Le rapport de durabilité CSRD suit une architecture précise, imposée par les normes ESRS, qui comptaient dans leur version initiale environ 1 178 points de données répartis entre indicateurs qualitatifs et quantitatifs [1]. Comprendre son contenu et sa structure est la première condition pour produire un document conforme et lisible. Ce rapport n’est pas un exercice de communication libre : il répond à un cadre normatif détaillé, articulé autour de la double matérialité et d’une norme transversale qui en fixe le squelette. Cet article présente la logique d’ensemble, la structure attendue et les points de vigilance pour bien construire un rapport de durabilité.
Qu’est-ce que le rapport de durabilité CSRD
Le rapport de durabilité est le document par lequel une entreprise soumise à la Corporate Sustainability Reporting Directive publie ses informations environnementales, sociales et de gouvernance. Il remplace l’ancienne déclaration de performance extra-financière et s’intègre au rapport de gestion, ce qui lui confère la même valeur que l’information financière [3].
Sa finalité est de donner aux investisseurs, aux clients et aux parties prenantes une vision fiable et comparable de la performance de durabilité de l’entreprise. La comparabilité repose sur les European Sustainability Reporting Standards (ESRS), qui définissent quelles informations publier et sous quelle forme. Le rapport de durabilité CSRD ne se limite donc pas à une liste de bonnes pratiques : il documente une stratégie, des politiques, des actions, des objectifs chiffrés et des indicateurs suivis dans le temps.
La double matérialité, socle du rapport
Avant toute rédaction, l’entreprise réalise une analyse de double matérialité qui détermine les sujets à traiter. Ce concept, central dans les ESRS, croise deux perspectives [2]. La matérialité d’impact évalue la manière dont les activités de l’entreprise affectent l’environnement et la société. La matérialité financière évalue la manière dont les enjeux de durabilité affectent la performance économique de l’entreprise.
Un sujet est jugé matériel s’il est significatif selon au moins l’une de ces deux dimensions. Le livrable visuel de cette analyse est souvent une matrice de matérialité, qui positionne la matérialité financière et la matérialité d’impact sur deux axes. Cette étape conditionne tout le rapport : elle définit le périmètre des informations à publier et justifie les sujets écartés. Une analyse bâclée fragilise l’ensemble du document et l’expose lors de l’audit.
La structure imposée par l’ESRS 2
La colonne vertébrale du rapport est fixée par la norme transversale ESRS 2, qui s’applique à toutes les entreprises quel que soit leur secteur. Elle organise l’information autour de quatre grands domaines [1] : la gouvernance, la stratégie, la gestion des impacts, risques et opportunités, ainsi que les indicateurs et cibles.
Le domaine gouvernance décrit les structures de supervision et la répartition des responsabilités en matière de durabilité. Le domaine stratégie couvre le modèle d’affaires, les parties prenantes, la chaine de valeur et les risques et opportunités matériels. La gestion des impacts détaille les politiques, les actions engagées et les objectifs poursuivis. Les indicateurs et cibles présentent enfin les métriques suivies. Cette grille en quatre volets se retrouve ensuite déclinée dans chaque norme thématique.
| Domaine ESRS 2 | Contenu attendu |
|---|---|
| Gouvernance | Organes de supervision, rôles et responsabilités durabilité, intégration aux dispositifs de contrôle |
| Stratégie | Modèle d’affaires, parties prenantes, chaine de valeur, risques et opportunités matériels |
| Gestion des impacts, risques et opportunités | Processus d’identification, politiques, actions, plans de transition |
| Indicateurs et cibles | Métriques suivies, objectifs chiffrés, trajectoires et suivi dans le temps |
Les douze normes ESRS et leur contenu
Au-delà de la norme transversale, le rapport s’appuie sur un jeu de douze normes ESRS réparties en quatre familles [1]. Deux normes transversales fixent les exigences générales (ESRS 1) et les informations générales (ESRS 2). Cinq normes environnementales couvrent le changement climatique, la pollution, l’eau et les ressources marines, la biodiversité et les écosystèmes, ainsi que l’utilisation des ressources et l’économie circulaire.
Quatre normes sociales traitent des effectifs de l’entreprise, des travailleurs de la chaine de valeur, des communautés affectées et des consommateurs et utilisateurs finaux. Une norme de gouvernance encadre la conduite des affaires : éthique, prévention de la corruption, gestion des relations fournisseurs et délais de paiement. L’entreprise ne publie que les normes jugées matérielles à l’issue de son analyse, à l’exception des informations générales toujours obligatoires. Le détail de chaque norme est présenté dans ce panorama des normes ESRS et de leurs obligations de reporting.
Il faut noter que la directive Omnibus a réduit d’environ 60 % le nombre de points de données obligatoires et abandonné les normes sectorielles initialement prévues [4]. La structure d’ensemble reste toutefois inchangée : double matérialité, cadre ESRS 2 et normes thématiques.
Format, audit et publication
Le rapport de durabilité obéit aussi à des exigences de forme. Il doit être balisé dans un format électronique structuré de type XHTML afin d’être transmis au point d’accès européen ESAP et exploité de façon automatisée [3]. Cette exigence de balisage impose une rigueur documentaire dès la collecte des données.
La CSRD introduit par ailleurs une obligation d’assurance : les informations publiées sont vérifiées par un auditeur indépendant, avec un niveau d’assurance limitée dans un premier temps. Cette vérification externe change la nature de l’exercice, car chaque donnée doit être traçable et justifiable. Une collecte structurée et auditable devient donc un prérequis, en particulier pour les indicateurs environnementaux comme le bilan des émissions de gaz à effet de serre. Les entreprises qui outillent leur collecte en amont sécurisent à la fois la conformité et la qualité de l’audit.
Rédiger un rapport de durabilité dans l’audiovisuel et l’événementiel
Pour un groupe média, un diffuseur ou un grand producteur soumis à la CSRD, le rapport de durabilité doit refléter les réalités du secteur audiovisuel. L’analyse de double matérialité fait généralement ressortir le changement climatique comme enjeu prioritaire, du fait des consommations d’énergie sur les plateaux, des déplacements d’équipes et de la chaine de sous-traitance décors, costumes et post-production.
Sur le volet environnemental, l’indicateur clé est le bilan des émissions par production, qui alimente la norme climat des ESRS. Construire cette donnée suppose de collecter des informations dispersées entre de nombreux prestataires, souvent des PME. Les référentiels sectoriels d’éco-production (Ecoprod, CNC) apportent un cadre méthodologique utile pour structurer cette collecte et la rendre auditable.
Pour un organisateur d’événements, la logique est comparable : alimentation électrique sur site, mobilité du public et des équipes, prestataires locaux et gestion des déchets constituent les postes majeurs à documenter. Dans les deux cas, la difficulté n’est pas la rédaction du rapport mais la fiabilité et la traçabilité des données sous-jacentes, exigées par l’audit.
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Conclusion
Le rapport de durabilité CSRD repose sur une structure claire : une analyse de double matérialité qui définit le périmètre, une norme transversale ESRS 2 qui fixe le squelette en quatre domaines, et un ensemble de normes thématiques environnementales, sociales et de gouvernance. À cela s’ajoutent des exigences de format électronique et d’audit qui imposent une donnée traçable. Même allégé par la directive Omnibus, ce cadre reste exigeant. La réussite d’un rapport de durabilité dépend moins de la plume que de la qualité de la collecte des données, un chantier que les entreprises les mieux préparées engagent bien en amont de l’échéance.
FAQ
Que contient un rapport de durabilité CSRD ?
Quelle est la structure d’un rapport de durabilité ?
Combien de normes ESRS existe-t-il ?
Le rapport de durabilité doit-il être audité ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
La qualité d’un rapport de durabilité tient d’abord à la fiabilité des données qui l’alimentent, en particulier sur le volet climatique où l’audit externe exige une traçabilité complète. GreenPro, la solution de suivi carbone de TheGreenshot, automatise cette collecte pour les productions et les événements : lecture des factures par reconnaissance optique, consolidation des postes d’émission et tableaux de bord en temps réel. Les données produites sont directement exploitables pour renseigner la norme climat des ESRS et sécuriser l’assurance limitée. Les équipes de TheGreenshot accompagnent aussi le cadrage de l’analyse de double matérialité et la structuration de la démarche, afin que le rapport repose sur des fondations solides plutôt que sur des estimations fragiles.
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