L’eau est devenue une donnée de reporting à part entière. La norme ESRS E3 eau et ressources marines oblige les entreprises concernées par la CSRD à évaluer leur impact sur les ressources hydriques, à intégrer ces enjeux dans leur stratégie et à publier des indicateurs de consommation précis [2]. Cet article détaille ce que la CSRD exige au titre d’ESRS E3 eau et ressources marines : le périmètre couvert, les cinq exigences de publication, les indicateurs chiffrés attendus et les évolutions récentes issues de la simplification des standards.
ESRS E3 fait partie du bloc environnemental des normes ESRS de reporting CSRD et ne s’applique qu’après une analyse de double matérialité concluant à la pertinence du sujet.
Ce que vise la norme ESRS E3
ESRS E3 porte sur les ressources hydriques et marines. La norme demande aux entreprises d’évaluer leur impact sur ces ressources, de prendre en compte les risques et opportunités associés et d’intégrer ces enjeux dans leur stratégie de durabilité [2]. Elle couvre la consommation d’eau, le recyclage, les prélèvements, les rejets et la préservation des écosystèmes aquatiques.
Son périmètre est large : eaux de surface (fleuves, lacs, mers et océans, zones humides) et eaux souterraines contenues dans les aquifères [4]. L’objectif est de rendre visible la pression exercée par une organisation sur une ressource dont la disponibilité devient un facteur de risque, en particulier dans les zones de stress hydrique.
Comme pour l’ensemble des thématiques environnementales, l’application d’E3 dépend de la matérialité. La logique d’articulation entre la directive et ses standards est explicitée dans le guide dédié à l’articulation entre ESRS et CSRD, dans la continuité de la norme climat détaillée dans le guide de l’ESRS E1.
Les cinq exigences de publication d’ESRS E3
Les informations à publier au titre d’ESRS E3 se répartissent en cinq exigences de divulgation [3]. Elles suivent la logique commune aux normes environnementales : décrire d’abord la démarche, puis rendre compte des résultats chiffrés.
| Exigence | Objet |
|---|---|
| Interactions avec la stratégie | Identification des impacts, risques et opportunités liés à l’eau (via ESRS 2) |
| E3-1 Politiques | Politique de gestion de l’eau, objectifs et engagements de préservation |
| E3-2 Actions et ressources | Mesures de réduction de la consommation et de protection des écosystèmes |
| E3-3 Objectifs | Cibles quantifiées de gestion de l’eau et des ressources marines |
| E3-4 Consommation d’eau | Indicateurs chiffrés de consommation, de prélèvement et de recyclage |
La politique de gestion de l’eau attendue au titre d’E3-1 doit définir des objectifs clairs et inclure des stratégies de réduction de la consommation et de protection des ressources [2]. Ces obligations s’inscrivent dans le cadre plus large des obligations de la réglementation CSRD.
Les indicateurs de consommation d’eau à publier
Le cœur quantitatif d’ESRS E3 se concentre dans l’exigence E3-4 sur la consommation d’eau. L’entreprise doit publier, pour ses propres activités, sa consommation totale d’eau en mètres cubes, la part de cette consommation située dans des zones à risque hydrique, notamment de fort stress hydrique, le volume total d’eau recyclée et réutilisée, ainsi que l’eau stockée et les variations de stock [1].
À ces volumes s’ajoutent des informations contextuelles : qualité et quantité des masses d’eau concernées et méthodologies de calcul retenues [1]. Cette exigence de contexte est essentielle, car un même volume de consommation n’a pas la même signification selon qu’il est prélevé dans un bassin abondant ou dans une zone de pénurie.
L’intensité d’usage de l’eau
La norme prévoyait aussi un indicateur d’intensité : la consommation totale d’eau des activités propres rapportée au chiffre d’affaires net, exprimée en mètres cubes par million d’euros [1]. Cet indicateur d’intensité fait partie des points revus dans le cadre de la simplification des standards, comme détaillé dans la section suivante. La collecte de ces données suppose une traçabilité fine des prélèvements et des rejets, au même titre que les autres volets du reporting extra-financier.
Ce que l’Omnibus change pour l’eau et les ressources marines
La révision des standards européens engagée dans le cadre du paquet Omnibus modifie la structure d’ESRS E3. L’usage des ressources marines (poissons, granulats, algues, minéraux des fonds marins) est transféré vers la norme ESRS E5 sur l’usage des ressources et l’économie circulaire, tandis que les impacts sur la biodiversité marine rejoignent la norme ESRS E4 sur la biodiversité [3]. Le seul sujet marin restant dans E3 devient l’usage de l’eau de mer, essentiellement le dessalement et l’eau de refroidissement.
Sur le volet quantitatif, les prélèvements et les rejets d’eau deviennent des indicateurs obligatoires, alors qu’ils relevaient auparavant du volontaire, tandis que l’indicateur d’intensité d’usage de l’eau est retiré des projets de standards simplifiés [3]. Plus largement, la révision introduit une approche de matérialité descendante et supprime les sous-sous-thèmes pour alléger la hiérarchie des sujets [3].
Ces évolutions s’accompagnent d’un recentrage du périmètre de la CSRD sur les entreprises de plus de mille salariés et de plus de quatre cent cinquante millions d’euros de chiffre d’affaires [5]. Le détail de ces allègements figure dans l’analyse de la directive Omnibus et de ses nouveaux seuils.
ESRS E3 dans l’audiovisuel et l’événementiel : spécificités et bonnes pratiques
La consommation d’eau reste un angle mort de nombreuses productions audiovisuelles et de nombreux événements, souvent éclipsé par l’énergie et les transports. ESRS E3 remet ce poste sur la table pour les groupes médias et les organisateurs concernés par la CSRD, avec des enjeux concrets sur le terrain.
Tournages et productions audiovisuelles
Sur un plateau, l’eau intervient à de multiples endroits : restauration des équipes, entretien des décors et des costumes, sanitaires de base-vie, et parfois effets spéciaux impliquant des volumes importants (pluie artificielle, bassins, séquences aquatiques). Les tournages en extérieur dans des régions sensibles au stress hydrique appellent une vigilance particulière, car la norme demande précisément d’isoler la consommation située en zone à risque [1]. Documenter ces prélèvements suppose de mobiliser les prestataires de la chaîne de production, comme le rappelle le dossier sur la CSRD dans le secteur culturel.
Événements et productions live
Pour un festival ou un événement de plein air, l’eau est un poste logistique majeur : sanitaires temporaires, points de restauration, nettoyage du site, parfois approvisionnement par citernes lorsque le raccordement au réseau est limité. La gestion des rejets, désormais suivie comme indicateur obligatoire, devient un point de contrôle sensible pour les sites accueillant du public en nombre. Une estimation rigoureuse des volumes prélevés et rejetés, prestataire par prestataire, conditionne la fiabilité du reporting E3.
Suivre la donnée eau exigée par ESRS E3
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Conclusion
La norme ESRS E3 eau et ressources marines impose aux entreprises concernées de publier une politique de gestion de l’eau, des actions, des objectifs et surtout des indicateurs chiffrés de consommation, de prélèvement et de recyclage, contextualisés par le niveau de stress hydrique des bassins concernés. La révision récente recentre E3 sur l’eau, transfère les ressources marines vers d’autres normes, rend obligatoires les prélèvements et rejets et retire l’indicateur d’intensité. Pour les organisations qui restent dans le champ, l’enjeu reste identique : bâtir une traçabilité fiable de l’eau, poste souvent négligé mais désormais pleinement intégré au reporting de durabilité.
FAQ
Que couvre la norme ESRS E3 ?
Combien d’exigences de publication compte ESRS E3 ?
Quels indicateurs de consommation d’eau faut-il publier ?
L’Omnibus modifie-t-il ESRS E3 ?
Qu’est-ce que le stress hydrique dans ESRS E3 ?
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Publier les indicateurs d’ESRS E3 suppose de retracer des volumes d’eau prélevés, consommés et rejetés souvent dispersés entre sites, prestataires et périodes de production. GreenPro, l’outil de suivi extra-financier de TheGreenshot, centralise la collecte de ces données pour les productions et les événements et automatise leur consolidation, du scan de justificatifs aux tableaux de bord de reporting. La plateforme constitue une base unique et traçable, ce qui limite les écarts entre versions et fiabilise les indicateurs environnementaux attendus par la CSRD, de l’eau au carbone. Les équipes gagnent du temps sur la préparation du rapport et sécurisent leur conformité. Un échange avec nos consultants permet d’adapter cette approche au périmètre précis d’une organisation.
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