PCAET : définition, objectifs et comment les entreprises peuvent s’y inscrire

Le PCAET (Plan Climat-Air-Énergie Territorial) est le document de planification climatique de référence à l'échelle locale en France. Obligatoire pour les grandes intercommunalités, il constitue aussi un cadre stratégique pour les entreprises engagées en RSE.
PCAET : définition, objectifs et comment les entreprises peuvent s'y inscrire

Le PCAET (Plan Climat-Air-Énergie Territorial) est le principal document de planification climatique à l’échelle locale en France. Obligatoire pour les intercommunalités de plus de 20 000 habitants, il fixe les objectifs et les actions d’un territoire en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’efficacité énergétique, de développement des énergies renouvelables et d’adaptation au changement climatique [1]. Pour les entreprises privées, le PCAET n’est pas une contrainte directe — mais il constitue un cadre stratégique de référence avec lequel une démarche RSE sérieuse a tout intérêt à s’articuler.

PCAET : définition et cadre légal

Le Plan Climat-Air-Énergie Territorial est un dispositif réglementaire instauré par la loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) et renforcé par la loi Énergie-Climat. Il remplace l’ancien Plan Climat-Énergie Territorial (PCET) en y intégrant explicitement la dimension qualité de l’air, jusqu’alors traitée séparément [2].

Le PCAET s’appuie sur le Code de l’environnement (articles R229-51 à R229-56) [3], qui définit précisément son périmètre, son contenu obligatoire et ses modalités d’adoption. Il est adopté par l’organe délibérant de l’intercommunalité et révisé tous les six ans. À mi-parcours (au bout de trois ans), un bilan intermédiaire est réalisé.

Le PCAET s’inscrit dans une architecture réglementaire à plusieurs niveaux : il doit être compatible avec le Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Égalité des Territoires (SRADDET), lui-même aligné sur les objectifs nationaux de la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC). Cette hiérarchie assure la cohérence entre les engagements locaux et les objectifs nationaux de neutralité carbone.

Qui est concerné par le PCAET ?

L’obligation d’élaborer un PCAET repose sur les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre regroupant plus de 20 000 habitants, existant au 1er janvier 2017. Cette obligation concerne les métropoles, les communautés urbaines, les communautés d’agglomération et certaines communautés de communes [4].

Les EPCI en dessous du seuil de 20 000 habitants peuvent élaborer un PCAET à titre volontaire, avec un contenu similaire aux PCAET obligatoires. L’ADEME encourage et soutient ces démarches volontaires dans le cadre de son programme Territoires en Transition.

Les entreprises privées, quant à elles, ne sont pas directement soumises au PCAET. Cependant, les entreprises de plus de 500 salariés ont l’obligation légale de réaliser un bilan de gaz à effet de serre tous les quatre ans — un exercice dont les résultats s’articulent naturellement avec les diagnostics territoriaux des PCAET. Les entreprises soumises à la CSRD ont des obligations de reporting encore plus étendues, qui intègrent l’ancrage territorial dans leur analyse de matérialité.

Contenu et structure d’un PCAET

Le contenu d’un PCAET est structuré autour de quatre piliers principaux [1] :

1. Le diagnostic territorial

Le diagnostic porte sur l’inventaire des émissions de gaz à effet de serre du territoire (sources d’énergie, transports, agriculture, déchets, industrie), la consommation d’énergie finale par secteur, la production locale d’énergie renouvelable, et la vulnérabilité du territoire au changement climatique. Ce diagnostic constitue le socle factuel du plan d’action.

2. La stratégie et les objectifs chiffrés

Sur la base du diagnostic, la collectivité définit une stratégie à horizon long terme (souvent 2030 et 2050) avec des objectifs chiffrés de réduction des émissions, d’augmentation de la part des EnR, d’amélioration de la qualité de l’air et d’adaptation aux impacts climatiques attendus (hausse des températures, risques d’inondations, sécheresses).

3. Le programme d’actions

Le programme d’actions détaille les mesures concrètes à mettre en œuvre : rénovation énergétique des bâtiments publics, développement de la mobilité douce, soutien aux filières agricoles bas carbone, développement d’éclairages LED dans l’espace public, appel à projets EnR, etc. Chaque action est assortie d’un calendrier, d’un budget indicatif et d’indicateurs de suivi.

4. Le dispositif de suivi et d’évaluation

Un ensemble d’indicateurs de résultats et de processus permet de suivre l’avancement du PCAET et de l’évaluer à mi-parcours. Ce dispositif est présenté à l’organe délibérant et, dans les collectivités les plus avancées, fait l’objet d’une communication publique régulière [5].

Comment les entreprises s’inscrivent dans un PCAET

Bien que le PCAET ne crée pas d’obligations directes pour les entreprises privées, il définit un cadre stratégique territorial auquel celles-ci ont intérêt à s’aligner — pour des raisons de cohérence réglementaire, de positionnement RSE et d’accès aux dispositifs d’accompagnement locaux.

Participation aux consultations et à la gouvernance

L’élaboration d’un PCAET implique une concertation avec les acteurs économiques du territoire. Les entreprises peuvent participer aux consultations publiques, aux ateliers de travail thématiques ou aux instances de gouvernance partenariale mises en place par certaines intercommunalités. Cette participation permet d’influencer les priorités du plan et d’inscrire les engagements de l’entreprise dans une dynamique collective.

Alignement de la stratégie carbone sur les objectifs territoriaux

Une entreprise engagée dans un accompagnement en management environnemental peut utiliser le PCAET de son territoire comme référence pour calibrer ses propres objectifs de réduction. Si le PCAET local vise une réduction de 40 % des émissions du secteur tertiaire à horizon 2030, l’entreprise peut s’aligner sur cet objectif dans son plan d’action RSE — renforçant ainsi la cohérence de sa démarche vis-à-vis de ses parties prenantes locales.

Accès aux dispositifs de soutien

Certains PCAET intègrent des dispositifs de soutien aux entreprises : subventions à la rénovation énergétique, accompagnement à la réalisation de bilans GES, appels à projets d’éco-innovation, intégration dans des clusters d’écologie industrielle et territoriale. L’ADEME finance une partie de ces dispositifs dans le cadre de son programme Territoires en Transition [4].

Pour les entreprises qui réalisent leur premier bilan carbone avec un outil structuré, s’inscrire dans le cadre d’un PCAET local peut faciliter l’accès à des financements partiels et à un réseau d’acteurs engagés dans la même dynamique territoriale.

PCAET et secteur audiovisuel-événementiel

Le secteur audiovisuel et événementiel présente des caractéristiques qui le rendent particulièrement pertinent dans le cadre des PCAET : nomadisme des tournages, impact territorial variable selon les lieux de production, relations avec de nombreux prestataires locaux, et consommation de ressources (énergie, eau, déchets) concentrée sur des périodes courtes.

Productions audiovisuelles et ancrage territorial

Un tournage représente une activité économique temporaire mais intensive sur un territoire. Les productions qui s’inscrivent dans les dynamiques locales — recrutement de prestataires locaux, utilisation d’énergies renouvelables disponibles sur le territoire, valorisation des déchets selon les filières locales — contribuent directement aux objectifs d’un PCAET. Certains PCAET de grandes métropoles (Grand Paris, Lyon, Bordeaux) intègrent explicitement les industries culturelles et créatives dans leurs axes stratégiques.

Les productions qui réalisent un bilan carbone conforme aux référentiels Albert ou Ecoprod disposent d’une base documentée pour démontrer leur alignement avec les objectifs territoriaux. GreenPro permet de produire ces bilans avec une granularité suffisante pour identifier les postes de réduction les plus impactants, territoire par territoire.

Événements et contribution aux objectifs territoriaux

Les organisateurs de festivals et d’événements s’inscrivent de plus en plus dans les dynamiques territoriales des PCAET. Plusieurs festivals français ont formalisé des partenariats avec leur collectivité locale dans le cadre de la mise en œuvre du PCAET : circuits courts alimentaires, mobilité douce pour le public, connexion au réseau plutôt que générateurs, tri et valorisation des déchets. Ces initiatives s’intègrent naturellement dans les programmes d’actions des PCAET locaux et permettent aux organisateurs d’accéder à des formes de soutien ou de labellisation territoriale.

La mesure précise de l’empreinte d’un événement — énergie, déplacements, catering, déchets — constitue le préalable indispensable à une contribution documentée aux objectifs d’un PCAET. TheGreenshot accompagne les organisateurs dans la structuration de cette démarche, du diagnostic initial à la communication des résultats.

S’inscrire dans la dynamique d’un PCAET suppose de disposer d’un bilan carbone structuré et documenté — pas d’une estimation approximative. GreenPro, l’outil de TheGreenshot, automatise la collecte des données d’une production ou d’un événement pour produire des bilans conformes GHG Protocol, Albert et CSRD. Les équipes bénéficient de tableaux de bord temps réel, de rapports exportables et d’insights IA pour identifier les postes de réduction prioritaires et démontrer leur contribution aux objectifs du territoire.

Conclusion

Le PCAET constitue la colonne vertébrale de la planification climatique locale en France. Obligatoire pour les grandes intercommunalités, il fixe un cadre stratégique que les entreprises ont intérêt à connaître et à utiliser — non comme une contrainte supplémentaire, mais comme une ressource : objectifs de référence pour calibrer leur propre ambition carbone, accès à des dispositifs de soutien, participation à une gouvernance partenariale et valorisation de leurs engagements auprès des parties prenantes locales. Pour le secteur audiovisuel et événementiel, dont l’impact territorial est réel et mesurable, s’inscrire dans les dynamiques des PCAET représente une opportunité de différenciation et de crédibilisation des démarches RSE. Les obligations réglementaires en matière de reporting environnemental (CSRD, bilan GES obligatoire) renforcent encore l’intérêt de cet alignement.

FAQ

Qu’est-ce qu’un PCAET ?

Le PCAET (Plan Climat-Air-Énergie Territorial) est le document de planification stratégique par lequel une intercommunalité définit ses objectifs et ses actions en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’efficacité énergétique, de développement des énergies renouvelables, de qualité de l’air et d’adaptation au changement climatique. Il est obligatoire pour les EPCI de plus de 20 000 habitants et révisé tous les six ans.

Les entreprises privées sont-elles obligées de respecter le PCAET ?

Non, le PCAET n’est pas un document réglementaire opposable aux entreprises privées. Il crée des engagements politiques pour la collectivité mais ne génère pas d’obligations directes pour les acteurs économiques du territoire. Cependant, les entreprises peuvent s’y aligner volontairement et bénéficier des dispositifs d’accompagnement qu’il prévoit. Les PCAET les plus efficaces intègrent une gouvernance partenariale qui associe les acteurs économiques à leur mise en œuvre.

Quelle est la différence entre PCAET et PCET ?

Le PCAET (Plan Climat-Air-Énergie Territorial) a remplacé le PCET (Plan Climat-Énergie Territorial). La principale différence est l’intégration explicite de la dimension qualité de l’air dans le PCAET, ainsi qu’une articulation renforcée avec les autres documents de planification territoriale (SRADDET notamment). Le PCAET intègre également une composante d’adaptation au changement climatique plus développée.

Comment une entreprise peut-elle participer à l’élaboration d’un PCAET ?

Une entreprise peut participer à l’élaboration d’un PCAET via les consultations publiques organisées par l’intercommunalité, les ateliers thématiques, les instances de gouvernance partenariale, et les appels à projets intégrés au programme d’actions. Certaines intercommunalités mettent en place des clubs d’entreprises engagées dans la transition écologique, offrant un cadre structuré de participation et d’échange d’expériences.

Quel est le lien entre PCAET et CSRD pour les entreprises ?

La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) exige des entreprises concernées une analyse de double matérialité intégrant l’ancrage territorial et les impacts locaux. Les PCAET constituent une ressource précieuse pour cette analyse : ils fournissent les objectifs territoriaux de référence, les données de contexte local et les dynamiques collectives qui alimentent l’analyse de matérialité. S’inscrire dans un PCAET renforce ainsi la cohérence et la crédibilité du reporting CSRD.

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