Une manifestation qui rassemble 1 000 personnes consomme en moyenne 100 kg de papier, 30 000 litres d’eau et 200 kWh d’énergie, tout en générant près de 500 kg de déchets [1]. L’organisation d’un événement durable consiste précisément à réduire cette empreinte tout en préservant la qualité de l’expérience. Le secteur des arts et du spectacle vivant pèse à lui seul environ 1,3 % de l’empreinte carbone nationale, soit près de 8,5 millions de tonnes de CO2 équivalent [2]. Cet article détaille les enjeux, les étapes de conception, les postes prioritaires à traiter et les outils de mesure qui permettent de structurer une démarche crédible, du festival au séminaire d’entreprise.
Pourquoi l’organisation d’un événement durable s’impose
L’empreinte d’une manifestation se concentre sur quelques postes bien identifiés. Pour un festival, près de 50 % des émissions proviennent du transport du public, 29,5 % du transport des équipes artistiques et de la logistique, et 19,9 % de l’alimentation et des boissons [3]. Cette répartition oriente directement les priorités d’action : agir sur la mobilité et la restauration produit davantage de résultats que de se concentrer uniquement sur le tri des déchets, même si ce dernier reste visible et symbolique.
Au-delà du bilan environnemental, la démarche répond à une attente forte du public et des partenaires. Les collectivités conditionnent de plus en plus leurs subventions à des critères de responsabilité, et les marques attendent des lieux et des organisateurs qu’ils documentent leurs pratiques. Structurer l’accompagnement à la transition écologique dès la conception évite un verdissement de façade et sécurise la crédibilité de l’événement.
Les étapes clés d’une démarche d’éco-conception
Une organisation d’événement durable se construit en amont, au moment où les marges de manœuvre sont les plus larges. L’éco-conception suit une logique simple : définir des objectifs mesurables, choisir un lieu et des prestataires cohérents, puis suivre les résultats.
Définir le périmètre et les objectifs
La première étape consiste à fixer quelques indicateurs concrets : réduction des déchets, part de prestataires locaux, taux de fréquentation en transports collectifs. Ces objectifs orientent toutes les décisions suivantes et serviront de base au bilan final.
Choisir un lieu et des prestataires alignés
Privilégier un lieu accessible en transports en commun réduit mécaniquement le premier poste d’émissions. Les sites certifiés ISO 14001 garantissent des pratiques de gestion environnementale documentées. Côté prestataires, retenir des fournisseurs régionaux pour le traiteur, la technique et l’impression limite les déplacements et soutient le tissu économique local. La coordination des équipes et des prestataires gagne à être centralisée pour éviter les trajets redondants.
Réduire l’empreinte des postes les plus lourds
La hiérarchie des actions découle de la répartition des émissions. Quatre postes concentrent l’essentiel de l’impact.
Mobilité du public et des équipes
Premier levier, la mobilité se travaille en amont : information claire sur les accès en transports collectifs, incitations au covoiturage, navettes mutualisées, billetterie couplée aux transports. Réduire la distance moyenne parcourue par chaque participant a plus d’effet que n’importe quelle autre mesure.
Restauration
Les menus de saison, les produits locaux et une part significative d’options végétariennes diminuent fortement l’empreinte de l’alimentation, deuxième ou troisième poste selon les manifestations. La maîtrise des quantités limite par ailleurs le gaspillage.
Déchets et énergie
Les gobelets réutilisables, le tri à la source signalé par une signalétique lisible et la suppression des supports papier réduisent le volume de déchets. Côté énergie, le raccordement au réseau plutôt que des groupes électrogènes, l’éclairage LED et le pilotage des consommations limitent les émissions directes. Pour aller plus loin sur ce volet, le passage en revue d’un festival éco-responsable détaille les arbitrages concrets.
Labels, normes et mesure d’impact
Une démarche crédible repose sur la mesure. La méthode Bilan Carbone de l’ADEME constitue la référence française pour quantifier les émissions d’un événement sur l’ensemble des scopes 1, 2 et 3 [4]. La norme internationale ISO 20121 encadre quant à elle le système de management responsable d’un événement, de la conception au bilan.
La mesure ne se limite pas au calcul final : suivre les indicateurs au fil de la préparation permet d’ajuster les décisions avant qu’elles ne soient figées. Un bilan carbone d’événement bien cadré distingue clairement ce qui relève de l’estimation et ce qui repose sur des données réelles, condition d’un reporting défendable face aux financeurs.
Productions audiovisuelles et événements : spécificités
L’organisation d’un événement durable recoupe largement les enjeux de la production audiovisuelle, où les mêmes postes (mobilité, énergie, logistique des décors et du matériel) structurent l’empreinte. Les deux contextes partagent une difficulté commune : la dispersion des données entre de nombreux prestataires.
Événements live
Pour un festival, un concert ou un événement corporate, l’alimentation électrique sur site, la mobilité des équipes et du public, le recours à des prestataires locaux et la gestion des déchets concentrent l’impact. Sur ce type de manifestation, la moitié environ des émissions provient du déplacement des participants [5], ce qui fait de la billetterie liée aux transports un levier décisif.
Productions audiovisuelles
Sur un tournage, la chaîne de sous-traitance (décors, costumes, post-production), les déplacements d’équipes et la consommation des studios appellent les mêmes méthodes de collecte. Les référentiels sectoriels comme Albert ou Ecoprod structurent la mesure, et les groupes médias relèvent désormais des obligations de reporting de la directive CSRD. Dans les deux cas, la fiabilité du bilan dépend de la capacité à rassembler des données dispersées sans saisie manuelle fastidieuse.
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Conclusion
L’organisation d’un événement durable ne se résume pas à quelques gestes symboliques : elle suppose d’agir en priorité sur la mobilité, la restauration, l’énergie et les déchets, dans cet ordre d’importance, puis de mesurer les résultats avec une méthode reconnue. Les labels et la norme ISO 20121 offrent un cadre, mais c’est la qualité des données collectées qui rend un bilan crédible. À mesure que les financeurs et le public renforcent leurs exigences, les organisateurs capables de documenter précisément leur empreinte prendront une avance durable, dans l’événementiel comme dans la production audiovisuelle.
FAQ
Quel poste émet le plus lors d’un événement ?
Comment mesurer l’empreinte carbone d’un événement ?
Qu’est-ce que la norme ISO 20121 ?
Faut-il privilégier des prestataires locaux ?
Aller plus loin avec TheGreenshot
L’organisation d’un événement durable se joue d’abord sur la qualité des données collectées. GreenPro, l’outil de suivi carbone de TheGreenshot, rassemble automatiquement les informations dispersées entre prestataires, lieux et équipes : scan de factures par reconnaissance optique, tableaux de bord en temps réel et insights générés par intelligence artificielle. La plateforme produit des bilans conformes aux référentiels Albert, CSRD et GHG Protocol, sans la saisie manuelle qui fragilise habituellement les calculs. Les organisateurs disposent ainsi d’un reporting défendable face aux financeurs et aux partenaires, et d’une vision claire des postes à prioriser. Pour comprendre comment structurer cette mesure sur une manifestation comme sur un tournage, un échange avec les équipes permet de cadrer la démarche au plus près du terrain.
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