Près de 30 % de la facture énergétique d’une entreprise du secteur tertiaire correspond à une dépense superflue qui peut être évitée [1]. Face à la volatilité des prix de l’énergie et aux objectifs climatiques, le plan de sobriété énergétique est devenu un outil de pilotage incontournable. Élaborer un plan de sobriété énergétique en entreprise consiste à structurer une démarche de réduction durable des consommations, sans dégrader le confort ni l’activité. Cet article présente la définition de la démarche, son cadre réglementaire, les étapes concrètes de construction et les actions les plus efficaces, avec un éclairage sur les enjeux propres au secteur audiovisuel et événementiel.
Qu’est-ce qu’un plan de sobriété énergétique en entreprise
Un plan de sobriété énergétique désigne une démarche structurée visant à réduire la consommation globale d’énergie d’une organisation, en agissant d’abord sur les usages avant d’investir dans de nouveaux équipements. La sobriété se distingue de l’efficacité énergétique : l’efficacité optimise le rendement d’un équipement, tandis que la sobriété interroge le besoin lui-même et supprime les consommations inutiles. Les deux approches sont complémentaires et se déploient conjointement dans un plan complet.
Le plan gouvernemental français de sobriété énergétique a fixé un cap clair : réduire la consommation d’énergie du pays de 10 % à court terme par rapport au niveau de référence, sur la trajectoire d’une baisse de 40 % à l’horizon du milieu du siècle [2]. Les entreprises sont invitées à décliner cet objectif à leur échelle en élaborant leur propre plan. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de sortie de la dépendance aux énergies fossiles et de décarbonation.
Le cadre réglementaire et les obligations
Au-delà de l’engagement volontaire, plusieurs obligations encadrent la sobriété énergétique des entreprises. Le dispositif Éco Énergie Tertiaire, issu du décret tertiaire (décret du 23 juillet 2019), impose aux bâtiments à usage tertiaire de plus de 1 000 m² une réduction progressive de leur consommation d’énergie finale : au moins 40 %, puis 50 % et enfin 60 % par rapport à une année de référence, selon des paliers réglementaires successifs [3]. Les propriétaires et exploitants concernés doivent déclarer chaque année leurs consommations sur la plateforme dédiée.
Le dispositif ÉcoWatt complète ce cadre en alertant en temps réel sur les tensions du réseau électrique. En cas de signal rouge, les entreprises engagées mettent en place des mesures adaptées, comme le décalage de certains usages ou le recours au télétravail. La réglementation thermique des bâtiments neufs, à travers la réglementation environnementale RE2020, renforce encore les exigences de performance énergétique. Ces obligations font de la sobriété un enjeu de conformité autant que d’économies.
Construire son plan de sobriété énergétique étape par étape
La construction d’un plan de sobriété énergétique suit une méthode éprouvée, qui garantit à la fois l’efficacité des actions et l’adhésion des équipes. Quatre étapes structurent la démarche.
Désigner un référent et réaliser un diagnostic
La première étape consiste à nommer un référent ou ambassadeur de la sobriété dans chaque établissement. Ce responsable pilote la démarche et fédère les équipes. Un diagnostic énergétique initial permet ensuite d’identifier les postes de consommation les plus lourds : chauffage, climatisation, éclairage, équipements informatiques et process. Ce bilan sert de base pour prioriser les actions à fort impact. La mesure précise des consommations, notamment via le calcul du scope 2 lié à l’énergie, oriente les arbitrages.
Définir une trajectoire et un plan d’actions
À partir du diagnostic, l’entreprise fixe une trajectoire de réduction chiffrée et hiérarchise les actions selon leur rapport coût-efficacité. Le plan d’actions distingue les gestes immédiats et gratuits des investissements de plus long terme. Cette trajectoire et ce plan doivent être présentés aux instances représentatives du personnel, comme le comité social et économique, afin d’associer les salariés à la démarche [4]. Le suivi régulier des indicateurs permet enfin d’ajuster le plan dans le temps.
Les actions concrètes à activer
Un plan de sobriété énergétique efficace combine des gestes comportementaux immédiats et des mesures techniques. Le tableau ci-dessous synthétise les leviers les plus couramment déployés, classés par nature.
| Levier | Action concrète | Nature |
|---|---|---|
| Chauffage | Limiter la température des bureaux à 19 °C le jour, 16 °C la nuit | Geste immédiat |
| Période de chauffe | Décaler le début et la fin de la saison de chauffe selon la météo | Geste immédiat |
| Éclairage intérieur | Éteindre les locaux dès leur inoccupation | Geste immédiat |
| Éclairage extérieur | Réduire et couper les enseignes en fin de nuit | Geste immédiat |
| Éclairage technique | Installer un éclairage LED avec détecteurs de présence | Investissement léger |
| Équipements | Remplacer le matériel énergivore par des modèles performants | Investissement |
| Bâtiment | Renforcer l’isolation et récupérer la chaleur fatale | Investissement lourd |
| Mobilité | Réduire les déplacements non essentiels et favoriser le télétravail | Geste organisationnel |
Les gestes immédiats produisent des économies rapides sans investissement, tandis que les mesures techniques comme l’isolation ou le remplacement d’équipements amortissent leur coût sur plusieurs années. Dans l’industrie, des gains d’efficacité de 10 à 20 % sont souvent atteignables sans transformation majeure des procédés. La combinaison de ces leviers permet d’approcher, voire de dépasser, l’objectif de réduction visé.
Sobriété énergétique dans la production audiovisuelle et l’événementiel
Le secteur audiovisuel et événementiel présente des enjeux de sobriété énergétique spécifiques, liés à des consommations concentrées et souvent temporaires. Un tournage ou un événement mobilise des quantités importantes d’énergie sur une courte période, ce qui appelle des réponses adaptées à ces pics de demande.
Tournages et productions
Sur un plateau, l’éclairage constitue historiquement le poste le plus énergivore. Le passage aux projecteurs LED, moins gourmands que les sources traditionnelles, réduit fortement la demande électrique tout en limitant la chaleur dégagée. Le recours à l’alimentation du réseau plutôt qu’à des groupes électrogènes au carburant, la mutualisation du matériel entre productions et l’optimisation des déplacements d’équipes complètent la démarche. Ces pratiques s’intègrent dans une stratégie globale d’éco-production accompagnée par des consultants spécialisés.
Événements et lieux de diffusion
Pour les organisateurs d’événements, la sobriété passe par le dimensionnement au plus juste de l’alimentation électrique sur site, le choix de prestataires locaux et la gestion de l’éclairage et de la sonorisation. Privilégier des sites déjà raccordés au réseau, planifier les besoins réels de puissance et sensibiliser les équipes techniques permettent de réduire sensiblement la consommation. Ces arbitrages contribuent directement à la réduction de l’empreinte carbone globale de l’opération, mesurable dans une démarche de reporting structurée.
GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte des données de consommation énergétique pour les productions et événements et traduit les efforts de sobriété en bilans conformes Albert, CSRD et GHG Protocol, sans saisie manuelle. En savoir plus sur GreenPro.
Conclusion
Élaborer un plan de sobriété énergétique en entreprise combine une méthode rigoureuse et une mobilisation collective. De la désignation d’un référent au suivi des indicateurs, en passant par un diagnostic précis et un plan d’actions hiérarchisé, la démarche transforme une contrainte réglementaire en levier d’économies durables. Les gestes immédiats produisent des résultats rapides, tandis que les investissements techniques consolident la performance dans le temps. Pour les secteurs à forte intensité énergétique ponctuelle comme l’audiovisuel et l’événementiel, la sobriété devient un facteur de compétitivité autant qu’un engagement environnemental. À mesure que les obligations se renforcent, un plan de sobriété énergétique structuré s’impose comme un pilier de la stratégie de toute organisation.
FAQ
Qu’est-ce qu’un plan de sobriété énergétique en entreprise ?
Le plan de sobriété énergétique est-il obligatoire ?
Quelles sont les premières actions à mettre en place ?
Quelle différence entre sobriété et efficacité énergétique ?
Combien une entreprise peut-elle économiser grâce à la sobriété ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
Un plan de sobriété énergétique ne produit ses effets que s’il repose sur des données de consommation fiables et un suivi rigoureux dans le temps. GreenPro, la solution de suivi carbone de TheGreenshot, automatise la collecte de ces données grâce au scan de factures par OCR, à des tableaux de bord en temps réel et à des insights générés par intelligence artificielle. L’outil relie consommations énergétiques et empreinte carbone, ce qui permet de mesurer l’impact réel des actions de sobriété et de produire des bilans conformes aux référentiels Albert, CSRD et GHG Protocol. Les équipes disposent ainsi d’une vision consolidée pour prioriser les leviers les plus efficaces. Un échange avec les consultants de TheGreenshot permet d’adapter cette approche aux contraintes concrètes de chaque activité.
Nos consultants spécialisés accompagnent les studios de production pour cadrer la stratégie, former les équipes et suivre les résultats. Nous adaptons l’approche aux contraintes du terrain.


