métrages.
    • Animation : Des seuils spécifiques s’appliquent en raison des coûts de développement élevés.

Si la Prime RSE+ dépasse ce plafond, son montant est écrêté. Par exemple, si une production a déjà atteint 49,9 % d’aides publiques sur un budget où 28 000 € représenteraient 1 %, la prime pourrait être réduite à une somme symbolique pour respecter le seuil de 50 %.

Interaction avec les aides régionales et autres dotations

La Prime RSE+ est cumulable avec d’autres dispositifs, ce qui peut porter le soutien total à l’éco-production à des niveaux significatifs.

  • Dotation Cofiloisirs : une dotation de 20 000 € est accordée annuellement à cinq productions labellisées « Label Ecoprod » ayant obtenu les meilleurs éco-scores et bénéficiant d’un financement Cofiloisirs. Ces deux aides sont indépendantes et cumulables.
  • Bonus Région Île-de-France : la région propose un « bonus innovation » de 35 000 € en moyenne pour les productions qui adoptent des technologies innovantes ou des pratiques d’éco-production avancées.
  • Aides Nouvelle-Aquitaine : le fonds de soutien régional impose des dépenses minimales sur le territoire (entre 120 % et 160 % de l’aide obtenue), mais valorise également les démarches responsables dans ses critères d’attribution.
Type d’Aide Montant / Plafond Organisme Cumulabilité
Prime RSE+ 28 000 € (Forfait) CNC Oui, sous réserve d’intensité
Dotation Cofiloisirs 20 000 € (Sélectif) Cofiloisirs Oui, avec Prime RSE+
Bonus Innovation IDF ~35 000 € Région IDF Oui
Crédit d’Impôt (C2I) Jusqu’à 30 % CNC / État Oui, l’aide RSE est déduite de la base

Perspectives stratégiques et impact sur la filière

L’introduction de la Prime RSE+ marque un tournant dans la politique culturelle française. Elle ne se contente pas de soutenir financièrement les producteurs ; elle façonne un nouveau modèle industriel fondé sur la transparence et la responsabilité.

Vers une standardisation européenne

Le référentiel AFNOR SPEC 2308 a été conçu pour être conforme aux exigences européennes. En adoptant ces critères, les producteurs français anticipent la directive CSRD, qui imposera bientôt aux entreprises la publication de leurs indicateurs de durabilité. Cette avance normative permet à la France de renforcer l’attractivité de ses studios et de ses prestataires, déjà reconnus pour leur savoir-faire technique, en y ajoutant une garantie de responsabilité environnementale.

Professionnalisation des équipes

L’exigence de formation (Critère 7 du référentiel) stimule le marché de l’expertise en éco-production. On observe la création de nouveaux métiers, tels que les « éco-référents » ou les « coordinateurs RSE », dont le rôle est de faire le lien entre les ambitions de la direction de production et la réalité opérationnelle des techniciens sur le terrain. Les organismes de formation, tels que l’AFDAS et Remixt, jouent un rôle central dans cette montée en compétences généralisée.

Économie circulaire et réseaux locaux

L’incitation au réemploi et à la sobriété numérique favorise le développement d’un écosystème de prestataires engagés. Des structures comme « La Ressourcerie Culturelle » ou « Secoya » ne sont plus des acteurs marginaux, mais des partenaires stratégiques pour les productions souhaitant atteindre le Niveau 2 de l’AFNOR SPEC 2308. Cette dynamique encourage la relocalisation des dépenses et une meilleure valorisation des ressources locales.

En conclusion, la Prime RSE+ du CNC constitue un puissant levier pour accélérer la transition écologique de la fiction française. En récompensant les productions atteignant le Niveau 2 du référentiel AFNOR SPEC 2308, le CNC transforme l’éco-responsabilité d’une contrainte en une opportunité de financement et de modernisation. Pour les producteurs, le succès repose sur une anticipation rigoureuse, une formation continue des équipes et l’utilisation d’outils de mesure fiables. Ce dispositif, bien que complexe dans sa mise en œuvre administrative, définit les nouveaux standards d’une création cinématographique et audiovisuelle durable, capable de relever les défis du XXIe siècle tout en préservant la diversité et la qualité artistique du cinéma français.

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Le pilotage carbone et la création de rapports Carbon’Clap sont souvent perçus comme une charge administrative lourde. La solution GreenPro change la donne en mettant en relation l’ingénierie financière et l’impact environnemental.

Moteur IA et automatisation (fini la saisie manuelle)

GreenPro utilise l’IA et l’OCR pour lire vos factures, reçus et feuilles de route.

  • Réconciliation des données carbone : chaque dépense comptable est automatiquement traduite en données carbone.
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Interopérabilité & conformité « Carbon’Clap »

Grâce à un partenariat exclusif avec Ecoprod, les facteurs d’émission de Carbon’Clap sont natifs de l’application.

  • Saisie unique, exports multiples : générez des rapports certifiés compatibles avec CNC (Carbon’Clap), Albert (UK) ou GHG Protocol.
  • Sécurisation de l’éco-conditionnalité : garantissez vos financements auprès du CNC et de vos partenaires internationaux.

Simulations & aide à la décision

Ne subissez plus le bilan en fin de tournage.

  • Scénarios prédictifs : arbitrez instantanément entre deux options de transport ou d’énergie avant d’engager la dépense.
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Centralisez les échanges. Invitez vos prestataires à déposer leurs données de durabilité directement sur la plateforme. Plus d’e-mails parasites, une donnée précise provenant directement de la source.

Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie,
former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.

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