Insetting vs Offsetting : tout comprendre sur ces deux approches

Découvrez les différences entre l'insetting et l'offsetting, deux stratégies clés pour la compensation carbone. Apprenez comment les combiner pour maximiser l'impact environnemental de votre entreprise.

L’insetting et l’offsetting représentent deux approches majeures de la compensation carbone, mais peu d’entreprises comprennent réellement leur différence. Depuis l’Accord de Paris en 2015, ces stratégies ont gagné en importance, notamment face aux émissions mondiales qui atteignent 53,8 gigatonnes d’équivalent CO2. L’offsetting consiste à financer des projets externes de réduction des émissions, tandis que l’insetting se concentre sur des actions au sein de la chaîne de valeur de l’entreprise. Comprendre la distinction entre le carbon insetting et l’offsetting devient essentiel pour toute organisation souhaitant adopter une stratégie climatique cohérente. Ce guide explore en détail ces deux approches, leurs avantages respectifs, ainsi que la manière de les combiner efficacement pour atteindre vos objectifs environnementaux.

Qu’est-ce que l’Offsetting carbone ?

Définition et principe de fonctionnement

Les mécanismes de compensation carbone volontaire permettent aux entreprises de financer des projets environnementaux sans lien direct avec leurs activités. Ces initiatives visent trois objectifs principaux : le stockage ou la séquestration du carbone, la réduction des émissions et l’évitement des gaz à effet de serre [1]. Contrairement aux quotas carbone imposés par le marché européen, cette démarche reste facultative et s’inscrit dans une stratégie climatique globale [2].

Les crédits carbone : calcul et acquisition

Un crédit carbone correspond à 1 tCO2e évitée ou absorbée [2]Le calcul repose sur une comparaison entre deux scénarios : la ligne de base correspond aux émissions actuelles, tandis que le scénario de projet mesure l’impact des actions mises en œuvre [3]. Les auditeurs indépendants vérifient que le projet évite ou séquestre des émissions par rapport au scénario de référence [2]Les crédits générés sont comptabilisés dans un registre dédié afin d’éviter le double comptage [2]. Le prix varie considérablement selon plusieurs facteurs : le type de projet, la localisation, la méthodologie et la certification. Les montants oscillent entre 4,6 € par tCO2e en moyenne [2], mais les crédits attribués au Label bas-carbone atteignent 31,8 € par tCO2e [2].

Standards de certification : Verra, Gold Standard et Label Bas Carbone

Le Verified Carbon Standard, administré par Verra depuis 2008, représente près de 80 % des projets certifiés sur le marché volontaire [3]. Le Gold Standard, créé en 2003 par le WWF, exige que les projets contribuent aux objectifs de développement durable [3]. Le Label bas-carbone, référentiel français du Ministère de la Transition écologique, garantit le respect de critères stricts et mesurables [3].

Exemples de projets d’offsetting : reforestation et énergies renouvelables

Les projets forestiers incluent la protection des forêts menacées, la restauration des terres dégradées et la gestion des forêts existantes [2]Les infrastructures d’énergies renouvelables décarbonent le réseau électrique local en remplaçant les centrales à charbon [2].

Qu’est-ce que l’Insetting carbone ?

Insetting définition : investir dans sa chaîne de valeur

Une stratégie émergente se présente aux entreprises pour réduire leurs émissions de Scope 3, auparavant considérées comme hors de portée directe [4]. L’insetting consiste à financer des projets de décarbonation au sein même de la chaîne de valeur, responsabilisant davantage les organisations face aux émissions liées à leurs activités [4]. Cette approche diffère de la compensation traditionnelle en se concentrant sur la réduction des émissions et l’amélioration de la durabilité dans la chaîne d’approvisionnement ou dans la sphère opérationnelle [5]. L’entreprise travaille directement avec ses parties prenantes (employés, clients, fournisseurs, sous-traitants, investisseurs) pour créer un impact positif lié à ses activités [6].

Comment fonctionne l’insetting en pratique

L’entreprise évalue d’abord ses émissions de gaz à effet de serre pour les scopes 1, 2 et 3 [7]. Sur cette base, elle sélectionne des projets correspondant à ses besoins en fonction du potentiel de réduction, du degré de faisabilité et de ses objectifs [1]. L’investissement financier peut se matérialiser sous forme de dons ou d’achat de crédits carbone auprès de fournisseurs de la chaîne de valeur [7]Le terme « insetting » a été formalisé en 2013 avec la création de l’International Platform for Insetting [7].

Différence avec l’offsetting : localisation des projets

La distinction principale réside dans l’intégration des projets au sein de la chaîne de valeur [6]. Contrairement à l’offsetting qui finance des initiatives externes sans rapport direct avec l’activité, l’insetting agit directement là où se concentrent les commodités et les leviers de résilience [8].

Cas d’application : agriculture régénératrice et supply chain durable

Le secteur agroalimentaire représente un terrain privilégié : entre 44 et 70 % des émissions d’une tasse de café se produisent pendant la culture [9]. Une entreprise peut collaborer avec ses fournisseurs agricoles pour adopter des pratiques régénératrices, réduisant les émissions liées à la production tout en augmentant le stockage de carbone dans les sols [6]. Ces projets concernent notamment l’agroforesterie, la santé des sols et les systèmes d’irrigation à faible consommation d’eau [5].

Comparaison Insetting vs Offsetting

Portée d’action : interne vs externe

La différence fondamentale réside dans le périmètre d’intervention. L’offsetting financier des initiatives externes sans lien avec les activités de l’entreprise [10]L’insetting agit directement au sein de la chaîne de valeur, en collaborant avec les fournisseurs et les partenaires [11].

Impact sur les émissions Scope 3

L’insetting cible spécifiquement les émissions Scope 3, qui représentent fréquemment plus de 70% de l’empreinte carbone totale d’une entreprise [12]. Cette approche contribue directement aux objectifs scientifiques de réduction [11]. L’offsetting compense les émissions sans les réduire concrètement à la source [7].

Coûts et délais de mise en œuvre

L’insetting nécessite des investissements initiaux plus élevés et une planification à long terme [13]. En revanche, l’offsetting offre une solution rapide et flexible, pouvant être déployée rapidement [11].

Traçabilité et mesure des résultats

Les projets d’offsetting souffrent d’un déficit de traçabilité [7]. L’insetting exige une collecte de données robuste et une collaboration entre de multiples acteurs [4].

Perception et risques de greenwashing

L’offsetting fait face à des accusations de greenwashing lorsque les projets surestiment leur impact climatique réel [7]. Sur six projets certifiés analysés, un seul a démontré des réductions effectives d’émissions [9]. L’insetting réduit ce risque grâce à son ancrage dans les opérations réelles [13].

Avantages et inconvénients de chaque approche

L’insetting renforce la résilience de la chaîne d’approvisionnement et garantit des réductions mesurables [11]. L’offsetting mobilise des financements privés pour la transition écologique mais ne transforme pas les pratiques internes [7].

Quelle stratégie adopter pour votre entreprise ?

Évaluer votre empreinte carbone actuelle

Le bilan carbone constitue le point de départ obligatoire pour structurer une stratégie climatique [6]. Cette mesure quantifie les émissions directes (Scope 1), indirectes liées à l’énergie (Scope 2) et celles de la chaîne d’approvisionnement (Scope 3) [14]. Les entreprises de plus de 500 salariés en métropole doivent réaliser ce diagnostic réglementaire [6]Le bilan identifie les principaux postes d’émission et constitue un référentiel commun pour les exercices suivants [15].

Choisir selon vos objectifs : court terme vs long terme

L’offsetting offre une solution rapide pour compenser les émissions incompressibles [5]. L’insetting s’inscrit dans une approche à long terme en transformant les pratiques internes [5]. La trajectoire carbone doit formaliser des objectifs intermédiaires conformément à la matrice SMART [14].

Combiner offsetting et insetting : une approche complémentaire

La combinaison des deux approches maximise l’impact environnemental [5]L’insetting réduit les émissions à la source, tandis que l’offsetting compense les émissions résiduelles [7].

Conformité réglementaire : CSRD et Accord de Paris

La CSRD impose aux entreprises de plus de 250 employés de publier des rapports de durabilité détaillés dès 2024 [16]. Les organisations doivent fixer des objectifs alignés sur l’Accord de Paris pour limiter le réchauffement à +1,5 °C [14].

Table de comparaison

Tableau comparatif : Insetting vs Offsetting

Critère Offsetting Insetting
Définition Financement de projets externes de réduction d’émissions sans rapport direct avec les activités de l’entreprise Financement de projets de décarbonation au sein même de la chaîne de valeur de l’entreprise
Portée d’action Externe – initiatives sans lien avec les activités de l’entreprise Interne – au sein de la chaîne de valeur en collaboration avec fournisseurs et partenaires
Localisation des projets Projets externes (reforestation, énergies renouvelables, etc.) Projets intégrés dans la chaîne de valeur (agriculture régénératrice, supply chain durable)
Impact sur les émissions Scope 3 Compense les émissions sans les réduire concrètement à la source Cible spécifiquement les émissions Scope 3 (souvent >70% de l’empreinte carbone totale)
Objectif principal Stockage/séquestration de carbone, réduction et évitement des GES Réduction des émissions et amélioration de la durabilité dans la chaîne d’approvisionnement
Coûts Solution rapide et flexible, prix entre 4,6 € et 31,8 € par tCO2e selon certification Investissements initiaux plus élevés
Délais de mise en œuvre Déploiement rapide Planification à long terme nécessaire
Traçabilité Déficit de traçabilité Collecte de données robuste et collaboration entre multiples acteurs requise
Risque de greenwashing Élevé – accusations fréquentes, 1 seul projet sur 6 analysés démontre des réductions effectives Réduit grâce à l’ancrage dans les opérations réelles
Avantages – Solution rapide et flexible
– Mobilise des financements privés pour la transition écologique
– Compense les émissions incompressibles
– Renforce la résilience de la chaîne d’approvisionnement
– Garantit des réductions mesurables
– Contribue directement aux objectifs scientifiques de réduction
Inconvénients Ne transforme pas les pratiques internes Nécessite des investissements plus importants et une planification à long terme
Horizon temporel Court terme Long terme
Type de démarche Volontaire (contrairement aux quotas carbone du marché européen) Volontaire, formalisée en 2013 avec l’International Platform for Insetting
Parties prenantes Projets externes certifiés (Verra, Gold Standard, Label Bas-Carbone) Employés, clients, fournisseurs, sous-traitants, investisseurs

Conclusion

Le débat entre insetting et offsetting n’a pas de réponse unique. L’offsetting offre une solution rapide et accessible pour compenser les émissions résiduelles. L’insetting transforme durablement la chaîne de valeur en s’attaquant directement aux émissions de Scope 3. La plupart des entreprises gagneront à combiner les deux approches : l’insetting, pour réduire les émissions à la source, et l’offsetting, pour neutraliser le reste. Votre choix dépendra finalement de vos objectifs climatiques, de votre budget et de votre horizon temporel.

FAQs

Q1. Qu’est-ce que l’insetting carbone et comment fonctionne-t-il ? L’insetting est un mécanisme de compensation volontaire par lequel l’entreprise investit directement dans des projets de décarbonation au sein de sa chaîne de valeur. Contrairement à d’autres approches, l’insetting implique une collaboration avec les fournisseurs, les partenaires et les autres parties prenantes pour réduire les émissions à la source, notamment celles du Scope 3. Cette stratégie peut inclure des initiatives telles que l’agriculture régénératrice ou l’amélioration de la durabilité de la chaîne d’approvisionnement.

Q2. Quelle est la différence principale entre l’insetting et l’offsetting ? La différence fondamentale réside dans la localisation et la portée des projets. L’offsetting financier des initiatives externes sans lien direct avec les activités de l’entreprise, telles que la reforestation ou les énergies renouvelables. L’insetting, quant à lui, agit directement au sein de la chaîne de valeur de l’entreprise en collaborant avec ses fournisseurs et partenaires pour réduire les émissions à la source plutôt que de simplement les compenser.

Q3. Que représentent les émissions Scope 1, 2 et 3 ? Le Scope 1 correspond aux émissions directes de gaz à effet de serre produites par l’entreprise elle-même. Le Scope 2 concerne les émissions indirectes liées à l’énergie consommée, mais produites hors du site. Le Scope 3 englobe toutes les autres émissions indirectes de la chaîne de valeur qui ne relèvent pas du contrôle direct de l’entreprise, représentant souvent plus de 70 % de l’empreinte carbone totale.

Q4. Quelle approche choisir entre l’insetting et l’offsetting pour mon entreprise ? Le choix dépend de vos objectifs et de votre horizon temporel. L’offsetting offre une solution rapide et flexible pour compenser les émissions incompressibles à court terme. L’insetting nécessite des investissements plus importants mais transforme durablement vos pratiques à long terme. La stratégie la plus efficace consiste généralement à combiner les deux approches : l’insetting, pour réduire les émissions à la source, et l’offsetting, pour neutraliser les émissions résiduelles.

Q5. Comment éviter le greenwashing dans une stratégie de compensation carbone ? L’insetting réduit considérablement les risques de greenwashing, car il s’ancre dans les opérations concrètes de l’entreprise et offre une traçabilité accrue. Pour l’offsetting, il est essentiel de choisir des projets certifiés selon des standards reconnus (Verra, Gold Standard, Label Bas Carbone) et de vérifier leur impact réel. Réaliser un bilan carbone complet et fixer des objectifs mesurables alignés sur l’Accord de Paris renforce également la crédibilité de votre démarche climatique.

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