La convention collective de l’audiovisuel encadre la rémunération, les contrats et les conditions de travail de milliers de techniciens, réalisateurs et personnels de production en France. Loin d’être un détail administratif, le choix de la bonne convention conditionne le salaire minimum applicable, les majorations d’heures et la sécurité juridique de chaque contrat. Le secteur ne dépend pas d’un texte unique mais de plusieurs conventions selon la nature de l’œuvre, ce qui rend la matière complexe pour les producteurs. Cet article présente les conventions applicables, la lecture des grilles de salaires minima, les règles propres aux intermittents et les obligations à respecter pour fiabiliser la paie des équipes.
Quelle convention collective de l’audiovisuel s’applique
La première difficulté tient au fait qu’il n’existe pas une seule convention collective de l’audiovisuel, mais plusieurs textes qui se répartissent selon le type de production. La convention collective nationale de la production audiovisuelle, identifiée sous le code IDCC 2642, s’applique aux entreprises dont l’activité principale est la production de programmes audiovisuels : séries, documentaires, émissions de télévision, contenus pour plateformes numériques, clips et programmes institutionnels [2]. Signée en décembre et étendue par arrêté l’année suivante, elle couvre environ 45 000 salariés.
La production de films de cinéma relève quant à elle de la convention collective de la production cinématographique, qui couvre les courts et longs métrages ainsi que les films publicitaires hors animation. Les films d’animation disposent d’un texte dédié. Le tableau ci-dessous résume les principales conventions du secteur.
| Convention collective | IDCC | Champ couvert |
|---|---|---|
| Production audiovisuelle | 2642 | Séries, documentaires, émissions TV, contenus plateformes, clips, programmes institutionnels |
| Production cinématographique et films publicitaires | 3097 | Courts et longs métrages, films publicitaires hors animation |
| Production de films d’animation | 2412 | Œuvres d’animation |
Le rattachement d’une entreprise dépend de son activité principale, déterminée par le code APE et la nature réelle des œuvres produites. Une société qui produit à la fois des programmes de flux et des longs métrages peut ainsi se voir appliquer des textes différents selon les projets. Pour les structures qui travaillent avec des équipes intermittentes, le guide TheGreenshot sur la gestion des contrats d’intermittents détaille les implications pratiques de ce rattachement.
Grilles de salaires minima et classification des emplois
Chaque convention fixe une grille de salaires minima garantis, organisée par fonction et par niveau de qualification. Cette grille définit un plancher que l’employeur peut dépasser mais jamais franchir à la baisse. Compte tenu du nombre de métiers dans le secteur, du chef opérateur au régisseur en passant par le monteur ou l’ingénieur du son, ces grilles sont longues et détaillées.
Les minima sont réévalués périodiquement à l’issue des négociations de branche. Le SNTPCT publie et tient à jour les grilles de salaires minima garantis pour la production cinématographique comme pour la production audiovisuelle, accompagnées des mesures de prévention applicables [1]. Il est donc indispensable de se référer à la version en vigueur au moment de l’établissement du contrat, car un minima périmé expose l’employeur à des rappels de salaire. La classification d’un poste détermine non seulement le salaire de base, mais aussi les conditions de majoration des heures supplémentaires et les indemnités associées.
CDDU et statut des intermittents du spectacle
La majorité des techniciens et artistes du secteur travaillent sous contrat à durée déterminée d’usage, le CDDU. Ce contrat est la référence pour les missions courtes et occasionnelles propres à l’audiovisuel, au cinéma et au spectacle vivant. Il déroge au droit commun du CDD en autorisant le recours répété à des contrats de mission, à condition que l’emploi relève bien d’un usage constant du secteur.
Le CDDU s’accompagne de règles de rémunération spécifiques, notamment des majorations d’heures qui s’enclenchent plus tôt que pour les salariés permanents, dès le dépassement du seuil hebdomadaire prévu par la convention. Sur le plan de l’assurance chômage, un intermittent doit justifier d’au moins 507 heures de travail sur une période de référence de douze mois pour ouvrir ou renouveler ses droits au titre des annexes 8 et 10. Cette articulation entre convention collective, contrat et régime social rend la paie particulièrement technique, comme l’explique le guide TheGreenshot sur la gestion des intermittents du spectacle. Les productions qui opèrent en Belgique relèvent quant à elles d’un cadre distinct, détaillé dans le guide de la paie spectacle en Belgique.
Obligations des employeurs et points de vigilance
Appliquer correctement la convention collective de l’audiovisuel impose plusieurs vérifications à chaque embauche. L’employeur doit identifier la convention applicable, classer le poste dans la bonne catégorie, vérifier le salaire minima en vigueur, appliquer les majorations d’heures prévues et établir un bulletin de paie conforme. À cela s’ajoutent les déclarations sociales spécifiques aux intermittents auprès des organismes compétents.
Les principaux points de vigilance concernent la classification du poste, souvent source de litige, la mise à jour des grilles de minima, le calcul des heures supplémentaires majorées et le respect des durées maximales de travail propres aux tournages. Une erreur sur l’un de ces paramètres peut se traduire par un contentieux prud’homal ou un redressement. Pour sécuriser l’ensemble, de nombreuses productions externalisent la paie de leurs équipes via le service Payroll de TheGreenshot, qui agit comme employeur administratif des équipes.
Application concrète sur les tournages et les événements
Sur le terrain, la convention collective de l’audiovisuel se traduit par des choix très concrets de gestion d’équipe. Une production qui prépare un tournage doit anticiper la classification de chaque technicien, le volume d’heures prévisionnel et les majorations associées, bien avant le premier jour de plateau. Cette anticipation conditionne directement le budget de production et la trésorerie.
Tournages et productions audiovisuelles
Sur un tournage de série ou de long métrage, les équipes se composent presque exclusivement d’intermittents en CDDU, recrutés mission par mission. La multiplication des contrats courts, des feuilles de temps et des bulletins de paie représente une charge administrative considérable, surtout lorsque plusieurs conventions coexistent au sein d’un même groupe. Une coordination rigoureuse entre la régie, la production et le service paie évite les écarts de classification et les retards de versement, particulièrement sensibles pour des salariés dont l’emploi est par nature discontinu.
Événements et captations
Pour les captations de spectacle vivant, les concerts et les événements, les équipes techniques relèvent souvent de conventions proches mais distinctes, comme celle des entreprises au service de la création et de l’événement. Les organisateurs doivent veiller à appliquer le texte adapté à la prestation réalisée, sous peine d’appliquer des minima erronés. La gestion de pics d’activité ponctuels, avec des dizaines d’intermittents mobilisés sur quelques jours, accentue le besoin d’outils fiables pour suivre les heures et produire des paies conformes.
Le service Payroll de TheGreenshot prend en charge contrats, paie et déclarations pour les productions et événements : calcul instantané, conformité légale et feuilles de temps en ligne, en France comme en Belgique. Découvrir le service Payroll.
Conclusion
La convention collective de l’audiovisuel ne se résume pas à un document de référence : elle structure la rémunération réelle des équipes, depuis la classification des emplois jusqu’aux majorations propres aux intermittents. Maîtriser le bon IDCC, lire correctement les grilles de salaires minima et appliquer les règles du CDDU sont des conditions indispensables à la conformité d’une production. Dans un secteur où la pluralité des conventions et la prédominance des contrats courts compliquent la gestion, la fiabilité de la paie devient un véritable enjeu de pilotage. Les évolutions des grilles de minima et des règles de l’assurance chômage rendent d’autant plus utile un suivi rigoureux et outillé de la rémunération des équipes.
FAQ
Quel est l’IDCC de la convention collective de la production audiovisuelle ?
Où trouver les grilles de salaires minima de l’audiovisuel ?
Qu’est-ce qu’un CDDU dans l’audiovisuel ?
Combien d’heures faut-il pour être intermittent du spectacle ?
Plusieurs conventions collectives peuvent-elles s’appliquer dans une même société de production ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
Appliquer la bonne convention collective de l’audiovisuel suppose de croiser le bon IDCC, la grille de salaires minima en vigueur, les majorations propres aux CDDU et le suivi précis des heures de chaque mission. Une erreur de classification ou de minima peut entraîner des rappels de salaire et un risque prud’homal. Le service Payroll de TheGreenshot prend en charge contrats, paie et déclarations pour les productions et les événements, en France comme en Belgique. La plateforme calcule instantanément les paies, sécurise la conformité légale auprès des organismes compétents (URSSAF, Audiens, Pôle emploi spectacle) et propose des feuilles de temps en ligne, le tout appuyé par un support expert. Pour les structures qui jonglent avec des dizaines d’intermittents par projet, cette automatisation réduit le risque d’erreur tout en faisant gagner un temps précieux à la production.
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