Conventions collectives de l’audiovisuel : le guide employeur

Déterminer la bonne convention collective audiovisuelle est l'une des premières décisions administratives d'une production, et l'une des plus lourdes de conséquences.
Conventions collectives de l'audiovisuel : le guide employeur

Déterminer la bonne convention collective audiovisuelle est l’une des premières décisions administratives d’une production, et l’une des plus lourdes de conséquences. Le choix conditionne les salaires minima, les règles de contrat et les obligations sociales appliquées à chaque technicien. Or il n’existe pas une seule convention collective de l’audiovisuel, mais plusieurs textes distincts selon l’activité de l’entreprise et la nature de la production. Cet article présente les principales conventions du secteur, la méthode pour identifier celle qui s’applique, le fonctionnement des grilles de salaires minima, et les obligations concrètes qui en découlent pour l’employeur.

Quelles conventions collectives s’appliquent à l’audiovisuel ?

Le secteur ne relève pas d’un texte unique. Plusieurs conventions collectives coexistent, chacune rattachée à un type d’activité. La convention collective nationale de la production audiovisuelle (IDCC 2642), issue du texte du 13 décembre 2006, s’applique aux entreprises qui créent, financent et développent des programmes destinés à la diffusion télévisée [1]. La production de films de cinéma relève, elle, d’une convention collective de la production cinématographique distincte, avec ses propres grilles et fonctions.

D’autres textes encadrent les activités connexes. La convention collective de l’édition phonographique (IDCC 2770) s’applique aux entreprises dont l’activité principale est la production, l’édition ou la distribution de phonogrammes [2]. La convention audiovisuelle a fait l’objet d’actualisations régulières, dont l’avenant n° 18 du 18 avril 2024 relatif au préambule et aux premiers titres du texte [3]. Un panorama complet des conventions collectives de l’audiovisuel permet de situer chaque texte.

Comment déterminer la convention applicable

La règle centrale est simple à énoncer mais exige de la rigueur : la convention collective audiovisuelle applicable dépend de l’activité principale de l’entreprise, et non du poste occupé par le salarié. Une société dont l’objet est la production d’émissions de télévision relève de la convention de la production audiovisuelle, tandis qu’une entreprise de production de films de cinéma relève de la convention cinématographique.

La frontière avec la production phonographique illustre bien cette logique. Lorsque l’objet du contrat relève de la production de phonogrammes, la relation employeur-salarié est régie par la convention de l’édition phonographique. En revanche, lorsque ces mêmes entreprises produisent des vidéogrammes musicaux, c’est la convention audiovisuelle qui peut s’appliquer [4]. En cas de doute, la référence au code IDCC et à l’activité principale déclarée reste le point de départ. Ce diagnostic conditionne toute la suite de la gestion sociale, un volet où un logiciel RH adapté à l’audiovisuel apporte une aide précieuse.

Grilles de salaires minima et intermittents

Chaque convention collective audiovisuelle fixe une grille de salaires minima garantis, organisée par fonction et par niveau de qualification. Cette grille constitue un plancher : l’employeur peut le dépasser, jamais le sous-coter. Les minima sont revus périodiquement, notamment pour tenir compte de l’évolution du SMIC, et l’USPA publie les versions actualisées de la grille pour la convention de la production audiovisuelle [5].

Pour les intermittents du spectacle, il n’existe pas de grille unique valable pour tous. Le salaire minimum d’un intermittent dépend de la convention applicable, du secteur, de la fonction et du mode de rémunération retenu, qu’il soit horaire, à la journée ou au cachet [6]. Cette diversité explique la complexité de la paie dans le secteur : un même technicien peut relever de barèmes différents d’un projet à l’autre. Les organisations professionnelles et syndicales, comme le SPIAC-CGT, publient des grilles de référence pour le cinéma et l’audiovisuel [7].

Convention IDCC Champ d’application
Production audiovisuelle 2642 Programmes destinés à la diffusion télévisée
Production cinématographique Convention dédiée Films de cinéma
Édition phonographique 2770 Production, édition et distribution de phonogrammes

Les obligations de l’employeur

Appliquer une convention collective audiovisuelle ne se limite pas à respecter un salaire plancher. L’employeur doit établir des contrats conformes au texte applicable, notamment le contrat à durée déterminée d’usage pour les intermittents, respecter les durées de travail et les majorations prévues, et procéder aux déclarations sociales attendues auprès des organismes du secteur.

Ces obligations se cumulent avec les déclarations propres aux intermittents et aux caisses spécifiques du spectacle. La moindre erreur de rattachement conventionnel se répercute sur les bulletins de paie, les cotisations et, potentiellement, sur les droits des salariés. C’est pourquoi de nombreuses productions externalisent cette gestion à des spécialistes de la paie du spectacle, capables de garantir la conformité tout en déchargeant les équipes. Cette externalisation s’articule naturellement avec les services de paie dédiés à la production.

Application aux productions et aux événements

La convention collective audiovisuelle prend une coloration différente selon qu’elle encadre un tournage scénarisé ou un événement en direct, et cette distinction est déterminante pour la gestion des équipes.

Tournages et productions audiovisuelles

Sur un tournage de film ou de série, la convention applicable structure toute la chaîne d’embauche. Chaque technicien est engagé sous un contrat conforme à la grille de sa fonction, avec des minima qui varient selon la qualification. Une production qui mobilise plusieurs départements doit veiller à ce que chaque poste soit rattaché au bon barème, du chef opérateur à l’assistant de production. La multiplication des contrats courts, propre à l’intermittence, rend cette vérification à la fois indispensable et chronophage, en particulier lorsque le plan de travail évolue.

Événements et spectacle vivant

Pour les événements, festivals et captations, les équipes techniques relèvent souvent de conventions du spectacle vivant ou de l’audiovisuel selon la nature de la prestation. Les engagements courts et les cachets à la représentation compliquent le calcul des rémunérations minimales. Un régisseur ou un technicien recruté pour quelques dates doit être déclaré et payé selon le barème correct, faute de quoi l’organisateur s’expose à des rappels de cotisations. La coordination de ces équipes bénéficie d’outils de planning et de gestion des équipes qui relient l’affectation à la contractualisation.

Le service Payroll de TheGreenshot prend en charge contrats, paie et déclarations pour les productions et les événements, avec un calcul instantané des rémunérations et une conformité légale assurée. En agissant comme employeur administratif des équipes, il décharge les productions de la complexité conventionnelle tout en sécurisant chaque bulletin. Découvrir le service Payroll.

Conclusion

Maîtriser la convention collective audiovisuelle applicable est le préalable à toute gestion sociale fiable dans le secteur. Le paysage conventionnel reste morcelé entre production audiovisuelle, cinématographique et édition phonographique, chacun avec ses grilles et ses règles. Déterminer le bon rattachement selon l’activité principale, appliquer les salaires minima à jour et respecter les obligations de contrat et de déclaration constituent le socle de la conformité. Face à la complexité de l’intermittence et à la révision régulière des barèmes, l’externalisation de la paie du spectacle s’impose de plus en plus comme la voie la plus sûre pour sécuriser les productions et les événements.

FAQ

Quelle convention collective s’applique à la production audiovisuelle ?

Les entreprises qui créent et financent des programmes destinés à la diffusion télévisée appliquent la convention collective nationale de la production audiovisuelle, identifiée par le code IDCC 2642 et issue du texte du 13 décembre 2006. La production de films de cinéma relève d’une convention cinématographique distincte, et l’édition phonographique de la convention IDCC 2770.

Comment savoir quelle convention appliquer à ses salariés ?

La convention applicable dépend de l’activité principale de l’entreprise, et non du poste du salarié. Une société de production télévisée relève de la convention audiovisuelle, une société de cinéma de la convention cinématographique. Le code IDCC et l’activité principale déclarée constituent le point de départ pour trancher les cas limites, comme les vidéogrammes musicaux.

Existe-t-il une grille de salaire unique pour les intermittents ?

Non. Il n’existe pas de grille unique pour tous les intermittents. Le salaire minimum dépend de la convention applicable, du secteur, de la fonction et du mode de rémunération retenu, qu’il soit horaire, à la journée ou au cachet. Chaque convention fixe ses propres minima, revus périodiquement pour tenir compte notamment de l’évolution du SMIC.

Quelles sont les obligations de l’employeur au titre de la convention ?

L’employeur doit établir des contrats conformes au texte applicable, respecter les salaires minima et les majorations de la grille, appliquer les durées de travail prévues et procéder aux déclarations sociales auprès des organismes du secteur. Pour les intermittents, s’y ajoutent les déclarations propres aux caisses du spectacle, ce qui rend la conformité particulièrement technique.

Aller plus loin avec TheGreenshot

La complexité des conventions collectives de l’audiovisuel se concentre au moment de la paie, et c’est précisément là que le service Payroll de TheGreenshot intervient. En agissant comme employeur administratif des équipes, il prend en charge la rédaction des contrats, le calcul instantané des rémunérations et l’ensemble des déclarations sociales, en s’appuyant sur les bons barèmes conventionnels et les règles propres aux intermittents. Les feuilles de temps sont gérées en ligne et la conformité légale est sécurisée à chaque étape, ce qui décharge les productions d’une gestion technique et chronophage. Pour les sociétés qui enchaînent tournages et événements avec des équipes freelance, cette prise en charge réduit nettement le risque d’erreur de rattachement. Les productions qui veulent alléger leur gestion sociale peuvent échanger avec l’équipe TheGreenshot sur leurs besoins.

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